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http://www.toutimages.com/cadregifs.htm]
Pourquoi un boycott
des jeux de la honte ?
Notre priorité est de secourir l'infortuné peuple tibétain, opprimé et spolié sur sa terre légitime depuis 1950. Les Tibétains n'ont jamais souhaité être " libérés " par l'envahisseur chinois, pas plus qu'ils ne souhaitent une quelconque administration orchestrée par l'occupant.
A l'origine de la création de la C.EL.T. (Coordination Européenne pour la Libération du Tibet), un constat et deux évènements :
Le constat qui s'impose à tous : depuis son invasion par la dictature chinoise en 1950, le peuple tibétain est spolié, opprimé et son extermination s'accélère. Le territoire de la nation tibétaine équivalant à quinze pays de l'Europe de l'Ouest, de l'Irlande à l'Italie, du Portugal à la République Tchèque, est occupé et pillé par vingt millions de colons chinois, pendant que cinq millions de Tibétains tentent désespérément de survivre dans les trois grandes provinces tibétaines occupées. Ce territoire est donc immense, le pillage de ses matières premières également.
Sans le génocide, les massacres, les avortements et stérilisations forcés, il est probable que le peuple tibétain compterait quinze millions d'âmes évoluant dans une démocratie moderne. Au lieu de cela, les survivants de ce peuple pacifique voué à une disparition certaine, faute d'un sursaut de la communauté internationale, est condamné à être minoritaire sur sa propre terre, à subir les injustices de l'occupant chinois et à accepter une dégradation accélérée de son environnement.
Les impérialistes chinois ont importé au Pays des Neiges le pillage, l'armée d'occupation et ses missiles nucléaires, les déchets nucléaires, la prostitution à grande échelle, la spéculation immobilière, la négation de la culture originelle du Tibet. Devant l'ampleur de l'injustice, de nombreuses initiatives, des associations ont vu le jour partout dans le monde. Hélas, il n'y a pas d'union de la résistance à la colonisation chinoise au Tibet. Et pendant ce temps, des centaines de millions de consommateurs apportent la prospérité aux bourreaux et toujours plus de moyens, afin d'asphyxier l'infortuné peuple tibétain, en attendant l'invasion de Taiwan.
Quant aux deux évènements : en octobre 1999, Bernadette Chirac, femme d'un chef d'Etat d'une démocratie occidentale danse avec Jiang Zemin, prédécesseur de Hu Jintao, le “boucher de Lhassa”. En arrière plan de cette valse infâme, il s'agit de vendre Airbus et réacteurs nucléaires à la dictature chinoise et les dirigeants français s'emploient à rétablir les ventes d'armes à destination des bourreaux du peuple tibétain.
Et en Juillet 2001, l'humanité touche le fond : les tristes sires du C.I.O. offrent la flamme olympique aux bourreaux.
Afin de ne pas subir le triomphe des bourreaux du peuple tibétain, la C.E.L.T. a lancé (Voir plus loin ses actions) un appel au boycott des jeux de la honte qui auront lieu à Pékin en 2008. Elle propose à tous ceux pour qui les valeurs de l'humanité ont encore un sens et tous ceux qui refusent que l'extermination du peuple tibétain aille à son terme, de s'allier autour de la survie de ce peuple extraordinaire.
Nous savons bien que les complices de Pékin sont unis par leur cupidité. Ils sont prêts à tout pour le profit, pour obtenir un marché ou une médaille. Proposons au monde une autre alternative que le triomphe des bourreaux en 2008.
La C.E.L.T. est une association à but non lucratif, régie par la loi de 1901, pour qui le boycott des jeux de la honte constitue la première pierre de la longue résistance qui nous sépare de la Libération du territoire de la nation tibétaine.
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Lire
TIBET
Chronique d'un génocide oublié
Les éditeurs ont jugé que l'extermination du peuple tibétain, la destruction de l'environnement et le droit international bafoué sur le Toit du monde, étaient sans importance.
Ils ont jugé que le potentiel d'abrutissement des masses était infini, en préférant privilégier par exemple l'édition de trois livres traitant des états d'âme de Cécilia Sarkozy.
Pour la survie de l'humanité et du peuple tibétain, Les adhérents de la CELT, quant à eux, pensent qu'il est préférable de s'intéresser à l'ouvrage écrit par Päldèn Panjshir. C'est pourquoi son contenu est en ligne depuis le 8 février 2008.
Bonne lecture !
Pour des raisons techniques, manquent les numéros de page, les notes de bas de page et les illustrations. Si vous le souhaitez, nous pouvons vous fournir toute précision utile :
independancetibet38@free.fr
En hommage à Ahmad Shah Massoud, Nelson Mandela, Salvador Allende, Martin Luther King, et à toutes celles et tous ceux qui se donnèrent pour mission de combattre l'injustice et la tyrannie sous toutes ses formes.
A toutes les résistantes tibétaines et tous les résistants tibétains qui luttèrent et luttent encore désarmés contre les bourreaux de leur peuple et les pillards de leur territoire annexé, en totale violation du droit international.
A Ingrid Betancourt qui mérite sa libération, tout autant que le peuple otage.
TIBET
Chronique d'un génocide oublié
Päldèn Panjshir
Avant-propos
En mars 1944, Pétain est applaudi par les Parisiens. Au moment où le peuple français est sur le point de retrouver sa liberté, le peuple tibétain insouciant ignore qu'il ne lui reste plus que six années d'indépendance et de liberté. En 1964, De Gaulle reconnaît la dictature chinoise quelques années après les dizaines de millions de morts du " grand bond en avant ". La France " s'enorgueillit " d'être la première démocratie à avoir franchi ce pas deux ans avant la terreur de la Révolution culturelle, où Tibétains et Chinois connurent la descente aux enfers programmée par le criminel contre l'humanité Mao. L'année de la dictature chinoise en France à l'initiative d'un autre président français a lieu en 2004, deux ans avant la mise en service du train du pillage et quatre ans avant les " jeux de la honte ".
Nous entrons dans un monde de bouleversements sans précédent. Après quelques avertissements lancés par la nature dont nous n'avons pas tenu compte, ou si peu, le réchauffement climatique va donner toute sa mesure. Il ne fait plus de doute qu'il s'est considérablement accéléré ces dernières années. Nous sommes probablement à l'aube d'un emballement généralisé : et l'homme dans son arrogance et sa suffisance ne pourra pas agir sur le thermostat, comme il le fait sur celui de son réfrigérateur. Nous allons, de gré ou de force, entrer dans une lutte pour la survie qui ne sera pas sans répercussions considérables. Nous pouvons traîner les pieds, y entrer à reculons ; ou encore faire front avec une attitude déterminée. Ce qui est certain, c'est que le monde dans lequel nous entrons n'aura plus rien à voir avec celui que nous avons connu. Nous avons détruit le monde dont nous avons hérité et hélas pour nos enfants et les générations futures, s'il en reste, nous ne leur léguerons pas l'ancien monde, mais celui que nous avons dégradé avec insistance.
Notre attitude lors des jeux de la honte déterminera peut-être en partie ce que nous méritons. Un châtiment à la hauteur de notre lâcheté ou une indulgence liée à un comportement enfin courageux. La guerre de l'eau va prendre tout son sens en 2030. La dictature chinoise en aura fini du pillage de l'eau potable volée aux Tibétains et commencera à payer le prix de ce pillage. Se souviendra-t-on que les touristes occidentaux sans conscience déambulaient sur la muraille de Chine et apportaient leurs devises pour contribuer à l'accroissement de la puissance des tyrans, sans se préoccuper des cris de terreur qui provenaient de l'enfer carcéral chinois ? Se souviendra-t-on que les premiers signaux d'alerte des scientifiques annonçaient les premières grandes catastrophes pour 2100 et une hausse du niveau des océans de 70 cm. Maintenant nous savons qu'il s'agira de 7m au minimum et qu'à partir de 2020, nous aurons tout loisir de nous maudire d'avoir été indifférents au sort des Tibétains, et paradoxalement au sort qui nous était promis.
Le propos de cet ouvrage, comme celui des réels soutiens du peuple tibétain en voie d'extermination n'a rien à voir avec le souci de la course au profit avant toute autre considération. D'autres se sont engagés sur cette voie : c'est leur choix. Ce qui explique que le moindre cri de souffrance d'un Tibétain opprimé victime de mauvais traitements et/ou de spoliation de la part du partenaire commercial chinois rappelle immédiatement la prééminence des valeurs boursières des actionnaires. Le sang peut couler à flot autour de ces robots de l'ultralibéralisme, il convient que le marché passe : cécité, surdité atrophie de la conscience, si ce n'est celle de la logique ultralibérale. Nous pourrions définir cette attitude par l'importance de deux éléments fondamentaux : moins de coûts salariaux, plus de bénéfices. Il n'existe aucune place dans ces conditions pour le droit international, les droits de l'homme et la préservation de l'environnement, pour ne citer que ces valeurs fondamentales pour la survie de l'humanité.
Où est l'outrance ? Chez ceux qui dénoncent les crimes ? Ceux qui les commettent ? Chez les complices qui rendront hommage aux bourreaux en août 2008 à Pékin, en piétinant les victimes et qui les soutiennent depuis vingt ans pour le profit ? Nous évoquerons dans cet ouvrage les concomitances entre le système totalitaire nazi et le système totalitaire chinois : si l'on prend le " bilan comptable " : Hitler et son régime criminel sont à l'origine de 20 millions de morts. Le bilan le moins pessimiste pour Mao et ceux qu'il a engendrés : 65 millions de morts. Combien sont morts dans les sinistres laogai (toujours en activité) dits camps de rééducation par le travail, où le travail forcé permet d'annihiler l'être humain qui réclame un peu de démocratie et de liberté? En dehors du fait que ce régime criminel ait plus pillé que les nazis ; en dehors du fait que les deux impérialismes se révèlent extrêmement nuisibles à l'humanité.
Quelle différence entre les juifs polonais soumis aux expérimentations de Mengele et les opposants chinois ou les résistants tibétains alimentant le trafic d'organes. Se saisir d'un être humain sur commande, l'assassiner et prélever ses organes pour le profit et alimenter encore davantage la croissance chinoise devant laquelle les piteux complices occidentaux, actionnaires de surcroît, s'extasient, comment nommer cette barbarie si ce n'est crime contre l'humanité ?
Quelle différence entre une personne handicapée ou un homosexuel allemand liquidé pour satisfaire le délire d'un psychopathe et un pauvre septuagénaire tibétain torturé à mort ou une nonne violée à la matraque électrique dans l'enfer carcéral chinois ?
Quelle différence entre les camions qui gazèrent les premiers juifs et les camions, dits chambres d'exécution mobiles, où les criminels chinois exécutent par centaines les condamnés coupables et innocents par injection létale ?
La vraie différence est celle-ci : les crimes des nazis ont cessé parce que le monde libre les a combattus. Et l'occupation nazie a pris fin pour tous les pays qui l'ont subie.
Concernant la dictature chinoise, les crimes se poursuivent parce que le monde libre et démocratique qui a renié toutes ses valeurs et ses principes pour le profit, s'est rangé aux côtes des bourreaux et cautionne leurs crimes. Et l'occupation chinoise se poursuit au Tibet et sur le tiers du territoire mongol et se poursuivra pendant ces jeux du cirque, où des milliers de sportifs du monde entier viendront applaudir l'occupation injuste et illégitime d'un territoire vaste comme les quinze Etats de l'ouest de l'Union européenne. Il est vrai qu'eux ne souffrent pas des humiliations de l'occupation, ni de la torture, ni des phases de répression. D'un œil distrait, le monde assiste à cette extermination, à ce pillage et à la plus gigantesque transgression du droit international, sachant que l'occupant chinois a fait main basse sur 2 500 000 km² sur le Toit du monde, en toute injustice et avec l'ampleur de sa cruauté. La réussite de ces jeux, qu'il convient d'ores et déjà de qualifier de " jeux de la honte " et nous analyserons pourquoi, occulterait sans doute à jamais le sort tragique de la nation tibétaine et de son peuple.
Cependant, cette tragédie ne doit pas permettre d'oublier que des centaines de millions de Chinois, non inféodés au régime, ont tout autant été opprimés que les Tibétains au cours de ce demi-siècle de dictature. Aussi, gardons à l'esprit que le peuple chinois n'est pas l'ennemi : il aspire à la démocratie et à la liberté, tout autant que le peuple tibétain.
Au fil des chapitres, nous serons amenés à réfléchir sur l'enjeu de notre participation à une manifestation sportive de renommée mondiale, au cœur d'une dictature qui se livre en toute quiétude au pillage d'un pays voisin et à l'oppression de son peuple, empêchant au passage le développement indépendant d'une nation voisine.
Il serait présomptueux de prétendre qu'un livre à lui seul puisse sauver la nation tibétaine. Cependant, sachant qu'il est destiné à éveiller les consciences, il ne fait aucun doute qu'il serait préjudiciable aux impérialistes chinois. Partant de là, il se révélerait grandement bénéfique au peuple tibétain, aux prises à la colonisation imposée par l'envahisseur. Chaque lecteur interpellé par le contenu de cet ouvrage, est un acteur potentiel de la libération de la nation tibétaine. Par son action ou son inaction, il scellera le sort du peuple tibétain et qui sait, de celui de l'humanité toute entière. Ne nous y trompons pas ! L'histoire ne nous pardonnera pas cette dernière lâcheté, qui consisterait à apporter le soutien de l'ensemble de la communauté internationale aux bourreaux d'un peuple pacifique.
Introduction
" Notre but n'est pas la victoire du plus fort, mais la défense des droits de chacun. Ce n'est pas la paix au prix de la liberté, mais à la fois la paix et la liberté. "
John Fitzgerald Kennedy
C'était à l'heure où l'homme responsable d'un dérèglement irréversible du climat, sans s'y préparer, allait néanmoins en devenir sa victime. C'était à l'orée du IIIe millénaire. C'était également le temps, où s'extasiant devant le taux de croissance de la dictature chinoise et persuadé que cette lâcheté monumentale serait sans conséquence, la communauté internationale dans son ensemble se préparait à venir faire allégeance aux bourreaux du peuple tibétain.
Contemplant l'ampleur de la catastrophe écologique que nous lui aurons léguée, l'être humain de la fin de ce XXIe siècle, quoique préoccupé par sa survie et celle de ses proches, se souviendra peut-être également de cette immense injustice sur le Toit du monde. Immense parce qu'elle dure à ce jour depuis près de six décennies; parce que la victime est une grande nation parmi d'autres, dont l'histoire qui ne ressemble à aucune autre nation est riche de deux millénaires; parce que son territoire est aussi vaste que la partie ouest de l'Union européenne, du Portugal au Danemark, de l'Irlande à l'Italie, en passant par la République tchèque et la Slovénie, soit quinze des vingt-sept Etats de l'Union européenne ; parce que ce peuple à la culture ancestrale souffre de l'oppression, pendant que la communauté internationale s'apprête à se réjouir avec ses bourreaux et se comporte comme s'il s'agissait d'une cause perdue, plus désespérée encore que de minuscules Etats comme la Bosnie, le Timor oriental ou le Koweït, pour lesquels les démocraties consentirent néanmoins à lever le petit doigt ; parce que les enjeux sont colossaux : pillage de l'eau et des matières premières, dégradation de l'environnement. Ou encore, parce qu'il s'agit de la nation la plus haute du monde et parce que les pays qui ont trempé de près ou de loin dans cette lâcheté internationale sont légion. En première ligne, la Grande-Bretagne, la France, les Etats-Unis, le Népal ou l'Inde, encore que s'agissant du gouvernement indien, il a eu au préalable la décence d'accueillir le Gouvernement tibétain en exil sur son sol.
Les tyrans de Pékin affirment à qui veut l'entendre et contre toute évidence, que le Tibet fait partie intégrante et inséparable de la Chine. Plus le mensonge est énorme, plus ils espèrent le faire admettre en tant que vérité historique. Ce qui sera tout de même compliqué, même avec les naïfs les plus invétérés, puisque la dictature chinoise a envahi en toute violation du droit international, puis annexé le Toit du monde en 1951. De fait, aucun peuple n'a été aussi totalement spolié, abandonné, exterminé, dont la nation ne se trouve aussi totalement rayée de la carte, avec l'assentiment de l'ensemble des gouvernements, dictatures et démocraties réunies dans la même ignominie. Les uns approuvent la loi du plus fort, afin de s'attirer les bonnes grâces du " client " chinois ; les autres adoptent la politique de l'autruche, laquelle permet de ne rien voir en se maintenant la tête dans le sable, mais ne préserve nullement des coups de poignard dans le dos.
Imaginez un instant que votre maison soit devenue un univers sans loi, parce que des intrus s'y sont introduits : votre père suspendu les bras retournés, pendant des jours et des nuits, sans que ses pieds ne touchent terre, jusqu'à ce qu'il meure d'épuisement. Votre femme et votre fille servant d'objet sexuel à de multiples reprises, le jeu favori de leurs violeurs étant de leur introduire des matraques électriques dans le vagin. Vos petits garçons maltraités, contraints de se nourrir dans les gamelles du chien, lorsqu'ils parviennent à se nourrir. Votre sœur devant se tenir debout pendant des heures, pieds nus dans une eau gelée. Quant à vous, il vous reste le choix entre fuir, exilé loin de votre maison natale, ou vous soumettre en vous mettant au service de vos squatters surarmés. Refusant de fuir, vous vous résignez finalement à accepter votre nouveau statut d'esclave. Plusieurs membres de votre famille décèdent des mauvais traitements. Traumatisée, votre mère a perdu la raison. Tous les raffinements de l'oppression et de la torture se trouvent subitement réunis sous ce toit qui vous a vu naître, par la seule volonté des bourreaux qui ont envahi votre demeure.
Mais le cauchemar ne fait que commencer : les intrus se sont installés en terrain conquis, récupérant les fruits de votre labeur d'esclave, les animaux de la ferme, les fruits, l'exploitation du bois. Puis ils décident de commercer les produits du pillage avec votre voisinage qui n'a réagi, ni à vos appels au secours, ni à la présence de ces curieux " invités ", lesquels ne se déplacent jamais sans être armés. Ils finissent par être reconnus comme des exploitants avisés, offrant des produits à des prix défiant toute concurrence et pour cause, par être invités dans les réceptions par les notables du secteur. Apprenant fortuitement que le chef de la bande, après avoir dansé la valse avec l'épouse du député local et avoir été décoré et qu'une grande fête va être organisée en l'honneur de ceux qui, avec les produits du pillage, ont grandement contribué à la prospérité de la région, mais surtout à la leur, vous finissez par mettre fin à vos années de souffrance en choisissant le suicide. Cependant pour vous, il ne s'agit pas même d'un cauchemar. Mais pour les Tibétains, cette réalité quotidienne, depuis plus d'un demi-siècle, représente un calvaire sans fin.
Si de tels événements venaient à vous frapper, vous auriez une idée assez précise des souffrances vécues par les Tibétaines et les Tibétains, enfants, vieillards, hommes, femmes, valides et malades, pendant plus d'un demi-siècle. Cependant, votre entourage aurait néanmoins échappé aux thamzing , au trafic d'organes, aux stérilisations et avortements forcés imposés aux Tibétaines et à la plupart des terribles exactions subies par un peuple étranger sur son sol légitime, au " Pays des neiges ".
Certains s'égarent parfois, d'autres se sont perdus définitivement et ne retrouveront jamais le chemin. Ce livre s'adresse surtout à ceux qui se sont égarés un temps sur la voie du triomphe des bourreaux… Les Tibétains sollicitent notre aide en vain depuis cinquante-huit interminables années. La communauté internationale s'est enfin décidée à leur donner une réponse : celle-ci sera celle d'une honte sans limite, puisqu'il s'agit de récompenser les bourreaux, à savoir la dictature chinoise pour son action ô combien néfaste pour l'humanité en général et le peuple tibétain en particulier. Les tyrans vont pouvoir persifler à loisir :
- " Si vous avez apprécié ce que nous avons fait au cours de ces dernières décennies, nous allons faire pire ! "
Néanmoins, si nous participons à ces jeux de la honte, le renégat Samaranch n'est pas seul en cause. C'est par l'action néfaste de tels individus et l'inaction des autres, que les bourreaux sont parvenus à poursuivre leur sale besogne d'anéantissement du peuple tibétain et de sa culture. Car seule, notre complicité active ou passive est susceptible d'apporter sur un plateau, triomphe et reconnaissance aux bourreaux, tout en permettant la poursuite de l'extermination du peuple tibétain. Nous disposons de cette rare opportunité de pouvoir participer indirectement à un génocide en cours, tout en ignorant leurs ignobles forfaits : invasion et occupation pendant près de six décennies du territoire tibétain, crimes contre l'humanité, génocide du peuple tibétain, crimes de guerre et pillage ininterrompu depuis le début de l'occupation en 1950.
Les premiers bourreaux sont morts de vieillesse. Allons-nous tolérer que leurs successeurs soient décorés en 2008 ? Ils sont déjà reconnus et courtisés par nombre de complices . Cette complicité était déjà inadmissible avant l'attribution des jeux. C'est maintenant l'écoeurement qui prévaut.
Il se pourrait fort que certains apôtres de la collaboration avec les tyrans de Pékin taxent cet ouvrage de recueil de propos exagérés. Or, ce qui a été excessif jusqu'à présent, c'est la complicité des Occidentaux, la répression de la résistance tibétaine par l'A.I.O., le pillage ininterrompu du territoire tibétain par les colons chinois.
Ménager l'occupant chinois ne devrait être en aucun cas l'objectif de la communauté internationale. Seuls sont à ménager l'infortuné peuple tibétain, lequel attend d'être enfin libéré de la botte chinoise, et le milliard de Chinois qui ne bénéficie pas du miracle économique du grand marché, lequel est en partie le produit du pillage du territoire tibétain et de l'exploitation de son peuple. La contrefaçon, les copies des brevets fournis gracieusement par les Occidentaux, le maintien de la misère des paysans et de la masse des Chinois spoliés, mais aussi l'esclavage des prisonniers tibétains et chinois, ne sont évidemment pas étrangers à cette croissance, enviée par de nombreux complices de la dictature.
Seuls les individus les plus fourbes et les plus cupides peuvent encore s'extasier devant cette croissance " miraculeuse ", lorsque nous en connaissons le prix extraordinairement élevé, au regard du droit international, des droits de l'homme et de la sauvegarde de l'environnement. Le " miracle économique chinois " se traduit par une exploitation de l'homme par l'homme à une échelle inégalée, due sans doute à cette alliance contre nature entre un libéralisme impitoyable pour les plus vulnérables et les restes du maoïsme, permettant une répression cruelle des opposants susceptibles de menacer les privilèges des hiérarques du parti.
Dotés d'une vue à très court terme, orientée dans 99 % des cas vers les échéances électorales suivantes, à l'instar de la plupart des politiciens carriéristes, les dirigeants occidentaux se sont obstinés à occulter le potentiel du pays qui sera le plus peuplé de la planète en 2040, en ignorant délibérément la carte de la démocratie indienne.
Pour l'heure, concernant la question tibétaine, nous assistons à une hypocrisie généralisée et sans précédent, laquelle incite chacun à faire comme si le Tibet avait toujours fait partie de la Chine, comme si cette nation n'était pas indépendante avant l'invasion chinoise. Mais avons-nous le droit de rester indifférents lorsque nous sommes informés ? Cet ouvrage est particulièrement destiné à ceux qui ne savent pas encore, car le plan des bourreaux, relayé par les apôtres de la collaboration, est machiavélique. Le décor est planté afin que le plus grand nombre soit maintenu dans l'ignorance. En 2008, il est impératif que tout le monde soit informé, afin d'être en mesure de choisir entre le camp des bourreaux et celui de leurs victimes.
Tout s'est joué à plus de trois mille mètres d'altitude. Le drapeau de l'envahisseur était rouge, le sang des victimes également et la neige le devint aussi. Un demi-siècle s'est écoulé et par la volonté d'un tyran et de ses héritiers, cette nation occupée envers et contre toutes les lois internationales demeure le témoignage d'une des plus grandes spoliations de l'histoire. A partir du 8 août 2008, nous risquons d'assister à la remise des récompenses aux pillards. Néanmoins, la glorification des bourreaux, sous le regard bienveillant de leurs complices, ne pourra avoir lieu qu'avec notre assentiment.
Depuis ces heures sombres de l'histoire de la nation tibétaine, deux générations de Tibétains ont été contraintes de vivre sous la botte chinoise. Seuls les femmes et les hommes de plus de soixante ans peuvent encore conserver un vague souvenir de leur pays libre et indépendant.
Essayez d'imaginer ! Les Afghanes encore asservies par les talibans en 2054 ou les Koweïtiens toujours sous le joug irakien en 2048. Pour comprendre toute l'horreur du calvaire du peuple tibétain, il conviendrait de se représenter la France sous la botte nazie, non pas pendant quatre ans, mais pendant cinquante-huit longues années. L'occupant toujours présent en 1998, sans espoir qu'aucun Etat n'intervienne afin de lui venir en aide. C'est ce que vivent les Tibétains. Ceux qui le vécurent en Europe et ailleurs ont, semble-t-il, oublié qu'un jour ils appelèrent au secours. Mais il est vrai que ceux qui sont intervenus en 1944, n'ont pas détourné le regard, comme nous le faisons actuellement à l'égard du peuple tibétain.
Les barbares chinois qui envahirent le " Pays des neiges " le trouvèrent si merveilleux qu'ils en éventrèrent les montagnes, dévastèrent les forêts aux arbres millénaires, massacrèrent ou causèrent la disparition des espèces animales les plus rares, comme la panthère des neiges, bombardèrent les monastères, lesquels jusqu'à l'arrivée des vandales avaient traversé des siècles de respect de la tradition et de recueillement dans la prière . Les occupants chinois se mirent à édifier des camps d'extermination, où des êtres humains meurent de faim et des privations les plus cruelles, de froid et de travaux forcés.
Mais ils ne s'arrêtèrent pas en si mauvais chemin : ils se mirent à polluer l'air avec les transports les plus polluants, les dizaines de cimenteries crachant des nuages d'amiante, défigurant de plus en plus la ville sainte du bouddhisme avec des squelettes de béton et d'acier. Ils polluèrent également l'eau pure des lacs et des torrents, laquelle au cours de l'histoire millénaire du Tibet, n'avait jamais été souillée.
Tout ceci afin de fournir l'énergie, nécessaire à l'électrification des camps de la mort et la multitude de prisons ayant fleuri au Tibet depuis l'arrivée de l'envahisseur chinois. L'électricité était nécessaire pour les miradors et les tortures certes, pour les innombrables garnisons de l'Armée Impérialiste d'Occupation , mais aussi pour attirer les colons de Chine, chargés d'exploiter les ressources tibétaines, tenir les commerces et montrer l'exemple de la prostitution aux Tibétaines. Et comme s'il manquait une touche de laideur au cœur du Tibet occupé, l'A.I.O. vint avec dans ses bagages, le nucléaire et son corollaire, les déchets.
Des individus sans conscience ne trouvent rien à redire à cette situation inacceptable pour tout Etre humain doté des valeurs essentielles à la survie de l'humanité. Ils ont pris l'incommensurable responsabilité d'offrir l'esprit olympique au plus vaste et au plus ancien système totalitaire du monde passé et actuel. Autant confier la chasteté au Marquis de Sade et la probité aux marchands du temple. Cette trahison constitue un véritable coup de poignard dans le dos des Résistants tibétains et des dissidents chinois, lesquels s'opposent à la dictature et la combattent à mains nues depuis des décennies.
Quels sont les complices de cette aberration ? Nous constaterons qu'ils sont nombreux, mieux organisés et unis que les opposants et qu'ils ont bonne conscience. En attribuant les jeux à la dictature chinoise, ils ont accepté ce qui se fait de pire en matière de non droit à l'échelle d'une nation.
Comme la neige qui tombe efface les traces sur le sol, chaque encouragement envoyé au régime dictatorial de Pékin tend à faire s'estomper l'existence d'une grande nation, laquelle attend, en vain jusqu'à ce jour, le rétablissement du droit international , le retour de son indépendance et d'une liberté recouvrée. Ce peuple attend sa libération depuis 1950. Ceux qui défendront cette justice-là ne pourront pas s'asseoir à la table du banquet organisé par les bourreaux en 2008. Autant avertir d'emblée les spécialistes du " cul entre deux chaises ", qui savent se servir à tous les râteliers. Il sera impossible de disposer d'un siège à cette table-là et d'un autre aux côtés des victimes de la barbarie chinoise. La cause tibétaine ou le camp des tyrans et pour une fois dans la politique internationale, jamais choix n'aura été aussi limpide !
C'est pourquoi tout athlète qui participera aux " jeux de la honte " de Pékin en 2008, en piétinant son honneur et la souffrance de l'infortuné peuple tibétain, se couvrira de honte en foulant le sol chinois et en apportant devises et notoriété à cette sanglante dictature. Boycotter les jeux de la honte, si le sol tibétain demeure souillé par la botte chinoise constitue un devoir sacré, du même ordre que la lutte contre le nazisme, infiniment plus important encore que l'engagement pour le Koweït ou la Bosnie.
Les derniers jeux d'été ont eu lieu à Athènes en 2004. A cette occasion, de nombreux athlètes auraient pu se dresser contre la perspective des " jeux de la honte ". Au lieu de cela, pas un mot, si ce n'est pour se donner rendez-vous à Pékin pour de nouveaux records. Leur seule préoccupation serait donc d'améliorer leur prestation, de faire mieux. Eh bien, autant les rassurer dès à présent : quelle que soit la couleur des médailles à Pékin, ils feront pire. Selon nombre d'individus ayant subi l'ablation de la conscience, il n'y aurait donc rien de choquant à se rendre aux festivités organisées par les bourreaux. Or, la nation tibétaine n'est vouée à une disparition définitive, que si l'ensemble de la communauté internationale n'entérine le forfait de l'envahisseur chinois. Elle s'apprête à réaliser cette infamie à Pékin à l'occasion des " jeux de la honte " en 2008. Mais elle peut encore refuser avec force le statut de complice des bourreaux du peuple tibétain.
Les prochains jeux olympiques d'été auront lieu à Londres. Mais ceux qui sont en passe de mobiliser dès à présent toute l'attention des opinions publiques, des médias indépendants et des associations des droits de l'homme seront les jeux se déroulant à Pékin en 2008, lesquels seront immanquablement qualifiés de " jeux de la honte ". Honte, si l'occupant est toujours présent sur le sol tibétain ; honte parce que les crimes des bourreaux resteront impunis; honte encore parce que ce sera le bal des complices; honte enfin parce que ces festivités consacreront le triomphe du pillage et de la tyrannie et la primauté de la cupidité sur le respect du droit.
Il ne reste qu'à espérer que des hommes s'unissent pour boycotter cette hideuse manifestation de lâcheté internationale. Il est certain que ceux qui y participeront de près ou de loin, s'afficheront de fait comme les complices de la plus sanglante des dictatures, celle qui occupera en 2008, le territoire d'une nation voisine depuis cinquante-huit années, dont personne ne pourrait nier sincèrement l'indépendance avant son occupation. D'ailleurs, quel dirigeant enverrait cent cinquante mille soudards pour envahir son propre territoire ?
Il y a maintenant sur le sol tibétain plus de colons chinois que de Tibétains. Les tyrans de Pékin utilisent ce pays occupé pour y entreposer leurs déchets nucléaires, tout en pillant sans vergogne les ressources naturelles, en se servant également des prisonniers politiques tibétains, et cela en toute impunité devant l'indifférence des nations. Or, le Tibet ne sera pas plus chinois en 2008, que la Belgique ou la Lorraine n'étaient allemandes en 1940, ou le Koweït irakien en 1990.
Par essence pacifique, les Tibétains luttent sans vociférations haineuses dans les rues, sans Kalachnikov, sans bombe autour du ventre et meurent en silence. Ils ne cultivent pas non plus une haine féroce et sans concession à l'égard de l'ennemi chinois, mais la compassion ; ils pensent que ces envahisseurs sont également des êtres humains et que le système totalitaire qui les opprime pour l'instant demeure susceptible d'évoluer. Ils espèrent le remplacement de la dictature par un processus démocratique, à qui l'on pourrait offrir jeux olympiques et coupe du monde de football, ce qui demeure inacceptable envers cette tyrannie. Les individus placés en 2001 à la tête du C.I.O. n'avaient pas le droit de faire cela, ni au regard du respect des droits de l'homme, ni en tenant compte de cette transgression permanente du droit international au Tibet depuis 1950, laquelle constitue une plaie béante au flan de l'humanité.
L'objectif de cet ouvrage est de démontrer l'ampleur du scandale. Il convient de considérer que sans réussite du boycott, l'attribution de ces jeux et leur déroulement sans la moindre réaction, notamment de la part des démocraties occidentales , constitueront un nouveau crime contre l'humanité. Ne craignons pas d'affirmer qu'en cas d'échec du boycott, si le sol tibétain demeurait occupé à la fin de cette année 2008, la réussite des " jeux de la honte " constituerait le plus formidable signal d'encouragement à tous les pouvoirs totalitaires de la planète, et ouvrirait les portes à toutes les injustices présentes et à venir.
Il s'agira par exemple pour les entreprises occidentales d'oublier les massacres de Tienanmen en 1989, de fermer les yeux sur les camps de concentration du laogai , lesquels continuent à tourner à plein régime, afin de fournir des produits fort compétitifs. Le C.I.O. s'est résolu à choisir la dictature chinoise en s'affalant devant tout ce que le réalisme politique compte de lâcheté , de calculs et de compromissions. La démocratie et les droits de l'homme, tout comme le respect du droit international, n'ont pas pesé lourd, face à la perspective de profits directs et indirects.
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Au cours du mois de mars 2002, les envahisseurs du territoire tibétain se sont subitement transformés en apôtres de la paix… En effet, les autorités chinoises ont appelé Israéliens et Palestiniens à revenir à la table de négociation, tout en rejetant dans le même temps tout dialogue avec le Dalaï-lama, leader charismatique inspirateur du Gouvernement tibétain en exil, réfugié en Inde à Dharamsala depuis 1959.
En 2008 à Pékin, la communauté internationale va peut-être jouer son avenir. L'humanité va démontrer au grand jour sa capacité à s'élever ou à s'abaisser… Dans le même élan, les athlètes devront oublier que le régime est responsable de dizaines de millions de morts et qu'actuellement la Chine est le pays du monde, où l'on exécute le plus grand nombre de condamnés, des coupables peut-être, mais aussi des innocents.
Nous réaliserons pourquoi, au regard des différents éléments d'analyse, l'athlète participant à ces " jeux de la honte ", se comportera inévitablement comme traître à l'humanité. Il ne pourra pas prétendre participer parce que d'autres y participent à différents niveaux. Ce sera la responsabilité de chacun de se comporter en complice en soutenant les bourreaux du peuple tibétain, ou de résister à la lâcheté et à la cupidité ambiantes !
Avec des individus sans conscience, le critère des droits de l'homme n'a bien évidemment eu aucune influence dans le choix de la dictature chinoise pour l'attribution des jeux olympiques. Les défenseurs de la cause tibétaine auraient aimé que ces jeux aient lieu à Toronto, au cœur des démocraties les plus évoluées. Mais hélas, Samaranch avait déjà sereinement cohabité avec Franco et sympathisé avec le dictateur espagnol : d'un dictateur à l'autre, il ne s'est guère éloigné du chemin de l'infamie.
Quels sont les enjeux majeurs de ce scandale historique ? Il s'agit tout simplement d'entériner l'invasion du Tibet par l'A.I.O., laquelle invasion fut suivie par l'occupation, puis le pillage et pour finir l'élimination programmée du peuple et de la culture du " Pays des neiges ". Armée Impérialiste d'Occupation, à qui l'on pourrait également attribuer le qualificatif " Impopulaire ", car elle ne sert pas les intérêts du peuple tibétain qu'elle opprime, ni ceux du peuple chinois, puisqu'elle écrase les étudiants sous les chenilles des chars à Tienanmen, au seul motif que ces étudiants chinois avaient osé solliciter un peu de liberté et de démocratie. Ces jeunes étudiants eurent le tort de croire prématurément que les idées totalitaires de Mao avaient disparu avec le tyran, quinze ans plus tôt. Ils n'ont pas tenu compte du fait que le criminel avait laissé ses clones aux commandes et qu'il avait pris soin de maintenir ses successeurs dans leurs privilèges. Pour ces derniers, l'ouverture ne peut être qu'économique, sous peine d'abandonner ces privilèges, liés au pouvoir qu'ils monopolisent. Ils savent fort bien que toute évolution démocratique leur confisquerait pouvoir et privilèges, avec à la clé le risque d'un procès pour crimes contre l'humanité.
Que se passerait-il si certains tentaient de réhabiliter le nazisme en faisant courir le 100 mètres olympique sur les ruines d'Auschwitz ? L'ensemble de la communauté internationale crierait à juste titre au scandale. Pourtant, certains s'apprêtent à faire pire, sans que quiconque ne songe à réagir. Il va se passer l'équivalent de ce qui se serait passé à Auschwitz, si une coupe du monde de football avait eu lieu en 1942 chez les nazis. Que ceux qui participeront en tant qu'acteurs ou spectateurs aux " jeux de la honte " ne se contentent pas de prétendre qu'ils n'étaient pas informés. Ils sauront qu'en venant glorifier les bourreaux sur leurs terres, ils viennent participer en toute connaissance de cause à la solution finale version chinoise et à l'extermination du peuple le plus pacifique de la terre. Ce faisant, ils ne feront qu'encourager les autocrates de tout poil.
Inversement en boycottant, ils affirmeront que l'humanité refuse que le génocide parvienne à son terme et que le territoire de la nation tibétaine continue à être impunément pillé et souillé par l'Armée Impérialiste d'Occupation chinoise et des colons de plus en plus envahissants et arrogants; alors qu'ils devraient éprouver honte et remords : mais les pillards et criminels conservent-ils un reste de conscience des valeurs fondamentales de l'humanité ?
Nous verrons pourquoi il est impératif de boycotter toute image des " jeux de la honte " à Pékin. Mais pour cela, chaque défenseur des droits de l'homme et du droit international doit se mettre en devoir de contacter les êtres humains dont la conscience est susceptible d'être réveillée. Au préalable, rappelons que le fait que nous commercions allègrement avec les tyrans, ne signifie aucunement qu'ils n'en soient plus.
Si leur marché nous intéresse tant et nous conduit sans cesse à nous désintéresser du respect des droits de l'homme , et par voie de conséquence de nos droits, devons-nous pour autant aller jusqu'à offrir sur le plateau doré de l'olympisme, les lauriers de la gloire à ce système totalitaire ? Ce faisant, nous nous préparons à récolter d'autres lauriers : ceux de la honte. Mais réfléchissons encore un instant à ce que cela implique : un pays occupé vaste comme une large partie ouest de l'Union européenne, son peuple opprimé depuis près de six décennies par une armée d'occupation étrangère et colonisé sans vergogne par les Chinois, aujourd'hui plus nombreux que les Tibétains sur leur propre sol. Et nous nous apprêtons à donner le feu vert aux bourreaux, afin de poursuivre sur la voie de cette injustice capitale.
Après le génocide, où 1 200 000 Tibétains y laissèrent leur vie et leur espérance, ceux qui restent n'ont d'autres choix que la soumission, la collaboration avec l'occupant, ou l'exil loin de la terre ancestrale. Pour tous ceux qui se risquent à entrer dans la résistance, c'est la certitude d'une répression sans limite. Ceux que les bourreaux appellent " séparatistes " ne bénéficient pas de la Convention de Genève. Quant à la Convention asiatique des droits de l'homme, elle n'existe pas. Le temps n'est peut-être d'ailleurs pas si éloigné, où en échange de l'attribution de certains marchés, Pékin obtiendra l'aide internationale pour lutter contre les " terroristes " tibétains. Ce jour-là, le monde libre, en soutenant activement les bourreaux contre leurs victimes, touchera le fond de l'horreur.
Mais à l'horrible bilan des êtres disparus, relevé sur le territoire tibétain, lequel n'a hélas rien de définitif, il convient d'ajouter soixante-cinq millions de morts, dont Mao, le plus grand criminel de l'histoire de l'humanité, est à l'origine. Bien entendu, les corrompus qui lui ont succédé, n'ont rien changé à la stratégie, sauf sur le plan économique, car ils ont bien compris tous les bénéfices qu'ils pouvaient tirer des réformes économiques, pour eux-mêmes et ceux qui les soutiennent.
Bien évidemment, les petits salariés chinois, qui triment douze à quinze heures par jour et six voire sept jours sur sept, pour soixante-dix euros par mois, ne sont absolument pas concernés par le gâteau que se partagent les exploiteurs et les cadres du parti . Ils ne sont que les rouages qui accroissent la puissance de l'Etat et les privilèges pour une minorité de Chinois. C'est pourquoi, police et armée sont particulièrement choyées, car sans ses piliers, les jours des criminels corrompus seraient comptés. A noter que ce sont ces derniers qui appliquent la peine de mort à profusion à des milliers d'innocents.
Le " Pays des neiges ", quant à lui, bien involontairement concerné par les bouleversements intervenus en Chine, a vécu de nombreuses tentatives de rébellion. Mais à chaque velléité d'indépendance du peuple tibétain, a répondu une cruelle répression.
A ce sujet, il faut souligner au regard de l'ampleur des atrocités et du pillage, qu'il n'est guère plausible d'évoquer une éventuelle autonomie pour le peuple tibétain; elle ne pourrait se concevoir que pour une province ou une région faisant partie du territoire chinois. Concernant le Tibet, pays à part entière envahi par une armée étrangère et colonisé par les Chinois, au mépris du droit international, il ne peut s'agir que du rétablissement de l'indépendance après le départ de l'occupant.
Tous ceux qui se sont rendus au cœur du " Pays des neiges " avant l'invasion chinoise, ont décrit le Tibet comme un pays merveilleux et mystérieux. De nos jours, la cause tibétaine demeure une plaie béante au flanc de l'humanité et elle le restera aussi longtemps que cette nation demeurera occupée par les soudards envoyés par la plus sanglante des dictatures.
Non préoccupés par cette situation, certains ont pris l'immense responsabilité de récompenser la dictature chinoise, alors qu'ils avaient renoncé fort justement à franchir cette dernière extrémité, quatre ans plus tôt, au moment de l'attribution des jeux olympiques à l'Australie. Le vendredi 13 juillet 2001, les renégats ont franchi le Rubicon. Il revient donc à la communauté internationale de s'opposer de toutes ses forces à la réalisation de ce sinistre projet. Deux mois après cette funeste journée, par le biais de l'horreur du 11 septembre, le destin vint rappeler à chacun d'entre nous la fragilité de l'existence, pas seulement pour les Tibétaines et les Tibétains dont nous nous obstinons à ignorer le martyre. Souffrances infligées par leurs bourreaux chinois certes, mais qui s'exercent avec d'autant plus de violence, qu'elles sont subies sous le sceau de notre indifférence, voire de notre complicité. Pourquoi cette indifférence n'est-elle pas de mise lorsqu'en quelques minutes, un tsunami cause la perte de 300 000 êtres humains ? Sans doute trouvons-nous quelques éléments de réponse au chapitre 9.
Les amoureux de la montagne finissent immanquablement par tourner le regard vers l'Himalaya, la plus haute chaîne du monde. Et lorsque le respect des droits de l'homme et du droit international apparaît comme essentiel, ils prennent conscience des atrocités subies par les Tibétains et ils se surprennent à éprouver de la compassion pour ce peuple si injustement opprimé. En aucun cas, il ne méritait le sort réservé par les bourreaux qui se sont succédés à Pékin, ni l'oubli auquel l'a contraint la communauté internationale.
A 8850 mètres d'altitude se dresse le sommet du monde, le Chomolungma , déesse mère de la terre. Il est situé à la frontière tibéto-népalaise. Tensing Norgay et Edmund Hilary l'atteignirent le 29 mai 1953, deux ans et demi après l'invasion chinoise du Tibet. Cet exploit des deux alpinistes amenait tous les regards à se tourner vers le Tibet, mais hélas pas en direction d'un peuple, dont l'interminable martyre ne faisait que commencer.
Certains défenseurs de la cause tibétaine, cédant à la dialectique des bourreaux, en viennent à considérer les Tibétains comme une minorité ethnique, comme s'il s'agissait de quelques dizaines de milliers de monégasques ou d'Andorrans, lesquels sont pourtant reconnus par la communauté internationale. Que devient ce peuple de millions d'êtres humains ? Des millions ont été empêchés de naître, des centaines de milliers seront amenés à disparaître du SIDA importé par l'occupant chinois, pendant que les complices occidentaux déroulent le tapis rouge sous les pieds des bourreaux. D'autres évoquent une prétendue autonomie à quémander aux tortionnaires/pillards.
Ceci constitue un non sens; il faut le marteler : les Tibétains ne constituent pas la minorité d'un quelconque Etat de la planète, ni une mosaïque de peuplades. Il s'agit d'un peuple dans toute son entité, culture, langue, religion, drapeau, monnaie avant l'occupation, traditions communes, même si l'envahisseur tente d'occulter ce qui est l'essence de la nation tibétaine. Ce peuple est issu d'une nation indépendante jusqu'en 1950 et asservi par l'envahisseur chinois qui occupe et pille son sol.
Cette analyse pourrait s'articuler autour de deux questions fondamentales et d'une tentative de réponse : en toute connaissance de cause du sort réservé au peuple tibétain par l'occupant chinois, comment des renégats pourtant issus du monde libre, ont-ils pu livrer les jeux olympiques 2008 au plus grand système totalitaire de la planète ? Et par extension, comment se fait-il que cela ne semble choquer quasiment personne, comme si le futur organisateur de ces olympiades était issu de la première démocratie venue ? Quant à la tentative de réponse, le lecteur la découvrira en filigrane, tout au long de cet ouvrage.
Dans un silence assourdissant de l'ensemble de la communauté internationale, " Reporters sans frontière " a eu le mérite , au lendemain de la désignation de Pékin, d'appeler au boycott des jeux en 2008, en soulignant que l'aile dure du Parti communiste chinois allait se servir de cette occasion pour renforcer son pouvoir.
Il est grand temps que le chantage ne soit plus à sens unique au profit des tyrans. La Chine devrait pouvoir obtenir la flamme olympique et d'autres manifestations universelles, mais en contrepartie d'un prix à payer : renoncer à piller les richesses du territoire de la nation tibétaine. Si elle veut la gloire en 2008, il lui faudra restituer la liberté confisquée au peuple tibétain durant cinquante-huit années d'occupation. Dans le cas contraire, ni " jeux de la honte " en 2008, ni coupe du monde de football en 2018. Il y a nécessité absolue d'une campagne d'information soutenue pour un boycott de grande ampleur, concernant tous ceux qui piétinent les martyrs tibétains, en commerçant allègrement avec les tyrans qui persistent et signent. Qu'il s'agisse d'entreprises, de produits " Made in dictature ", ou d'organisateurs de grands prix de formule 1 et autres manifestations participant à la gloire des bourreaux.
L'auteur de cet ouvrage n'avance pas masqué : aucune dissimulation sous sa plume. Il prend parti et s'engage en se mettant au service de la cause tibétaine, comme d'autres se sont rangés aux côtés des tyrans de Pékin, afin de défendre la cause du profit et leur intérêt personnel. Un engagement est affaire de conscience , d'initiative et de responsabilité, où timidité et réserve ne peuvent avoir cours.
Sans doute, le lecteur percevra entre les lignes, du mépris pour les complices de la tyrannie et du désintérêt pour ceux dont la raison de vivre est la course au profit et à la notoriété ; c'est qu'en agissant ainsi, ceux-là assurent les beaux jours des bourreaux et accroissent au passage leurs privilèges déjà considérables, au détriment de leur peuple.
Un des effets pervers du sentiment de révolte est la difficulté d'éprouver de la compassion pour l'autre camp et de mettre des gants blancs pour dénoncer les actes des bourreaux. Sans doute vaut-il mieux réserver ce sentiment à ces Tibétaines et ces Tibétains qui souffrent dans les cellules de l'occupant chinois… Pour ce qui est de l'auteur, comme nombre de défenseurs des droits de l'homme et du droit international, il préfère éprouver de la compassion pour les victimes.
S'il existe un motif valable, un seul de se mettre en colère, les " jeux de la honte ", que ces bons apôtres de la collaboration avec la dictature chinoise nous préparent, entrent dans cette catégorie.
La Chine disposait de sept ans pour retirer ses troupes et ses colons. L'ouverture des jeux olympiques de 2008 aurait dû coïncider avec la reconnaissance par l'ensemble de la communauté internationale et par les dirigeants chinois, du Tibet en tant que nation indépendante. Cette reconnaissance aurait dû suivre le départ du dernier colon et du dernier soldat chinois, la libération du dernier mètre carré du sol tibétain, qu'il s'agisse de l'Amdo, du Kham et de l'U-Tsang, provinces ancestrales du " Pays des neiges ".
Ainsi, cette nation aurait enfin été justement reconnue par les Nations Unies ; or jusqu'à présent, la grande nation tibétaine ne bénéficie pas de cette reconnaissance, du seul fait de cette logique totalement aberrante, qui veut qu'un pays occupé par plus puissant et plus injuste que lui, ne soit plus traité comme une nation à part entière. Ce qui revient à reconnaître comme justifiée toute transgression du droit international. Ainsi, une nation dont le territoire est envahi et occupé par une armée étrangère, ne deviendrait plus que peuple à opprimer et territoire à piller. La France de 1943, le Japon de 1946, pour ne citer que ces deux exemples, auraient donc cessé sans le savoir de demeurer des nations à part entière. Une occupation illégale rendant caduc le statut de nation indépendante et rayant un pays de la carte. La transgression du droit international aurait donc force de loi !
Encore une fois, l'auteur de cet ouvrage n'en fait pas mystère : il s'est résolument engagé pour la sauvegarde du peuple tibétain et le droit à la justice pour cette nation spoliée sur le toit du monde. L'éditeur a pris également le parti de venir en aide à cette cause juste entre les justes causes. Les médias auront un rôle primordial à jouer : il ne s'agira pas de faire la promotion d'une marque de lessive, d'une cure d'amaigrissement ou d'un politicien professionnel. Ce qui est en jeu ici, n'est ni plus ni moins que l'avenir du peuple tibétain et du territoire d'une nation vaste comme une large partie de l'Union européenne. Et nous ne pouvons retrancher à loisir ce peuple de l'humanité, car il s'agit sans nul doute du peuple le plus représentatif de l'humanité que nous devrions défendre, le plus humain par le choix de ses valeurs de paix, de compassion, de respect de la vie et de la terre dont nous dépendons. Comment l'humanité pourrait-elle prétendre survivre, en abandonnant ces valeurs fondamentales et le peuple qui la représente le mieux ?
Nous verrons qu'il existe trois erreurs majeures dans notre relation avec la dictature chinoise :
- S'afficher en tant que complice des bourreaux dans l'extermination en cours du peuple tibétain, peuple pacifique s'il en est un seul en ce monde.
- Soutenir l'accroissement du potentiel militaire de la puissance impérialiste chinoise.
- Participer de près ou de loin à la montée en puissance de la dictature chinoise, accessoirement occupant illégal et illégitime du territoire de la nation tibétaine, tout en sabordant notre économie et notre environnement.
Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, l'ensemble de la communauté internationale s'apprête à venir célébrer plus de cinq décennies de lâcheté, de collaboration avec la plus grande dictature du monde, de surcroît agresseur, occupant et pillard du territoire de la nation tibétaine. Ce sera la croisée des chemins entre ceux qui viendront faire allégeance à la barbarie des bourreaux et la masse des indifférents qui seront tout aussi préoccupés de l'extermination d'un peuple, qu'ils ne le sont de l'état de la planète, pour peu que leur petit confort et leurs petits intérêts du moment soient préservés.
Demeurons persuadés que le peuple tibétain ne sera pas rayé de la carte, parce que les tyrans en place à Pékin l'auront décidé. Il faudra encore que par notre renoncement, notre indifférence, ou pire notre complicité, nous entérinions cette élimination d'une nation, d'un peuple et d'une culture, à l'aube de ce troisième millénaire.
Que nous le voulions ou non, ces dernières années qui nous séparaient des " jeux de la honte " de 2008, ont constitué l'amorce d'un tournant historique de première grandeur, où chacun d'entre nous pouvait choisir son camp. Il va sans dire que ceux qui ont choisi le camp des tyrans chinois ont pris une immense responsabilité, car il s'agit ni plus ni moins d'accepter la négation de l'humanité, tout en apportant triomphe et consécration aux bourreaux du peuple tibétain.
Chapitre 1
Les jeux olympiques au pays des bourreaux
"La menace du plus fort me fait toujours passer du côté du plus faible."
François-René de Chateaubriand
Après le siècle des génocides, voici venu celui de l'alliance avec les bourreaux. En 1944, nos grands-parents ont combattu les nazis. En 2008, une partie d'entre nous, infime espérons-le, se rangera aux côtés des pillards. Au mépris du peuple tibétain, ils viendront applaudir ses tortionnaires.
Si, dans n'importe quel pays, vous demandiez à un ressortissant de citer une date importante de l'année 2001, il y a fort à parier qu'il évoquerait le 11 septembre. En effet, beaucoup considèrent que plus rien ne sera comme avant le 11 septembre 2001. Sans doute ! Mais que dire du 13 juillet, date tout aussi historique ? Les prélats du Comité International Olympique venaient de déclarer Pékin vainqueur de la course à l'organisation des jeux parmi deux autres villes issues de pays asiatiques, Osaka et Istanbul, une ville du continent américain, Toronto et une ville européenne, Paris.
Ce 13 juillet, l'humanité s'est effondrée, ses principes fondamentaux ont été bafoués, lorsque des individus pourtant abreuvés de principes démocratiques ont choisi de récompenser les bourreaux ! Comment se fait-il que ce vendredi noir pour l'humanité ait si peu interpellé les consciences, comme s'il s'agissait de l'évènement le plus banal qui soit ? Et pourtant… Pour revenir à ce funeste 11 septembre, ne s'agissait-il pas d'une première réponse d'une justice immanente, offusquée par une telle infamie ?
En parcourant cet ouvrage, nous nous attacherons à cerner toute la portée historique de cette date du 13 juillet en cette première année du XXIe siècle et l'évènement majeur qui eut lieu ce jour-là, lequel va engager l'humanité pour ce qu'elle aura de meilleur ou de pire. Car jusqu'à présent, nous demeurions apathiques devant le martyre du peuple tibétain. Après des décennies d'immobilisme, nombre d'entre nous se sont décidés à agir… dans le sens de ses bourreaux chinois, en récompensant leurs exactions et entérinant leurs forfaits.
"Le triomphe de Pékin ", annonçait la presse au soir du vendredi 13 juillet 2001, mais pas celui du peuple chinois, contrairement à ce que voulaient laisser croire les dirigeants aux commandes du plus grand système totalitaire de la planète. Ce sera surtout le triomphe de la nomenklatura au pouvoir et des quelques millions de privilégiés qui soutiennent les tyrans, lesquels vont tirer parti de ces jeux, s'ils ne sont boycottés par la majorité des nations. Pour l'heure, la communauté internationale a décidé que les bourreaux avaient fait du "bon boulot" sur le territoire de la nation tibétaine : après une place de choix à l'ONU, puis à l'OMC, un nouveau cadeau arrive fort à propos, afin de les récompenser pour leur bilan : l'organisation des jeux olympiques. Les clones de Mao vont pouvoir tirer cette conclusion définitive :
- " Si le monde a apprécié ce que nous avons fait pendant plus de cinq décennies, nous allons faire pire et nous allons le faire avec votre assentiment et votre soutien constant."
De l'action de la communauté internationale dépendra l'issue des " jeux de la honte ". Ils constitueront un triomphe pour les rejetons du tyran Mao Zedong, bourreau du peuple tibétain et criminel envers son peuple… Si, et seulement si, la communauté internationale ne se ressaisissait pas et apportait ce triomphe sur un plateau aux pillards du territoire de la nation tibétaine. En 1950, cette dictature a agressé le Tibet, pays voisin, et depuis opprime son peuple avec une cruauté sans pareil, tout en pillant son territoire avec une belle constance.
Les Tibétains ne disposent ni de bâtons de dynamite autour du ventre, ni de kalachnikov à l'épaule. Par nature pacifique, ils meurent sans bruit et peuvent donc disparaître dans le silence assourdissant de l'indifférence des nations. Les seuls individus armés sont leurs bourreaux. Cette situation inique assure une victoire sans gloire pour les pillards du territoire tibétain. Mais cela va dans le sens de l'attribution des J.O. :
- " Mourrez en paix et laissez-nous confier l'organisation de nos festivités, comme bon nous semble et en l'occurrence à vos tortionnaires… Surtout si cette attribution est pour nous, ou ceux que nous représentons, génératrice de profits ! "
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- " C'est un être humain ordinaire qui s'adresse à vous, un simple moine. Si vous trouvez quelque utilité à ce que je vais vous dire, alors j'espère que vous essaierez de le mettre en pratique (…). En tant que porte-parole libre de mes compatriotes captifs, j'estime que c'est un devoir de parler en leur nom (…). Je vous demande de ne pas oublier le Tibet qui vit une période sombre de son histoire. "
Cette déclaration émane du Dalaï-lama, lors de la remise du Prix Nobel de la Paix à Oslo en 1989. Douze ans plus tard, certains individus furent atteints d'une immense amnésie, sachant que le guide spirituel des Tibétains et des bouddhistes du monde entier aura, en ce qui les concerne, prêché dans le désert. Il est du devoir de tout défenseur des droits de l'homme de les aider à retrouver la mémoire.
A ceux qui prétendraient que cette attribution des J.O. n'est pas si grave, qu'il convient de faire preuve de compréhension et de patience à l'égard des bourreaux chinois du peuple tibétain, afin de les inciter à évoluer peu à peu vers la démocratie, nous pouvons constater qu'il s'agira davantage de leur laisser le temps de piller en totalité le sol et le sous-sol du territoire tibétain, jusqu'à extinction de ses richesses, de continuer à transformer les forêts en déserts, de poursuivre l'éradication de la culture tibétaine jusqu'au dernier vestige, et l'anéantissement d'un peuple. A l'heure où cet ouvrage prend forme, il y a plus d'un demi-siècle que les Tibétains patientent. Dans cette affaire, il s'avère que le temps qui s'écoule est l'allié objectif de la dictature chinoise.
En 2008, cinquante-huit interminables années se seront écoulées depuis que la tyrannie sévit au Tibet. Et cette année-là, il se trouvera des individus pour parader devant les tyrans, pour des médailles d'or, pour des dollars, pour une gloire ô combien ternie par la honte… Il se trouvera même des dirigeants des démocraties pour se réjouir aux côtés des bourreaux.
Comment ces mêmes individus pourraient-ils se prétendre démocrates convaincus et mettre en avant l'esprit sportif ? Quand dans le même temps, des innocents seront torturés, soumis aux privations, parce qu'ils ont osé demander le départ de l'envahisseur. Pendant le temps d'un hymne officiel , la mort de certains d'entre eux servira à alimenter le trafic d'organes, aux profits des sbires qui dirigent les camps de la mort, dont les appellations officielles sont " prisons usines " ou " camps de rééducation par le travail ", autres mots pour parler d'esclavage des opposants et des résistants, ainsi que tous ceux qui s'opposent aux tyrans soutenus par leurs complices occidentaux.
Et s'il est vrai que certains soutiennent l'idée qu'il faut laisser le temps à l'occupant d'évoluer peu à peu vers la démocratie, à son rythme, n'est-il pas préférable, au regard de l'absence d'évolution, de passer son temps et son énergie à se préoccuper des victimes tibétaines ou de celles de Tienanmen ?
Que ceux qui viennent au secours de la dictature chinoise , prennent quelques semaines de vacances dans l'une de ces prisons si bien étudiées pour la rééducation et l'élimination des opposants .
Ces soutiens de la dictature chinoise ne sont pas plus innocents que les pontes des cartels de la drogue colombiens, ou les dirigeants des usines d'amiante qui se sont enrichis en toute connaissance de cause, grâce au labeur de leurs ouvriers, lesquels décèdent maintenant par dizaines de milliers, attendant souvent en vain une hypothétique indemnisation. Peut-être nous dirigeons-nous vers de plus en plus d'horreur ? Hélas, les firmes américaines, à l'affût de nouveaux contrats avec la dictature chinoise, n'étaient pas les seules à souhaiter le triomphe de Pékin. Dans la série " A qui profite le crime ? ", de grosses entreprises européennes, comme Airbus devenue EADS, ont discrètement fait connaître leur soutien à la dictature chinoise. Seuls les complices des bourreaux se rendront à Pékin. Que dire des touristes venant soutenir l'économie de ce système totalitaire? Fraternité, compétition pacifique, loyauté, persévérance, humilité, fair-play, que restera-t-il de ces valeurs après ces " olympiades de la honte " ? L'esprit olympique ne se remettra peut-être pas de s'être égaré aux côtés des bourreaux.
Les " jeux de la honte " débuteront le 8 août 2008. Les complices s'emploient maintenant à préparer les esprits à l'organisation de ces jeux. Selon eux, il faudra tenir compte du fait que la Chine est en train d'évoluer et qu'il convient de laisser le temps aux pillards et aux bourreaux de se reconvertir en dirigeants intègres, soucieux du bien-être de leurs concitoyens. Certains tenteront même de défendre la thèse des tyrans de Pékin, contre toute vérité historique, que le Tibet est terre chinoise et que Pékin n'a fait que rétablir l'ordre et apporter le développement économique.
Quant aux droits de l'homme, ils vous expliqueront qu'ils ne manquent pas une occasion de les évoquer. Les mêmes expliquaient que le choix de Pékin pour les jeux favoriserait l'ouverture et le développement.
Les individus qui se rendront complices de la torture, du trafic d'organes et des camps de concentration, en concourant en 2008 sur le sol chinois contre l'esprit olympique, sans contrepartie de la part des rejetons de Mao, oseront-ils affirmer à leurs héritiers qu'ils ne savaient pas ? Aujourd'hui, chacun est en mesure d'être informé quant au fait, qu'ils auront volontairement détourné le regard. Cependant, c'est en s'opposant aux jeux de Pékin, que la communauté internationale sauvegardera au mieux le destin de l'humanité et les valeurs de l'olympisme.
La seule compétition qui comptera en 2008 sera celle qui aboutira dans les plus brefs délais à la libération du peuple tibétain. N'imaginons même pas que la loi du plus fort, celle des pillards et des bourreaux, et la disparition d'une culture aussi précieuse pour l'humanité puisse être entérinée. Ce que nous avons fait pour le Koweït, dont la culture historique reste à déterminer, faisons-le pour le Tibet, lequel constituait déjà une nation, des siècles avant le minuscule Etat du Golfe persique. Le Koweït est né, il y a seulement quelques décennies de l'imagination des militaires et des diplomates de la défunte puissance coloniale britannique et ne doit qu'à ses richesses pétrolifères, le fait d'avoir été libéré par les forces alliées en 1991, après l'agression irakienne.
Non seulement le " Pays des neiges " ne bénéficie pas de la même sollicitude internationale, mais personne ne se donnera la peine d'intenter une action en justice envers ces criminels contre l'humanité, à l'instar de celle qui fut réservée à Slobodan Milosevic.
Mais qui plus est, des individus ont pris la très lourde responsabilité de leur offrir, sans aucune contrepartie, les plus somptueux cadeaux Les dirigeants chinois vont pouvoir parader à loisir sur leur terre en 2008, sans qu'à aucun moment, le génocide des Tibétains et les crimes contre l'humanité, dont se sont rendus coupables les dictateurs successifs , ne soient évoqués.
Néanmoins si le boycott est un succès, le peuple tibétain, faute d'être libéré en 2008, fera sans doute un pas de géant vers sa libération. Par ailleurs, il est probable que l'échec de la dictature en place la contraindra à engager un processus démocratique au bénéfice du peuple chinois. Car l'avènement de la démocratie en Chine constitue d'ores et déjà une hypothèse sérieuse, en cas de réussite du boycott. Celui-ci n'est encore ni annoncé, ni organisé; il est seulement espéré par quelques démocrates convaincus. Mais son succès ne sera assuré, que lorsqu'une mobilisation internationale aura vu le jour et que de sincères défenseurs des droits de l'homme décidés le mettront en œuvre avec toute la détermination qui s'impose, afin de faire triompher le droit international et par voie de conséquence, la cause tibétaine. Car les complices des bourreaux feront le maximum pour qu'il échoue. Certains participants à ces jeux seront décorés par ces mêmes complices. Mais que valent les honneurs de la part de tels individus ?
Il s'agira d'une part de faire face à l'opposition évidente de la dictature chinoise. Le chantage commercial va jouer à plein. Et les tyrans de Pékin tenteront par tous les moyens de sauvegarder le monopole du pouvoir, afin de maintenir les privilèges des dirigeants et des serviteurs zélés. Les évènements de Tienanmen en juin 1989 en furent la concrétisation tragique.
En outre, il ne fait aucun doute que les femmes et les hommes, personnalités ou anonymes, les athlètes refusant de faire allégeance au tyran, rencontreront une pression constante de la plupart des dirigeants occidentaux, guidés par la seule recherche de profit, collaborateurs affichés de la dictature chinoise Ces derniers se dissimulent généralement derrière la raison d'Etat et le soi-disant intérêt supérieur de leur pays et de leurs concitoyens . Nous constaterons qu'il n'en est rien. Ils admirent sans réserve la croissance génératrice d'une pollution dévastatrice pour notre planète, dont est responsable le pays devenu le second pollueur de la planète derrière les Etats-Unis. Mais il faut bien qu'eux aussi se développent, clament tous ceux qui cherchent des circonstances atténuantes à ces nouveaux Huns. Eux aussi ont droit à leur progrès, ce dernier devrait-il anéantir notre civilisation.
Ceux qui vont organiser le boycott devront se montrer encore plus déterminés, afin de s'unir au-delà des frontières des Etats complices, et faire triompher la défense du droit international et l'aspiration à la liberté d'un peuple pacifique.
En attribuant les jeux olympiques à l'un des pires systèmes totalitaires que la terre ait porté, les individus sans conscience, qui se sont arrogés le droit de piétiner les tombes des martyrs tibétains, ont voulu affirmer que la cause du Tibet libre et indépendant était une cause perdue et que l'on devait se ranger sous la bannière des tyrans. Sous prétexte qu'ils détiennent le monopole du pouvoir au Tibet et en Chine… et donc le pouvoir de redistribuer une partie du produit du pillage. Nous constaterons plus loin que ce pillage, s'il est dramatique pour le peuple tibétain, rapporte des bénéfices considérables à ceux qui l'organisent.
Avant que le forfait ne soit couronné de succès, nous avons le devoir de nous interroger en notre âme et conscience : partageons-nous l'analyse de ces tristes sires ? Hitler a-t-il fermé les camps de concentration après les J.O. en 1936 ? Ces jeux l'ont-ils transformé en démocrate convaincu ? Ce cadeau des instances olympiques a-t-il mis un terme à l'hégémonie nazie ? Mais dans ce cas, comment se fait-il que le dictateur nazi ait annexé l'Autriche comme la Chine a annexé le Tibet, envahi la Tchécoslovaquie, la Pologne, la France et tant d'autres Etats sur lesquels il n'avait aucun droit ? Ce présent offert par le camp des démocraties n'a-t-il pas constitué un formidable encouragement à poursuivre sur le chemin de ses rêves de conquêtes et de gloire ?
A ceux qui prétendent que les tyrans changent, ou qu'en leur cédant maintenant, ils changeront plus tard, il convient de leur rappeler l'épisode honteux des Accords de Munich : ils ont prouvé au contraire que les Allemands n'ont changé que lorsqu'ils ont cessé d'occuper des territoires qui ne leur appartenaient pas; alors seulement la démocratie est parvenue à prendre le relais. Nous pourrions également évoquer une évolution semblable en Russie, quelques années après le boycott des Jeux de Moscou.
Lorsque les Chinois parviendront à se débarrasser de l'héritage de Mao et qu'ils se seront retirés du sol tibétain, la preuve de leur évolution sera faite. Dans le cas contraire, il ne s'agit que de poudre aux yeux et de belles paroles, comme celles de Moscou :
- "A votre tour, changez l'histoire…"
Ces paroles ont été prononcées le 13 juillet 2001 par les délégués chinois, afin d'obtenir les jeux olympiques en 2008. En fait, cette attribution était gagnée d'avance, sachant que les complices étaient dans la place et avaient préparé le terrain aux tyrans. Tout était prêt, bien avant la décision officielle, pour laisser s'exprimer à Pékin des manifestations de joie, loin d'être spontanées.
Pour ce qui est de changer l'histoire, la preuve est faite maintenant qu'il ne s'agissait que de déclarations sans consistance, puisque les observateurs impartiaux n'ont pas remarqué le moindre frémissement allant dans le sens d'une demande de pardon vis-à-vis du peuple tibétain, ni d'une quelconque annonce de retrait des troupes d'occupation hors du territoire tibétain, ni même d'un quelconque élan démocratique sur le territoire chinois. Bien au contraire, les observateurs ont pu assister à un net durcissement, au travers de la campagne "Frappez fort", visant à faire taire contestataires et opposants et à un refus catégorique de dialoguer avec le Chef du Gouvernement tibétain en exil.
En fait, le régime cherche à se forger un semblant de respectabilité. Jiang Zemin, dépositaire de la tyrannie en 2001, a invité le monde entier à assister aux jeux olympiques de Pékin. La ruée vers l'or et le profit peut commencer pour les grands argentiers de l'olympisme. Mais l'or des médailles n'est qu'une modeste part des profits escomptés. De nombreuses entreprises étaient déjà sur les rangs, bien avant la décision inique de juillet 2001.
Certains sportifs se sont entraînés très tôt à la collaboration avec les bourreaux, au cours de répétitions qui ont eu lieu sur le sol chinois à partir de 2002 : à savoir notamment les grands prix de Formule 1 et les tournois de tennis.
Pour Pékin, il s'agissait de peaufiner le savoir-faire chinois en matière d'organisation, en prévision des jeux. Les thamzing, la répression, le pillage, la corruption, l'organisation d'exécutions publiques, le trafic d'organes, ils savaient faire et sont même passés maîtres en la matière. Quant à l'organisation des jeux, si elle reprendra une partie du savoir-faire en matière organisationnelle, le cadre différera quelque peu. Lors des Masters de tennis de Shanghai, les tennismen ont déjà ouvert le bal en novembre 2002. Certains de ces sportifs grassement rémunérés ont encore pu bénéficier de circonstances atténuantes et se retrancher derrière le manque d'information sur la répression organisée au cœur du Tibet occupé, mais également hors des frontières tibétaines, sur le territoire chinois lui-même. Et en certaines occasions, il convient d'avoir la faculté de mettre sa conscience dans la poche, afin d'approvisionner ses comptes bancaires.
Le sport qui consistait il y a peu à préparer les exécutions publiques dans les stades similaires à ceux qui accueilleront les athlètes du monde de la collaboration ne leur posera-t-il pas de problème de conscience, éthique, quand il s'agira de concourir dans ces temples du totalitarisme? Mais il est vrai que les complices ont en partie raison; il y a eu des changements : désormais, les exécutions ont lieu à huis clos.
Peu de temps avant la désignation de Pékin, une athlète française qui ne fait honneur, ni à son sport, ni à son pays, ni au genre humain, ni à sa conscience, déclarait à un journaliste avec une franche gaieté :
- " Si les jeux sont à Pékin, j'irai à Pékin, c'est pas grave ! ", répétant une seconde fois "C'est pas grave! " en riant, comme si elle venait de sortir la meilleure blague de l'année.
Etat d'esprit probablement issu de la lobotomisation orchestrée par la télé réalité. Qu'elle sache que leurs enfants sauront que leurs parents athlètes, chefs d'entreprises, investisseurs, politiciens professionnels de la collaboration, ont soutenu les bourreaux. Que les tortionnaires auraient pu égorger au bord de la piste, pourvu qu'il y ait un gros chèque en jeu ou un instant de "gloire".
Espérons pour cette sportive indigne qu'elle retrouvera un jour la capacité intellectuelle de reconnaître plus tard son ineptie, que les millions de victimes du plus vaste système totalitaire de la planète basé à Pékin apprécieront. Quant à l'infortuné peuple tibétain, ignorant quant à ses soutiens potentiels, voilà déjà une ardente complice des bourreaux qui s'est clairement positionnée. Ce qui prouve que le tandem de politiciens professionnels, dont nous évoquerons les exactions , quant à lui n'est pas seul!
Afin d'éclairer la lanterne de cette brillante représentante du camp des complices, ignorante peut-être quant à l'enjeu de ces jeux de la honte, il convient de rappeler que tout individu qui assistera, participera de près ou de loin, et soutiendra la mascarade de l'été 2008 qui se tiendra dans l'ombre du peuple tibétain opprimé, se montrera indigne de l'humanité dans ce qu'elle a de meilleur, courage, dignité, respect, compassion, générosité, volonté d'améliorer le sort de ses semblables.
Par bonheur, d'autres athlètes ne raisonnent pas sur le même registre :
- " Nous n'avons pas le droit d'accepter la nomination de Pékin, au regard des droits de l'homme! ", déclarait Jean Galfione, quelques jours avant la mascarade de Moscou.
Chapeau bas, Monsieur Galfione! Pour cette position courageuse, veuillez accepter le témoignage de l'immense respect des défenseurs du droit. Ils vous connaissaient sans doute en tant que champion de saut à la perche français de talent, mais ils ignoraient sûrement que vous étiez si grand !
Tant que la dictature chinoise occupe le Tibet, et malgré le soutien aux tyrans venant de "personnalités" douteuses, offrir les jeux olympiques aux bourreaux, se traduit par une négation du droit international et des droits de l'homme. Alors qu'un ancien admirateur du dictateur espagnol Franco, devenu président du C.I.O., a tenté d'offrir aux tyrans de Pékin un somptueux cadeau sans aucune contrepartie, la communauté internationale doit imposer un prix à payer au régime en place à Pékin : la libération du Tibet occupé, en échange de l'organisation des jeux olympiques.
Si le monde lui laisse les mains libres, la dictature chinoise pourra terminer à son rythme le nettoyage ethnique entrepris au Tibet, il y a près de six décennies. Sa stratégie vise à éliminer religion et langue tibétaine et remplacer le peuple tibétain par une population coloniale chinoise, afin d'exploiter en toute impunité les richesses du territoire de la nation tibétaine. En un demi-siècle, la moitié de ce programme infernal a été accompli. Les colons chinois sont maintenant plus nombreux que les Tibétains à l'intérieur des frontières tibétaines.
Force est de constater que le monde sportif, à l'instar des instances gouvernementales, est étrangement muet depuis la désignation de Pékin. Si ce n'est pour se réjouir de la perspective d'améliorer les records sur la terre des bourreaux. La réaction d'un athlète de talent, tel que Jean Galfione, n'en prend que davantage de dimension. On se surprend à espérer qu'il ne soit pas le seul à avoir raison et que les consciences s'éveillent peu à peu avant 2008, car ensuite il sera trop tard pour réagir. Nous ne pourrons jamais isoler le sport dans une bulle, car il est le reflet de la vie et de son environnement. Le 10 avril 2005, le Marathon de Paris était dédié aux otages en Irak, Florence Aubenas et Hussein Artoun. La plupart des coureurs ont courus avec un brassard portant le nom des deux otages libérés un peu plus tard, ce qui démontre s'il en était besoin que tous les sportifs ne se maintiennent pas dans l'ignorance des injustices de ce monde.
Lutter contre cette ignorance en organisant le boycott est l'objectif affiché par la Coordination Européenne pour la Libération du Tibet (C.E.L.T.), qui s'est constituée en 2006. S'il réussit, ce sera le premier boycott de cette ampleur, organisé non pas par les gouvernements complices qui ont choisi de se ranger comme un seul homme aux côtés des bourreaux, mais par les défenseurs du droit international et des droits de l'homme. Et si nous choisissons de soutenir les bourreaux, soutenons-les les yeux ouverts.
Nous pouvons abandonner le peuple tibétain à son triste sort. Nous avons déjà prouvé par le passé que nous étions capables des pires lâchetés. Pour autant, devons-nous couronner les bourreaux en participant à cette mascarade de Pékin 2008 ?
Tout être humain soucieux de la défense des droits de l'homme et du respect du droit international est susceptible de s'engager dans ce combat capital. Le Tibet ne disparaîtra que si chacun l'accepte. Et pour cela, il suffit juste de continuer à ne rien faire, de poursuivre ce qui s'est accompli jusqu'à présent dans l'indifférence générale.
Que les égocentriques qui ne sont préoccupés que par leur nombril et leur intérêt personnel se rassurent : s'ils ne bougent pas le petit doigt, ils ne feront ni mieux ni pire que ceux qui les ont précédé. Ils ne risquent pas d'être condamnés par la justice des hommes pour non assistance à peuple en danger.
Peut-être pourraient-ils néanmoins se poser ces questions fondamentales : quel est le niveau de notre tolérance face à l'intolérable ? Jusqu'où sommes-nous prêts à nous fourvoyer dans la complicité et l'allégeance envers les tyrans ? La raison d'Etat et la loi du marché doivent-elles systématiquement passer avant ces considérations primordiales pour l'avenir de l'humanité ? Lors des émeutes dans les banlieues françaises en novembre 2005, un quotidien de Pékin se demandait si les touristes chinois pouvaient se rendre en France sans danger. La vraie question est de savoir si les touristes et les sportifs français pourront se rendre sans état d'âme chez les bourreaux du peuple tibétain ?
Lors des jeux olympiques d'hiver 2002 à Salt Lake City, un slogan revenait régulièrement : "C'est l'humanité qui triomphe ! ". Celui-ci faisait référence aux attentats du 11 septembre 2001 et cherchait à souligner les ressources du monde libre face à l'adversité.
En réalité, c'est en 2008 que nous serons pleinement informés quant à l'identité de ceux qui triompheront, les bourreaux du peuple tibétain ou l'humanité toute entière. Sans libération de la totalité du territoire tibétain, la réussite des "jeux de la honte" en 2008 entérinerait la défaite de l'humanité à Pékin. Et il faudrait être bien stupide pour imaginer que cet effondrement des valeurs de l'humanité serait sans conséquences pour son avenir.
Cependant, si la communauté internationale parvient à exercer une forte pression sur l'impérialisme chinois, les dirigeants au pouvoir à Pékin finiront par se rendre compte qu'ils ont plus à perdre qu'à gagner, en poursuivant leur politique expansionniste. S'ils refusent de se retirer du Tibet occupé, dont ils oppriment le peuple au mépris des droits de l'homme et du droit international, les conditions doivent être réunies afin que les bourreaux y laissent des plumes sur le plan économique et qu'ils n'aient droit qu'à des jeux tronqués. Alors s'envolera la respectabilité de façade espérée par les dirigeants chinois. Ils prendront également le risque de se voir refuser l'organisation de la coupe du monde de football qu'ils convoitent pour 2018. Non pas tant du fait que les instances mondiales du football se préoccuperaient davantage du peuple tibétain et des droits de l'homme que le C.I.O., mais en raison d'une pression internationale trop intense, qui les ferait reculer, en les dissuadant de rééditer le forfait ignoble de Samaranch. Par ailleurs, le risque serait réel de faire de cette manifestation phare un enjeu politique, après l'échec des J.O. 2008 à Pékin.
Il s'agit d'un défi d'ampleur planétaire. La communauté internationale doit maintenant modifier sa stratégie : offrir son soutien à l'infortuné peuple tibétain et non plus soutenir la dictature chinoise, sa politique de l'enfant unique, son adhésion à l'O.M.C., les investissements à taux réduit, les brevets offerts, les manifestations sportives les plus prestigieuses, les restitutions de Hongkong et de Macao sans contrepartie; tous ces cadeaux et ces renoncements n'ont pas amené Pékin à desserrer son étreinte. En l'occurrence, l'inverse s'est produit.
Déjà en 1995, la "Conférence mondiale de la femme" était sensée permettre l'accélération de l'ouverture de la Chine et l'on devait assister, pronostiquaient certains, à des progrès sensibles allant dans le sens de la démocratie. C'est ce qu'annonçaient les experts du rapprochement entre la dictature chinoise et les Occidentaux. Tous ces tartuffes qui n'y croyaient pas eux-mêmes nous ont mentis et nous trompent encore. Non décidément, personne ne changera le loup en agneau et surtout pas en accumulant lâchetés et reniements. Rien n'est venu… Si ce n'est un cynisme absolu : ainsi ces détenus libérés avant la Conférence, à nouveau emprisonnés ensuite.
Dans son rapport du 15 juin 2001, la Commission d'évaluation du Comité International Olympique estimait que des jeux à Pékin laisseraient un héritage unique à la Chine et au sport. Pour ce qui est de la dictature chinoise bénéficiaire, ils n'avaient pas tort : ils sont sur le point d'apporter la consécration aux clones de Mao; celle-ci est d'autant plus méritoire que ce système totalitaire n'a fait aucun effort afin d'obtenir une telle récompense. Selon certains défenseurs de l'inqualifiable, un nouveau vote négatif, après celui qui avait souri à la candidature de Sidney, aurait constitué un véritable affront, tant les nombreux éléments objectifs faisaient pencher la balance en faveur de la candidature chinoise. Il est à noter que l'affront fait à la victime des bourreaux, à savoir le peuple tibétain, ne les a pas même effleuré.
Les observateurs auront surtout remarqué la volonté de Samaranch d'achever son règne sur un dernier symbole puissant. Pour se faire pardonner de leur forfait, certains membres du C.I.O. se disaient persuadés que la désignation de Pékin favoriserait en Chine l'ouverture et le développement.
Mais en réalité, ils ont obéi aux pressions des lobbies qui se fichent pas mal de l'anéantissement du peuple tibétain et qui ne sont appâtés que par les profits considérables qu'ils espèrent en retirer. Le choix de confier à Pékin l'organisation des J.O. 2008 a démontré que le C.I.O. était prêt à se coucher devant tout ce que la realpolitik compte de lâcheté, de calculs et de compromissions.
L'ensemble des démocrates défenseurs du droit international et des droits de l'homme, révoltés par ces manipulations peuvent ravaler leur indignation et constater une fois de plus que les droits de l'homme et l'aspiration légitime des peuples à la liberté et à la démocratie, ne pèsent pas plus que l'aile d'une mouche devant la mondialisation du sport et les profits qui en découlent. Il est vrai que pour se justifier, les partisans de la candidature des bourreaux ont prétendu avec une mauvaise foi sans précédent, que grâce à leur choix, ils allaient faire passer un souffle nouveau sur un pays qui est tout, sauf un exemple à suivre en matière de respect des droits de l'homme. Il s'agissait en fait d'accorder un label de respectabilité à un régime tyrannique, mais aussi de consacrer la suprématie de l'économique, tout en renonçant aux valeurs et aux idéaux de l'olympisme. Sous prétexte d'inciter la dictature à desserrer l'étau, ces individus ont égaré leurs principes et leur honneur. D'une époque qui intègre à ce point toutes les bassesses, il faut s'attendre au pire !
Dans l'hypothèse où les athlètes, les entreprises, les médias, les touristes, accepteraient l'invitation d'un régime répressif de l'envergure de la dictature chinoise, comment pourraient-ils prétendre qu'ils ne se comportent pas en complices des camps de concentration, de la torture institutionnalisée, de la peine de mort pour les opposants innocents, du trafic d'organes, du pillage et de l'occupation du territoire tibétain par l'Armée Impérialiste d'Occupation chinoise ? Oseront-ils affirmer, comme lors des jeux de Salt Lake City, que c'est l'humanité qui triomphera à Pékin ?
Le 11 septembre 2001, les Etats-Unis et le monde occidental se sont préoccupés à juste titre des victimes du terrorisme international, victimes de fanatiques sans conscience des valeurs de l'humanité, pour qui l'innocent ne représente que les œufs de la fameuse omelette, pauvre bougre que l'on peut égorger aussi aisément, que d'autres le font d'un poulet ou d'un agneau.
Cependant, concernant les Tibétains, leur statut de victime ne date pas de l'année 2001, mais ils supportent l'oppression chinoise depuis 1950. Or qui s'en préoccupe ? Certainement pas les sombres individus qui se prélassent dans les fauteuils du C.I.O. !
Nous disposons de cette liberté de refuser le programme concocté par les tyrans, leurs complices du C.I.O. et les renégats qui coulent des jours heureux dans les bureaux présidentiels et ministériels des gouvernements des pays occidentaux. Ils veulent nous imposer leurs desseins : année 2008, année des "jeux de la honte", comme d'autres ont décrété que telle année sera celle de la femme, de l'enfant ou de la montagne.
Afin de s'opposer à ce projet inique, la C.E.L.T. a décrété que 2008 sera l'année internationale du Tibet occupé, afin d'œuvrer à sa libération et invite toutes les organisations et associations concernées par la cause tibétaine et la lutte contre les tyrans au pouvoir à Pékin à se joindre à ce combat, outre les appels au boycott des jeux de la honte et d'une campagne d'information à propos de la vente des produits "made in dictature". Nous verrons ce que cela va signifier pour tous les démocrates qui refusent que certains dirigeants sans honneur se servent d'eux, afin d'annihiler les droits de l'homme au Tibet et en Chine.
De multiples exemples des exactions de la dictature chinoise sont relatés dans les rapports d'Amnesty International; ainsi cet ancien enseignant de quarante-sept ans, militant pour le respect des droits des travailleurs, violemment tabassé par les sbires des bourreaux, alors qu'il se trouvait en détention provisoire et condamné en 1998 pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", pour avoir osé évoquer à la radio des manifestations paysannes et ouvrières. Il aurait contracté la tuberculose, ne bénéficierait pas de soins médicaux et serait enchaîné continuellement et astreint aux travaux forcés. A part l'indifférence, quelle est la réaction des syndicats dans le reste du monde à ce sujet ?
Le 11 septembre 2001 à New York, des personnes se résignèrent à se jeter dans le vide pour échapper aux flammes. Mais au cœur du Tibet occupé, la notion de choix est aléatoire : les opposants tibétains, quant à eux, doivent subir la torture et les privations chaque jour d'enfer que leur imposent leurs bourreaux. Ils ne disposent guère du choix d'en finir afin d'abréger leurs souffrances, car chaque disparition d'un résistant tibétain est une victoire de plus pour ses tortionnaires.
En outre, ils sont sans espoir de voir les secours arriver, d'autant que ceux qui seraient susceptibles de leur venir en aide, choisissent de soutenir les tyrans qui les oppriment en leur octroyant l'organisation des jeux olympiques, le financement de la politique de l'enfant unique, et cerise sur le gâteau, la livraison des fuyards aux bourreaux. D'autres se portent acquéreurs des organes de prisonniers assassinés, de produits manufacturés "made in dictature" par les esclaves tibétains et chinois. Incontestablement, nous nous sommes montrés trop durs envers le peuple tibétain, en nous rangeant en toute occasion aux côtés de ses bourreaux.
A New York, certains eurent la bonne fortune d'échapper au carnage, tels ces pompiers qui n'étaient pas de service ce sinistre 11 septembre. Mais concernant les Tibétains, seuls ceux qui vivent loin du sol de leur patrie ancestrale sont à l'abri des exactions des bourreaux.
Cependant, il est un fait incontestable : débarrassé de l'occupation chinoise, le Tibet redeviendra ce qu'il était, un pays magnifique et une terre de paix. Et au cœur de l'Europe, certaines démocraties occidentales retrouveront leur dignité, le jour où les électeurs se doteront de dirigeants courageux, lesquels refuseront la compromission avec les bourreaux du peuple tibétain. Imaginons ce que nous aurions ressenti, lorsque nous étions soumis à l'occupation nazie, si au lieu de secourir les pays occupés, Américains et Anglais avaient préféré commercer avec le diable au lieu de le combattre, et cela pendant des années, des décennies. Ne nous réfugions pas derrière les actes ignobles et la lâcheté de nos dirigeants qui n'agissent de la sorte, certes parce qu'ils ignorent honneur et dignité, mais surtout, parce qu'ils se sentent soutenus par notre indifférence. Ils peuvent ainsi mettre en avant le mandat que nous leur offrons sur un plateau. Oubliant les valeurs essentielles d'aspiration à la liberté et à la démocratie, au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et du respect des droits de l'homme et du droit international, ils sont passés maîtres dans l'art de collaborer avec les tyrans.
Mais, leur lâcheté est le produit de la légèreté du vote de leurs électeurs. Cette dichotomie capitalisme/communisme qui a prévalu tout au long du XXe siècle n'a plus cours. A présent la ligne de fracture se situe entre deux camps bien distincts : celui de l'individualisme, de la préoccupation du seul intérêt personnel, du mépris des droits de l'homme et de l'environnement, de la politique de la courte vue à destination du court terme.
L'autre camp est celui de l'altruisme, du respect des droits de l'homme et du droit international, de la compassion pour la souffrance des plus vulnérables et de la préservation de l'environnement. En ce domaine, nous verrons que Bush et Chirac, pour citer cet exemple, ont des atomes beaucoup plus crochus, qu'ils ne l'ont affiché à l'occasion de la seconde guerre en Irak.
Pendant que les bourreaux continuent à opprimer et à piller, les complices s'évertuent, tout en gommant la réalité légitime et historique de la nation tibétaine, à mettre en avant la façade de la dictature chinoise, à savoir la réussite économique.
Les apôtres de la collaboration avec les tenants de la dictature chinoise vous diront que les sportifs du monde entier qui participeront aux jeux de la honte, ne courront aucun risque pour leur santé dans une des villes les plus polluées du monde.
Ils vous affirmeront qu'il n'y a aucune raison que les sportifs chinois soient dopés. Ils seront propres ! Ils expliqueront à ceux qui auraient quelques réticences d'origine humaniste, que les Chinois d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec ceux de Mao qui ont envahi le Tibet en 1950. Les Chinois d'aujourd'hui ne pillent pas les matières premières sur le Toit du monde : ils les exploitent dans l'intérêt bien compris de la population du Tibet, en majorité chinoise certes…
Il ne leur restera plus qu'à mettre en avant les quelques monastères rénovés par les Tibétains, tout en occultant les milliers de monastères détruits par l'occupant, les quelques arbres plantés pour faire oublier la déforestation massive, ainsi que la petite étincelle en faveur de l'environnement afin d'oublier les atteintes gravissimes dans ce domaine. Et en cherchant bien, ils sortiront de leur chapeau quelques derniers spécimens d'une espèce animale que l'occupant chinois protège avec une abnégation touchante. Et il n'en faudra pas beaucoup plus pour que les clients et fournisseurs occidentaux en oublient toutes ces espèces anéanties au Pays des neiges par l'occupant chinois.
Ils vont surtout s'ingénier à ignorer l'occupation chinoise illégale et illégitime au Tibet, les complicités des pouvoirs politico-économiques occidentaux avec les bourreaux/pillards chinois, afin de ne pas ternir la fête à Pékin en 2008… et les perspectives de bénéfices et de nouveaux contrats juteux. Ces derniers sont incompatibles avec la défense du droit international et des droits de l'homme sur le territoire de la nation tibétaine.
Ce qui nous conduit à cette question fondamentale : "Les êtres humains sont-ils capables de réagir avec la détermination qui convient lorsqu'il en va de leur survie, en matière d'extermination d'un peuple pacifique, comme en matière d'environnement ?"
Quelques mois avant sa mort et celle de trois mille Américains engloutis dans les attentats terroristes, le Commandant Massoud interpellait Bush en lançant ce message visionnaire s'il en fût :
- "Si la paix n'est pas rétablie en Afghanistan, s'il n'aide pas le peuple afghan, il est certain que le problème de l'Afghanistan affectera aussi les Etats-Unis et beaucoup d'autres pays."
Sans grand risque de nous tromper, nous pourrions remplacer Afghanistan par Tibet, car l'ensemble de la planète sera profondément affecté, si d'aventure nous prêtons main forte aux bourreaux en 2008, en occultant la souffrance du peuple tibétain.
En définitive, nous saurons en 2008, si depuis l'époque des conquistadors, l'humanité a évolué et accepte toujours sans broncher l'extermination d'un peuple et le pillage de son territoire. Les complices des bourreaux ont adopté le principe que le Tibet serait mort et enterré. Il serait dont trop tard pour réagir, surtout parce que cela arrange tout le monde. Le prédateur le plus fort et le plus cruel devrait l'emporter et nous devrions venir le congratuler chez lui en 2008. Qu'y a-t-il derrière le soutien au peuple tibétain ? En revanche, nous savons fort bien ce qui se trouve derrière la collaboration avec ses bourreaux : l'appât du gain, l'intérêt personnel, une cupidité sans borne.
Si le sol autour de nous était jonché de cadavres des Tibétains exterminés, alors sans doute notre digestion en serait-elle incommodée. Qu'avons-nous fait pendant la Seconde Guerre mondiale ? Certains individus ont montré le pire dans la collaboration avec les tortionnaires nazis, pendant que des êtres courageux montraient le meilleur. Ce fut le cas des résistants et des "Justes". Quel visage montrerons-nous à Pékin en 2008?
Campagne de la CELT (Coordination Européenne pour la Libération du Tibet)
Chapitre 2
Mort annoncée d'un peuple pacifique
" Nous nous battons pour la liberté, pour moi la pire des choses serait de vivre esclave…"
Ahmad Shah Massoud
Pour l'instant sous la botte chinoise, le Tibet est un vaste pays de 2 500 000 km², adossé à la plus haute chaîne montagneuse du monde. Pays libre et indépendant jusqu'en 1950, année de l'invasion, il est depuis occupé, pillé et colonisé par l'Armée Impérialiste d'Occupation et les colons chinois. Lhassa sa capitale, ville sainte du bouddhisme et souillée depuis l'arrivée de l'envahisseur chinois, est située à 3680 mètres d'altitude. Une mince frange de terre, entre Himalaya et Transhimalaya, accueille la plus grande part de la population tibétaine et hélas depuis 1950, une grande partie de l'A.I.O. et des colons chinois. Lhassa compte 400 000 habitants dont 100 000 Tibétains, qui doivent subir la présence encombrante de 300 000 intrus sur leur sol, lequel demeura sacré pendant des siècles. Pour illustrer ce propos, les commerces sont presque tous tenus par des colons chinois. Seuls les marchés sont encore occupés en partie par des marchands tibétains.
Chaînes et plateaux du centre et du nord pratiquement inhabités, si ce n'est par quelques éleveurs de yacks, ont vu depuis cinq décennies l'implantation par l'occupant chinois de nombreuses bases militaires, dont des sites de missiles nucléaires. Si au lieu de jouer le rôle de barrière à l'ouest et au sud entre l'Inde et l'Asie septentrionale, l'arc de cercle himalayen avait protégé le peuple tibétain au nord et à l'est contre les barbares venus de Chine, le Tibet serait à présent une jeune démocratie pleine d'avenir. Cette réalité géographique a préservé le Népal jusqu'à présent. Lors de l'invasion en 1950 par les communistes chinois, les Tibétains vivaient sous un régime féodal. Ce fut d'ailleurs un des prétextes avancés par l'envahisseur pour venir " libérer " le peuple tibétain, lequel vivait en paix avec ses voisins, sans volonté expansionniste et dans le respect de ses traditions.
Mais comme tant d'autres avant elle, le seul tort de la nation tibétaine fut de susciter la convoitise d'un voisin plus puissant. Avant l'invasion chinoise, les Tibétains ne connaissaient ni famine, ni oppression, ni mauvais traitements, comme ceux qu'ils connurent pendant les décennies cruelles de l'occupation chinoise. C'est pourquoi aucun cadeau ne doit être octroyé au système totalitaire chinois, lequel est à l'origine de tous les malheurs vécus par l'infortuné peuple tibétain. Personne ne peut nier que l'attribution des jeux olympiques à la dictature chinoise va à contresens de l'histoire. Il n'y eut aucune réaction en 1950 pour sauver le peuple tibétain. Et aujourd'hui, la communauté internationale se propose d'apporter un soutien inconditionnel aux bourreaux chinois dans leur recherche de respectabilité. Au lieu de rappeler à Pékin que la reconnaissance par la communauté internationale a un prix, les gouvernements occidentaux s'apprêtent à céder une fois de plus à leur lâcheté coutumière, surtout lorsque celle-ci va dans le sens de leurs intérêts, du moins le croient-ils.
Déjà au milieu du XXe siècle, si les nations libres avaient réagi immédiatement, l'envahisseur chinois n'aurait eu d'autre choix que de déguerpir avec armes et bagages et de retourner d'où il venait. Cette armée qui allait devenir l'Armée Impérialiste d'Occupation, au service des tyrans successifs et des colons, venait de vivre de longues années de conflit, tantôt contre les Japonais vaincus par les Américains, tantôt contre l'armée nationaliste de Tchang Kaï-chek, qu'elle s'était elle-même chargée de refouler vers Taiwan. Elle était en grande partie équipée par les Etats-Unis, sachant que la plupart de son matériel avait été prélevé sur les fournitures militaires américaines livrées aux nationalistes, vaincus ensuite par les troupes communistes. A force de remettre à plus tard ce qui aurait dû être fait cette année-là, le monde va s'apercevoir que la tâche va s'avérer beaucoup plus ardue. Et ce qui n'a pas été fait quand il le fallait, devra être fait tôt ou tard, sauf à se coucher définitivement aux pieds des tyrans de Pékin, avec la somme considérable de catastrophes, que risque de générer une telle lâcheté. Car sans réaction aujourd'hui ou demain, autre que celle de venir au secours des bourreaux, ces derniers recevraient un signal fort que le droit international est devenu caduc. Quant à la prétendue défense des droits de l'homme…
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Les prémices de l'histoire tibétaine sont peu connues, sinon par l'intermédiaire de témoignages de ressortissants chinois. Les allégations de ces derniers à travers les siècles sont donc largement teintées de subjectivité. Autrefois appelés Qiang par les Chinois, les Tibétains sont confrontés périodiquement aux Chinois, dont ils sont accusés de piller régulièrement les établissements proches des frontières.
A un premier roi d'origine indienne, identifié au IIIe siècle de notre ère, succèdent de nombreux souverains sans réel pouvoir. Le roi Gnamri Slonbtsan fut l'instigateur de l'unification du "Pays des neiges" à la fin du VIe siècle. En 634, son fils Songtsen Gampo noua pour la première fois, des relations avec la Chine. Il édifia Lhassa, la capitale de cette grande nation en train de naître. En 670, les Tibétains remportèrent la bataille de Dafeichuan sur l'armée chinoise. Près d'un siècle plus tard, de considérables portions de la Chine occidentale passèrent sous domination tibétaine. Une puissante armée tibétaine conquiert la capitale chinoise de l'époque, Chang'an en l'an 763. Influencés par leurs croyances bouddhistes, de nombreux Tibétains considèrent qu'ils paient aujourd'hui le prix de ce passé et notamment l'épisode historique de l'invasion d'une grande partie de la Chine, ainsi qu'une féodalité prolongée au "Pays des neiges" au-delà du raisonnable. C'est à cette époque que le Tibet adopte le bouddhisme indien comme religion d'Etat. Comme conséquence, le Tibet se maintiendra pendant plusieurs siècles sous l'influence culturelle, mais non politique de l'Inde. Le pouvoir effectif demeurait aux mains des ministres et de l'aristocratie.
A ses débuts, la monarchie tibétaine avait une structure nettement féodale, qu'elle conservera jusqu'au milieu du XXe siècle, caractérisée par la prééminence du grand ministre, lequel était très souvent le chef de la famille à laquelle appartenait la reine. En 822, suite à de fortes tensions à l'intérieur de l'Etat, le Tibet fut contraint de signer un traité de paix avec la Chine. Après l'assassinat de deux rois, l'aristocratie triomphe et le Tibet est divisé en principautés rivales. Il s'ensuivit une longue période de troubles. A partir du XIe siècle, l'importance religieuse et économique de grands monastères entraîne une influence politique. A côté de la noblesse qui possédait de vastes domaines, les monastères devinrent les centres de pouvoir, dont les nobles recherchèrent l'alliance au cours de leurs querelles incessantes, jusqu'en 1950. Au cours de l'histoire tibétaine, les deux pôles du pouvoir furent l'aristocratie et les monastères. Au XIIIe siècle, ceux-ci chargèrent le chef d'une secte influente de conclure un accord par lequel le Tibet reconnaissait la suzeraineté mongole. S'il y aura plus tard une suzeraineté sur le Tibet exercée par intermittence, pendant moins de deux siècles (1720-1912) par les empereurs mandchous, les Mongols, quant à eux, vont demeurer les protecteurs du Tibet, pendant plus de trois siècles. Et force est de constater qu'en trois siècles de protectorat, les Mongols ne pillèrent pas le Tibet. Près de six décennies de vandalisme, de pillage et de crimes, voilà le bilan de l'occupant chinois. En 1578, par la volonté du dirigeant mongol Altan-khan, Seunam Gyamtso se voit décerner le titre de Dalaï-lama. A partir de cette époque, le pouvoir effectif de celui-ci ne fait que croître.
Suite à une agression de l'armée népalaise et profitant des conflits politiques internes, la tutelle mandchoue de la dynastie des Qing fut instaurée au XVIIIe siècle; les Mandchous intervinrent à plusieurs reprises dans les affaires intérieures du Tibet. Des résidents impériaux, les ambans, furent nommés par l'empereur mandchou, afin de surveiller le gouvernement tibétain. Sur ordre de Pékin, le pays se ferme aux étrangers jusqu'en 1904. Le XIXe siècle est une période de stagnation , où les régents gouvernent le pays. Une seconde guerre contre les Népalais marque le milieu du siècle. En 1841, les Tibétains s'opposent, sans l'aide de l'armée mandchoue aux envahisseurs du Ladakh, puis du Népal en 1855. Il y eut de nombreuses incursions militaires népalaises au XIXe, puis britannique au début du XXe siècle, sans que le soi-disant suzerain n'intervienne afin de secourir les Tibétains.
Par contre les Mandchous eux-mêmes envahissent le Tibet en 1910. Curieuses méthodes pour de prétendus suzerains d'un peuple qu'ils agressent et pillent sans vergogne. L'exemple mandchou sera d'ailleurs repris par la suite par un autre soi-disant suzerain, communiste celui-là. C'est suite à cette agression que tous les résidents mandchous seront expulsés du "Pays des neiges" en 1912.
Tout au long du XIXe siècle, les Britanniques ont grandement encouragé la mainmise de la Chine sur le Tibet, traitant directement avec Pékin pour tout ce qui concernait les affaires tibétaines. Ce qui explique que ces anciens colonisateurs ne trouvent rien à redire sur les exactions de l'Armée Impérialiste d'Occupation chinoise aujourd'hui au Tibet, puisqu'ils se sont employés par le jeu de la démocratie, à creuser la tombe de la nation tibétaine. Paradoxalement, les Anglais seront à l'origine de la réouverture du pays au monde. Afin de favoriser le commerce indien, les troupes britanniques pénètrent à Lhassa en 1904. Les Mandchous ont perdu leur influence au Tibet.
Cependant, les Anglais ont peu d'égard pour l'indépendance tibétaine, et par souci de préserver leurs intérêts commerciaux , acceptent l'accord signé à Pékin en 1906, lequel reconnaît une prétendue suzeraineté mandchoue sur le Tibet. Cet accord a le même fondement juridique qu'un accord signé par les Américains, lequel reconnaîtrait une hypothétique suzeraineté anglaise sur la France. Même si Washington s'obstinait à traiter avec le gouvernement britannique pour tout ce qui touche aux affaires françaises, quel serait l'avenir d'une telle mascarade ? La communauté internationale serait fondée à n'en tenir aucun compte. Concernant les traités internationaux, nous constaterons plus avant, que les communistes chinois ne s'intéresseront aux accords signés par leurs prédécesseurs "réactionnaires" et ne s'en revendiqueront, que lorsqu'ils se révéleront conformes à leurs intérêts et à leurs visées expansionnistes.
En 1912, la chute de la dynastie mandchoue permet le retour du Dalaï-lama, réfugié en Inde et le départ des troupes chinoises installées au Tibet depuis deux ans. Le prédécesseur de l'actuel Dalaï-lama, Thoubten Gyamtso, rappelle solennellement l'indépendance de son pays et le Tibet s'affirmera comme tel jusqu'à l'invasion chinoise de 1950.
Tous les Tibétains de l'U-Tsang, du Kham et de l'Amdo, les trois provinces du Tibet, furent informés de cette proclamation du XIIIe Dalaï-Lama, alors dirigeant de la nation tibétaine :
- " Nous sommes une petite nation, religieuse et indépendante. Pour nous adapter au reste du monde, nous devons défendre notre pays. Au regard des dernières invasions étrangères, il se peut que notre peuple soit confronté à certaines difficultés qu'il ne doit pas craindre. Pour sauvegarder et maintenir l'indépendance de notre pays, chacun d'entre nous doit travailler dur, avec ténacité. "
Le Tibet a recouvré son indépendance, mais le Gouvernement tibétain omet de nouer des relations avec les nombreux pays qui pourraient garantir cette indépendance. Le XIIIe Dalaï-lama disparaît en 1933. En 1940, Tenzin Gyatso, né cinq ans plus tôt, est proclamé XIVe Dalaï-lama. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Tibet affirme sa neutralité. Le commerce tibétain se développe considérablement au cours de cette période.
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Deux événements vont précipiter la nation tibétaine dans le chaos : les troupes anglaises quittent l'Inde en 1947. Soulignons au passage que l'Inde récemment libérée n'envahit pas le Tibet l'année suivante. Le second événement est un jour funeste pour la nation tibétaine : le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame l'avènement de la république populaire de Chine.
Dès cet instant, le discours des communistes chinois concernant le Tibet consiste à le revendiquer comme partie intégrante de la Chine. Les missions diplomatiques expédiées en toute hâte en Inde et aux Etats-Unis se soldent par un échec. Et en 1950, Mao décide d'agrandir son espace vital aux dépens de la nation voisine, la plus accessible sur le plan militaire, même si elle ne l'est guère au niveau du relief : l'armée populaire reçoit l'ordre de pénétrer sur le sol tibétain. Les conditions de vie extrêmement dures liées au climat et à l'altitude ne suffisaient pas au tyran : il lui fallut rajouter l'horreur de l'oppression, le pillage, les spoliations, la torture, la négation d'une culture ancestrale, la privation de toute liberté.
Le 7 octobre, quarante mille soudards de l'armée chinoise encerclent Chamdo, capitale du Tibet oriental. Face à l'envahisseur, huit mille valeureux combattants de l'armée tibétaine tentent de protéger des moines et une population terrorisée. La ville tombe après quelques jours d'une lutte inégale mais acharnée. Pendant ces combats désespérés, plus de la moitié des soldats tibétains sont massacrés. Le gouvernement communiste clame alors que l'invasion du Tibet n'a pas encore commencé. Pour lui, ces premières manœuvres ne servent qu'à rattacher les provinces tibétaines du Kham et de l'Amdo à la mère patrie. Le Gouvernement tibétain réalise à retardement la gravité de la situation. Il décide alors de se tourner vers ses alliés d'autrefois, l'Inde et la Grande-Bretagne. Le 7 novembre, une lettre est envoyée à l'Organisation des Nations Unies, demandant en vain une intervention internationale. Deux ans avant l'âge requis, le pouvoir spirituel et temporel est confié à Tenzin Gyatso, lequel n'a que seize ans.
Le Dalaï-lama en est réduit à composer avec l'envahisseur. Une délégation tibétaine est contrainte le 23 mai 1951 d'accepter l'Accord de libération "pacifique" du Tibet en dix-sept points, imposé par les communistes chinois : en totale violation du droit international, trois ans après la création de l'O.N.U., le territoire de la nation tibétaine indépendante est alors annexé , et intégré au sein de la République populaire de Chine. Il ne reste plus à la dictature chinoise qu'à digérer la plus haute nation du monde, devant l'indifférence de l'ensemble des autres nations de la planète.
Pékin prend le contrôle de la défense : autrement dit, l'agresseur ayant envahi le sol de la nation tibétaine, prend en charge la défense du pays contre d'éventuels autres agresseurs , voire contre un ennemi intérieur qui viendrait à s'opposer à la "libération" du Tibet par la glorieuse armée populaire. Les tyrans prennent également les rennes du développement économique et industriel , des finances et de l'éducation: il est précisé que l'enseignement de la langue tibétaine sera développé. En outre, l'Accord garantit le maintien des droits et de la dignité du Dalaï-lama, ainsi que le respect de la religion et des monastères. Nous savons maintenant ce qu'il advint de cette garantie : six cents monastères détruits et pillés, les nonnes et les moines arrêtés, torturés, violés, le Chef spirituel et politique du Tibet contraint à l'exil.
Par ailleurs, il n'est bien sûr pas fait état des intentions des pillards, concernant l'exploitation des matières premières appartenant au peuple tibétain, spoliés comme peu l'ont été au cours de l'histoire. Fourbes et manipulateurs, les communistes chinois sont passés maîtres dans l'art de la traîtrise, forts de l'enseignement de leurs modèles soviétiques, où tous les moyens sont bons afin d'imposer une prétendue dictature du prolétariat, mais en fait d'imposer cette dictature au peuple, après s'être servi des masses, afin de parvenir au pouvoir.
Mis au pied du mur et impuissant face à l'occupation chinoise, le gouvernement tibétain ne peut revenir sur l'accord signé par le traître Ngapo Ngawang Jigme. Ce dernier affirmera plus tard, contre toute évidence et avec le plus grand sérieux, que le gouvernement chinois a toujours respecté scrupuleusement les dix-sept points de l'Accord de 1951. Le traître tibétain fit partie de ces aristocrates, guidés uniquement par la préservation de leurs privilèges, qui se laissèrent acheter et corrompre sans difficulté.
A l'occasion de la signature de cet accord, le criminel contre l'humanité Mao, habile manipulateur s'il en fut, déclara à la délégation tibétaine :
- " Le gouvernement chinois enverra quelques soldats et cadres pour aider le peuple tibétain et, une fois la situation améliorée ), les militaires et les fonctionnaires chinois regagneront immédiatement la Chine."
Du reste, pourquoi militaires et colons se seraient-ils retirés, sachant d'une part que ce schéma n'a jamais fait partie des plans de l'envahisseur chinois, d'autre part que les Tibétains n'avaient aucun moyen de lancer une contre-offensive ayant quelque chance de succès, et enfin que la communauté internationale venait d'être atteinte d'une maladie extrêmement rare, pour laquelle nul n'a encore découvert de vaccin, qui consiste en une atteinte simultanée de l'altération de la conscience, d'une cécité totale et d'une surdité absolue. Il conviendrait de lancer un appel aux chercheurs afin de découvrir ce vaccin.
Néanmoins, ces propos du tyran étaient particulièrement maladroits, puisqu'ils reconnaissaient implicitement qu'à partir du moment où fonctionnaires et soldats devraient retourner en Chine, une fois leur mission accomplie, leur présence sur le sol tibétain signifiait bien qu'ils se trouvaient sur une terre étrangère, sur laquelle ils n'avaient aucun droit. Mais cela la terre entière le savait ; encore était-il utile que l'envahisseur/pillard le précise lui-même. Notons au passage que cette déclaration apporte toute légitimation à la future démocratie tibétaine et à une éventuelle demande d'indemnisation, suite à un demi-siècle de pillage et de spoliation. Comble du cynisme, Deng Xiaoping cita la déclaration de son maître en 1980, quatre années après que le criminel ait été momifié, pour affirmer que c'était un bienfait pour les Tibétains que les Chinois soient restés… tant il est vrai une fois de plus, que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent et y prêtent foi.
Notons par ailleurs que les Tibétains n'avaient à aucun moment sollicité l'aide chinoise, pas plus que les Belges et les Français ne sollicitèrent l'aide nazie en 1940, ou les Koweitiens, l'aide irakienne en 1990. Quoiqu'il en soit, les naïfs qui commirent l'erreur de croire les mensonges de cette dictature fourbe eurent tout le loisir de réaliser plus tard que l'aide chinoise équivalait à l'extermination de tout un peuple : sa population, sa reconnaissance en tant qu'Etat, sa langue, sa culture, sa monnaie, son drapeau, sa religion, ses aspirations au retour de l'indépendance et de la liberté, ses rêves de démocratie.
Après une période de collaboration forcée, qui vit le Dalaï-lama et le Panchen-lama se rendre en visite à Pékin en 1954, guérillas et révoltes prennent de l'ampleur à partir de 1956. Pendant l'hiver 55/56, un premier soulèvement éclate dans la région du Chamdo : il est lancé par plusieurs dizaines de milliers de valeureux cavaliers Khampas, refusant d'être désarmés par l'envahisseur. Sans soutien extérieur, leur entreprise est désespérée, d'autant que Pékin envoie 150 000 soudards et les bombardiers octroyés par les soviétiques à leurs frères bourreaux. Le résultat est identique au sort réservé à la valeureuse cavalerie polonaise chargeant les blindés nazis. Nombre de combattants tibétains sont décimés.
A cette époque, les Etats-Unis perçoivent dans la dictature chinoise autre chose qu'un marché à conquérir, ou un allié diplomatique de circonstance dans leur lutte contre le terrorisme, mais un ennemi communiste notoire, à l'instar de l'URSS. Depuis lors, la dictature soviétique a disparu : mais les héritiers du tyran Mao demeurent. La réaction des bourreaux à Tienanmen et à chaque fois qu'ils eurent l'occasion de porter un coup à la démocratie et aux droits de l'homme prouve, s'il en était besoin, qu'ils n'ont pas l'intention de céder un pouce de terrain et une once de leurs privilèges.
Devant la menace expansionniste chinoise, les Américains décident dans un premier temps d'encourager la résistance tibétaine au cours de l'opération "Garden", avec comme objectif de déstabiliser la Chine à l'ouest de ses frontières. Après avoir été entraînés aux techniques de guérilla, de courageux combattants tibétains furent parachutés sur les hauts plateaux, malheureusement avec si peu de moyens, que les tentatives de ces résistants étaient vouées à l'échec. Ceux qui ne purent fuir, furent massacrés ou déportés et torturés, blessés y compris. Et la dictature eut beau jeu de dénoncer les entreprises des impérialistes étrangers sur le sol "chinois".
L'aide à la résistance tibétaine cessa, lorsque celui qui plus tard apporta son aide dans la prise de pouvoir par la junte militaire au Chili, à savoir Henry Kissinger , commença les préparatifs de rapprochement entre Washington et Pékin, dans la perspective de la visite en Chine du président Nixon. C'est en 1971, en pleine révolution culturelle au Tibet, que l'Amérique décidera de faire passer le "Pays des neiges" et son malheureux peuple par profits et pertes : les tortionnaires du peuple tibétain venaient d'obtenir un nouveau feu vert, afin de faire disparaître la culture tibétaine.
En mars 1959, les militaires chinois invitèrent le Dalaï-lama à assister à une représentation, sans ses gardes du corps. La manœuvre du chef de la garnison chinoise basée à Lhassa avait manifestement pour but d'interpeller le premier personnage de l'Etat tibétain, voir d'attenter à sa vie. Craignant pour la sécurité et l'existence même du Chef religieux, les responsables du clergé exhortèrent celui-ci à se réfugier en Inde. Sa disparition risquant d'accélérer la disparition de la culture et de la nation tibétaine, le Chef de l'Etat tibétain finit par se résoudre à quitter sa terre natale. Alertée par le piège grossier tendu par les militaires chinois, une foule de Tibétains se massa alors devant la résidence du Dalaï-lama afin de le protéger. Des cris hostiles à l'occupant chinois furent scandés par des milliers de Tibétains. Le 16 mars au soir, commença la fuite du Dalaï-lama, escorté par les cavaliers Khampas qui combattirent valeureusement l'envahisseur chinois en maintes occasions. Quarante-huit heures plus tard, sa résidence était sous le feu des pièces d'artillerie chinoise. Des milliers de Tibétains moururent cette nuit-là , massacrés par les chars, les canons et les bombardements aériens . D'autres milliers connurent alors l'aube de plusieurs décennies de déportation. La résistance tibétaine menée notamment par les moines fut violemment réprimée par l'occupant chinois, lequel se livra aux pires exactions. La lutte du pot de terre contre le pot de fer aboutit à une issue inéluctable. Sur tout le territoire de la nation tibétaine occupée, une répression féroce fut menée par les intrus chinois, qui n'étaient pas les bienvenus sur cette terre sainte pour le peuple tibétain… et le sont de moins en moins.
Cette répression sans mesure de la rébellion, entraînera le départ de la majorité des membres de la noblesse, du haut clergé, des commerçants. De nombreux petits artisans et paysans s'enfuirent également en Inde. Ces derniers furent remplacés par des commerçants chinois, les travaux agricoles étant le plus souvent réservés aux détenus des laogai. De nombreux immigrants chinois furent alors incités à venir s'installer au Tibet. Le Dalaï-lama a lui-même déploré que les Tibétains soient ramenés à une minorité de plus en plus insignifiante sur leur propre sol. L'objectif étant la disparition rapide de la religion traditionnelle et l'anéantissement de la culture tibétaine. Et il faut reconnaître aux bourreaux cette qualité : en la matière, ils se sont montrés particulièrement efficaces. C'est peut-être ce talent, qui provoque cette admiration enthousiaste de la part des complices, renégats et nouveaux apôtres de la collaboration avec les bourreaux chinois de par le monde.
Bien évidemment, l'émigration de la quasi-totalité de la classe dirigeante tibétaine faisait l'affaire de la dictature chinoise. Et l'Armée Impérialiste d'Occupation écrasa le "Pays des neiges" sous sa botte. La révolte fut matée par l'aviation et l'artillerie, ainsi qu'il est d'usage de procéder pour envahir un pays ennemi. Quant aux pertes civiles, les bourreaux ne s'en soucièrent pas davantage que de l'environnement sacrifié sur le Toit du monde.
Le recours à de telles méthodes démontre, s'il en était besoin, que le Tibet n'a jamais été intégré à l'empire chinois et qu'il était sans conteste agressé par un ennemi extérieur. L'argument de la mise au pas d'une province rebelle n'a jamais tenu et ne tiendra jamais. L'envahisseur ne pourra jamais mettre en avant un argument crédible allant dans ce sens. La brutalité de la répression constitue sans nul doute la meilleure preuve que jamais le Tibet ne fut chinois et ne le sera jamais. Qui utiliserait aussi longtemps des méthodes aussi expéditives, telles que les mitrailleuses, les tirs d'artillerie ou les bombardements aériens contre son propre peuple, lequel pour sa part se trouve désarmé ? S'il s'était agi de ressortissants chinois, Pékin aurait-il employé d'emblée de telles forces militaires, afin de parvenir à l'anéantissement de la résistance tibétaine et la destruction des monastères ? Si comme il le prétendait, le Tibet avait été une province chinoise, le pouvoir communiste aurait utilisé des forces de l'ordre classiques, afin d'intervenir comme à son habitude pour "le bien du peuple".
Pendant que les Tibétains, étaient livrés pieds et poings liés à la barbarie chinoise, le Dalaï-lama était accueilli avec les honneurs par le gouvernement indien et depuis 1959, il réside au nord de l'Inde à Dharamsala. Il poursuit par d'autres moyens que la violence, le combat du faible contre le fort. Son objectif demeure de parvenir à faire du Tibet, un centre d'expansion de la liberté et de la paix. Aujourd'hui, il ne revendique plus l'indépendance pour le Tibet et s'est résolu à ce que le territoire tibétain demeure au sein de la dictature chinoise. Cette position n'est pas soutenue par l'ensemble des Tibétains qui respectent néanmoins tout ce que représente leur leader spirituel.
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Le tyran Mao savourait sa victoire. Dans un premier temps, l'occupant procéda au dépeçage du "Pays des neiges", afin de tenter de gommer la réalité historique de la nation tibétaine, et répartit celui-ci entre principalement la province "chinoise" du Qinghai pour environ un tiers, la région dite "autonome" du Tibet pour environ la moitié de sa superficie, le reste du territoire de la nation tibétaine était divisé entre les provinces du Gansu, du Sichuan et du Yunnan. Afin de tenir compte de la réalité historique et de ne pas aller dans le sens révisionniste de l'occupant, il convient de garder à l'esprit que la totalité du territoire tibétain occupé, n'a rien à voir avec ce que Pékin prétend être sa " Région Autonome du Tibet " (R.A.T.).
Les communistes ne firent là qu'appliquer les vieilles recettes d'une autre dictature : celle du IIIe Reich. Des petites parcelles de territoire se révèlent généralement plus faciles à digérer qu'un grand pays dans l'intégralité de son territoire. Près de deux millions de Tibétains vivent actuellement dans la R.A.T., où ils doivent subir la présence de plus en plus envahissante de sept millions de colons et de soudards chinois. Plus de trois millions de Tibétains furent disséminés sur les territoires annexés aux provinces chinoises. Cent cinquante mille ont fui leur pays et vivent principalement en Inde.
Au moment de la Révolution culturelle, à partir de 1966, les gardes rouges, serviteurs lobotomisés du tyran Mao, se lancèrent dans une violente action anticléricale à Lhassa : moines et nonnes torturés, monastères envahis, textes sacrés brûlés.
Au cours de cette période, les monastères tibétains furent détruits par centaines. S'il en fallut de peu à la libération de Paris, que la folie du dictateur ne permette les destructions de monuments historiques au cœur de la capitale française, force est de constater que même les nazis ne détruirent pas systématiquement les vieilles pierres. Ce ne fut hélas pas le cas, en ce qui concerne la capitale tibétaine et les lieux saints du "Pays des neiges" livrés aux vandales chinois.
Des millions de personnes au Tibet et en Chine, jugés ennemis de classe furent expédiés dans les camps de concentration. L'armée d'occupation ne publiant pas de statistiques, le nombre exact de Tibétains innocents assassinés est inconnu; tout comme ceux qui moururent en détention des suites des tortures et mauvais traitements, des travaux forcés, de la malnutrition. Nous ne pouvons nous appuyer que sur les chiffres fournis par le Gouvernement tibétain en exil.
L'une des plus grandes canailles de l'histoire que personne n'ose encore critiquer à notre époque au cœur de la dictature chinoise, et hélas dans nos démocraties occidentales, afin de préserver de bonnes relations avec le "client" chinois, ne pouvait ignorer l'ampleur des exactions initiées sur son ordre. Et ses fanatiques programmés par le lavage de cerveau, dont il était l'instigateur, lui obéirent avec un aveuglement digne des jeunesses hitlériennes. Ses mots d'ordre de haine trouvèrent un écho sans précédent chez ces jeunes tyrans en herbe.
Par pragmatisme et cupidité, les gouvernements occidentaux, font l'impasse sur cette sinistre période et sur plus d'un demi-siècle d'atrocités. Ils n'ont rien vu, rien entendu, ils étaient trop éloignés de la boucherie maoïste, comme d'autres pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme ils se maintiennent dans l'ignorance concernant les méthodes de torture très actuelles pratiquées par les tortionnaires chinois sur leurs victimes tibétaines, lesquelles comprennent entre autres, les violences sexuelles, les décharges de matraque électrique, les privations de sommeil, de nourriture et d'eau, les chiens féroces lancés contre les prisonniers, l'exposition à des températures extrêmes, l'application sur le corps de pelles brûlantes, les menaces d'exécution. Et ce qui est largement démontré, c'est que plus nous cédons à ce système totalitaire, plus il renforce son hégémonie au Tibet.
Après les exactions nées de la Révolution culturelle, lesquelles firent suite à celles constatées lors de la rébellion armée de 1956/1959, la destruction de la culture tibétaine s'est poursuivie de manière inexorable, et cela même lorsque le tyran avance parfois avec le visage masqué de la fourberie. Mais le plus souvent, Pékin ne s'embarrasse guère de scrupules. Une révolte de résistants tibétains désarmés, sur lesquels tirèrent les soudards de l'A.I.O., déclencha une lutte depuis les montagnes, laquelle se prolongea jus