[http://www.toutimages.com/cadregifs.htm]
Pourquoi un boycott des jeux de la honte ? Notre priorité est de secourir l'infortuné peuple tibétain, opprimé et spolié sur sa terre légitime depuis 1950. Les Tibétains n'ont jamais souhaité être " libérés " par l'envahisseur chinois, pas plus qu'ils ne souhaitent une quelconque administration orchestrée par l'occupant. A l'origine de la création de la C.EL.T. (Coordination Européenne pour la Libération du Tibet), un constat et deux évènements : Le constat qui s'impose à tous : depuis son invasion par la dictature chinoise en 1950, le peuple tibétain est spolié, opprimé et son extermination s'accélère. Le territoire de la nation tibétaine équivalant à quinze pays de l'Europe de l'Ouest, de l'Irlande à l'Italie, du Portugal à la République Tchèque, est occupé et pillé par vingt millions de colons chinois, pendant que cinq millions de Tibétains tentent désespérément de survivre dans les trois grandes provinces tibétaines occupées. Ce territoire est donc immense, le pillage de ses matières premières également. Sans le génocide, les massacres, les avortements et stérilisations forcés, il est probable que le peuple tibétain compterait quinze millions d'âmes évoluant dans une démocratie moderne. Au lieu de cela, les survivants de ce peuple pacifique voué à une disparition certaine, faute d'un sursaut de la communauté internationale, est condamné à être minoritaire sur sa propre terre, à subir les injustices de l'occupant chinois et à accepter une dégradation accélérée de son environnement. Les impérialistes chinois ont importé au Pays des Neiges le pillage, l'armée d'occupation et ses missiles nucléaires, les déchets nucléaires, la prostitution à grande échelle, la spéculation immobilière, la négation de la culture originelle du Tibet. Devant l'ampleur de l'injustice, de nombreuses initiatives, des associations ont vu le jour partout dans le monde. Hélas, il n'y a pas d'union de la résistance à la colonisation chinoise au Tibet. Et pendant ce temps, des centaines de millions de consommateurs apportent la prospérité aux bourreaux et toujours plus de moyens, afin d'asphyxier l'infortuné peuple tibétain, en attendant l'invasion de Taiwan. Quant aux deux évènements : en octobre 1999, Bernadette Chirac, femme d'un chef d'Etat d'une démocratie occidentale danse avec Jiang Zemin, prédécesseur de Hu Jintao, le “boucher de Lhassa”. En arrière plan de cette valse infâme, il s'agit de vendre Airbus et réacteurs nucléaires à la dictature chinoise et les dirigeants français s'emploient à rétablir les ventes d'armes à destination des bourreaux du peuple tibétain. Et en Juillet 2001, l'humanité touche le fond : les tristes sires du C.I.O. offrent la flamme olympique aux bourreaux. Afin de ne pas subir le triomphe des bourreaux du peuple tibétain, la C.E.L.T. a lancé (Voir plus loin ses actions) un appel au boycott des jeux de la honte qui auront lieu à Pékin en 2008. Elle propose à tous ceux pour qui les valeurs de l'humanité ont encore un sens et tous ceux qui refusent que l'extermination du peuple tibétain aille à son terme, de s'allier autour de la survie de ce peuple extraordinaire. Nous savons bien que les complices de Pékin sont unis par leur cupidité. Ils sont prêts à tout pour le profit, pour obtenir un marché ou une médaille. Proposons au monde une autre alternative que le triomphe des bourreaux en 2008. La C.E.L.T. est une association à but non lucratif, régie par la loi de 1901, pour qui le boycott des jeux de la honte constitue la première pierre de la longue résistance qui nous sépare de la Libération du territoire de la nation tibétaine.
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Lire TIBET Chronique d'un génocide oublié Les éditeurs ont jugé que l'extermination du peuple tibétain, la destruction de l'environnement et le droit international bafoué sur le Toit du monde, étaient sans importance. Ils ont jugé que le potentiel d'abrutissement des masses était infini, en préférant privilégier par exemple l'édition de trois livres traitant des états d'âme de Cécilia Sarkozy. Pour la survie de l'humanité et du peuple tibétain, Les adhérents de la CELT, quant à eux, pensent qu'il est préférable de s'intéresser à l'ouvrage écrit par Päldèn Panjshir. C'est pourquoi son contenu est en ligne depuis le 8 février 2008. Bonne lecture ! Pour des raisons techniques, manquent les numéros de page, les notes de bas de page et les illustrations. Si vous le souhaitez, nous pouvons vous fournir toute précision utile : independancetibet38@free.fr
En hommage à Ahmad Shah Massoud, Nelson Mandela, Salvador Allende, Martin Luther King, et à toutes celles et tous ceux qui se donnèrent pour mission de combattre l'injustice et la tyrannie sous toutes ses formes. A toutes les résistantes tibétaines et tous les résistants tibétains qui luttèrent et luttent encore désarmés contre les bourreaux de leur peuple et les pillards de leur territoire annexé, en totale violation du droit international. A Ingrid Betancourt qui mérite sa libération, tout autant que le peuple otage. TIBET Chronique d'un génocide oublié Päldèn Panjshir Avant-propos En mars 1944, Pétain est applaudi par les Parisiens. Au moment où le peuple français est sur le point de retrouver sa liberté, le peuple tibétain insouciant ignore qu'il ne lui reste plus que six années d'indépendance et de liberté. En 1964, De Gaulle reconnaît la dictature chinoise quelques années après les dizaines de millions de morts du " grand bond en avant ". La France " s'enorgueillit " d'être la première démocratie à avoir franchi ce pas deux ans avant la terreur de la Révolution culturelle, où Tibétains et Chinois connurent la descente aux enfers programmée par le criminel contre l'humanité Mao. L'année de la dictature chinoise en France à l'initiative d'un autre président français a lieu en 2004, deux ans avant la mise en service du train du pillage et quatre ans avant les " jeux de la honte ". Nous entrons dans un monde de bouleversements sans précédent. Après quelques avertissements lancés par la nature dont nous n'avons pas tenu compte, ou si peu, le réchauffement climatique va donner toute sa mesure. Il ne fait plus de doute qu'il s'est considérablement accéléré ces dernières années. Nous sommes probablement à l'aube d'un emballement généralisé : et l'homme dans son arrogance et sa suffisance ne pourra pas agir sur le thermostat, comme il le fait sur celui de son réfrigérateur. Nous allons, de gré ou de force, entrer dans une lutte pour la survie qui ne sera pas sans répercussions considérables. Nous pouvons traîner les pieds, y entrer à reculons ; ou encore faire front avec une attitude déterminée. Ce qui est certain, c'est que le monde dans lequel nous entrons n'aura plus rien à voir avec celui que nous avons connu. Nous avons détruit le monde dont nous avons hérité et hélas pour nos enfants et les générations futures, s'il en reste, nous ne leur léguerons pas l'ancien monde, mais celui que nous avons dégradé avec insistance. Notre attitude lors des jeux de la honte déterminera peut-être en partie ce que nous méritons. Un châtiment à la hauteur de notre lâcheté ou une indulgence liée à un comportement enfin courageux. La guerre de l'eau va prendre tout son sens en 2030. La dictature chinoise en aura fini du pillage de l'eau potable volée aux Tibétains et commencera à payer le prix de ce pillage. Se souviendra-t-on que les touristes occidentaux sans conscience déambulaient sur la muraille de Chine et apportaient leurs devises pour contribuer à l'accroissement de la puissance des tyrans, sans se préoccuper des cris de terreur qui provenaient de l'enfer carcéral chinois ? Se souviendra-t-on que les premiers signaux d'alerte des scientifiques annonçaient les premières grandes catastrophes pour 2100 et une hausse du niveau des océans de 70 cm. Maintenant nous savons qu'il s'agira de 7m au minimum et qu'à partir de 2020, nous aurons tout loisir de nous maudire d'avoir été indifférents au sort des Tibétains, et paradoxalement au sort qui nous était promis. Le propos de cet ouvrage, comme celui des réels soutiens du peuple tibétain en voie d'extermination n'a rien à voir avec le souci de la course au profit avant toute autre considération. D'autres se sont engagés sur cette voie : c'est leur choix. Ce qui explique que le moindre cri de souffrance d'un Tibétain opprimé victime de mauvais traitements et/ou de spoliation de la part du partenaire commercial chinois rappelle immédiatement la prééminence des valeurs boursières des actionnaires. Le sang peut couler à flot autour de ces robots de l'ultralibéralisme, il convient que le marché passe : cécité, surdité atrophie de la conscience, si ce n'est celle de la logique ultralibérale. Nous pourrions définir cette attitude par l'importance de deux éléments fondamentaux : moins de coûts salariaux, plus de bénéfices. Il n'existe aucune place dans ces conditions pour le droit international, les droits de l'homme et la préservation de l'environnement, pour ne citer que ces valeurs fondamentales pour la survie de l'humanité. Où est l'outrance ? Chez ceux qui dénoncent les crimes ? Ceux qui les commettent ? Chez les complices qui rendront hommage aux bourreaux en août 2008 à Pékin, en piétinant les victimes et qui les soutiennent depuis vingt ans pour le profit ? Nous évoquerons dans cet ouvrage les concomitances entre le système totalitaire nazi et le système totalitaire chinois : si l'on prend le " bilan comptable " : Hitler et son régime criminel sont à l'origine de 20 millions de morts. Le bilan le moins pessimiste pour Mao et ceux qu'il a engendrés : 65 millions de morts. Combien sont morts dans les sinistres laogai (toujours en activité) dits camps de rééducation par le travail, où le travail forcé permet d'annihiler l'être humain qui réclame un peu de démocratie et de liberté? En dehors du fait que ce régime criminel ait plus pillé que les nazis ; en dehors du fait que les deux impérialismes se révèlent extrêmement nuisibles à l'humanité. Quelle différence entre les juifs polonais soumis aux expérimentations de Mengele et les opposants chinois ou les résistants tibétains alimentant le trafic d'organes. Se saisir d'un être humain sur commande, l'assassiner et prélever ses organes pour le profit et alimenter encore davantage la croissance chinoise devant laquelle les piteux complices occidentaux, actionnaires de surcroît, s'extasient, comment nommer cette barbarie si ce n'est crime contre l'humanité ? Quelle différence entre une personne handicapée ou un homosexuel allemand liquidé pour satisfaire le délire d'un psychopathe et un pauvre septuagénaire tibétain torturé à mort ou une nonne violée à la matraque électrique dans l'enfer carcéral chinois ? Quelle différence entre les camions qui gazèrent les premiers juifs et les camions, dits chambres d'exécution mobiles, où les criminels chinois exécutent par centaines les condamnés coupables et innocents par injection létale ? La vraie différence est celle-ci : les crimes des nazis ont cessé parce que le monde libre les a combattus. Et l'occupation nazie a pris fin pour tous les pays qui l'ont subie. Concernant la dictature chinoise, les crimes se poursuivent parce que le monde libre et démocratique qui a renié toutes ses valeurs et ses principes pour le profit, s'est rangé aux côtes des bourreaux et cautionne leurs crimes. Et l'occupation chinoise se poursuit au Tibet et sur le tiers du territoire mongol et se poursuivra pendant ces jeux du cirque, où des milliers de sportifs du monde entier viendront applaudir l'occupation injuste et illégitime d'un territoire vaste comme les quinze Etats de l'ouest de l'Union européenne. Il est vrai qu'eux ne souffrent pas des humiliations de l'occupation, ni de la torture, ni des phases de répression. D'un œil distrait, le monde assiste à cette extermination, à ce pillage et à la plus gigantesque transgression du droit international, sachant que l'occupant chinois a fait main basse sur 2 500 000 km² sur le Toit du monde, en toute injustice et avec l'ampleur de sa cruauté. La réussite de ces jeux, qu'il convient d'ores et déjà de qualifier de " jeux de la honte " et nous analyserons pourquoi, occulterait sans doute à jamais le sort tragique de la nation tibétaine et de son peuple. Cependant, cette tragédie ne doit pas permettre d'oublier que des centaines de millions de Chinois, non inféodés au régime, ont tout autant été opprimés que les Tibétains au cours de ce demi-siècle de dictature. Aussi, gardons à l'esprit que le peuple chinois n'est pas l'ennemi : il aspire à la démocratie et à la liberté, tout autant que le peuple tibétain. Au fil des chapitres, nous serons amenés à réfléchir sur l'enjeu de notre participation à une manifestation sportive de renommée mondiale, au cœur d'une dictature qui se livre en toute quiétude au pillage d'un pays voisin et à l'oppression de son peuple, empêchant au passage le développement indépendant d'une nation voisine. Il serait présomptueux de prétendre qu'un livre à lui seul puisse sauver la nation tibétaine. Cependant, sachant qu'il est destiné à éveiller les consciences, il ne fait aucun doute qu'il serait préjudiciable aux impérialistes chinois. Partant de là, il se révélerait grandement bénéfique au peuple tibétain, aux prises à la colonisation imposée par l'envahisseur. Chaque lecteur interpellé par le contenu de cet ouvrage, est un acteur potentiel de la libération de la nation tibétaine. Par son action ou son inaction, il scellera le sort du peuple tibétain et qui sait, de celui de l'humanité toute entière. Ne nous y trompons pas ! L'histoire ne nous pardonnera pas cette dernière lâcheté, qui consisterait à apporter le soutien de l'ensemble de la communauté internationale aux bourreaux d'un peuple pacifique. Introduction " Notre but n'est pas la victoire du plus fort, mais la défense des droits de chacun. Ce n'est pas la paix au prix de la liberté, mais à la fois la paix et la liberté. " John Fitzgerald Kennedy C'était à l'heure où l'homme responsable d'un dérèglement irréversible du climat, sans s'y préparer, allait néanmoins en devenir sa victime. C'était à l'orée du IIIe millénaire. C'était également le temps, où s'extasiant devant le taux de croissance de la dictature chinoise et persuadé que cette lâcheté monumentale serait sans conséquence, la communauté internationale dans son ensemble se préparait à venir faire allégeance aux bourreaux du peuple tibétain. Contemplant l'ampleur de la catastrophe écologique que nous lui aurons léguée, l'être humain de la fin de ce XXIe siècle, quoique préoccupé par sa survie et celle de ses proches, se souviendra peut-être également de cette immense injustice sur le Toit du monde. Immense parce qu'elle dure à ce jour depuis près de six décennies; parce que la victime est une grande nation parmi d'autres, dont l'histoire qui ne ressemble à aucune autre nation est riche de deux millénaires; parce que son territoire est aussi vaste que la partie ouest de l'Union européenne, du Portugal au Danemark, de l'Irlande à l'Italie, en passant par la République tchèque et la Slovénie, soit quinze des vingt-sept Etats de l'Union européenne ; parce que ce peuple à la culture ancestrale souffre de l'oppression, pendant que la communauté internationale s'apprête à se réjouir avec ses bourreaux et se comporte comme s'il s'agissait d'une cause perdue, plus désespérée encore que de minuscules Etats comme la Bosnie, le Timor oriental ou le Koweït, pour lesquels les démocraties consentirent néanmoins à lever le petit doigt ; parce que les enjeux sont colossaux : pillage de l'eau et des matières premières, dégradation de l'environnement. Ou encore, parce qu'il s'agit de la nation la plus haute du monde et parce que les pays qui ont trempé de près ou de loin dans cette lâcheté internationale sont légion. En première ligne, la Grande-Bretagne, la France, les Etats-Unis, le Népal ou l'Inde, encore que s'agissant du gouvernement indien, il a eu au préalable la décence d'accueillir le Gouvernement tibétain en exil sur son sol. Les tyrans de Pékin affirment à qui veut l'entendre et contre toute évidence, que le Tibet fait partie intégrante et inséparable de la Chine. Plus le mensonge est énorme, plus ils espèrent le faire admettre en tant que vérité historique. Ce qui sera tout de même compliqué, même avec les naïfs les plus invétérés, puisque la dictature chinoise a envahi en toute violation du droit international, puis annexé le Toit du monde en 1951. De fait, aucun peuple n'a été aussi totalement spolié, abandonné, exterminé, dont la nation ne se trouve aussi totalement rayée de la carte, avec l'assentiment de l'ensemble des gouvernements, dictatures et démocraties réunies dans la même ignominie. Les uns approuvent la loi du plus fort, afin de s'attirer les bonnes grâces du " client " chinois ; les autres adoptent la politique de l'autruche, laquelle permet de ne rien voir en se maintenant la tête dans le sable, mais ne préserve nullement des coups de poignard dans le dos. Imaginez un instant que votre maison soit devenue un univers sans loi, parce que des intrus s'y sont introduits : votre père suspendu les bras retournés, pendant des jours et des nuits, sans que ses pieds ne touchent terre, jusqu'à ce qu'il meure d'épuisement. Votre femme et votre fille servant d'objet sexuel à de multiples reprises, le jeu favori de leurs violeurs étant de leur introduire des matraques électriques dans le vagin. Vos petits garçons maltraités, contraints de se nourrir dans les gamelles du chien, lorsqu'ils parviennent à se nourrir. Votre sœur devant se tenir debout pendant des heures, pieds nus dans une eau gelée. Quant à vous, il vous reste le choix entre fuir, exilé loin de votre maison natale, ou vous soumettre en vous mettant au service de vos squatters surarmés. Refusant de fuir, vous vous résignez finalement à accepter votre nouveau statut d'esclave. Plusieurs membres de votre famille décèdent des mauvais traitements. Traumatisée, votre mère a perdu la raison. Tous les raffinements de l'oppression et de la torture se trouvent subitement réunis sous ce toit qui vous a vu naître, par la seule volonté des bourreaux qui ont envahi votre demeure. Mais le cauchemar ne fait que commencer : les intrus se sont installés en terrain conquis, récupérant les fruits de votre labeur d'esclave, les animaux de la ferme, les fruits, l'exploitation du bois. Puis ils décident de commercer les produits du pillage avec votre voisinage qui n'a réagi, ni à vos appels au secours, ni à la présence de ces curieux " invités ", lesquels ne se déplacent jamais sans être armés. Ils finissent par être reconnus comme des exploitants avisés, offrant des produits à des prix défiant toute concurrence et pour cause, par être invités dans les réceptions par les notables du secteur. Apprenant fortuitement que le chef de la bande, après avoir dansé la valse avec l'épouse du député local et avoir été décoré et qu'une grande fête va être organisée en l'honneur de ceux qui, avec les produits du pillage, ont grandement contribué à la prospérité de la région, mais surtout à la leur, vous finissez par mettre fin à vos années de souffrance en choisissant le suicide. Cependant pour vous, il ne s'agit pas même d'un cauchemar. Mais pour les Tibétains, cette réalité quotidienne, depuis plus d'un demi-siècle, représente un calvaire sans fin. Si de tels événements venaient à vous frapper, vous auriez une idée assez précise des souffrances vécues par les Tibétaines et les Tibétains, enfants, vieillards, hommes, femmes, valides et malades, pendant plus d'un demi-siècle. Cependant, votre entourage aurait néanmoins échappé aux thamzing , au trafic d'organes, aux stérilisations et avortements forcés imposés aux Tibétaines et à la plupart des terribles exactions subies par un peuple étranger sur son sol légitime, au " Pays des neiges ". Certains s'égarent parfois, d'autres se sont perdus définitivement et ne retrouveront jamais le chemin. Ce livre s'adresse surtout à ceux qui se sont égarés un temps sur la voie du triomphe des bourreaux… Les Tibétains sollicitent notre aide en vain depuis cinquante-huit interminables années. La communauté internationale s'est enfin décidée à leur donner une réponse : celle-ci sera celle d'une honte sans limite, puisqu'il s'agit de récompenser les bourreaux, à savoir la dictature chinoise pour son action ô combien néfaste pour l'humanité en général et le peuple tibétain en particulier. Les tyrans vont pouvoir persifler à loisir : - " Si vous avez apprécié ce que nous avons fait au cours de ces dernières décennies, nous allons faire pire ! " Néanmoins, si nous participons à ces jeux de la honte, le renégat Samaranch n'est pas seul en cause. C'est par l'action néfaste de tels individus et l'inaction des autres, que les bourreaux sont parvenus à poursuivre leur sale besogne d'anéantissement du peuple tibétain et de sa culture. Car seule, notre complicité active ou passive est susceptible d'apporter sur un plateau, triomphe et reconnaissance aux bourreaux, tout en permettant la poursuite de l'extermination du peuple tibétain. Nous disposons de cette rare opportunité de pouvoir participer indirectement à un génocide en cours, tout en ignorant leurs ignobles forfaits : invasion et occupation pendant près de six décennies du territoire tibétain, crimes contre l'humanité, génocide du peuple tibétain, crimes de guerre et pillage ininterrompu depuis le début de l'occupation en 1950. Les premiers bourreaux sont morts de vieillesse. Allons-nous tolérer que leurs successeurs soient décorés en 2008 ? Ils sont déjà reconnus et courtisés par nombre de complices . Cette complicité était déjà inadmissible avant l'attribution des jeux. C'est maintenant l'écoeurement qui prévaut. Il se pourrait fort que certains apôtres de la collaboration avec les tyrans de Pékin taxent cet ouvrage de recueil de propos exagérés. Or, ce qui a été excessif jusqu'à présent, c'est la complicité des Occidentaux, la répression de la résistance tibétaine par l'A.I.O., le pillage ininterrompu du territoire tibétain par les colons chinois. Ménager l'occupant chinois ne devrait être en aucun cas l'objectif de la communauté internationale. Seuls sont à ménager l'infortuné peuple tibétain, lequel attend d'être enfin libéré de la botte chinoise, et le milliard de Chinois qui ne bénéficie pas du miracle économique du grand marché, lequel est en partie le produit du pillage du territoire tibétain et de l'exploitation de son peuple. La contrefaçon, les copies des brevets fournis gracieusement par les Occidentaux, le maintien de la misère des paysans et de la masse des Chinois spoliés, mais aussi l'esclavage des prisonniers tibétains et chinois, ne sont évidemment pas étrangers à cette croissance, enviée par de nombreux complices de la dictature. Seuls les individus les plus fourbes et les plus cupides peuvent encore s'extasier devant cette croissance " miraculeuse ", lorsque nous en connaissons le prix extraordinairement élevé, au regard du droit international, des droits de l'homme et de la sauvegarde de l'environnement. Le " miracle économique chinois " se traduit par une exploitation de l'homme par l'homme à une échelle inégalée, due sans doute à cette alliance contre nature entre un libéralisme impitoyable pour les plus vulnérables et les restes du maoïsme, permettant une répression cruelle des opposants susceptibles de menacer les privilèges des hiérarques du parti. Dotés d'une vue à très court terme, orientée dans 99 % des cas vers les échéances électorales suivantes, à l'instar de la plupart des politiciens carriéristes, les dirigeants occidentaux se sont obstinés à occulter le potentiel du pays qui sera le plus peuplé de la planète en 2040, en ignorant délibérément la carte de la démocratie indienne. Pour l'heure, concernant la question tibétaine, nous assistons à une hypocrisie généralisée et sans précédent, laquelle incite chacun à faire comme si le Tibet avait toujours fait partie de la Chine, comme si cette nation n'était pas indépendante avant l'invasion chinoise. Mais avons-nous le droit de rester indifférents lorsque nous sommes informés ? Cet ouvrage est particulièrement destiné à ceux qui ne savent pas encore, car le plan des bourreaux, relayé par les apôtres de la collaboration, est machiavélique. Le décor est planté afin que le plus grand nombre soit maintenu dans l'ignorance. En 2008, il est impératif que tout le monde soit informé, afin d'être en mesure de choisir entre le camp des bourreaux et celui de leurs victimes. Tout s'est joué à plus de trois mille mètres d'altitude. Le drapeau de l'envahisseur était rouge, le sang des victimes également et la neige le devint aussi. Un demi-siècle s'est écoulé et par la volonté d'un tyran et de ses héritiers, cette nation occupée envers et contre toutes les lois internationales demeure le témoignage d'une des plus grandes spoliations de l'histoire. A partir du 8 août 2008, nous risquons d'assister à la remise des récompenses aux pillards. Néanmoins, la glorification des bourreaux, sous le regard bienveillant de leurs complices, ne pourra avoir lieu qu'avec notre assentiment. Depuis ces heures sombres de l'histoire de la nation tibétaine, deux générations de Tibétains ont été contraintes de vivre sous la botte chinoise. Seuls les femmes et les hommes de plus de soixante ans peuvent encore conserver un vague souvenir de leur pays libre et indépendant. Essayez d'imaginer ! Les Afghanes encore asservies par les talibans en 2054 ou les Koweïtiens toujours sous le joug irakien en 2048. Pour comprendre toute l'horreur du calvaire du peuple tibétain, il conviendrait de se représenter la France sous la botte nazie, non pas pendant quatre ans, mais pendant cinquante-huit longues années. L'occupant toujours présent en 1998, sans espoir qu'aucun Etat n'intervienne afin de lui venir en aide. C'est ce que vivent les Tibétains. Ceux qui le vécurent en Europe et ailleurs ont, semble-t-il, oublié qu'un jour ils appelèrent au secours. Mais il est vrai que ceux qui sont intervenus en 1944, n'ont pas détourné le regard, comme nous le faisons actuellement à l'égard du peuple tibétain. Les barbares chinois qui envahirent le " Pays des neiges " le trouvèrent si merveilleux qu'ils en éventrèrent les montagnes, dévastèrent les forêts aux arbres millénaires, massacrèrent ou causèrent la disparition des espèces animales les plus rares, comme la panthère des neiges, bombardèrent les monastères, lesquels jusqu'à l'arrivée des vandales avaient traversé des siècles de respect de la tradition et de recueillement dans la prière . Les occupants chinois se mirent à édifier des camps d'extermination, où des êtres humains meurent de faim et des privations les plus cruelles, de froid et de travaux forcés. Mais ils ne s'arrêtèrent pas en si mauvais chemin : ils se mirent à polluer l'air avec les transports les plus polluants, les dizaines de cimenteries crachant des nuages d'amiante, défigurant de plus en plus la ville sainte du bouddhisme avec des squelettes de béton et d'acier. Ils polluèrent également l'eau pure des lacs et des torrents, laquelle au cours de l'histoire millénaire du Tibet, n'avait jamais été souillée. Tout ceci afin de fournir l'énergie, nécessaire à l'électrification des camps de la mort et la multitude de prisons ayant fleuri au Tibet depuis l'arrivée de l'envahisseur chinois. L'électricité était nécessaire pour les miradors et les tortures certes, pour les innombrables garnisons de l'Armée Impérialiste d'Occupation , mais aussi pour attirer les colons de Chine, chargés d'exploiter les ressources tibétaines, tenir les commerces et montrer l'exemple de la prostitution aux Tibétaines. Et comme s'il manquait une touche de laideur au cœur du Tibet occupé, l'A.I.O. vint avec dans ses bagages, le nucléaire et son corollaire, les déchets. Des individus sans conscience ne trouvent rien à redire à cette situation inacceptable pour tout Etre humain doté des valeurs essentielles à la survie de l'humanité. Ils ont pris l'incommensurable responsabilité d'offrir l'esprit olympique au plus vaste et au plus ancien système totalitaire du monde passé et actuel. Autant confier la chasteté au Marquis de Sade et la probité aux marchands du temple. Cette trahison constitue un véritable coup de poignard dans le dos des Résistants tibétains et des dissidents chinois, lesquels s'opposent à la dictature et la combattent à mains nues depuis des décennies. Quels sont les complices de cette aberration ? Nous constaterons qu'ils sont nombreux, mieux organisés et unis que les opposants et qu'ils ont bonne conscience. En attribuant les jeux à la dictature chinoise, ils ont accepté ce qui se fait de pire en matière de non droit à l'échelle d'une nation. Comme la neige qui tombe efface les traces sur le sol, chaque encouragement envoyé au régime dictatorial de Pékin tend à faire s'estomper l'existence d'une grande nation, laquelle attend, en vain jusqu'à ce jour, le rétablissement du droit international , le retour de son indépendance et d'une liberté recouvrée. Ce peuple attend sa libération depuis 1950. Ceux qui défendront cette justice-là ne pourront pas s'asseoir à la table du banquet organisé par les bourreaux en 2008. Autant avertir d'emblée les spécialistes du " cul entre deux chaises ", qui savent se servir à tous les râteliers. Il sera impossible de disposer d'un siège à cette table-là et d'un autre aux côtés des victimes de la barbarie chinoise. La cause tibétaine ou le camp des tyrans et pour une fois dans la politique internationale, jamais choix n'aura été aussi limpide ! C'est pourquoi tout athlète qui participera aux " jeux de la honte " de Pékin en 2008, en piétinant son honneur et la souffrance de l'infortuné peuple tibétain, se couvrira de honte en foulant le sol chinois et en apportant devises et notoriété à cette sanglante dictature. Boycotter les jeux de la honte, si le sol tibétain demeure souillé par la botte chinoise constitue un devoir sacré, du même ordre que la lutte contre le nazisme, infiniment plus important encore que l'engagement pour le Koweït ou la Bosnie. Les derniers jeux d'été ont eu lieu à Athènes en 2004. A cette occasion, de nombreux athlètes auraient pu se dresser contre la perspective des " jeux de la honte ". Au lieu de cela, pas un mot, si ce n'est pour se donner rendez-vous à Pékin pour de nouveaux records. Leur seule préoccupation serait donc d'améliorer leur prestation, de faire mieux. Eh bien, autant les rassurer dès à présent : quelle que soit la couleur des médailles à Pékin, ils feront pire. Selon nombre d'individus ayant subi l'ablation de la conscience, il n'y aurait donc rien de choquant à se rendre aux festivités organisées par les bourreaux. Or, la nation tibétaine n'est vouée à une disparition définitive, que si l'ensemble de la communauté internationale n'entérine le forfait de l'envahisseur chinois. Elle s'apprête à réaliser cette infamie à Pékin à l'occasion des " jeux de la honte " en 2008. Mais elle peut encore refuser avec force le statut de complice des bourreaux du peuple tibétain. Les prochains jeux olympiques d'été auront lieu à Londres. Mais ceux qui sont en passe de mobiliser dès à présent toute l'attention des opinions publiques, des médias indépendants et des associations des droits de l'homme seront les jeux se déroulant à Pékin en 2008, lesquels seront immanquablement qualifiés de " jeux de la honte ". Honte, si l'occupant est toujours présent sur le sol tibétain ; honte parce que les crimes des bourreaux resteront impunis; honte encore parce que ce sera le bal des complices; honte enfin parce que ces festivités consacreront le triomphe du pillage et de la tyrannie et la primauté de la cupidité sur le respect du droit. Il ne reste qu'à espérer que des hommes s'unissent pour boycotter cette hideuse manifestation de lâcheté internationale. Il est certain que ceux qui y participeront de près ou de loin, s'afficheront de fait comme les complices de la plus sanglante des dictatures, celle qui occupera en 2008, le territoire d'une nation voisine depuis cinquante-huit années, dont personne ne pourrait nier sincèrement l'indépendance avant son occupation. D'ailleurs, quel dirigeant enverrait cent cinquante mille soudards pour envahir son propre territoire ? Il y a maintenant sur le sol tibétain plus de colons chinois que de Tibétains. Les tyrans de Pékin utilisent ce pays occupé pour y entreposer leurs déchets nucléaires, tout en pillant sans vergogne les ressources naturelles, en se servant également des prisonniers politiques tibétains, et cela en toute impunité devant l'indifférence des nations. Or, le Tibet ne sera pas plus chinois en 2008, que la Belgique ou la Lorraine n'étaient allemandes en 1940, ou le Koweït irakien en 1990. Par essence pacifique, les Tibétains luttent sans vociférations haineuses dans les rues, sans Kalachnikov, sans bombe autour du ventre et meurent en silence. Ils ne cultivent pas non plus une haine féroce et sans concession à l'égard de l'ennemi chinois, mais la compassion ; ils pensent que ces envahisseurs sont également des êtres humains et que le système totalitaire qui les opprime pour l'instant demeure susceptible d'évoluer. Ils espèrent le remplacement de la dictature par un processus démocratique, à qui l'on pourrait offrir jeux olympiques et coupe du monde de football, ce qui demeure inacceptable envers cette tyrannie. Les individus placés en 2001 à la tête du C.I.O. n'avaient pas le droit de faire cela, ni au regard du respect des droits de l'homme, ni en tenant compte de cette transgression permanente du droit international au Tibet depuis 1950, laquelle constitue une plaie béante au flan de l'humanité. L'objectif de cet ouvrage est de démontrer l'ampleur du scandale. Il convient de considérer que sans réussite du boycott, l'attribution de ces jeux et leur déroulement sans la moindre réaction, notamment de la part des démocraties occidentales , constitueront un nouveau crime contre l'humanité. Ne craignons pas d'affirmer qu'en cas d'échec du boycott, si le sol tibétain demeurait occupé à la fin de cette année 2008, la réussite des " jeux de la honte " constituerait le plus formidable signal d'encouragement à tous les pouvoirs totalitaires de la planète, et ouvrirait les portes à toutes les injustices présentes et à venir. Il s'agira par exemple pour les entreprises occidentales d'oublier les massacres de Tienanmen en 1989, de fermer les yeux sur les camps de concentration du laogai , lesquels continuent à tourner à plein régime, afin de fournir des produits fort compétitifs. Le C.I.O. s'est résolu à choisir la dictature chinoise en s'affalant devant tout ce que le réalisme politique compte de lâcheté , de calculs et de compromissions. La démocratie et les droits de l'homme, tout comme le respect du droit international, n'ont pas pesé lourd, face à la perspective de profits directs et indirects. * * * * * * * * * * * * * Au cours du mois de mars 2002, les envahisseurs du territoire tibétain se sont subitement transformés en apôtres de la paix… En effet, les autorités chinoises ont appelé Israéliens et Palestiniens à revenir à la table de négociation, tout en rejetant dans le même temps tout dialogue avec le Dalaï-lama, leader charismatique inspirateur du Gouvernement tibétain en exil, réfugié en Inde à Dharamsala depuis 1959. En 2008 à Pékin, la communauté internationale va peut-être jouer son avenir. L'humanité va démontrer au grand jour sa capacité à s'élever ou à s'abaisser… Dans le même élan, les athlètes devront oublier que le régime est responsable de dizaines de millions de morts et qu'actuellement la Chine est le pays du monde, où l'on exécute le plus grand nombre de condamnés, des coupables peut-être, mais aussi des innocents. Nous réaliserons pourquoi, au regard des différents éléments d'analyse, l'athlète participant à ces " jeux de la honte ", se comportera inévitablement comme traître à l'humanité. Il ne pourra pas prétendre participer parce que d'autres y participent à différents niveaux. Ce sera la responsabilité de chacun de se comporter en complice en soutenant les bourreaux du peuple tibétain, ou de résister à la lâcheté et à la cupidité ambiantes ! Avec des individus sans conscience, le critère des droits de l'homme n'a bien évidemment eu aucune influence dans le choix de la dictature chinoise pour l'attribution des jeux olympiques. Les défenseurs de la cause tibétaine auraient aimé que ces jeux aient lieu à Toronto, au cœur des démocraties les plus évoluées. Mais hélas, Samaranch avait déjà sereinement cohabité avec Franco et sympathisé avec le dictateur espagnol : d'un dictateur à l'autre, il ne s'est guère éloigné du chemin de l'infamie. Quels sont les enjeux majeurs de ce scandale historique ? Il s'agit tout simplement d'entériner l'invasion du Tibet par l'A.I.O., laquelle invasion fut suivie par l'occupation, puis le pillage et pour finir l'élimination programmée du peuple et de la culture du " Pays des neiges ". Armée Impérialiste d'Occupation, à qui l'on pourrait également attribuer le qualificatif " Impopulaire ", car elle ne sert pas les intérêts du peuple tibétain qu'elle opprime, ni ceux du peuple chinois, puisqu'elle écrase les étudiants sous les chenilles des chars à Tienanmen, au seul motif que ces étudiants chinois avaient osé solliciter un peu de liberté et de démocratie. Ces jeunes étudiants eurent le tort de croire prématurément que les idées totalitaires de Mao avaient disparu avec le tyran, quinze ans plus tôt. Ils n'ont pas tenu compte du fait que le criminel avait laissé ses clones aux commandes et qu'il avait pris soin de maintenir ses successeurs dans leurs privilèges. Pour ces derniers, l'ouverture ne peut être qu'économique, sous peine d'abandonner ces privilèges, liés au pouvoir qu'ils monopolisent. Ils savent fort bien que toute évolution démocratique leur confisquerait pouvoir et privilèges, avec à la clé le risque d'un procès pour crimes contre l'humanité. Que se passerait-il si certains tentaient de réhabiliter le nazisme en faisant courir le 100 mètres olympique sur les ruines d'Auschwitz ? L'ensemble de la communauté internationale crierait à juste titre au scandale. Pourtant, certains s'apprêtent à faire pire, sans que quiconque ne songe à réagir. Il va se passer l'équivalent de ce qui se serait passé à Auschwitz, si une coupe du monde de football avait eu lieu en 1942 chez les nazis. Que ceux qui participeront en tant qu'acteurs ou spectateurs aux " jeux de la honte " ne se contentent pas de prétendre qu'ils n'étaient pas informés. Ils sauront qu'en venant glorifier les bourreaux sur leurs terres, ils viennent participer en toute connaissance de cause à la solution finale version chinoise et à l'extermination du peuple le plus pacifique de la terre. Ce faisant, ils ne feront qu'encourager les autocrates de tout poil. Inversement en boycottant, ils affirmeront que l'humanité refuse que le génocide parvienne à son terme et que le territoire de la nation tibétaine continue à être impunément pillé et souillé par l'Armée Impérialiste d'Occupation chinoise et des colons de plus en plus envahissants et arrogants; alors qu'ils devraient éprouver honte et remords : mais les pillards et criminels conservent-ils un reste de conscience des valeurs fondamentales de l'humanité ? Nous verrons pourquoi il est impératif de boycotter toute image des " jeux de la honte " à Pékin. Mais pour cela, chaque défenseur des droits de l'homme et du droit international doit se mettre en devoir de contacter les êtres humains dont la conscience est susceptible d'être réveillée. Au préalable, rappelons que le fait que nous commercions allègrement avec les tyrans, ne signifie aucunement qu'ils n'en soient plus. Si leur marché nous intéresse tant et nous conduit sans cesse à nous désintéresser du respect des droits de l'homme , et par voie de conséquence de nos droits, devons-nous pour autant aller jusqu'à offrir sur le plateau doré de l'olympisme, les lauriers de la gloire à ce système totalitaire ? Ce faisant, nous nous préparons à récolter d'autres lauriers : ceux de la honte. Mais réfléchissons encore un instant à ce que cela implique : un pays occupé vaste comme une large partie ouest de l'Union européenne, son peuple opprimé depuis près de six décennies par une armée d'occupation étrangère et colonisé sans vergogne par les Chinois, aujourd'hui plus nombreux que les Tibétains sur leur propre sol. Et nous nous apprêtons à donner le feu vert aux bourreaux, afin de poursuivre sur la voie de cette injustice capitale. Après le génocide, où 1 200 000 Tibétains y laissèrent leur vie et leur espérance, ceux qui restent n'ont d'autres choix que la soumission, la collaboration avec l'occupant, ou l'exil loin de la terre ancestrale. Pour tous ceux qui se risquent à entrer dans la résistance, c'est la certitude d'une répression sans limite. Ceux que les bourreaux appellent " séparatistes " ne bénéficient pas de la Convention de Genève. Quant à la Convention asiatique des droits de l'homme, elle n'existe pas. Le temps n'est peut-être d'ailleurs pas si éloigné, où en échange de l'attribution de certains marchés, Pékin obtiendra l'aide internationale pour lutter contre les " terroristes " tibétains. Ce jour-là, le monde libre, en soutenant activement les bourreaux contre leurs victimes, touchera le fond de l'horreur. Mais à l'horrible bilan des êtres disparus, relevé sur le territoire tibétain, lequel n'a hélas rien de définitif, il convient d'ajouter soixante-cinq millions de morts, dont Mao, le plus grand criminel de l'histoire de l'humanité, est à l'origine. Bien entendu, les corrompus qui lui ont succédé, n'ont rien changé à la stratégie, sauf sur le plan économique, car ils ont bien compris tous les bénéfices qu'ils pouvaient tirer des réformes économiques, pour eux-mêmes et ceux qui les soutiennent. Bien évidemment, les petits salariés chinois, qui triment douze à quinze heures par jour et six voire sept jours sur sept, pour soixante-dix euros par mois, ne sont absolument pas concernés par le gâteau que se partagent les exploiteurs et les cadres du parti . Ils ne sont que les rouages qui accroissent la puissance de l'Etat et les privilèges pour une minorité de Chinois. C'est pourquoi, police et armée sont particulièrement choyées, car sans ses piliers, les jours des criminels corrompus seraient comptés. A noter que ce sont ces derniers qui appliquent la peine de mort à profusion à des milliers d'innocents. Le " Pays des neiges ", quant à lui, bien involontairement concerné par les bouleversements intervenus en Chine, a vécu de nombreuses tentatives de rébellion. Mais à chaque velléité d'indépendance du peuple tibétain, a répondu une cruelle répression. A ce sujet, il faut souligner au regard de l'ampleur des atrocités et du pillage, qu'il n'est guère plausible d'évoquer une éventuelle autonomie pour le peuple tibétain; elle ne pourrait se concevoir que pour une province ou une région faisant partie du territoire chinois. Concernant le Tibet, pays à part entière envahi par une armée étrangère et colonisé par les Chinois, au mépris du droit international, il ne peut s'agir que du rétablissement de l'indépendance après le départ de l'occupant. Tous ceux qui se sont rendus au cœur du " Pays des neiges " avant l'invasion chinoise, ont décrit le Tibet comme un pays merveilleux et mystérieux. De nos jours, la cause tibétaine demeure une plaie béante au flanc de l'humanité et elle le restera aussi longtemps que cette nation demeurera occupée par les soudards envoyés par la plus sanglante des dictatures. Non préoccupés par cette situation, certains ont pris l'immense responsabilité de récompenser la dictature chinoise, alors qu'ils avaient renoncé fort justement à franchir cette dernière extrémité, quatre ans plus tôt, au moment de l'attribution des jeux olympiques à l'Australie. Le vendredi 13 juillet 2001, les renégats ont franchi le Rubicon. Il revient donc à la communauté internationale de s'opposer de toutes ses forces à la réalisation de ce sinistre projet. Deux mois après cette funeste journée, par le biais de l'horreur du 11 septembre, le destin vint rappeler à chacun d'entre nous la fragilité de l'existence, pas seulement pour les Tibétaines et les Tibétains dont nous nous obstinons à ignorer le martyre. Souffrances infligées par leurs bourreaux chinois certes, mais qui s'exercent avec d'autant plus de violence, qu'elles sont subies sous le sceau de notre indifférence, voire de notre complicité. Pourquoi cette indifférence n'est-elle pas de mise lorsqu'en quelques minutes, un tsunami cause la perte de 300 000 êtres humains ? Sans doute trouvons-nous quelques éléments de réponse au chapitre 9. Les amoureux de la montagne finissent immanquablement par tourner le regard vers l'Himalaya, la plus haute chaîne du monde. Et lorsque le respect des droits de l'homme et du droit international apparaît comme essentiel, ils prennent conscience des atrocités subies par les Tibétains et ils se surprennent à éprouver de la compassion pour ce peuple si injustement opprimé. En aucun cas, il ne méritait le sort réservé par les bourreaux qui se sont succédés à Pékin, ni l'oubli auquel l'a contraint la communauté internationale. A 8850 mètres d'altitude se dresse le sommet du monde, le Chomolungma , déesse mère de la terre. Il est situé à la frontière tibéto-népalaise. Tensing Norgay et Edmund Hilary l'atteignirent le 29 mai 1953, deux ans et demi après l'invasion chinoise du Tibet. Cet exploit des deux alpinistes amenait tous les regards à se tourner vers le Tibet, mais hélas pas en direction d'un peuple, dont l'interminable martyre ne faisait que commencer. Certains défenseurs de la cause tibétaine, cédant à la dialectique des bourreaux, en viennent à considérer les Tibétains comme une minorité ethnique, comme s'il s'agissait de quelques dizaines de milliers de monégasques ou d'Andorrans, lesquels sont pourtant reconnus par la communauté internationale. Que devient ce peuple de millions d'êtres humains ? Des millions ont été empêchés de naître, des centaines de milliers seront amenés à disparaître du SIDA importé par l'occupant chinois, pendant que les complices occidentaux déroulent le tapis rouge sous les pieds des bourreaux. D'autres évoquent une prétendue autonomie à quémander aux tortionnaires/pillards. Ceci constitue un non sens; il faut le marteler : les Tibétains ne constituent pas la minorité d'un quelconque Etat de la planète, ni une mosaïque de peuplades. Il s'agit d'un peuple dans toute son entité, culture, langue, religion, drapeau, monnaie avant l'occupation, traditions communes, même si l'envahisseur tente d'occulter ce qui est l'essence de la nation tibétaine. Ce peuple est issu d'une nation indépendante jusqu'en 1950 et asservi par l'envahisseur chinois qui occupe et pille son sol. Cette analyse pourrait s'articuler autour de deux questions fondamentales et d'une tentative de réponse : en toute connaissance de cause du sort réservé au peuple tibétain par l'occupant chinois, comment des renégats pourtant issus du monde libre, ont-ils pu livrer les jeux olympiques 2008 au plus grand système totalitaire de la planète ? Et par extension, comment se fait-il que cela ne semble choquer quasiment personne, comme si le futur organisateur de ces olympiades était issu de la première démocratie venue ? Quant à la tentative de réponse, le lecteur la découvrira en filigrane, tout au long de cet ouvrage. Dans un silence assourdissant de l'ensemble de la communauté internationale, " Reporters sans frontière " a eu le mérite , au lendemain de la désignation de Pékin, d'appeler au boycott des jeux en 2008, en soulignant que l'aile dure du Parti communiste chinois allait se servir de cette occasion pour renforcer son pouvoir. Il est grand temps que le chantage ne soit plus à sens unique au profit des tyrans. La Chine devrait pouvoir obtenir la flamme olympique et d'autres manifestations universelles, mais en contrepartie d'un prix à payer : renoncer à piller les richesses du territoire de la nation tibétaine. Si elle veut la gloire en 2008, il lui faudra restituer la liberté confisquée au peuple tibétain durant cinquante-huit années d'occupation. Dans le cas contraire, ni " jeux de la honte " en 2008, ni coupe du monde de football en 2018. Il y a nécessité absolue d'une campagne d'information soutenue pour un boycott de grande ampleur, concernant tous ceux qui piétinent les martyrs tibétains, en commerçant allègrement avec les tyrans qui persistent et signent. Qu'il s'agisse d'entreprises, de produits " Made in dictature ", ou d'organisateurs de grands prix de formule 1 et autres manifestations participant à la gloire des bourreaux. L'auteur de cet ouvrage n'avance pas masqué : aucune dissimulation sous sa plume. Il prend parti et s'engage en se mettant au service de la cause tibétaine, comme d'autres se sont rangés aux côtés des tyrans de Pékin, afin de défendre la cause du profit et leur intérêt personnel. Un engagement est affaire de conscience , d'initiative et de responsabilité, où timidité et réserve ne peuvent avoir cours. Sans doute, le lecteur percevra entre les lignes, du mépris pour les complices de la tyrannie et du désintérêt pour ceux dont la raison de vivre est la course au profit et à la notoriété ; c'est qu'en agissant ainsi, ceux-là assurent les beaux jours des bourreaux et accroissent au passage leurs privilèges déjà considérables, au détriment de leur peuple. Un des effets pervers du sentiment de révolte est la difficulté d'éprouver de la compassion pour l'autre camp et de mettre des gants blancs pour dénoncer les actes des bourreaux. Sans doute vaut-il mieux réserver ce sentiment à ces Tibétaines et ces Tibétains qui souffrent dans les cellules de l'occupant chinois… Pour ce qui est de l'auteur, comme nombre de défenseurs des droits de l'homme et du droit international, il préfère éprouver de la compassion pour les victimes. S'il existe un motif valable, un seul de se mettre en colère, les " jeux de la honte ", que ces bons apôtres de la collaboration avec la dictature chinoise nous préparent, entrent dans cette catégorie. La Chine disposait de sept ans pour retirer ses troupes et ses colons. L'ouverture des jeux olympiques de 2008 aurait dû coïncider avec la reconnaissance par l'ensemble de la communauté internationale et par les dirigeants chinois, du Tibet en tant que nation indépendante. Cette reconnaissance aurait dû suivre le départ du dernier colon et du dernier soldat chinois, la libération du dernier mètre carré du sol tibétain, qu'il s'agisse de l'Amdo, du Kham et de l'U-Tsang, provinces ancestrales du " Pays des neiges ". Ainsi, cette nation aurait enfin été justement reconnue par les Nations Unies ; or jusqu'à présent, la grande nation tibétaine ne bénéficie pas de cette reconnaissance, du seul fait de cette logique totalement aberrante, qui veut qu'un pays occupé par plus puissant et plus injuste que lui, ne soit plus traité comme une nation à part entière. Ce qui revient à reconnaître comme justifiée toute transgression du droit international. Ainsi, une nation dont le territoire est envahi et occupé par une armée étrangère, ne deviendrait plus que peuple à opprimer et territoire à piller. La France de 1943, le Japon de 1946, pour ne citer que ces deux exemples, auraient donc cessé sans le savoir de demeurer des nations à part entière. Une occupation illégale rendant caduc le statut de nation indépendante et rayant un pays de la carte. La transgression du droit international aurait donc force de loi ! Encore une fois, l'auteur de cet ouvrage n'en fait pas mystère : il s'est résolument engagé pour la sauvegarde du peuple tibétain et le droit à la justice pour cette nation spoliée sur le toit du monde. L'éditeur a pris également le parti de venir en aide à cette cause juste entre les justes causes. Les médias auront un rôle primordial à jouer : il ne s'agira pas de faire la promotion d'une marque de lessive, d'une cure d'amaigrissement ou d'un politicien professionnel. Ce qui est en jeu ici, n'est ni plus ni moins que l'avenir du peuple tibétain et du territoire d'une nation vaste comme une large partie de l'Union européenne. Et nous ne pouvons retrancher à loisir ce peuple de l'humanité, car il s'agit sans nul doute du peuple le plus représentatif de l'humanité que nous devrions défendre, le plus humain par le choix de ses valeurs de paix, de compassion, de respect de la vie et de la terre dont nous dépendons. Comment l'humanité pourrait-elle prétendre survivre, en abandonnant ces valeurs fondamentales et le peuple qui la représente le mieux ? Nous verrons qu'il existe trois erreurs majeures dans notre relation avec la dictature chinoise : - S'afficher en tant que complice des bourreaux dans l'extermination en cours du peuple tibétain, peuple pacifique s'il en est un seul en ce monde. - Soutenir l'accroissement du potentiel militaire de la puissance impérialiste chinoise. - Participer de près ou de loin à la montée en puissance de la dictature chinoise, accessoirement occupant illégal et illégitime du territoire de la nation tibétaine, tout en sabordant notre économie et notre environnement. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, l'ensemble de la communauté internationale s'apprête à venir célébrer plus de cinq décennies de lâcheté, de collaboration avec la plus grande dictature du monde, de surcroît agresseur, occupant et pillard du territoire de la nation tibétaine. Ce sera la croisée des chemins entre ceux qui viendront faire allégeance à la barbarie des bourreaux et la masse des indifférents qui seront tout aussi préoccupés de l'extermination d'un peuple, qu'ils ne le sont de l'état de la planète, pour peu que leur petit confort et leurs petits intérêts du moment soient préservés. Demeurons persuadés que le peuple tibétain ne sera pas rayé de la carte, parce que les tyrans en place à Pékin l'auront décidé. Il faudra encore que par notre renoncement, notre indifférence, ou pire notre complicité, nous entérinions cette élimination d'une nation, d'un peuple et d'une culture, à l'aube de ce troisième millénaire. Que nous le voulions ou non, ces dernières années qui nous séparaient des " jeux de la honte " de 2008, ont constitué l'amorce d'un tournant historique de première grandeur, où chacun d'entre nous pouvait choisir son camp. Il va sans dire que ceux qui ont choisi le camp des tyrans chinois ont pris une immense responsabilité, car il s'agit ni plus ni moins d'accepter la négation de l'humanité, tout en apportant triomphe et consécration aux bourreaux du peuple tibétain. Chapitre 1 Les jeux olympiques au pays des bourreaux "La menace du plus fort me fait toujours passer du côté du plus faible." François-René de Chateaubriand Après le siècle des génocides, voici venu celui de l'alliance avec les bourreaux. En 1944, nos grands-parents ont combattu les nazis. En 2008, une partie d'entre nous, infime espérons-le, se rangera aux côtés des pillards. Au mépris du peuple tibétain, ils viendront applaudir ses tortionnaires. Si, dans n'importe quel pays, vous demandiez à un ressortissant de citer une date importante de l'année 2001, il y a fort à parier qu'il évoquerait le 11 septembre. En effet, beaucoup considèrent que plus rien ne sera comme avant le 11 septembre 2001. Sans doute ! Mais que dire du 13 juillet, date tout aussi historique ? Les prélats du Comité International Olympique venaient de déclarer Pékin vainqueur de la course à l'organisation des jeux parmi deux autres villes issues de pays asiatiques, Osaka et Istanbul, une ville du continent américain, Toronto et une ville européenne, Paris. Ce 13 juillet, l'humanité s'est effondrée, ses principes fondamentaux ont été bafoués, lorsque des individus pourtant abreuvés de principes démocratiques ont choisi de récompenser les bourreaux ! Comment se fait-il que ce vendredi noir pour l'humanité ait si peu interpellé les consciences, comme s'il s'agissait de l'évènement le plus banal qui soit ? Et pourtant… Pour revenir à ce funeste 11 septembre, ne s'agissait-il pas d'une première réponse d'une justice immanente, offusquée par une telle infamie ? En parcourant cet ouvrage, nous nous attacherons à cerner toute la portée historique de cette date du 13 juillet en cette première année du XXIe siècle et l'évènement majeur qui eut lieu ce jour-là, lequel va engager l'humanité pour ce qu'elle aura de meilleur ou de pire. Car jusqu'à présent, nous demeurions apathiques devant le martyre du peuple tibétain. Après des décennies d'immobilisme, nombre d'entre nous se sont décidés à agir… dans le sens de ses bourreaux chinois, en récompensant leurs exactions et entérinant leurs forfaits. "Le triomphe de Pékin ", annonçait la presse au soir du vendredi 13 juillet 2001, mais pas celui du peuple chinois, contrairement à ce que voulaient laisser croire les dirigeants aux commandes du plus grand système totalitaire de la planète. Ce sera surtout le triomphe de la nomenklatura au pouvoir et des quelques millions de privilégiés qui soutiennent les tyrans, lesquels vont tirer parti de ces jeux, s'ils ne sont boycottés par la majorité des nations. Pour l'heure, la communauté internationale a décidé que les bourreaux avaient fait du "bon boulot" sur le territoire de la nation tibétaine : après une place de choix à l'ONU, puis à l'OMC, un nouveau cadeau arrive fort à propos, afin de les récompenser pour leur bilan : l'organisation des jeux olympiques. Les clones de Mao vont pouvoir tirer cette conclusion définitive : - " Si le monde a apprécié ce que nous avons fait pendant plus de cinq décennies, nous allons faire pire et nous allons le faire avec votre assentiment et votre soutien constant." De l'action de la communauté internationale dépendra l'issue des " jeux de la honte ". Ils constitueront un triomphe pour les rejetons du tyran Mao Zedong, bourreau du peuple tibétain et criminel envers son peuple… Si, et seulement si, la communauté internationale ne se ressaisissait pas et apportait ce triomphe sur un plateau aux pillards du territoire de la nation tibétaine. En 1950, cette dictature a agressé le Tibet, pays voisin, et depuis opprime son peuple avec une cruauté sans pareil, tout en pillant son territoire avec une belle constance. Les Tibétains ne disposent ni de bâtons de dynamite autour du ventre, ni de kalachnikov à l'épaule. Par nature pacifique, ils meurent sans bruit et peuvent donc disparaître dans le silence assourdissant de l'indifférence des nations. Les seuls individus armés sont leurs bourreaux. Cette situation inique assure une victoire sans gloire pour les pillards du territoire tibétain. Mais cela va dans le sens de l'attribution des J.O. : - " Mourrez en paix et laissez-nous confier l'organisation de nos festivités, comme bon nous semble et en l'occurrence à vos tortionnaires… Surtout si cette attribution est pour nous, ou ceux que nous représentons, génératrice de profits ! " * * * * * * * * * * * * * - " C'est un être humain ordinaire qui s'adresse à vous, un simple moine. Si vous trouvez quelque utilité à ce que je vais vous dire, alors j'espère que vous essaierez de le mettre en pratique (…). En tant que porte-parole libre de mes compatriotes captifs, j'estime que c'est un devoir de parler en leur nom (…). Je vous demande de ne pas oublier le Tibet qui vit une période sombre de son histoire. " Cette déclaration émane du Dalaï-lama, lors de la remise du Prix Nobel de la Paix à Oslo en 1989. Douze ans plus tard, certains individus furent atteints d'une immense amnésie, sachant que le guide spirituel des Tibétains et des bouddhistes du monde entier aura, en ce qui les concerne, prêché dans le désert. Il est du devoir de tout défenseur des droits de l'homme de les aider à retrouver la mémoire. A ceux qui prétendraient que cette attribution des J.O. n'est pas si grave, qu'il convient de faire preuve de compréhension et de patience à l'égard des bourreaux chinois du peuple tibétain, afin de les inciter à évoluer peu à peu vers la démocratie, nous pouvons constater qu'il s'agira davantage de leur laisser le temps de piller en totalité le sol et le sous-sol du territoire tibétain, jusqu'à extinction de ses richesses, de continuer à transformer les forêts en déserts, de poursuivre l'éradication de la culture tibétaine jusqu'au dernier vestige, et l'anéantissement d'un peuple. A l'heure où cet ouvrage prend forme, il y a plus d'un demi-siècle que les Tibétains patientent. Dans cette affaire, il s'avère que le temps qui s'écoule est l'allié objectif de la dictature chinoise. En 2008, cinquante-huit interminables années se seront écoulées depuis que la tyrannie sévit au Tibet. Et cette année-là, il se trouvera des individus pour parader devant les tyrans, pour des médailles d'or, pour des dollars, pour une gloire ô combien ternie par la honte… Il se trouvera même des dirigeants des démocraties pour se réjouir aux côtés des bourreaux. Comment ces mêmes individus pourraient-ils se prétendre démocrates convaincus et mettre en avant l'esprit sportif ? Quand dans le même temps, des innocents seront torturés, soumis aux privations, parce qu'ils ont osé demander le départ de l'envahisseur. Pendant le temps d'un hymne officiel , la mort de certains d'entre eux servira à alimenter le trafic d'organes, aux profits des sbires qui dirigent les camps de la mort, dont les appellations officielles sont " prisons usines " ou " camps de rééducation par le travail ", autres mots pour parler d'esclavage des opposants et des résistants, ainsi que tous ceux qui s'opposent aux tyrans soutenus par leurs complices occidentaux. Et s'il est vrai que certains soutiennent l'idée qu'il faut laisser le temps à l'occupant d'évoluer peu à peu vers la démocratie, à son rythme, n'est-il pas préférable, au regard de l'absence d'évolution, de passer son temps et son énergie à se préoccuper des victimes tibétaines ou de celles de Tienanmen ? Que ceux qui viennent au secours de la dictature chinoise , prennent quelques semaines de vacances dans l'une de ces prisons si bien étudiées pour la rééducation et l'élimination des opposants . Ces soutiens de la dictature chinoise ne sont pas plus innocents que les pontes des cartels de la drogue colombiens, ou les dirigeants des usines d'amiante qui se sont enrichis en toute connaissance de cause, grâce au labeur de leurs ouvriers, lesquels décèdent maintenant par dizaines de milliers, attendant souvent en vain une hypothétique indemnisation. Peut-être nous dirigeons-nous vers de plus en plus d'horreur ? Hélas, les firmes américaines, à l'affût de nouveaux contrats avec la dictature chinoise, n'étaient pas les seules à souhaiter le triomphe de Pékin. Dans la série " A qui profite le crime ? ", de grosses entreprises européennes, comme Airbus devenue EADS, ont discrètement fait connaître leur soutien à la dictature chinoise. Seuls les complices des bourreaux se rendront à Pékin. Que dire des touristes venant soutenir l'économie de ce système totalitaire? Fraternité, compétition pacifique, loyauté, persévérance, humilité, fair-play, que restera-t-il de ces valeurs après ces " olympiades de la honte " ? L'esprit olympique ne se remettra peut-être pas de s'être égaré aux côtés des bourreaux. Les " jeux de la honte " débuteront le 8 août 2008. Les complices s'emploient maintenant à préparer les esprits à l'organisation de ces jeux. Selon eux, il faudra tenir compte du fait que la Chine est en train d'évoluer et qu'il convient de laisser le temps aux pillards et aux bourreaux de se reconvertir en dirigeants intègres, soucieux du bien-être de leurs concitoyens. Certains tenteront même de défendre la thèse des tyrans de Pékin, contre toute vérité historique, que le Tibet est terre chinoise et que Pékin n'a fait que rétablir l'ordre et apporter le développement économique. Quant aux droits de l'homme, ils vous expliqueront qu'ils ne manquent pas une occasion de les évoquer. Les mêmes expliquaient que le choix de Pékin pour les jeux favoriserait l'ouverture et le développement. Les individus qui se rendront complices de la torture, du trafic d'organes et des camps de concentration, en concourant en 2008 sur le sol chinois contre l'esprit olympique, sans contrepartie de la part des rejetons de Mao, oseront-ils affirmer à leurs héritiers qu'ils ne savaient pas ? Aujourd'hui, chacun est en mesure d'être informé quant au fait, qu'ils auront volontairement détourné le regard. Cependant, c'est en s'opposant aux jeux de Pékin, que la communauté internationale sauvegardera au mieux le destin de l'humanité et les valeurs de l'olympisme. La seule compétition qui comptera en 2008 sera celle qui aboutira dans les plus brefs délais à la libération du peuple tibétain. N'imaginons même pas que la loi du plus fort, celle des pillards et des bourreaux, et la disparition d'une culture aussi précieuse pour l'humanité puisse être entérinée. Ce que nous avons fait pour le Koweït, dont la culture historique reste à déterminer, faisons-le pour le Tibet, lequel constituait déjà une nation, des siècles avant le minuscule Etat du Golfe persique. Le Koweït est né, il y a seulement quelques décennies de l'imagination des militaires et des diplomates de la défunte puissance coloniale britannique et ne doit qu'à ses richesses pétrolifères, le fait d'avoir été libéré par les forces alliées en 1991, après l'agression irakienne. Non seulement le " Pays des neiges " ne bénéficie pas de la même sollicitude internationale, mais personne ne se donnera la peine d'intenter une action en justice envers ces criminels contre l'humanité, à l'instar de celle qui fut réservée à Slobodan Milosevic. Mais qui plus est, des individus ont pris la très lourde responsabilité de leur offrir, sans aucune contrepartie, les plus somptueux cadeaux Les dirigeants chinois vont pouvoir parader à loisir sur leur terre en 2008, sans qu'à aucun moment, le génocide des Tibétains et les crimes contre l'humanité, dont se sont rendus coupables les dictateurs successifs , ne soient évoqués. Néanmoins si le boycott est un succès, le peuple tibétain, faute d'être libéré en 2008, fera sans doute un pas de géant vers sa libération. Par ailleurs, il est probable que l'échec de la dictature en place la contraindra à engager un processus démocratique au bénéfice du peuple chinois. Car l'avènement de la démocratie en Chine constitue d'ores et déjà une hypothèse sérieuse, en cas de réussite du boycott. Celui-ci n'est encore ni annoncé, ni organisé; il est seulement espéré par quelques démocrates convaincus. Mais son succès ne sera assuré, que lorsqu'une mobilisation internationale aura vu le jour et que de sincères défenseurs des droits de l'homme décidés le mettront en œuvre avec toute la détermination qui s'impose, afin de faire triompher le droit international et par voie de conséquence, la cause tibétaine. Car les complices des bourreaux feront le maximum pour qu'il échoue. Certains participants à ces jeux seront décorés par ces mêmes complices. Mais que valent les honneurs de la part de tels individus ? Il s'agira d'une part de faire face à l'opposition évidente de la dictature chinoise. Le chantage commercial va jouer à plein. Et les tyrans de Pékin tenteront par tous les moyens de sauvegarder le monopole du pouvoir, afin de maintenir les privilèges des dirigeants et des serviteurs zélés. Les évènements de Tienanmen en juin 1989 en furent la concrétisation tragique. En outre, il ne fait aucun doute que les femmes et les hommes, personnalités ou anonymes, les athlètes refusant de faire allégeance au tyran, rencontreront une pression constante de la plupart des dirigeants occidentaux, guidés par la seule recherche de profit, collaborateurs affichés de la dictature chinoise Ces derniers se dissimulent généralement derrière la raison d'Etat et le soi-disant intérêt supérieur de leur pays et de leurs concitoyens . Nous constaterons qu'il n'en est rien. Ils admirent sans réserve la croissance génératrice d'une pollution dévastatrice pour notre planète, dont est responsable le pays devenu le second pollueur de la planète derrière les Etats-Unis. Mais il faut bien qu'eux aussi se développent, clament tous ceux qui cherchent des circonstances atténuantes à ces nouveaux Huns. Eux aussi ont droit à leur progrès, ce dernier devrait-il anéantir notre civilisation. Ceux qui vont organiser le boycott devront se montrer encore plus déterminés, afin de s'unir au-delà des frontières des Etats complices, et faire triompher la défense du droit international et l'aspiration à la liberté d'un peuple pacifique. En attribuant les jeux olympiques à l'un des pires systèmes totalitaires que la terre ait porté, les individus sans conscience, qui se sont arrogés le droit de piétiner les tombes des martyrs tibétains, ont voulu affirmer que la cause du Tibet libre et indépendant était une cause perdue et que l'on devait se ranger sous la bannière des tyrans. Sous prétexte qu'ils détiennent le monopole du pouvoir au Tibet et en Chine… et donc le pouvoir de redistribuer une partie du produit du pillage. Nous constaterons plus loin que ce pillage, s'il est dramatique pour le peuple tibétain, rapporte des bénéfices considérables à ceux qui l'organisent. Avant que le forfait ne soit couronné de succès, nous avons le devoir de nous interroger en notre âme et conscience : partageons-nous l'analyse de ces tristes sires ? Hitler a-t-il fermé les camps de concentration après les J.O. en 1936 ? Ces jeux l'ont-ils transformé en démocrate convaincu ? Ce cadeau des instances olympiques a-t-il mis un terme à l'hégémonie nazie ? Mais dans ce cas, comment se fait-il que le dictateur nazi ait annexé l'Autriche comme la Chine a annexé le Tibet, envahi la Tchécoslovaquie, la Pologne, la France et tant d'autres Etats sur lesquels il n'avait aucun droit ? Ce présent offert par le camp des démocraties n'a-t-il pas constitué un formidable encouragement à poursuivre sur le chemin de ses rêves de conquêtes et de gloire ? A ceux qui prétendent que les tyrans changent, ou qu'en leur cédant maintenant, ils changeront plus tard, il convient de leur rappeler l'épisode honteux des Accords de Munich : ils ont prouvé au contraire que les Allemands n'ont changé que lorsqu'ils ont cessé d'occuper des territoires qui ne leur appartenaient pas; alors seulement la démocratie est parvenue à prendre le relais. Nous pourrions également évoquer une évolution semblable en Russie, quelques années après le boycott des Jeux de Moscou. Lorsque les Chinois parviendront à se débarrasser de l'héritage de Mao et qu'ils se seront retirés du sol tibétain, la preuve de leur évolution sera faite. Dans le cas contraire, il ne s'agit que de poudre aux yeux et de belles paroles, comme celles de Moscou : - "A votre tour, changez l'histoire…" Ces paroles ont été prononcées le 13 juillet 2001 par les délégués chinois, afin d'obtenir les jeux olympiques en 2008. En fait, cette attribution était gagnée d'avance, sachant que les complices étaient dans la place et avaient préparé le terrain aux tyrans. Tout était prêt, bien avant la décision officielle, pour laisser s'exprimer à Pékin des manifestations de joie, loin d'être spontanées. Pour ce qui est de changer l'histoire, la preuve est faite maintenant qu'il ne s'agissait que de déclarations sans consistance, puisque les observateurs impartiaux n'ont pas remarqué le moindre frémissement allant dans le sens d'une demande de pardon vis-à-vis du peuple tibétain, ni d'une quelconque annonce de retrait des troupes d'occupation hors du territoire tibétain, ni même d'un quelconque élan démocratique sur le territoire chinois. Bien au contraire, les observateurs ont pu assister à un net durcissement, au travers de la campagne "Frappez fort", visant à faire taire contestataires et opposants et à un refus catégorique de dialoguer avec le Chef du Gouvernement tibétain en exil. En fait, le régime cherche à se forger un semblant de respectabilité. Jiang Zemin, dépositaire de la tyrannie en 2001, a invité le monde entier à assister aux jeux olympiques de Pékin. La ruée vers l'or et le profit peut commencer pour les grands argentiers de l'olympisme. Mais l'or des médailles n'est qu'une modeste part des profits escomptés. De nombreuses entreprises étaient déjà sur les rangs, bien avant la décision inique de juillet 2001. Certains sportifs se sont entraînés très tôt à la collaboration avec les bourreaux, au cours de répétitions qui ont eu lieu sur le sol chinois à partir de 2002 : à savoir notamment les grands prix de Formule 1 et les tournois de tennis. Pour Pékin, il s'agissait de peaufiner le savoir-faire chinois en matière d'organisation, en prévision des jeux. Les thamzing, la répression, le pillage, la corruption, l'organisation d'exécutions publiques, le trafic d'organes, ils savaient faire et sont même passés maîtres en la matière. Quant à l'organisation des jeux, si elle reprendra une partie du savoir-faire en matière organisationnelle, le cadre différera quelque peu. Lors des Masters de tennis de Shanghai, les tennismen ont déjà ouvert le bal en novembre 2002. Certains de ces sportifs grassement rémunérés ont encore pu bénéficier de circonstances atténuantes et se retrancher derrière le manque d'information sur la répression organisée au cœur du Tibet occupé, mais également hors des frontières tibétaines, sur le territoire chinois lui-même. Et en certaines occasions, il convient d'avoir la faculté de mettre sa conscience dans la poche, afin d'approvisionner ses comptes bancaires. Le sport qui consistait il y a peu à préparer les exécutions publiques dans les stades similaires à ceux qui accueilleront les athlètes du monde de la collaboration ne leur posera-t-il pas de problème de conscience, éthique, quand il s'agira de concourir dans ces temples du totalitarisme? Mais il est vrai que les complices ont en partie raison; il y a eu des changements : désormais, les exécutions ont lieu à huis clos. Peu de temps avant la désignation de Pékin, une athlète française qui ne fait honneur, ni à son sport, ni à son pays, ni au genre humain, ni à sa conscience, déclarait à un journaliste avec une franche gaieté : - " Si les jeux sont à Pékin, j'irai à Pékin, c'est pas grave ! ", répétant une seconde fois "C'est pas grave! " en riant, comme si elle venait de sortir la meilleure blague de l'année. Etat d'esprit probablement issu de la lobotomisation orchestrée par la télé réalité. Qu'elle sache que leurs enfants sauront que leurs parents athlètes, chefs d'entreprises, investisseurs, politiciens professionnels de la collaboration, ont soutenu les bourreaux. Que les tortionnaires auraient pu égorger au bord de la piste, pourvu qu'il y ait un gros chèque en jeu ou un instant de "gloire". Espérons pour cette sportive indigne qu'elle retrouvera un jour la capacité intellectuelle de reconnaître plus tard son ineptie, que les millions de victimes du plus vaste système totalitaire de la planète basé à Pékin apprécieront. Quant à l'infortuné peuple tibétain, ignorant quant à ses soutiens potentiels, voilà déjà une ardente complice des bourreaux qui s'est clairement positionnée. Ce qui prouve que le tandem de politiciens professionnels, dont nous évoquerons les exactions , quant à lui n'est pas seul! Afin d'éclairer la lanterne de cette brillante représentante du camp des complices, ignorante peut-être quant à l'enjeu de ces jeux de la honte, il convient de rappeler que tout individu qui assistera, participera de près ou de loin, et soutiendra la mascarade de l'été 2008 qui se tiendra dans l'ombre du peuple tibétain opprimé, se montrera indigne de l'humanité dans ce qu'elle a de meilleur, courage, dignité, respect, compassion, générosité, volonté d'améliorer le sort de ses semblables. Par bonheur, d'autres athlètes ne raisonnent pas sur le même registre : - " Nous n'avons pas le droit d'accepter la nomination de Pékin, au regard des droits de l'homme! ", déclarait Jean Galfione, quelques jours avant la mascarade de Moscou. Chapeau bas, Monsieur Galfione! Pour cette position courageuse, veuillez accepter le témoignage de l'immense respect des défenseurs du droit. Ils vous connaissaient sans doute en tant que champion de saut à la perche français de talent, mais ils ignoraient sûrement que vous étiez si grand ! Tant que la dictature chinoise occupe le Tibet, et malgré le soutien aux tyrans venant de "personnalités" douteuses, offrir les jeux olympiques aux bourreaux, se traduit par une négation du droit international et des droits de l'homme. Alors qu'un ancien admirateur du dictateur espagnol Franco, devenu président du C.I.O., a tenté d'offrir aux tyrans de Pékin un somptueux cadeau sans aucune contrepartie, la communauté internationale doit imposer un prix à payer au régime en place à Pékin : la libération du Tibet occupé, en échange de l'organisation des jeux olympiques. Si le monde lui laisse les mains libres, la dictature chinoise pourra terminer à son rythme le nettoyage ethnique entrepris au Tibet, il y a près de six décennies. Sa stratégie vise à éliminer religion et langue tibétaine et remplacer le peuple tibétain par une population coloniale chinoise, afin d'exploiter en toute impunité les richesses du territoire de la nation tibétaine. En un demi-siècle, la moitié de ce programme infernal a été accompli. Les colons chinois sont maintenant plus nombreux que les Tibétains à l'intérieur des frontières tibétaines. Force est de constater que le monde sportif, à l'instar des instances gouvernementales, est étrangement muet depuis la désignation de Pékin. Si ce n'est pour se réjouir de la perspective d'améliorer les records sur la terre des bourreaux. La réaction d'un athlète de talent, tel que Jean Galfione, n'en prend que davantage de dimension. On se surprend à espérer qu'il ne soit pas le seul à avoir raison et que les consciences s'éveillent peu à peu avant 2008, car ensuite il sera trop tard pour réagir. Nous ne pourrons jamais isoler le sport dans une bulle, car il est le reflet de la vie et de son environnement. Le 10 avril 2005, le Marathon de Paris était dédié aux otages en Irak, Florence Aubenas et Hussein Artoun. La plupart des coureurs ont courus avec un brassard portant le nom des deux otages libérés un peu plus tard, ce qui démontre s'il en était besoin que tous les sportifs ne se maintiennent pas dans l'ignorance des injustices de ce monde. Lutter contre cette ignorance en organisant le boycott est l'objectif affiché par la Coordination Européenne pour la Libération du Tibet (C.E.L.T.), qui s'est constituée en 2006. S'il réussit, ce sera le premier boycott de cette ampleur, organisé non pas par les gouvernements complices qui ont choisi de se ranger comme un seul homme aux côtés des bourreaux, mais par les défenseurs du droit international et des droits de l'homme. Et si nous choisissons de soutenir les bourreaux, soutenons-les les yeux ouverts. Nous pouvons abandonner le peuple tibétain à son triste sort. Nous avons déjà prouvé par le passé que nous étions capables des pires lâchetés. Pour autant, devons-nous couronner les bourreaux en participant à cette mascarade de Pékin 2008 ? Tout être humain soucieux de la défense des droits de l'homme et du respect du droit international est susceptible de s'engager dans ce combat capital. Le Tibet ne disparaîtra que si chacun l'accepte. Et pour cela, il suffit juste de continuer à ne rien faire, de poursuivre ce qui s'est accompli jusqu'à présent dans l'indifférence générale. Que les égocentriques qui ne sont préoccupés que par leur nombril et leur intérêt personnel se rassurent : s'ils ne bougent pas le petit doigt, ils ne feront ni mieux ni pire que ceux qui les ont précédé. Ils ne risquent pas d'être condamnés par la justice des hommes pour non assistance à peuple en danger. Peut-être pourraient-ils néanmoins se poser ces questions fondamentales : quel est le niveau de notre tolérance face à l'intolérable ? Jusqu'où sommes-nous prêts à nous fourvoyer dans la complicité et l'allégeance envers les tyrans ? La raison d'Etat et la loi du marché doivent-elles systématiquement passer avant ces considérations primordiales pour l'avenir de l'humanité ? Lors des émeutes dans les banlieues françaises en novembre 2005, un quotidien de Pékin se demandait si les touristes chinois pouvaient se rendre en France sans danger. La vraie question est de savoir si les touristes et les sportifs français pourront se rendre sans état d'âme chez les bourreaux du peuple tibétain ? Lors des jeux olympiques d'hiver 2002 à Salt Lake City, un slogan revenait régulièrement : "C'est l'humanité qui triomphe ! ". Celui-ci faisait référence aux attentats du 11 septembre 2001 et cherchait à souligner les ressources du monde libre face à l'adversité. En réalité, c'est en 2008 que nous serons pleinement informés quant à l'identité de ceux qui triompheront, les bourreaux du peuple tibétain ou l'humanité toute entière. Sans libération de la totalité du territoire tibétain, la réussite des "jeux de la honte" en 2008 entérinerait la défaite de l'humanité à Pékin. Et il faudrait être bien stupide pour imaginer que cet effondrement des valeurs de l'humanité serait sans conséquences pour son avenir. Cependant, si la communauté internationale parvient à exercer une forte pression sur l'impérialisme chinois, les dirigeants au pouvoir à Pékin finiront par se rendre compte qu'ils ont plus à perdre qu'à gagner, en poursuivant leur politique expansionniste. S'ils refusent de se retirer du Tibet occupé, dont ils oppriment le peuple au mépris des droits de l'homme et du droit international, les conditions doivent être réunies afin que les bourreaux y laissent des plumes sur le plan économique et qu'ils n'aient droit qu'à des jeux tronqués. Alors s'envolera la respectabilité de façade espérée par les dirigeants chinois. Ils prendront également le risque de se voir refuser l'organisation de la coupe du monde de football qu'ils convoitent pour 2018. Non pas tant du fait que les instances mondiales du football se préoccuperaient davantage du peuple tibétain et des droits de l'homme que le C.I.O., mais en raison d'une pression internationale trop intense, qui les ferait reculer, en les dissuadant de rééditer le forfait ignoble de Samaranch. Par ailleurs, le risque serait réel de faire de cette manifestation phare un enjeu politique, après l'échec des J.O. 2008 à Pékin. Il s'agit d'un défi d'ampleur planétaire. La communauté internationale doit maintenant modifier sa stratégie : offrir son soutien à l'infortuné peuple tibétain et non plus soutenir la dictature chinoise, sa politique de l'enfant unique, son adhésion à l'O.M.C., les investissements à taux réduit, les brevets offerts, les manifestations sportives les plus prestigieuses, les restitutions de Hongkong et de Macao sans contrepartie; tous ces cadeaux et ces renoncements n'ont pas amené Pékin à desserrer son étreinte. En l'occurrence, l'inverse s'est produit. Déjà en 1995, la "Conférence mondiale de la femme" était sensée permettre l'accélération de l'ouverture de la Chine et l'on devait assister, pronostiquaient certains, à des progrès sensibles allant dans le sens de la démocratie. C'est ce qu'annonçaient les experts du rapprochement entre la dictature chinoise et les Occidentaux. Tous ces tartuffes qui n'y croyaient pas eux-mêmes nous ont mentis et nous trompent encore. Non décidément, personne ne changera le loup en agneau et surtout pas en accumulant lâchetés et reniements. Rien n'est venu… Si ce n'est un cynisme absolu : ainsi ces détenus libérés avant la Conférence, à nouveau emprisonnés ensuite. Dans son rapport du 15 juin 2001, la Commission d'évaluation du Comité International Olympique estimait que des jeux à Pékin laisseraient un héritage unique à la Chine et au sport. Pour ce qui est de la dictature chinoise bénéficiaire, ils n'avaient pas tort : ils sont sur le point d'apporter la consécration aux clones de Mao; celle-ci est d'autant plus méritoire que ce système totalitaire n'a fait aucun effort afin d'obtenir une telle récompense. Selon certains défenseurs de l'inqualifiable, un nouveau vote négatif, après celui qui avait souri à la candidature de Sidney, aurait constitué un véritable affront, tant les nombreux éléments objectifs faisaient pencher la balance en faveur de la candidature chinoise. Il est à noter que l'affront fait à la victime des bourreaux, à savoir le peuple tibétain, ne les a pas même effleuré. Les observateurs auront surtout remarqué la volonté de Samaranch d'achever son règne sur un dernier symbole puissant. Pour se faire pardonner de leur forfait, certains membres du C.I.O. se disaient persuadés que la désignation de Pékin favoriserait en Chine l'ouverture et le développement. Mais en réalité, ils ont obéi aux pressions des lobbies qui se fichent pas mal de l'anéantissement du peuple tibétain et qui ne sont appâtés que par les profits considérables qu'ils espèrent en retirer. Le choix de confier à Pékin l'organisation des J.O. 2008 a démontré que le C.I.O. était prêt à se coucher devant tout ce que la realpolitik compte de lâcheté, de calculs et de compromissions. L'ensemble des démocrates défenseurs du droit international et des droits de l'homme, révoltés par ces manipulations peuvent ravaler leur indignation et constater une fois de plus que les droits de l'homme et l'aspiration légitime des peuples à la liberté et à la démocratie, ne pèsent pas plus que l'aile d'une mouche devant la mondialisation du sport et les profits qui en découlent. Il est vrai que pour se justifier, les partisans de la candidature des bourreaux ont prétendu avec une mauvaise foi sans précédent, que grâce à leur choix, ils allaient faire passer un souffle nouveau sur un pays qui est tout, sauf un exemple à suivre en matière de respect des droits de l'homme. Il s'agissait en fait d'accorder un label de respectabilité à un régime tyrannique, mais aussi de consacrer la suprématie de l'économique, tout en renonçant aux valeurs et aux idéaux de l'olympisme. Sous prétexte d'inciter la dictature à desserrer l'étau, ces individus ont égaré leurs principes et leur honneur. D'une époque qui intègre à ce point toutes les bassesses, il faut s'attendre au pire ! Dans l'hypothèse où les athlètes, les entreprises, les médias, les touristes, accepteraient l'invitation d'un régime répressif de l'envergure de la dictature chinoise, comment pourraient-ils prétendre qu'ils ne se comportent pas en complices des camps de concentration, de la torture institutionnalisée, de la peine de mort pour les opposants innocents, du trafic d'organes, du pillage et de l'occupation du territoire tibétain par l'Armée Impérialiste d'Occupation chinoise ? Oseront-ils affirmer, comme lors des jeux de Salt Lake City, que c'est l'humanité qui triomphera à Pékin ? Le 11 septembre 2001, les Etats-Unis et le monde occidental se sont préoccupés à juste titre des victimes du terrorisme international, victimes de fanatiques sans conscience des valeurs de l'humanité, pour qui l'innocent ne représente que les œufs de la fameuse omelette, pauvre bougre que l'on peut égorger aussi aisément, que d'autres le font d'un poulet ou d'un agneau. Cependant, concernant les Tibétains, leur statut de victime ne date pas de l'année 2001, mais ils supportent l'oppression chinoise depuis 1950. Or qui s'en préoccupe ? Certainement pas les sombres individus qui se prélassent dans les fauteuils du C.I.O. ! Nous disposons de cette liberté de refuser le programme concocté par les tyrans, leurs complices du C.I.O. et les renégats qui coulent des jours heureux dans les bureaux présidentiels et ministériels des gouvernements des pays occidentaux. Ils veulent nous imposer leurs desseins : année 2008, année des "jeux de la honte", comme d'autres ont décrété que telle année sera celle de la femme, de l'enfant ou de la montagne. Afin de s'opposer à ce projet inique, la C.E.L.T. a décrété que 2008 sera l'année internationale du Tibet occupé, afin d'œuvrer à sa libération et invite toutes les organisations et associations concernées par la cause tibétaine et la lutte contre les tyrans au pouvoir à Pékin à se joindre à ce combat, outre les appels au boycott des jeux de la honte et d'une campagne d'information à propos de la vente des produits "made in dictature". Nous verrons ce que cela va signifier pour tous les démocrates qui refusent que certains dirigeants sans honneur se servent d'eux, afin d'annihiler les droits de l'homme au Tibet et en Chine. De multiples exemples des exactions de la dictature chinoise sont relatés dans les rapports d'Amnesty International; ainsi cet ancien enseignant de quarante-sept ans, militant pour le respect des droits des travailleurs, violemment tabassé par les sbires des bourreaux, alors qu'il se trouvait en détention provisoire et condamné en 1998 pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", pour avoir osé évoquer à la radio des manifestations paysannes et ouvrières. Il aurait contracté la tuberculose, ne bénéficierait pas de soins médicaux et serait enchaîné continuellement et astreint aux travaux forcés. A part l'indifférence, quelle est la réaction des syndicats dans le reste du monde à ce sujet ? Le 11 septembre 2001 à New York, des personnes se résignèrent à se jeter dans le vide pour échapper aux flammes. Mais au cœur du Tibet occupé, la notion de choix est aléatoire : les opposants tibétains, quant à eux, doivent subir la torture et les privations chaque jour d'enfer que leur imposent leurs bourreaux. Ils ne disposent guère du choix d'en finir afin d'abréger leurs souffrances, car chaque disparition d'un résistant tibétain est une victoire de plus pour ses tortionnaires. En outre, ils sont sans espoir de voir les secours arriver, d'autant que ceux qui seraient susceptibles de leur venir en aide, choisissent de soutenir les tyrans qui les oppriment en leur octroyant l'organisation des jeux olympiques, le financement de la politique de l'enfant unique, et cerise sur le gâteau, la livraison des fuyards aux bourreaux. D'autres se portent acquéreurs des organes de prisonniers assassinés, de produits manufacturés "made in dictature" par les esclaves tibétains et chinois. Incontestablement, nous nous sommes montrés trop durs envers le peuple tibétain, en nous rangeant en toute occasion aux côtés de ses bourreaux. A New York, certains eurent la bonne fortune d'échapper au carnage, tels ces pompiers qui n'étaient pas de service ce sinistre 11 septembre. Mais concernant les Tibétains, seuls ceux qui vivent loin du sol de leur patrie ancestrale sont à l'abri des exactions des bourreaux. Cependant, il est un fait incontestable : débarrassé de l'occupation chinoise, le Tibet redeviendra ce qu'il était, un pays magnifique et une terre de paix. Et au cœur de l'Europe, certaines démocraties occidentales retrouveront leur dignité, le jour où les électeurs se doteront de dirigeants courageux, lesquels refuseront la compromission avec les bourreaux du peuple tibétain. Imaginons ce que nous aurions ressenti, lorsque nous étions soumis à l'occupation nazie, si au lieu de secourir les pays occupés, Américains et Anglais avaient préféré commercer avec le diable au lieu de le combattre, et cela pendant des années, des décennies. Ne nous réfugions pas derrière les actes ignobles et la lâcheté de nos dirigeants qui n'agissent de la sorte, certes parce qu'ils ignorent honneur et dignité, mais surtout, parce qu'ils se sentent soutenus par notre indifférence. Ils peuvent ainsi mettre en avant le mandat que nous leur offrons sur un plateau. Oubliant les valeurs essentielles d'aspiration à la liberté et à la démocratie, au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et du respect des droits de l'homme et du droit international, ils sont passés maîtres dans l'art de collaborer avec les tyrans. Mais, leur lâcheté est le produit de la légèreté du vote de leurs électeurs. Cette dichotomie capitalisme/communisme qui a prévalu tout au long du XXe siècle n'a plus cours. A présent la ligne de fracture se situe entre deux camps bien distincts : celui de l'individualisme, de la préoccupation du seul intérêt personnel, du mépris des droits de l'homme et de l'environnement, de la politique de la courte vue à destination du court terme. L'autre camp est celui de l'altruisme, du respect des droits de l'homme et du droit international, de la compassion pour la souffrance des plus vulnérables et de la préservation de l'environnement. En ce domaine, nous verrons que Bush et Chirac, pour citer cet exemple, ont des atomes beaucoup plus crochus, qu'ils ne l'ont affiché à l'occasion de la seconde guerre en Irak. Pendant que les bourreaux continuent à opprimer et à piller, les complices s'évertuent, tout en gommant la réalité légitime et historique de la nation tibétaine, à mettre en avant la façade de la dictature chinoise, à savoir la réussite économique. Les apôtres de la collaboration avec les tenants de la dictature chinoise vous diront que les sportifs du monde entier qui participeront aux jeux de la honte, ne courront aucun risque pour leur santé dans une des villes les plus polluées du monde. Ils vous affirmeront qu'il n'y a aucune raison que les sportifs chinois soient dopés. Ils seront propres ! Ils expliqueront à ceux qui auraient quelques réticences d'origine humaniste, que les Chinois d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec ceux de Mao qui ont envahi le Tibet en 1950. Les Chinois d'aujourd'hui ne pillent pas les matières premières sur le Toit du monde : ils les exploitent dans l'intérêt bien compris de la population du Tibet, en majorité chinoise certes… Il ne leur restera plus qu'à mettre en avant les quelques monastères rénovés par les Tibétains, tout en occultant les milliers de monastères détruits par l'occupant, les quelques arbres plantés pour faire oublier la déforestation massive, ainsi que la petite étincelle en faveur de l'environnement afin d'oublier les atteintes gravissimes dans ce domaine. Et en cherchant bien, ils sortiront de leur chapeau quelques derniers spécimens d'une espèce animale que l'occupant chinois protège avec une abnégation touchante. Et il n'en faudra pas beaucoup plus pour que les clients et fournisseurs occidentaux en oublient toutes ces espèces anéanties au Pays des neiges par l'occupant chinois. Ils vont surtout s'ingénier à ignorer l'occupation chinoise illégale et illégitime au Tibet, les complicités des pouvoirs politico-économiques occidentaux avec les bourreaux/pillards chinois, afin de ne pas ternir la fête à Pékin en 2008… et les perspectives de bénéfices et de nouveaux contrats juteux. Ces derniers sont incompatibles avec la défense du droit international et des droits de l'homme sur le territoire de la nation tibétaine. Ce qui nous conduit à cette question fondamentale : "Les êtres humains sont-ils capables de réagir avec la détermination qui convient lorsqu'il en va de leur survie, en matière d'extermination d'un peuple pacifique, comme en matière d'environnement ?" Quelques mois avant sa mort et celle de trois mille Américains engloutis dans les attentats terroristes, le Commandant Massoud interpellait Bush en lançant ce message visionnaire s'il en fût : - "Si la paix n'est pas rétablie en Afghanistan, s'il n'aide pas le peuple afghan, il est certain que le problème de l'Afghanistan affectera aussi les Etats-Unis et beaucoup d'autres pays." Sans grand risque de nous tromper, nous pourrions remplacer Afghanistan par Tibet, car l'ensemble de la planète sera profondément affecté, si d'aventure nous prêtons main forte aux bourreaux en 2008, en occultant la souffrance du peuple tibétain. En définitive, nous saurons en 2008, si depuis l'époque des conquistadors, l'humanité a évolué et accepte toujours sans broncher l'extermination d'un peuple et le pillage de son territoire. Les complices des bourreaux ont adopté le principe que le Tibet serait mort et enterré. Il serait dont trop tard pour réagir, surtout parce que cela arrange tout le monde. Le prédateur le plus fort et le plus cruel devrait l'emporter et nous devrions venir le congratuler chez lui en 2008. Qu'y a-t-il derrière le soutien au peuple tibétain ? En revanche, nous savons fort bien ce qui se trouve derrière la collaboration avec ses bourreaux : l'appât du gain, l'intérêt personnel, une cupidité sans borne. Si le sol autour de nous était jonché de cadavres des Tibétains exterminés, alors sans doute notre digestion en serait-elle incommodée. Qu'avons-nous fait pendant la Seconde Guerre mondiale ? Certains individus ont montré le pire dans la collaboration avec les tortionnaires nazis, pendant que des êtres courageux montraient le meilleur. Ce fut le cas des résistants et des "Justes". Quel visage montrerons-nous à Pékin en 2008? Campagne de la CELT (Coordination Européenne pour la Libération du Tibet) Chapitre 2 Mort annoncée d'un peuple pacifique " Nous nous battons pour la liberté, pour moi la pire des choses serait de vivre esclave…" Ahmad Shah Massoud Pour l'instant sous la botte chinoise, le Tibet est un vaste pays de 2 500 000 km², adossé à la plus haute chaîne montagneuse du monde. Pays libre et indépendant jusqu'en 1950, année de l'invasion, il est depuis occupé, pillé et colonisé par l'Armée Impérialiste d'Occupation et les colons chinois. Lhassa sa capitale, ville sainte du bouddhisme et souillée depuis l'arrivée de l'envahisseur chinois, est située à 3680 mètres d'altitude. Une mince frange de terre, entre Himalaya et Transhimalaya, accueille la plus grande part de la population tibétaine et hélas depuis 1950, une grande partie de l'A.I.O. et des colons chinois. Lhassa compte 400 000 habitants dont 100 000 Tibétains, qui doivent subir la présence encombrante de 300 000 intrus sur leur sol, lequel demeura sacré pendant des siècles. Pour illustrer ce propos, les commerces sont presque tous tenus par des colons chinois. Seuls les marchés sont encore occupés en partie par des marchands tibétains. Chaînes et plateaux du centre et du nord pratiquement inhabités, si ce n'est par quelques éleveurs de yacks, ont vu depuis cinq décennies l'implantation par l'occupant chinois de nombreuses bases militaires, dont des sites de missiles nucléaires. Si au lieu de jouer le rôle de barrière à l'ouest et au sud entre l'Inde et l'Asie septentrionale, l'arc de cercle himalayen avait protégé le peuple tibétain au nord et à l'est contre les barbares venus de Chine, le Tibet serait à présent une jeune démocratie pleine d'avenir. Cette réalité géographique a préservé le Népal jusqu'à présent. Lors de l'invasion en 1950 par les communistes chinois, les Tibétains vivaient sous un régime féodal. Ce fut d'ailleurs un des prétextes avancés par l'envahisseur pour venir " libérer " le peuple tibétain, lequel vivait en paix avec ses voisins, sans volonté expansionniste et dans le respect de ses traditions. Mais comme tant d'autres avant elle, le seul tort de la nation tibétaine fut de susciter la convoitise d'un voisin plus puissant. Avant l'invasion chinoise, les Tibétains ne connaissaient ni famine, ni oppression, ni mauvais traitements, comme ceux qu'ils connurent pendant les décennies cruelles de l'occupation chinoise. C'est pourquoi aucun cadeau ne doit être octroyé au système totalitaire chinois, lequel est à l'origine de tous les malheurs vécus par l'infortuné peuple tibétain. Personne ne peut nier que l'attribution des jeux olympiques à la dictature chinoise va à contresens de l'histoire. Il n'y eut aucune réaction en 1950 pour sauver le peuple tibétain. Et aujourd'hui, la communauté internationale se propose d'apporter un soutien inconditionnel aux bourreaux chinois dans leur recherche de respectabilité. Au lieu de rappeler à Pékin que la reconnaissance par la communauté internationale a un prix, les gouvernements occidentaux s'apprêtent à céder une fois de plus à leur lâcheté coutumière, surtout lorsque celle-ci va dans le sens de leurs intérêts, du moins le croient-ils. Déjà au milieu du XXe siècle, si les nations libres avaient réagi immédiatement, l'envahisseur chinois n'aurait eu d'autre choix que de déguerpir avec armes et bagages et de retourner d'où il venait. Cette armée qui allait devenir l'Armée Impérialiste d'Occupation, au service des tyrans successifs et des colons, venait de vivre de longues années de conflit, tantôt contre les Japonais vaincus par les Américains, tantôt contre l'armée nationaliste de Tchang Kaï-chek, qu'elle s'était elle-même chargée de refouler vers Taiwan. Elle était en grande partie équipée par les Etats-Unis, sachant que la plupart de son matériel avait été prélevé sur les fournitures militaires américaines livrées aux nationalistes, vaincus ensuite par les troupes communistes. A force de remettre à plus tard ce qui aurait dû être fait cette année-là, le monde va s'apercevoir que la tâche va s'avérer beaucoup plus ardue. Et ce qui n'a pas été fait quand il le fallait, devra être fait tôt ou tard, sauf à se coucher définitivement aux pieds des tyrans de Pékin, avec la somme considérable de catastrophes, que risque de générer une telle lâcheté. Car sans réaction aujourd'hui ou demain, autre que celle de venir au secours des bourreaux, ces derniers recevraient un signal fort que le droit international est devenu caduc. Quant à la prétendue défense des droits de l'homme… * * * * * * * * * * * * * Les prémices de l'histoire tibétaine sont peu connues, sinon par l'intermédiaire de témoignages de ressortissants chinois. Les allégations de ces derniers à travers les siècles sont donc largement teintées de subjectivité. Autrefois appelés Qiang par les Chinois, les Tibétains sont confrontés périodiquement aux Chinois, dont ils sont accusés de piller régulièrement les établissements proches des frontières. A un premier roi d'origine indienne, identifié au IIIe siècle de notre ère, succèdent de nombreux souverains sans réel pouvoir. Le roi Gnamri Slonbtsan fut l'instigateur de l'unification du "Pays des neiges" à la fin du VIe siècle. En 634, son fils Songtsen Gampo noua pour la première fois, des relations avec la Chine. Il édifia Lhassa, la capitale de cette grande nation en train de naître. En 670, les Tibétains remportèrent la bataille de Dafeichuan sur l'armée chinoise. Près d'un siècle plus tard, de considérables portions de la Chine occidentale passèrent sous domination tibétaine. Une puissante armée tibétaine conquiert la capitale chinoise de l'époque, Chang'an en l'an 763. Influencés par leurs croyances bouddhistes, de nombreux Tibétains considèrent qu'ils paient aujourd'hui le prix de ce passé et notamment l'épisode historique de l'invasion d'une grande partie de la Chine, ainsi qu'une féodalité prolongée au "Pays des neiges" au-delà du raisonnable. C'est à cette époque que le Tibet adopte le bouddhisme indien comme religion d'Etat. Comme conséquence, le Tibet se maintiendra pendant plusieurs siècles sous l'influence culturelle, mais non politique de l'Inde. Le pouvoir effectif demeurait aux mains des ministres et de l'aristocratie. A ses débuts, la monarchie tibétaine avait une structure nettement féodale, qu'elle conservera jusqu'au milieu du XXe siècle, caractérisée par la prééminence du grand ministre, lequel était très souvent le chef de la famille à laquelle appartenait la reine. En 822, suite à de fortes tensions à l'intérieur de l'Etat, le Tibet fut contraint de signer un traité de paix avec la Chine. Après l'assassinat de deux rois, l'aristocratie triomphe et le Tibet est divisé en principautés rivales. Il s'ensuivit une longue période de troubles. A partir du XIe siècle, l'importance religieuse et économique de grands monastères entraîne une influence politique. A côté de la noblesse qui possédait de vastes domaines, les monastères devinrent les centres de pouvoir, dont les nobles recherchèrent l'alliance au cours de leurs querelles incessantes, jusqu'en 1950. Au cours de l'histoire tibétaine, les deux pôles du pouvoir furent l'aristocratie et les monastères. Au XIIIe siècle, ceux-ci chargèrent le chef d'une secte influente de conclure un accord par lequel le Tibet reconnaissait la suzeraineté mongole. S'il y aura plus tard une suzeraineté sur le Tibet exercée par intermittence, pendant moins de deux siècles (1720-1912) par les empereurs mandchous, les Mongols, quant à eux, vont demeurer les protecteurs du Tibet, pendant plus de trois siècles. Et force est de constater qu'en trois siècles de protectorat, les Mongols ne pillèrent pas le Tibet. Près de six décennies de vandalisme, de pillage et de crimes, voilà le bilan de l'occupant chinois. En 1578, par la volonté du dirigeant mongol Altan-khan, Seunam Gyamtso se voit décerner le titre de Dalaï-lama. A partir de cette époque, le pouvoir effectif de celui-ci ne fait que croître. Suite à une agression de l'armée népalaise et profitant des conflits politiques internes, la tutelle mandchoue de la dynastie des Qing fut instaurée au XVIIIe siècle; les Mandchous intervinrent à plusieurs reprises dans les affaires intérieures du Tibet. Des résidents impériaux, les ambans, furent nommés par l'empereur mandchou, afin de surveiller le gouvernement tibétain. Sur ordre de Pékin, le pays se ferme aux étrangers jusqu'en 1904. Le XIXe siècle est une période de stagnation , où les régents gouvernent le pays. Une seconde guerre contre les Népalais marque le milieu du siècle. En 1841, les Tibétains s'opposent, sans l'aide de l'armée mandchoue aux envahisseurs du Ladakh, puis du Népal en 1855. Il y eut de nombreuses incursions militaires népalaises au XIXe, puis britannique au début du XXe siècle, sans que le soi-disant suzerain n'intervienne afin de secourir les Tibétains. Par contre les Mandchous eux-mêmes envahissent le Tibet en 1910. Curieuses méthodes pour de prétendus suzerains d'un peuple qu'ils agressent et pillent sans vergogne. L'exemple mandchou sera d'ailleurs repris par la suite par un autre soi-disant suzerain, communiste celui-là. C'est suite à cette agression que tous les résidents mandchous seront expulsés du "Pays des neiges" en 1912. Tout au long du XIXe siècle, les Britanniques ont grandement encouragé la mainmise de la Chine sur le Tibet, traitant directement avec Pékin pour tout ce qui concernait les affaires tibétaines. Ce qui explique que ces anciens colonisateurs ne trouvent rien à redire sur les exactions de l'Armée Impérialiste d'Occupation chinoise aujourd'hui au Tibet, puisqu'ils se sont employés par le jeu de la démocratie, à creuser la tombe de la nation tibétaine. Paradoxalement, les Anglais seront à l'origine de la réouverture du pays au monde. Afin de favoriser le commerce indien, les troupes britanniques pénètrent à Lhassa en 1904. Les Mandchous ont perdu leur influence au Tibet. Cependant, les Anglais ont peu d'égard pour l'indépendance tibétaine, et par souci de préserver leurs intérêts commerciaux , acceptent l'accord signé à Pékin en 1906, lequel reconnaît une prétendue suzeraineté mandchoue sur le Tibet. Cet accord a le même fondement juridique qu'un accord signé par les Américains, lequel reconnaîtrait une hypothétique suzeraineté anglaise sur la France. Même si Washington s'obstinait à traiter avec le gouvernement britannique pour tout ce qui touche aux affaires françaises, quel serait l'avenir d'une telle mascarade ? La communauté internationale serait fondée à n'en tenir aucun compte. Concernant les traités internationaux, nous constaterons plus avant, que les communistes chinois ne s'intéresseront aux accords signés par leurs prédécesseurs "réactionnaires" et ne s'en revendiqueront, que lorsqu'ils se révéleront conformes à leurs intérêts et à leurs visées expansionnistes. En 1912, la chute de la dynastie mandchoue permet le retour du Dalaï-lama, réfugié en Inde et le départ des troupes chinoises installées au Tibet depuis deux ans. Le prédécesseur de l'actuel Dalaï-lama, Thoubten Gyamtso, rappelle solennellement l'indépendance de son pays et le Tibet s'affirmera comme tel jusqu'à l'invasion chinoise de 1950. Tous les Tibétains de l'U-Tsang, du Kham et de l'Amdo, les trois provinces du Tibet, furent informés de cette proclamation du XIIIe Dalaï-Lama, alors dirigeant de la nation tibétaine : - " Nous sommes une petite nation, religieuse et indépendante. Pour nous adapter au reste du monde, nous devons défendre notre pays. Au regard des dernières invasions étrangères, il se peut que notre peuple soit confronté à certaines difficultés qu'il ne doit pas craindre. Pour sauvegarder et maintenir l'indépendance de notre pays, chacun d'entre nous doit travailler dur, avec ténacité. " Le Tibet a recouvré son indépendance, mais le Gouvernement tibétain omet de nouer des relations avec les nombreux pays qui pourraient garantir cette indépendance. Le XIIIe Dalaï-lama disparaît en 1933. En 1940, Tenzin Gyatso, né cinq ans plus tôt, est proclamé XIVe Dalaï-lama. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Tibet affirme sa neutralité. Le commerce tibétain se développe considérablement au cours de cette période. * * * * * * * * * * * * * Deux événements vont précipiter la nation tibétaine dans le chaos : les troupes anglaises quittent l'Inde en 1947. Soulignons au passage que l'Inde récemment libérée n'envahit pas le Tibet l'année suivante. Le second événement est un jour funeste pour la nation tibétaine : le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame l'avènement de la république populaire de Chine. Dès cet instant, le discours des communistes chinois concernant le Tibet consiste à le revendiquer comme partie intégrante de la Chine. Les missions diplomatiques expédiées en toute hâte en Inde et aux Etats-Unis se soldent par un échec. Et en 1950, Mao décide d'agrandir son espace vital aux dépens de la nation voisine, la plus accessible sur le plan militaire, même si elle ne l'est guère au niveau du relief : l'armée populaire reçoit l'ordre de pénétrer sur le sol tibétain. Les conditions de vie extrêmement dures liées au climat et à l'altitude ne suffisaient pas au tyran : il lui fallut rajouter l'horreur de l'oppression, le pillage, les spoliations, la torture, la négation d'une culture ancestrale, la privation de toute liberté. Le 7 octobre, quarante mille soudards de l'armée chinoise encerclent Chamdo, capitale du Tibet oriental. Face à l'envahisseur, huit mille valeureux combattants de l'armée tibétaine tentent de protéger des moines et une population terrorisée. La ville tombe après quelques jours d'une lutte inégale mais acharnée. Pendant ces combats désespérés, plus de la moitié des soldats tibétains sont massacrés. Le gouvernement communiste clame alors que l'invasion du Tibet n'a pas encore commencé. Pour lui, ces premières manœuvres ne servent qu'à rattacher les provinces tibétaines du Kham et de l'Amdo à la mère patrie. Le Gouvernement tibétain réalise à retardement la gravité de la situation. Il décide alors de se tourner vers ses alliés d'autrefois, l'Inde et la Grande-Bretagne. Le 7 novembre, une lettre est envoyée à l'Organisation des Nations Unies, demandant en vain une intervention internationale. Deux ans avant l'âge requis, le pouvoir spirituel et temporel est confié à Tenzin Gyatso, lequel n'a que seize ans. Le Dalaï-lama en est réduit à composer avec l'envahisseur. Une délégation tibétaine est contrainte le 23 mai 1951 d'accepter l'Accord de libération "pacifique" du Tibet en dix-sept points, imposé par les communistes chinois : en totale violation du droit international, trois ans après la création de l'O.N.U., le territoire de la nation tibétaine indépendante est alors annexé , et intégré au sein de la République populaire de Chine. Il ne reste plus à la dictature chinoise qu'à digérer la plus haute nation du monde, devant l'indifférence de l'ensemble des autres nations de la planète. Pékin prend le contrôle de la défense : autrement dit, l'agresseur ayant envahi le sol de la nation tibétaine, prend en charge la défense du pays contre d'éventuels autres agresseurs , voire contre un ennemi intérieur qui viendrait à s'opposer à la "libération" du Tibet par la glorieuse armée populaire. Les tyrans prennent également les rennes du développement économique et industriel , des finances et de l'éducation: il est précisé que l'enseignement de la langue tibétaine sera développé. En outre, l'Accord garantit le maintien des droits et de la dignité du Dalaï-lama, ainsi que le respect de la religion et des monastères. Nous savons maintenant ce qu'il advint de cette garantie : six cents monastères détruits et pillés, les nonnes et les moines arrêtés, torturés, violés, le Chef spirituel et politique du Tibet contraint à l'exil. Par ailleurs, il n'est bien sûr pas fait état des intentions des pillards, concernant l'exploitation des matières premières appartenant au peuple tibétain, spoliés comme peu l'ont été au cours de l'histoire. Fourbes et manipulateurs, les communistes chinois sont passés maîtres dans l'art de la traîtrise, forts de l'enseignement de leurs modèles soviétiques, où tous les moyens sont bons afin d'imposer une prétendue dictature du prolétariat, mais en fait d'imposer cette dictature au peuple, après s'être servi des masses, afin de parvenir au pouvoir. Mis au pied du mur et impuissant face à l'occupation chinoise, le gouvernement tibétain ne peut revenir sur l'accord signé par le traître Ngapo Ngawang Jigme. Ce dernier affirmera plus tard, contre toute évidence et avec le plus grand sérieux, que le gouvernement chinois a toujours respecté scrupuleusement les dix-sept points de l'Accord de 1951. Le traître tibétain fit partie de ces aristocrates, guidés uniquement par la préservation de leurs privilèges, qui se laissèrent acheter et corrompre sans difficulté. A l'occasion de la signature de cet accord, le criminel contre l'humanité Mao, habile manipulateur s'il en fut, déclara à la délégation tibétaine : - " Le gouvernement chinois enverra quelques soldats et cadres pour aider le peuple tibétain et, une fois la situation améliorée ), les militaires et les fonctionnaires chinois regagneront immédiatement la Chine." Du reste, pourquoi militaires et colons se seraient-ils retirés, sachant d'une part que ce schéma n'a jamais fait partie des plans de l'envahisseur chinois, d'autre part que les Tibétains n'avaient aucun moyen de lancer une contre-offensive ayant quelque chance de succès, et enfin que la communauté internationale venait d'être atteinte d'une maladie extrêmement rare, pour laquelle nul n'a encore découvert de vaccin, qui consiste en une atteinte simultanée de l'altération de la conscience, d'une cécité totale et d'une surdité absolue. Il conviendrait de lancer un appel aux chercheurs afin de découvrir ce vaccin. Néanmoins, ces propos du tyran étaient particulièrement maladroits, puisqu'ils reconnaissaient implicitement qu'à partir du moment où fonctionnaires et soldats devraient retourner en Chine, une fois leur mission accomplie, leur présence sur le sol tibétain signifiait bien qu'ils se trouvaient sur une terre étrangère, sur laquelle ils n'avaient aucun droit. Mais cela la terre entière le savait ; encore était-il utile que l'envahisseur/pillard le précise lui-même. Notons au passage que cette déclaration apporte toute légitimation à la future démocratie tibétaine et à une éventuelle demande d'indemnisation, suite à un demi-siècle de pillage et de spoliation. Comble du cynisme, Deng Xiaoping cita la déclaration de son maître en 1980, quatre années après que le criminel ait été momifié, pour affirmer que c'était un bienfait pour les Tibétains que les Chinois soient restés… tant il est vrai une fois de plus, que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent et y prêtent foi. Notons par ailleurs que les Tibétains n'avaient à aucun moment sollicité l'aide chinoise, pas plus que les Belges et les Français ne sollicitèrent l'aide nazie en 1940, ou les Koweitiens, l'aide irakienne en 1990. Quoiqu'il en soit, les naïfs qui commirent l'erreur de croire les mensonges de cette dictature fourbe eurent tout le loisir de réaliser plus tard que l'aide chinoise équivalait à l'extermination de tout un peuple : sa population, sa reconnaissance en tant qu'Etat, sa langue, sa culture, sa monnaie, son drapeau, sa religion, ses aspirations au retour de l'indépendance et de la liberté, ses rêves de démocratie. Après une période de collaboration forcée, qui vit le Dalaï-lama et le Panchen-lama se rendre en visite à Pékin en 1954, guérillas et révoltes prennent de l'ampleur à partir de 1956. Pendant l'hiver 55/56, un premier soulèvement éclate dans la région du Chamdo : il est lancé par plusieurs dizaines de milliers de valeureux cavaliers Khampas, refusant d'être désarmés par l'envahisseur. Sans soutien extérieur, leur entreprise est désespérée, d'autant que Pékin envoie 150 000 soudards et les bombardiers octroyés par les soviétiques à leurs frères bourreaux. Le résultat est identique au sort réservé à la valeureuse cavalerie polonaise chargeant les blindés nazis. Nombre de combattants tibétains sont décimés. A cette époque, les Etats-Unis perçoivent dans la dictature chinoise autre chose qu'un marché à conquérir, ou un allié diplomatique de circonstance dans leur lutte contre le terrorisme, mais un ennemi communiste notoire, à l'instar de l'URSS. Depuis lors, la dictature soviétique a disparu : mais les héritiers du tyran Mao demeurent. La réaction des bourreaux à Tienanmen et à chaque fois qu'ils eurent l'occasion de porter un coup à la démocratie et aux droits de l'homme prouve, s'il en était besoin, qu'ils n'ont pas l'intention de céder un pouce de terrain et une once de leurs privilèges. Devant la menace expansionniste chinoise, les Américains décident dans un premier temps d'encourager la résistance tibétaine au cours de l'opération "Garden", avec comme objectif de déstabiliser la Chine à l'ouest de ses frontières. Après avoir été entraînés aux techniques de guérilla, de courageux combattants tibétains furent parachutés sur les hauts plateaux, malheureusement avec si peu de moyens, que les tentatives de ces résistants étaient vouées à l'échec. Ceux qui ne purent fuir, furent massacrés ou déportés et torturés, blessés y compris. Et la dictature eut beau jeu de dénoncer les entreprises des impérialistes étrangers sur le sol "chinois". L'aide à la résistance tibétaine cessa, lorsque celui qui plus tard apporta son aide dans la prise de pouvoir par la junte militaire au Chili, à savoir Henry Kissinger , commença les préparatifs de rapprochement entre Washington et Pékin, dans la perspective de la visite en Chine du président Nixon. C'est en 1971, en pleine révolution culturelle au Tibet, que l'Amérique décidera de faire passer le "Pays des neiges" et son malheureux peuple par profits et pertes : les tortionnaires du peuple tibétain venaient d'obtenir un nouveau feu vert, afin de faire disparaître la culture tibétaine. En mars 1959, les militaires chinois invitèrent le Dalaï-lama à assister à une représentation, sans ses gardes du corps. La manœuvre du chef de la garnison chinoise basée à Lhassa avait manifestement pour but d'interpeller le premier personnage de l'Etat tibétain, voir d'attenter à sa vie. Craignant pour la sécurité et l'existence même du Chef religieux, les responsables du clergé exhortèrent celui-ci à se réfugier en Inde. Sa disparition risquant d'accélérer la disparition de la culture et de la nation tibétaine, le Chef de l'Etat tibétain finit par se résoudre à quitter sa terre natale. Alertée par le piège grossier tendu par les militaires chinois, une foule de Tibétains se massa alors devant la résidence du Dalaï-lama afin de le protéger. Des cris hostiles à l'occupant chinois furent scandés par des milliers de Tibétains. Le 16 mars au soir, commença la fuite du Dalaï-lama, escorté par les cavaliers Khampas qui combattirent valeureusement l'envahisseur chinois en maintes occasions. Quarante-huit heures plus tard, sa résidence était sous le feu des pièces d'artillerie chinoise. Des milliers de Tibétains moururent cette nuit-là , massacrés par les chars, les canons et les bombardements aériens . D'autres milliers connurent alors l'aube de plusieurs décennies de déportation. La résistance tibétaine menée notamment par les moines fut violemment réprimée par l'occupant chinois, lequel se livra aux pires exactions. La lutte du pot de terre contre le pot de fer aboutit à une issue inéluctable. Sur tout le territoire de la nation tibétaine occupée, une répression féroce fut menée par les intrus chinois, qui n'étaient pas les bienvenus sur cette terre sainte pour le peuple tibétain… et le sont de moins en moins. Cette répression sans mesure de la rébellion, entraînera le départ de la majorité des membres de la noblesse, du haut clergé, des commerçants. De nombreux petits artisans et paysans s'enfuirent également en Inde. Ces derniers furent remplacés par des commerçants chinois, les travaux agricoles étant le plus souvent réservés aux détenus des laogai. De nombreux immigrants chinois furent alors incités à venir s'installer au Tibet. Le Dalaï-lama a lui-même déploré que les Tibétains soient ramenés à une minorité de plus en plus insignifiante sur leur propre sol. L'objectif étant la disparition rapide de la religion traditionnelle et l'anéantissement de la culture tibétaine. Et il faut reconnaître aux bourreaux cette qualité : en la matière, ils se sont montrés particulièrement efficaces. C'est peut-être ce talent, qui provoque cette admiration enthousiaste de la part des complices, renégats et nouveaux apôtres de la collaboration avec les bourreaux chinois de par le monde. Bien évidemment, l'émigration de la quasi-totalité de la classe dirigeante tibétaine faisait l'affaire de la dictature chinoise. Et l'Armée Impérialiste d'Occupation écrasa le "Pays des neiges" sous sa botte. La révolte fut matée par l'aviation et l'artillerie, ainsi qu'il est d'usage de procéder pour envahir un pays ennemi. Quant aux pertes civiles, les bourreaux ne s'en soucièrent pas davantage que de l'environnement sacrifié sur le Toit du monde. Le recours à de telles méthodes démontre, s'il en était besoin, que le Tibet n'a jamais été intégré à l'empire chinois et qu'il était sans conteste agressé par un ennemi extérieur. L'argument de la mise au pas d'une province rebelle n'a jamais tenu et ne tiendra jamais. L'envahisseur ne pourra jamais mettre en avant un argument crédible allant dans ce sens. La brutalité de la répression constitue sans nul doute la meilleure preuve que jamais le Tibet ne fut chinois et ne le sera jamais. Qui utiliserait aussi longtemps des méthodes aussi expéditives, telles que les mitrailleuses, les tirs d'artillerie ou les bombardements aériens contre son propre peuple, lequel pour sa part se trouve désarmé ? S'il s'était agi de ressortissants chinois, Pékin aurait-il employé d'emblée de telles forces militaires, afin de parvenir à l'anéantissement de la résistance tibétaine et la destruction des monastères ? Si comme il le prétendait, le Tibet avait été une province chinoise, le pouvoir communiste aurait utilisé des forces de l'ordre classiques, afin d'intervenir comme à son habitude pour "le bien du peuple". Pendant que les Tibétains, étaient livrés pieds et poings liés à la barbarie chinoise, le Dalaï-lama était accueilli avec les honneurs par le gouvernement indien et depuis 1959, il réside au nord de l'Inde à Dharamsala. Il poursuit par d'autres moyens que la violence, le combat du faible contre le fort. Son objectif demeure de parvenir à faire du Tibet, un centre d'expansion de la liberté et de la paix. Aujourd'hui, il ne revendique plus l'indépendance pour le Tibet et s'est résolu à ce que le territoire tibétain demeure au sein de la dictature chinoise. Cette position n'est pas soutenue par l'ensemble des Tibétains qui respectent néanmoins tout ce que représente leur leader spirituel. * * * * * * * * * * * * * Le tyran Mao savourait sa victoire. Dans un premier temps, l'occupant procéda au dépeçage du "Pays des neiges", afin de tenter de gommer la réalité historique de la nation tibétaine, et répartit celui-ci entre principalement la province "chinoise" du Qinghai pour environ un tiers, la région dite "autonome" du Tibet pour environ la moitié de sa superficie, le reste du territoire de la nation tibétaine était divisé entre les provinces du Gansu, du Sichuan et du Yunnan. Afin de tenir compte de la réalité historique et de ne pas aller dans le sens révisionniste de l'occupant, il convient de garder à l'esprit que la totalité du territoire tibétain occupé, n'a rien à voir avec ce que Pékin prétend être sa " Région Autonome du Tibet " (R.A.T.). Les communistes ne firent là qu'appliquer les vieilles recettes d'une autre dictature : celle du IIIe Reich. Des petites parcelles de territoire se révèlent généralement plus faciles à digérer qu'un grand pays dans l'intégralité de son territoire. Près de deux millions de Tibétains vivent actuellement dans la R.A.T., où ils doivent subir la présence de plus en plus envahissante de sept millions de colons et de soudards chinois. Plus de trois millions de Tibétains furent disséminés sur les territoires annexés aux provinces chinoises. Cent cinquante mille ont fui leur pays et vivent principalement en Inde. Au moment de la Révolution culturelle, à partir de 1966, les gardes rouges, serviteurs lobotomisés du tyran Mao, se lancèrent dans une violente action anticléricale à Lhassa : moines et nonnes torturés, monastères envahis, textes sacrés brûlés. Au cours de cette période, les monastères tibétains furent détruits par centaines. S'il en fallut de peu à la libération de Paris, que la folie du dictateur ne permette les destructions de monuments historiques au cœur de la capitale française, force est de constater que même les nazis ne détruirent pas systématiquement les vieilles pierres. Ce ne fut hélas pas le cas, en ce qui concerne la capitale tibétaine et les lieux saints du "Pays des neiges" livrés aux vandales chinois. Des millions de personnes au Tibet et en Chine, jugés ennemis de classe furent expédiés dans les camps de concentration. L'armée d'occupation ne publiant pas de statistiques, le nombre exact de Tibétains innocents assassinés est inconnu; tout comme ceux qui moururent en détention des suites des tortures et mauvais traitements, des travaux forcés, de la malnutrition. Nous ne pouvons nous appuyer que sur les chiffres fournis par le Gouvernement tibétain en exil. L'une des plus grandes canailles de l'histoire que personne n'ose encore critiquer à notre époque au cœur de la dictature chinoise, et hélas dans nos démocraties occidentales, afin de préserver de bonnes relations avec le "client" chinois, ne pouvait ignorer l'ampleur des exactions initiées sur son ordre. Et ses fanatiques programmés par le lavage de cerveau, dont il était l'instigateur, lui obéirent avec un aveuglement digne des jeunesses hitlériennes. Ses mots d'ordre de haine trouvèrent un écho sans précédent chez ces jeunes tyrans en herbe. Par pragmatisme et cupidité, les gouvernements occidentaux, font l'impasse sur cette sinistre période et sur plus d'un demi-siècle d'atrocités. Ils n'ont rien vu, rien entendu, ils étaient trop éloignés de la boucherie maoïste, comme d'autres pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme ils se maintiennent dans l'ignorance concernant les méthodes de torture très actuelles pratiquées par les tortionnaires chinois sur leurs victimes tibétaines, lesquelles comprennent entre autres, les violences sexuelles, les décharges de matraque électrique, les privations de sommeil, de nourriture et d'eau, les chiens féroces lancés contre les prisonniers, l'exposition à des températures extrêmes, l'application sur le corps de pelles brûlantes, les menaces d'exécution. Et ce qui est largement démontré, c'est que plus nous cédons à ce système totalitaire, plus il renforce son hégémonie au Tibet. Après les exactions nées de la Révolution culturelle, lesquelles firent suite à celles constatées lors de la rébellion armée de 1956/1959, la destruction de la culture tibétaine s'est poursuivie de manière inexorable, et cela même lorsque le tyran avance parfois avec le visage masqué de la fourberie. Mais le plus souvent, Pékin ne s'embarrasse guère de scrupules. Une révolte de résistants tibétains désarmés, sur lesquels tirèrent les soudards de l'A.I.O., déclencha une lutte depuis les montagnes, laquelle se prolongea jusqu'en 1972, au plus fort de la terreur de la Révolution culturelle, contre un ennemi mille fois mieux armé et plus nombreux. C'est au cours de cette période que le Dalaï-lama fut traité de "boucher aux mains ensanglantées qui a vécu de la chair du peuple" . De nombreuses exécutions publiques eurent lieu au cours de cette période, où le mot d'ordre était de mater les résistants tibétains, appelés "séparatistes" par leurs tortionnaires chinois. Là où les tyrans ont entièrement raison, c'est qu'une grande majorité de Tibétaines et de Tibétains veulent être séparés pour toujours de la dictature chinoise. La détresse du peuple tibétain, prisonnier sur son propre sol, asservi et lentement exterminé par une armée étrangère, devant s'effacer devant les colons chinois et disparaître, ou subir l'enfermement à défaut de se soumettre, constitue la sinistre réalité de la situation au "Pays des neiges". Récemment, la campagne anti-Dalaï-lama s'est intensifiée dans la province tibétaine du Kham. Le "Centre tibétain pour les Droits de l'Homme et la Démocratie" précisait récemment que les autorités des comtés de Kardzé et de Lithang, dans la partie du Kham annexée à la province du Sichuan, ont menacé les populations locales de confisquer leurs terres, s'ils ne livraient pas leurs photos du Dalaï-lama sous un mois. Cet ordre a été signifié fin 2003 par des "équipes de travail" chinoises, lors de réunions dans toutes les villes de la région. Les habitants sont principalement des fermiers et cette menace de confiscation entraîne une grande anxiété chez les Tibétains. Cette pression, héritière des méthodes maoïstes, survient après qu'un immense drapeau tibétain ait été hissé par de courageux résistants sur l'émetteur d'une radio locale, face aux bureaux du Parti communiste chinois. Au Tibet, détenir une photo, un livre ou encore une vidéo du Dalaï-lama est un "crime" puni d'une amende de 4 000 Yuans , une somme astronomique pour les Tibétains. Oser crier "Bhod Rangzen !" , est susceptible d'entraîner une sentence de plusieurs années de détention et de tortures; et la mort en cas de récidive. Hélas pour les victimes tibétaines, cette répression confirme que les bourreaux de Pékin n'ont jamais eu l'intention de s'engager sur une voie médiane… Leur voie est impitoyable. Il convient de leur répondre par des mots d'ordre de boycott, où seule une détermination sans faille sera de rigueur ! Le Dalaï-lama expliquait récemment que si le gouvernement chinois respectait la culture tibétaine et les droits fondamentaux des Tibétains , il serait satisfait. Et si de son côté, le peuple chinois se laissait un tant soit peu gagner par la spiritualité tibétaine, il y aurait selon lui un profit mutuel. La déportation de 600 000 moines ou lamas, la destruction de 6259 monastères, l'extermination de 1 200 000 Tibétains, les arrestations et emprisonnements arbitraires, les tortures infligées à des enfants, des vieillards, des femmes et des hommes, les prélèvements d'organes sur les prisonniers condamnés à morts, les déportations en laogai, l'interdiction de parler Tibétain dans les écoles , la famine , les suicides par désespoir, sont autant de réponses transmises par les tyrans au Gouvernement tibétain en exil. De nos jours, il suffit d'être accusé, voire suspecté, d'activités subversives et séparatistes, pour se retrouver incarcéré à Drapchi, ou toute autre unité carcérale implantée par l'Etat policier. Il serait souhaitable de rappeler à Pékin qu'il n'y a aucune contre-révolution, aucun séparatisme sur le territoire du Tibet occupé. Ceux qui combattent pour le retour de l'indépendance sont des légalistes. Le seul qui transgresse le droit international et les droits de l'homme est l'occupant chinois, passible des tribunaux pour crimes contre l'humanité. Au cours de ces dernières décennies, de nombreuses manifestations eurent lieu, dont les nonnes et les moines furent à l'origine. A chaque fois, elles furent réprimées avec toute la sauvagerie, dont les barbares venus de Chine sont capables. Certaines femmes furent violées ou déflorées à la matraque électrique, ce qui constitue pour les nonnes une rupture du vœu de chasteté. Ces femmes torturées accepteraient-elles de traiter avec les tyrans et les laisser indéfiniment occuper et piller leur terre ancestrale ? La répression au Tibet représente des dizaines de milliers d'arrestations, d'interminables périodes de représailles : exécutions sommaires, déportation vers les camps de concentration chinois dits de "réforme par le travail", implantés au Tibet et en Chine. Certains camps sont axés sur la construction d'une centrale hydroélectrique, afin de piller les ressources naturelles tibétaines, grâce à l'esclavage des prisonniers tibétains. Ainsi, l'usine hydro-électrique de Pomi, construite avec le sang et la sueur des prisonniers politiques tibétains, alimente la Chine en énergie "généreusement fournie" par le peuple tibétain opprimé. D'autres camps sont chargés de la construction de routes, afin d'acheminer le produit du pillage du territoire tibétain vers la dictature chinoise. Des serres gigantesques permettent d'approvisionner l'armée d'occupation et les colons; de nombreux prisonniers tibétains y sont morts des suites de cancers provoqués par l'excès de pesticides. L'afflux de colons chinois et les humiliations réservées aux Tibétaines et aux Tibétains sont de plus en plus mal supportés. Cette situation révoltante dans les trois provinces tibétaines occupées a entraîné un nouveau cycle de manifestations, forme pacifique de protestation, en réaction à un afflux toujours accru d'immigrants chinois; celles-ci ont été suivies de violentes répressions, notamment en septembre 1987. Des peines sévères et des traitements inhumains, sans commune mesure avec la gravité des faits, ont été infligées aux Tibétains arrêtés pour avoir osé exprimer leurs griefs. Dans les camps, la nourriture est exécrable. Les maladies prolifèrent. Parfois, les autorités chinoises, afin d'éviter des statistiques trop voyantes, préfèrent relâcher les prisonniers les plus affaiblis, afin qu'ils aient le bon goût de mourir en dehors des murs de la prison. Tout ceci se passe pendant que l'Etat français vend ses Airbus. La torture est courante dans les prisons du Tibet. Elle accompagne la plupart des interrogatoires. L'objectif est de briser le moral des prisonniers, de les déshumaniser et d'anéantir leur volonté de poursuivre toute activité politique. Certains Tibétains candidats à l'exil subissent la vie sous l'occupation chinoise, puis des conditions terribles de détention, et enfin une fuite périlleuse à travers l'Himalaya, avant d'êtres dénoncés par les sherpas népalais qui les livrent à leurs tortionnaires chinois pour quelques yuans. D'autres sont amputés, suite à des membres gelés, parce qu'obligés de fuir leur propre nation; d'autres encore sont la cible d'adolescents tibétains, qui s'enrôlent dans l'armée chinoise et reçoivent l'ordre d'abattre leurs compatriotes. Que dire des simulacres de procès, car les prisonniers politiques n'ont pas droit à un avocat. Ils subissent au cours de leur détention des tortures physiques et psychologiques inimaginables. Les sévices les plus dégradants sont utilisés pour humilier les prisonniers tibétains ou les forcer à avouer leurs "crimes". Affamés, assoiffés, sauvagement battus, de nombreux prisonniers meurent en détention et plus encore demeurent à jamais mutilés. L'administration chinoise appelle cela "rééducation". "Un haut Lama tibétain, Tenzin Delek Rinpoché, 55 ans, a été arrêté en avril 2002 avec un membre de sa famille, Lobsang Dhondup, 28 ans, et condamné à mort. Lobsang Dhondup fut exécuté le 26 janvier 2003 et la peine de mort de Tenzin Delek Rinpoché, commuée en prison à vie. Tenzin Delek Rinpoché s'était notamment engagé avec succès dans une action contre la déforestation . Sa popularité dans la région de Kardzé était perçue comme menaçante par les autorités chinoises locales, qui ont pris prétexte "d'attentats à l'explosif" pour le faire arrêter sans preuve. Très gravement malade, Tenzin Delek Rinpoché ne pourrait plus ni voir ni marcher, il souffre d'hypertension et d'une maladie cardiaque. Malgré les graves altérations de sa santé et en dépit d'une intense mobilisation internationale, Tenzin Delek Rinpoché est maintenu en prison par les autorités chinoises." Depuis l'invasion du Tibet par la dictature chinoise, ses dirigeants ont prétendu que le Tibet était en pleine évolution et qu'il allait sortir du temps médiéval. Mais les bourreaux ont oublié de préciser que si le peuple tibétain est sorti du Moyen-âge, c'était pour entrer en enfer. Au Tibet, pendant que le président Chirac explique que "Les droits de l'homme sont universels, mais qu'ils peuvent être interprétés de différentes manières selon les cultures", une rescapée témoigne que son amie a été empalée vivante dans une prison : un pieu dans l'anus que ses bourreaux lui enfonçaient davantage, quand ils n'obtenaient pas les informations qu'ils cherchaient. Entre autres sévices, les tortionnaires chinois introduisent des matraques électriques dans le vagin des nonnes, coupent des mamelons, obligent les détenus à manger leurs excréments. Enchaînés, humiliés, torturés, battus à mort, obligés de travailler par des températures polaires, ils subissent les thamzing. A coté des sévices corporels, il y a la torture mentale, l'endoctrinement quotidien, véritable lavage de cerveau. Les prisonniers en arrivent à remercier leurs tortionnaires. Une fois libérés, ils souffrent du syndrome de Stockholm et restent reconnaissants à leurs bourreaux pour toutes les atrocités et humiliations endurées. Nous pouvons sans mal comparer les méthodes appliquées par les communistes chinois à celles de Dachau ou d'Auschwitz, avec néanmoins une différence capitale : les atrocités au Tibet qui prirent naissance en 1950 se poursuivent encore aujourd'hui...pendant que les Occidentaux font leur marché au coeur du plus vaste système totalitaire de la planète. Les massacres, les morts en détention, les femmes avortées et stérilisées de force sont les méthodes que ces nouveaux nazis ont employées, en particulier envers ceux qu'ils nomment leurs minorités. Les Tibétains, un peuple entier ravalé au rang de minorité par la puissance occupante, sont pour les tortionnaires chinois, ce que les juifs furent aux nazis. Et il n'y eut pas que le génocide. Combien de millions de Tibétains ont été empêchés de naître lors de la chasse aux femmes enceintes, du fait des années de détention et de torture, ou encore des famines organisées ? Que sont devenus les enfants emportés dans la lointaine Chine et éloignés de leur patrie à jamais ? Récemment, les apparatchiks en charge du pillage et de la répression pour la R.A.T. ont encore intensifié leur politique de planification familiale, avec l'expédition de 64 véhicules équipés comme des cliniques mobiles. Ces cliniques permettent d'augmenter les mesures de contrôle des naissances sur les femmes tibétaines. Cette politique va dans le sens du nettoyage ethnique orchestré au Tibet. Cette planification familiale au Tibet se concentre sur la contraception et la stérilisation, mais fait l'impasse sur l'éducation dans le domaine de la santé, le bien-être des femmes, et sur les bilans de santé. Un professionnel de santé occidental, ayant travaillé dans diverses cliniques dans la région autonome du Tibet déclare : - " Naturellement, certaines femmes des campagnes sont favorables à la contraception, car elles ne veulent pas avoir plus d'un ou deux enfants. Cependant, nous avons de nombreux témoignages de femmes ayant déjà deux ou trois enfants et qui ont subi de fortes pressions pour se rendre dans ces cliniques et utiliser une méthode contraceptive ou se faire stériliser. " La plupart des hôpitaux locaux de la R.A .T. ne peuvent procéder à la stérilisation, par manque de personnel qualifié en chirurgie et en anesthésie. Ainsi, les femmes doivent souvent parcourir de longues distances pour se rendre à l'hôpital préfectoral. Les femmes au Tibet présentent un risque vital pendant la grossesse et l'accouchement. Pour les Tibétaines, le taux de mortalité maternel est très élevé : c'est en grande partie en raison du manque d'accès aux services de santé des femmes des régions rurales. La Chine surpeuplée impose un contrôle des naissances très strict à un peuple qui ne représente que 0,46 % de sa propre population. Des mesures rigoureuses de contrôle des naissances sont imposées aux femmes tibétaines par la force et la contrainte, violant la " Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes " ratifiée par la dictature. Qui plus est, les procédés d'avortement et de stérilisation des femmes tibétaines sont pratiqués dans des conditions mettant leur santé en danger. Ils se déroulent dans des endroits non adaptés, sans suivi médical ni médication, induisant de nombreux décès post-opératoires. Il est arrivé que les infanticides soient aussi pratiqués à la naissance du bébé par une piqûre dans la tête. En réalité, le Tibet est sous-peuplé et les Tibétains estiment avoir besoin de ressources humaines. Les autorités chinoises, pour leur part, prétendent que le contrôle des naissances au Tibet est un moyen de créer " une population de qualité " . S'inspirant des nazis stérilisant les handicapés, les maoïstes se sont mis à stériliser dans une chasse effrénée, appuyée par des mouchards, toutes celles qui présentaient le handicap d'être originaires du Tibet contrairement aux colons, lesquels venaient souvent des provinces les plus éloignées du pays voisin : la Chine. Qui n'avance pas, ne fait pas de surplace mais recule, étant donné qu'autour de lui tout continue à évoluer. C'est vrai aussi pour le peuple tibétain, seul peuple sur cette terre à avoir été considérablement réduit par l'arbitraire d'une dictature. Preuve éclatante de la solution finale à la chinoise qui consiste en une patiente et inexorable extermination du peuple tibétain, six millions de Tibétains vivaient sur le toit du monde en 1950. Il en resterait cinq millions, répartis entre l'U-Tsang , l'Amdo , ou le Kham, ainsi qu'en Chine dans différentes provinces à l'extérieur du territoire tibétain. L'expansion démographique dans les autres pays du monde, qui pour la plupart ont vu leur population multipliée par deux en un demi-siècle, démontre avec acuité l'ampleur du nettoyage ethnique au Tibet. De combien la population tibétaine aurait-elle augmenté sans le génocide, les famines, les avortements et stérilisations forcés ? Il est probable que sa population compterait environ douze millions de Tibétains, sans la présence des génocidaires chinois. Dans le même temps, ces derniers planifient le transfert de 10 à 15 millions de colons chinois supplémentaires au Tibet d'ici à 2020. Nul doute qu'une réussite des " jeux de la honte " accentuerait considérablement ce processus. Après le départ du guide charismatique, les griffes du tyran se sont refermées sur la totalité du territoire tibétain. L'Armée Impérialiste d'Occupation, venue pour " libérer " le Tibet des impérialistes occidentaux qui s'y trouvaient, a été suivie par neuf millions de colons chinois qui l'occupent maintenant. Les seuls impérialistes étrangers habilités par Pékin à intervenir au Tibet étant naturellement l'A.I.O. et les colons chinois. Traditionnellement considéré comme un grenier à grains jusqu'à la perte de son indépendance, le Tibet connut les premières famines de son histoire millénaire, grâce à l'incompétence des cadres chinois, lesquels prétendaient cultiver les terres à 3 500 mètres d'altitude ainsi qu'ils le font au niveau de la mer. Par ailleurs, les troupes d'occupation étaient prioritaires pour tout ce qui touchait au pillage des céréales. Dans les année 60, l'A.I.O. représentait un demi million d'hommes stationnés sur le sol tibétain, alors qu'il n'y avait plus un seul chinois sur le territoire de la nation tibétaine, après la déclaration solennelle d'indépendance formulée par le XIIIe dalaï-lama en 1913. Quant au pillage, il ne s'est pas limité aux trésors culturels et religieux expédiés en Chine, notamment pour y être fondus en ce qui concerne les métaux précieux. Le pillage des forêts tibétaines s'est poursuivi à un rythme sans équivalent. La déforestation sur une si grande échelle entraîne une sérieuse inquiétude parmi les climatologistes et les environnementalistes qui considèrent que le climat mondial peut être dangereusement déstabilisé. En lien avec cette attitude criminelle de ces bandits, les alluvions ont été arrachées aux montagnes, en amont de plaines très peuplées dans les pays situés en aval. Les fleuves vont déverser dans les plaines le résultat de gigantesques glissements de terrain générés par la déforestation. Le Bengladesh fait partie de ces pays voués aux catastrophes " made in China ", mais hélas ce n'est pas le seul. En ce qui concerne les esprits qui restent indifférents ou sceptiques face à la situation du Tibet, la question du désastre écologique devrait peut être les faire évoluer. En effet, les erreurs commises au Tibet et en Chine concernant l'environnement, ont ou auront des répercussions sur l'ensemble de la planète. Plus ou moins indirectement et à plus ou moins long terme. Pour l'heure, nous pouvons toujours prétendre que les déchets nucléaires, abandonnés au bord des lacs et des cours d'eau, lesquels ne filtrent pas le poison mortel, n'entraîneront aucun risque pour les consommateurs des poissons de la Mer de Chine et des océans voisins. Après s'être livré à une déforestation intensive et à l'exploitation minière du sous-sol tibétain au profit de la dictature, Pékin à partir de 1981, a ouvert les portes du Tibet au tourisme occidental. Les prospectus vantent " les trésors du Toit du monde ", dont le système totalitaire chinois s'est emparé. Les millions d'euros encaissés les corrompus au pouvoir les incitent à ériger des hôtels et à laisser les Tibétains restaurer certains monastères. Bien évidemment, les Tibétains effectuent ces restaurations à leurs frais, bien que la destruction des édifices soit l'œuvre des vandales chinois. Au cours de ces dernières années, les provinces chinoises ont été encouragées à accentuer la colonisation des provinces tibétaines occupées : rien que pour la province du Liaoning, les investissements versés dans la province de l'Amdo occupé ont atteint plusieurs dizaines de millions de yuans, apportant ainsi une contribution à la colonisation de " l'Ouest du pays ". Par tous les moyens, Pékin poursuit l'asservissement du Tibet. L'occupant a lancé la construction d'une ligne de chemin de fer de plus de 1 100 km : elle relie la dictature au Tibet occupé. Les trains parcourent la distance entre Pékin et Lhassa en 48 h, en compartiments pressurisés afin de compenser l'altitude. Seize trains par jour circulent, acheminant les produits du pillage vers le territoire chinois et les colons vers le " Pays des neiges ". Ce train constitue évidemment un outil supplémentaire d'annexion du Tibet par Pékin. Les trains acheminent des millions de tonnes de minerai vers Pékin : cuivre, uranium, cobalt et bien sûr des centaines de milliers de touristes supplémentaires vers le Tibet occupé. Ces derniers viennent faire étalage sur le toit du monde du succès éclatant de cette ablation de la conscience à grande échelle : soutenir les bourreaux : quels bourreaux ? Tibétains opprimés : où çà ? Monastères détruits ? Regardez comme ils sont bien entretenus et modernes avec çà ; il y a même des caméras pour la sécurité des visiteurs ! Pillage sans précédent ? Mais il n'y a là qu'une saine activité économique. L'objectif de la ligne Goldmud-Lhassa est incontestablement de faciliter les déplacements de troupes et les transferts de colons, en accélérant la migration des Hans vers le Tibet. Il est avant tout utilisé afin de renforcer la présence militaire déjà très lourde de l'occupant chinois au Tibet, y compris dans sa capacité à déployer des armes nucléaires tactiques. Cependant plus des deux tiers de la ligne est implantée à plus de 4.500 m d'altitude. En conséquence, le tracé de la moitié de celle-ci se situe sur le permafrost. Et ce que n'avaient pas prévu les tyrans qui contribuent activement à aggraver le réchauffement climatique, c'est qu'en raison de celui-ci, cette couche du sol gelé en permanence du plateau tibétain s'est réduite de 10 % au cours des vingt dernières années, perdant ainsi au passage plusieurs mètres. Après les routes emportées par les torrents, la nature commence à faire payer au prix fort l'occupation aux tyrans : le sol pourrait fort bien se dérober sous les pas de l'envahisseur. Pendant ce temps, la spéculation immobilière fait rage : les Tibétains sont expropriés de leurs maisons, laissant la place à de nouvelles constructions où sont entassés des colons chinois et les collaborateurs tibétains. Les noms des rues de Lhassa ont été sinisés. Un foulard sur la conscience et l'indifférence en bandoulière, les touristes occidentaux viennent visiter le plus grand camp d'extermination à ciel ouvert à l'échelle d'un peuple, comme si d'autres étaient venus passer des vacances à Auschwitz en 1943. Des témoignages font état de simples d'esprit venus participer au raid Gauloises en avril 2000, collant des autocollants sur les vitrines des restaurants pour touristes, non loin des prisons où les résistants tibétains étaient torturés. Pendant ce temps, l'occupant chinois ramasse le butin. C'est une affaire qui tourne. L'industrie touristique au Tibet occupé rapporte chaque année des milliards de dollars. Visiter les monastères, prendre des photos à l'intérieur, sont autant de sources de revenus pour l'occupant. C'est un racket permanent organisé par la " mafia gouvernementale ". Les monastères sont truffés de caméras et de micros. A Lhassa comme à Shigatse, deuxième ville du Tibet, les policiers-espions sont déguisés en moines, moines fonctionnaires payés par le gouvernement chinois. Ce qui n'empêche pas le tourisme d'être de plus en plus florissant au Tibet, où l'occupant souhaite la bienvenue à Lhassa, tout en rappelant aux touristes voyageant en " Chine " , dans le but de rendre leurs déplacements sûrs et agréables, qu'ils doivent respecter la loi chinoise et ne doivent pas mettre en danger la sécurité nationale de la Chine, perturber l'ordre public, ou s'impliquer dans toute activité incompatible avec le statut de touriste. Il rappelle également que lorsque les citoyens chinois se réunissent ou manifestent, il est strictement interdit aux étrangers d'y participer, de les accompagner, de prendre des photos ou films vidéo d'une quelconque de ces manifestations. Les étrangers n'ont pas le droit d'interférer dans des affaires chinoises internes. Régulièrement, les autorités chinoises cherchent querelle aux Tibétains rentrés de leur exil en Inde. Ils refusent de reconnaître leurs diplômes " étrangers ", ou encore les licencient sans raison valable. Cette discrimination fait partie de la vie quotidienne au Tibet. Pourtant, certains représentants des autorités tibétaines en exil imaginent que les transferts forcés de colons chinois demeurent fragiles. Ils sont persuadés que si un changement de scénario politique venait à intervenir, de nombreux colons ne demanderaient qu'à rentrer chez eux, parce qu'ils auraient des difficultés à supporter le rude climat tibétain. Mais combien y aura-t-il de survivants tibétains lorsque ces bouleversements surviendront ? Et ce que même les nazis n'avaient pas réalisé, l'occupant chinois l'a fait : certaines fêtes religieuses, comme " sakadawa " n'ont pu se dérouler pour la première fois depuis un millénaire. Imaginez que l'on ne puisse plus fêter Noël en France. La misère, quant à elle, est plus que jamais présente pour les petits Tibétains survivants de l'extermination. * * * * * * * * * * * * * Depuis cette année funeste de 1950, le Tibet est occupé par une armée étrangère, sans que quiconque ne s'en préoccupe ou presque : quelques dissidents en exil, quelques défenseurs des droits de l'homme ici ou là qui lancent de timides cris de révolte isolés. Auparavant, les Tibétains s'exprimaient dans leur langue ancestrale et le Tibet avait sa monnaie et son drapeau. Du fait du relief particulièrement accidenté, tout projet d'envahir ce pays, sans les moyens de destruction modernes, demeurait aléatoire. Il fut longtemps abrité derrière ses montagnes et sans l'invasion chinoise, il continuerait à être ce pays extraordinaire, rempli de mystères, où l'altitude moyenne se situe à 4500 mètres et où certains cols culminent à plus de six mille mètres. Au sommet de ces cols, des fanions lancent leurs prières, afin de propager les messages de paix vers le reste du monde. Selon une croyance tibétaine, un torrent d'une force incommensurable le Jarlung tsang po régénère la planète entière. De fait, de grands fleuves prennent naissance au cœur du plus haut château d'eau du monde : le Yang Tse Kiang, le Mékong, le Brahmapoutre, l'Indus, le Fleuve jaune. Les Tibétains pensent que la terre pourvoit aux besoins et elle y pourvoira encore pendant des générations . Dès le XVIIe siècle, la culture tibétaine repose sur la croyance que seuls les efforts des hommes leurs permettent de triompher de l'ignorance, de la cupidité et de la haine, afin de vivre dans un monde de partage et d'amour. Le bouddhisme tibétain enseigne que la mère fait l'objet d'une profonde vénération. Elle est le symbole de la plus grande compassion dont un être humain soit capable. Dès l'enfance, les Tibétains apprennent que toute existence est sacrée, leur permettant ainsi de protéger leur terre ; les plantes et les insectes sont laissés libres de remplir leur rôle. Respecter la vie sous toutes ses formes était une loi fondamentale sur une terre vierge de radiations et de violence avant l'invasion chinoise. Même pour faire des médicaments, les Tibétains considèrent qu'il convient d'éviter d'arracher les racines des plantes. La nourriture de base des Tibétains est le tsanpa composé de farine d'orge grillé, de beurre de yack et de thé au beurre. Ainsi vivait ce peuple avant l'arrivée des barbares, paisiblement et respectueux de son environnement. Il n'y avait aucune ambiguïté de la part des Tibétains : Chinois et Tibétains faisaient partie de deux nations différentes, et ceci d'autant plus lorsque la Chine s'orienta vers le matérialisme, pendant que les Tibétains choisissaient de conserver leurs traditions religieuses. Par ailleurs, le Dalaï-lama a rappelé fort justement que le Tibet n'a jamais été assujetti à l'impôt par la Chine, contrairement aux provinces chinoises. S'il avait été chinois, à un moment ou à un autre de son histoire avant 1950, ses habitants auraient été mis à contribution. * * * * * * * * * * * * * La cruauté de la répression par la force d'occupation chinoise engendra quelques timides réactions occidentales. Ainsi en juin 1987, le Congrès américain adopte un texte sur " les violations des droits de l'homme au Tibet par la République populaire de Chine ". Ce texte réclamant notamment l'ouverture d'une enquête invite Pékin à entamer le dialogue avec le dalaï-lama et envisage des mesures d'aide aux réfugiés tibétains. La réponse des tyrans ne tarde guère : deux malheureux Tibétains ayant milité pour l'indépendance du Tibet sont exécutés trois mois plus tard. Autre initiative occidentale, la remise du Prix Nobel de la Paix au Dalaï-lama en date du 5 octobre 1989, qui tente sans doute de faire pardonner la lâcheté de la communauté internationale, concernant l'absence de soutien apporté au peuple tibétain. C'est aussi une manière de couronner les vains efforts du responsable religieux dans sa lutte pour venir en aide à son peuple. Lutte que la plupart des observateurs jugent sans espoir. D'autant que de nombreux gouvernements feignent de croire les mensonges de Pékin, concernant une hypothétique souveraineté de la Chine sur le Tibet. En réalité, les relations du Tibet avec la Chine qui se développèrent à partir du milieu du XVIIIe siècle furent toujours considérées par les Tibétains comme ayant un caractère religieux et non politique, en aucun cas comme un rapport de vassal à un suzerain. En 1994, le Dalaï-lama émet le vœu que le plateau tibétain dans son ensemble devienne un refuge de paix et de liberté, où l'humanité et la nature cohabiteraient dans la paix et l'harmonie, où chacun pourrait venir chercher au fond de lui-même le sens de la paix, loin des tensions et des pressions du monde moderne. Le Chef religieux souligne que la culture tibétaine est une culture bouddhiste basée sur " l'ahimsa ", laquelle implique non violence et compassion. Malgré l'oppression chinoise, les moines continuent à prier pour la paix et restent fidèles aux messages de miséricorde et de non violence de leur guide spirituel. Les quelques actes de violence de la part des moines, contraires à leurs croyances religieuses et à leurs convictions pacifiques, montrent le désarroi du peuple tibétain et n'est que le reflet de leur lutte contre l'injustice et leur refus de se résigner devant l'oppression chinoise. - " J'étais enchaînée, soumise à la torture, obligée d'assister à l'exécution de mon beau-frère, violée à tour de rôle par les gardiens chinois jusqu'à ce que j'avoue n'importe quoi. " Cette Tibétaine, nommée Adhi Tapey, emprisonnée vingt-six années dans les prisons chinoises, témoigna en 1989 à Copenhague lors d'un débat sur le Tibet organisé par le Comité de soutien danois. Il arrive de nos jours que de prétendus démocrates chinois, appelés à relayer les communistes après leur éviction du pouvoir, prennent pour acquis que le Tibet, envahi par la dictature chinoise en 1950, appartiendrait de droit à leurs héritiers devenus démocrates. Le " Pays des neiges " leur appartiendrait à tout jamais, sous prétexte que l'agresseur l'occupe toujours et sans discontinuer depuis plus d'un demi-siècle. Un regret et deux actes de repentir devraient suffire comme remise en question, tout en feignant de montrer qu'ils désapprouvent l'action des plus fanatiques membres du Parti communiste. Et ainsi comptent-ils eux aussi, mais de manière plus tortueuse, entériner le fait accompli. Seulement voilà ! Le peuple tibétain n'a sollicité à aucun moment l'intervention de l'armée chinoise sur son sol et n'a donc pas demandé à être envahi, ni opprimé durant plus d'un demi siècle. C'est pourquoi les résistants tibétains, du fond de leur cellule, continuent à lutter avec l'énergie du désespoir contre l'oubli de la part de la communauté internationale. A l'opposé de toute logique, ces résistantes et résistants, religieux pour la plupart, s'obstinent à combattre l'occupant, car ils savent que l'action de la dictature chinoise est profondément injuste et injustifiable. Ils demeurent persuadés que l'humanité va se réveiller et qu'il existe encore des défenseurs des droits de l'homme ayant la capacité de se mobiliser pour leur survie. Comme nous l'avons vu plus haut, nous avons appris par le Gouvernement tibétain en exil, le bilan macabre de ces décennies d'occupation à mettre au passif de la dictature chinoise au cœur du Tibet occupé : environ un million deux cent mille morts. Chacun d'entre eux aurait pu vivre encore de longues années paisibles dans un pays pacifique, sans l'invasion des barbares chinois. Chacun aurait pu fonder une famille, élever des enfants, apporter sa contribution à l'édification de la démocratie tibétaine. Les chiffres officiels sont issus de la plus crédible des sources. Si l'on présentait ce bilan aux bourreaux, nul doute qu'ils insisteraient sur les bienfaits et les réalisations du socialisme chinois, lequel aurait apporté la modernité aux Tibétains, qui sans eux, vivraient encore dans un pays sous-développé. Ils n'oublieraient pas d'imputer une partie de ces morts aux séparatistes à la solde du Dalaï-lama et aux impérialistes occidentaux. Mais en fait, à un tel niveau de barbarie, même s'il n'y avait que quelques centaines de milliers de victimes, une chose est certaine : ces Tibétains seraient morts de vieillesse pour les plus anciens et la plupart seraient encore en vie, vivant dans l'un des plus merveilleux pays du monde , entourés de paysages grandioses. Il convient ici de prendre la mesure de l'anéantissement méthodique d'un peuple qui meurt dans l'indifférence des nations. L'occupant se montre de plus en plus efficace afin d'exterminer un peuple qu'il méprise. Comment des individus violents et sans scrupule pourraient-ils comprendre et éprouver de la compassion pour des êtres humains pacifiques ? Par le pillage de ses matières premières, par le tourisme, ils font du territoire occupé de la nation tibétaine un pourvoyeur en dollars afin d'accroître encore leur puissance. Et ces rebuts de l'humanité, se servant de l'idéologie communiste comme d'autres se servent de l'idéologie islamiste, n'eurent pas plus de respect pour l'environnement, qu'ils n'en eurent pour la culture et pour la compassion de ses habitants. Ils se montrèrent tels que ce qu'il est convenu d'attendre de pire de la barbarie : vils, cruels, cupides, méprisants, chacun trouvant un costume de bourreau à sa taille. Comme nous aimerions que cette face hideuse de l'humanité se désagrège, pour faire place à ce que l'être humain est capable d'apporter de meilleur. Celui-là est facile à reconnaître : il tente d'améliorer le monde dans lequel il évolue. Il n'a pas pour unique préoccupation de se servir au détriment de ceux qui l'entourent, ne cherche pas à nuire à ses semblables, apporte chaleur et réconfort, s'il vient à croiser une personne qui souffre. Nombre de ces êtres humains vivaient au Tibet avant la barbarie. Aucune partie de l'Accord en dix-sept points n'a été respectée par l'occupant chinois et même l'appellation " Tibet " n'existe plus dans les textes officiels. Si vous vous rendez dans le nord-est du Tibet vous vous trouverez dans la province du Qinghai, laquelle fera intégralement partie du territoire tibétain lorsqu'il sera redevenu indépendant. Si vous êtes de passage dans la ville sainte de Lhassa, vous vous déplacez dans la région du Xizang, qui présente la même caractéristique : il s'agit d'une terre tibétaine à 100 % . Vous pouvez également voyager sur le territoire tibétain en parcourant certaines parties des provinces du Gansu, du Yunnan et du Sichuan. L'une des priorités d'un Tibet réunifié sera certainement de récupérer ses différentes composantes, si la Chine veut obtenir une véritable reconnaissance internationale et les plus grandes manifestations sportives sans menaces de boycott. Abandonnant ses clones en héritage, le tyran a disparu après une interminable agonie qui lui permit de commencer à expier ses crimes, encore qu'une consommation effrénée d'opium lui évita bien des tourments. Si l'on se réfère au bouddhisme quant à son concept de réincarnation, plusieurs vies de souffrance seraient nécessaires à ce criminel avant de parvenir à une existence meilleure. La momie se trouve toujours dans son mausolée. Le peuple poursuit son défilé sur la place Tienanmen, afin de remercier le cher tyran de " ses bienfaits ". Le lavage de cerveau de la Révolution culturelle a fonctionné à plein. D'ailleurs, Deng Xiaoping exonèrera Mao de ses crimes en prétendant que le tyran avait été abusé, concernant les preuves fournies contre le président Liu Shaoqi. Quant au Dalaï-lama, il était encore récemment qualifié de " gangster politique " par la voie du Parti, " Le quotidien du peuple ". A chaque nouvelle révolte des lamas tibétains, comme celle du 5 mars 1988, malgré le sort terrible qui leur est promis, la réponse des bourreaux s'exerce avec une constance exemplaire par une féroce répression. Lorsque les moines et les nonnes ne considèrent pas qu'ils aient les mains liées, leurs manifestations sont matées par les rafales automatiques des AK-47, par la torture et la déportation de ces religieux désarmés. Brandir un drapeau tibétain, c'est prendre le risque de la torture et d'une peine de 7 à 12 ans de prison. Imaginez un instant connaître ce triste sort en brandissant le drapeau de votre pays sur votre terre. En toute occasion au péril de leur vie d'esclave, ils réclament la fin de l'oppression chinoise et le retour de l'indépendance de leur pays. Les moines désarmés n'ont que les pierres pour riposter aux armes automatiques des soudards chinois et à la force brutale de l'A.I.O.. Mais ailleurs dans le monde, force est de constater que personne ou presque n'évoque cette résistance sur le Toit du monde. Pourtant, il arrive que des touristes étrangers se trouvent là et témoignent de la barbarie chinoise envers l'infortuné peuple tibétain. Hélas, une amnésie de bon aloi revient au galop. La manifestation du 5 mars 1989 vit une nouvelle répression organisée par le gauleiter de l'époque Hu Jintao, ce qui vaudra plus tard à ce dernier un avenir radieux, à la tête du parti communiste et de la dictature chinoise. Des enfants, des femmes et des hommes furent abattus sans sommation dans les rues de Lhassa et décrits comme des séparatistes et des pillards qui osèrent se dresser contre la volonté du peuple . Si cette situation n'était pas aussi tragique, nous nous surprendrions à sourire de la dialectique de ces pillards bien réels, qui ose traiter de " pillards " les habitants légitimes du " Pays des neiges " qu'ils spolient depuis près de six décennies. En supprimant le bouddhisme, Pékin a apporté un amoindrissement des valeurs culturelles liées au sentiment de compassion et au désir de paix. Les Chinois seront responsables de l'instauration d'une culture de la violence et ils devront en accepter les conséquences. Haine et violence ont été importées par ceux qui sont sur cette terre pour y apporter la laideur, l'horreur et la désolation. Ceux-là venaient de Chine rouge ; rouge comme les lumières de la Tour Eiffel afin de fêter les bourreaux à Paris en janvier 2004 ; rouge comme le sang qu'ils firent couler à Tienanmen et au " Pays des neiges " et notamment celui des valeureux cavaliers Khampas. Le Tibet, nation mystérieuse et grandiose vit ce que son peuple n'aurait jamais osé imaginer : ils virent que l'enfer sur terre n'avait pas besoin de diable pour imposer son pouvoir. Il suffisait juste d'individus dégénérés à qui on avait opéré l'ablation de la conscience. Le mal et la souffrance qu'ils apportèrent aux vieillards, aux femmes et aux hommes du " Pays des neiges " se révèlera incommensurable. Le pire étant qu'ils en tirèrent gloire, fortune et fierté pour être venu combattre le " poison de la religion " et des traditions séculaires. Et ils sont persuadés de se comporter en libérateurs de ces " arriérés " en apportant le modernisme aux survivants du génocide. La civilisation tibétaine est en grand danger : les Chinois n'ont pas seulement apporté dans leurs bagages la prostitution, inexistante avant leur arrivée, la sous-alimentation, l'alcool et la dépression, l'absence de soins ou soins inappropriés ; mais qui soignerait un peuple dont il souhaite la disparition ? L'alcoolisme et les maladies font des ravages chez les Tibétains. Le nettoyage ethnique s'effectue inexorablement. Les colons chinois sont maintenant trois fois plus nombreux au Tibet que les Tibétains eux-mêmes. La plupart des magasins sont tenus par des colons chinois. Les marchands tibétains sont encore sur les marchés, mais pour combien de temps ? La propagande bat son plein : les mêmes haut-parleurs braillent jusque dans les villages les plus isolés. La quasi-totalité de l'information est tronquée. Quelle fiabilité attendre d'une information aux ordres des corrompus au pouvoir ? Qu'en est-il par exemple de la réalité des ravages du SIDA au " Pays des neiges " ? Comment pourrait-on espérer que ceux qui pratiquèrent avortements et stérilisations forcées par dizaines de milliers protègent la population tibétaine ? Autant confier aux nazis la sauvegarde du peuple juif. D'ailleurs l'occupant persiste et signe : les pasteurs nomades tibétains se trouvent désormais interdits de séjour sur leurs pâturages ancestraux. Prétexte avancé par les cyniques individus qui pillent le Tibet : leur présence porterait préjudice au milieu naturel ! Contrairement aux déchets nucléaires et autres décharges chinoises sur le territoire souillé de la nation tibétaine. En réalité, le déplacement forcé de la population locale permettra l'implantation de nouveaux colons chinois. Après de telles souffrances subies par l'infortuné peuple tibétain, il ne pourra y avoir de restitution partielle de son territoire : elle devra être totale et définitive ! Après leur libération, chacun comprendra aisément que les Tibétains éprouvent le besoin de se débarrasser des constructions hideuses édifiées par les architectes chinois et notamment au cœur de Lhassa, la ville sainte du bouddhisme : laides, mal isolées, dévorées par l'amiante, non respectueuses de l'environnement comme de l'architecture traditionnelle tibétaine. Par ailleurs, l'indemnisation du peuple tibétain ne constituerait que le remboursement d'une partie du pillage orchestré depuis Pékin. Voilà pourquoi sans réaction de la communauté internationale lors des " jeux de la honte " hier, aujourd'hui ou demain, Pékin recevrait un signal fort que le droit international est devenu caduc. Quant à cette défense des droits de l'homme, que de nombreux complices et autres bonimenteurs mettent sans cesse en avant, ils devraient avoir la décence de garder le silence. Pire encore que les bourreaux, ils en sont les premiers obstacles, puisqu'ils retardent leur avènement par leur complicité avec les tortionnaires. Pourtant, la plus éclatante transgression du droit international a eu lieu au Tibet et en sauvant la nation tibétaine, c'est l'humanité toute entière que nous préservons. Un Prix Nobel de la Paix décerné à l'ensemble du peuple tibétain est le moins que la communauté internationale puisse faire, en dehors de boycotter dans un premier temps la consécration pour les bourreaux, concrétisée par ces " jeux de la honte " qu'ils nous préparent, et dans un second temps une vigilance systématique, quant à l'achat de produits " made in dictature " et des entreprises qui collaborent avec cette dernière, à l'instar de leurs peu glorieuses devancières qui commercèrent avec les nazis. Il s'agit maintenant de récompenser, non les bourreaux, mais le courage de ce peuple pacifique qui souffre en silence depuis plus d'un demi-siècle. Seuls quelques valeureux guerriers tous exterminés et quelques moines désespérés ont pu livrer épisodiquement ici ou là un combat perdu d'avance. Tous les autres ont dû se soumettre et à un contre cent ; qui songerait à leur reprocher leur défaite ? Il restera aux tyrans de Pékin à nommer le XVe dalaï-lama, après le décès de celui avec lequel ils n'ont jamais voulu faire l'ombre d'une concession. Les félons savent s'y prendre : ils ont déjà fait disparaître le Panchen-lama, mondialement connu pour être le plus jeune prisonnier politique du monde. En tout état de cause, personne n'est certain qu'il soit encore en vie, sinon physiquement et pour le moins, si son esprit a pu résister à plusieurs années de lavage de cerveau à la chinoise. En août 2003, pour sa première intervention devant la presse internationale depuis son entrée en fonction en avril, Jampa Phuntsok, le nouveau serviteur tibétain des bourreaux de son peuple, accessoirement gouverneur de la province tibétaine de l'U-tsang occupée (R.A.T.), expliquait que le Dalaï-lama pourrait retourner au Tibet, mais seulement " en tant que citoyen chinois " et il devrait dans cette hypothèse renoncer à toute idée d'indépendance, afin que les contacts engagés avec Pékin puissent progresser. Imaginons le temps d'un cauchemar, que Moscou ait autorisé le Commandant Massoud à retourner à Kaboul en tant que camarade soviétique, tout en occultant l'indépendance de l'Afghanistan. Les Tibétains maintenus sous le joug chinois au Tibet croient profondément que le Gouvernement en exil en Inde, sous l'autorité spirituelle du Dalaï-lama, est leur gouvernement légitime, tandis que les gouverneurs fantoches des différentes régions contrôlées par la Chine sont illégaux et illégitimes. La marionnette de Pékin réaffirmait la position centrale de l'occupant : - " La question de la souveraineté ne souffre aucune discussion. Il n'est également pas approprié que le Dalaï-lama discute des droits de l'homme… " Il est vrai que le but ultime de ses maîtres, demeure l'anéantissement irréversible de tout un peuple, dont le courage est digne de l'admiration de l'humanité toute entière. Actuellement, les violations des droits de l'homme se poursuivent sur le territoire tibétain. Arrestations arbitraires et procès iniques font partie du quotidien des Tibétains, lesquels sans cette " libération " à la chinoise, seraient à l'abri de toute oppression. Torture et mauvais traitements sont infligés aux détenus politiques, dont un grand nombre de nonnes et de moines. Les conditions de détention sont déplorables. La santé de nombreux prisonniers tibétains s'est dégradée en raison d'une mauvaise alimentation, de violences physiques et de conditions de travaux forcés pénibles, subies également par les malades. Les Tibétains qui ne voulaient pas d'armée se sont faits massacrés. Et aucune armée n'est accourue à leur secours. Ils sont maintenant les plus anciens captifs sur notre terre. Nous nous préoccupons parfois de certains otages en Irak ou en Colombie, mais jamais des otages tibétains entre les mains de leurs tortionnaires chinois. Quelques mois de captivité pour les uns, plusieurs décennies pour les otages tibétains qui, sous le regard bovin des complices, se trouvent entre les mains de leurs ravisseurs chinois depuis cinquante-huit interminables années : chacun sait exactement à quel endroit sont retenus les plus nombreux et plus anciens otages du monde ! Et personne ou presque n'a l'intention de les libérer, car les preneurs d'otages nous tiennent par notre cupidité. Le peuple tibétain a assez souffert, il a assez payé. La Chine avance vite… mais ce qu'il y a de sûr, pas en dehors des frontières tibétaines. Pour quelque temps encore, le mandarin est la langue officielle. L'éducation des jeunes est délaissée, ce qui implique leur exode massif vers les pays limitrophes. La dictature chinoise occupe illégalement le Tibet depuis 1950, mais selon quelle loi, édictée par quelle injustice, devraient-ils subir plus longtemps l'occupation et la répression organisée par leurs bourreaux ? S'il est vrai que quelques soldats tibétains enrôlés dans l'armée d'occupation tirent sur leurs compatriotes fuyant l'enfer concentrationnaire chinois, les habitants du " Pays des neiges " souhaitent maintenant vivre aussi libres que les Occidentaux, pas moins libres que dans les démocraties. Ils attendent que la communauté internationale mette fin à cette " libération " apportée par les sbires et les soudards de Mao, et que l'Armée Impérialiste d'Occupation et les colons chinois soient libérés de leurs obligations envers les Tibétains, afin que les pillards retournent chez eux au plus tôt… et définitivement. Campagne de la CELT (Coordination Européenne pour la Libération du Tibet) Chapitre 3 Le tyran et sa progéniture " Le régime communiste chinois au Tibet est plus brutal et plus inhumain que tout autre régime communiste du monde. " . Alexandre Soljenitsyne La dictature chinoise représente le pire des systèmes totalitaires, parce que le plus durable. Le pire, parce qu'elle opprime quatre peuples : le Tibétain, le Chinois , le Mongol , ainsi que le peuple ouighour . Le pire par sa cruauté et sa duplicité, pour qui la torture et la coercition demeurent les nerfs de la répression. Le pire, car inspirateur de deux génocides : au Tibet , et au Cambodge ; et d'une multitude de massacres et de famines organisées, en Chine et en Corée du nord . Dans ces quatre pays, les camps de la mort ont atteint les sommets de la barbarie. Aux prémices de celle-ci, un seul nom : Mao ! Le pire, car la dimension expansionniste de ce système l'a conduit à occuper et à piller une nation qui était indépendante jusqu'en 1950, dont le territoire est aussi vaste que quinze nations de l'ouest de l'Union européenne. Le pire, car il glorifie l'incompétence à l'échelle d'un Etat, laquelle engendra les famines à répétition par le passé et les épidémies aujourd'hui, la corruption, la négation du droit et l'injustice à tous les niveaux, l'environnement sacrifié. Le pire, car il transgresse continuellement le droit international et les droits de l'homme au cœur de la nation tibétaine, avec la complicité de la plupart des dirigeants des démocraties occidentales. Nous aurions pu légitimement imaginer que les heures de gloire de ces grands criminels contre l'humanité aient en principe fait méditer les individus qui leur attribuèrent les J.O. 2008. Mais en vain… Et ce système totalitaire se prépare à recevoir tous les honneurs, en récompense pour services rendus au manque d'humanité et à obtenir son couronnement en août 2008 à Pékin, glorifié par l'ensemble de la communauté internationale. Afin de comprendre tout ce que ce régime a d'abject et d'appréhender l'héritier de la flamme olympique 2008 dans toute son horreur, il convient de se remémorer quelques dates significatives marquant le cheminement vers l'horreur de la dictature communiste, laquelle a été relayée peu à peu par un système alliant la férocité de l'ultralibéralisme à la cruauté du communisme. Dans l'esprit des tyrans, la libéralisation économique n'a jamais eu vocation à devenir libération politique. Tout commence en 1893 à Shaoshan, au cœur de la province du Hunan. Ce petit village est le lieu de naissance d'un enfant innocent, qui deviendra néanmoins l'un des trois plus grands criminels de l'histoire. En 1921 à Shanghai, un étudiant raté fait partie des onze membres fondateurs du parti communiste chinois : Mao Zedong a vingt-huit ans. La même année, il rencontre sa première épouse Yang Kai Hui, laquelle lui donnera deux fils, avant de mourir fusillée par les forces du Guomindang, le parti de Jiang Jieshi, plus connu sous le nom de Tchang Kaï-chek. Elle sera remplacée en 1928 par Ho Zhui Zhen, qui a dix-huit ans lorsqu'il l'épouse. En 1934, les communistes sont encerclés par 500 000 hommes des troupes nationalistes de Tchang Kaï-chek, lequel s'inquiète de l'influence grandissante du communisme. C'est la débandade : les bouches inutiles sont abandonnées pendant la fuite organisée pour échapper à l'étau nationaliste. A ce moment-là, Mao est un fuyard comme tant d'autres. Mais le 5 janvier 1935 à Tsun Yi, Chu En Lei s'efface devant Mao qui a quarante-deux ans. Au cours de la " longue marche ", 90 % de ses effectifs sont perdus. Les rescapés parviennent dans la province de Shensin à Yenan. Et ce sont les Japonais, entrés en Mandchourie depuis 1931, qui sauvent la mise à Mao. Devant combattre sur deux fronts, les forces nationalistes sont mobilisées afin de faire face à l'envahisseur venu du " Pays du soleil levant ". Et ce dernier ne fait pas plus de quartier, que l'envahisseur chinois n'en fera vingt ans plus tard au Tibet. De nombreux massacres ont lieu, notamment à Nan Qing, où la population civile paie un lourd tribut. Pendant son séjour à Yenan, Mao est entouré d'une cour de jeunes femmes admiratives : il est l'objet d'une attention particulière de la part de jeunes Chinoises, qui ne sont pas regardantes sur les qualités humaines de l'individu qu'elles admirent. Manifestement, ce n'est pas la bonté de Mao qui les intéresse. Parmi ce parterre de groupies, une actrice médiocre, Jiang Qing, arrivée à Yenan en 1937, parvient à séduire le futur maître de la Chine. Afin de pouvoir l'épouser, il se débarrasse de Ho Zhui Zhen, aigrie par la mort de ses enfants et les épreuves de la " longue marche ", en l'expédiant dans une clinique psychiatrique de Moscou. Après avoir obtenu le divorce, il épouse celle qui deviendra la vipère intrigante, qui ne cessera jamais de comploter dans l'ombre du tyran. Elle sera condamnée à mort un mois après le décès de Mao, mais bénéficiera de plus de clémence que les moines tibétains innocents, puisque la créature ayant suscité les thamzing et la mort de nombreux opposants ou supposés tels sera finalement graciée. Au cours de cette période derrière une apparente bonhomie, Mao exige déjà une obéissance totale. Les tyrans ont ceci de commun, qu'ils se débarrassent systématiquement des opposants : Mao n'échappe pas à cette règle. Tout comme son compère Staline, dès cette époque, tous ceux qui s'opposent à lui, ou semblent susceptibles de lui faire de l'ombre sont impitoyablement éliminés, à l'instar de Peng Tei Huai, l'un de ses plus précieux soutiens lors de la conquête du pouvoir, et qui quelques années plus tard, sera fort mal récompensé, lorsqu'ils suggèrera l'incompétence du tyran à l'occasion du " grand bond en avant ". Ses critiques amèneront le plus grand criminel chinois de l'histoire à lui exprimer à sa façon sa gratitude pour services rendus. En 1937, Tchang Kaï-chek doit composer avec les " Rouges ". Mao met la 8e armée de route à son service. Mais ce sacrifice de ces malheureux envoyés au massacre n'est pas désintéressé : les territoires que ses forces libèrent de l'oppression japonaise passent automatiquement sous le contrôle des communistes. Ces territoires " libérés " se révéleront un véritable vivier de recrues endoctrinées, toutes prêtes à suivre l'idéal maoïste après les années terribles de l'occupation japonaise. Aussitôt, le culte de la personnalité prend sa pleine dimension. En août 1945 au moment de l'explosion de la bombe atomique à Hiroshima, Mao a pleinement profité de la guerre afin de conforter sa position : à la fin de l'occupation japonaise, le nombre de recrues toujours croissant se monte à un demi million d'hommes entièrement dévoués, lesquels vont ouvrir la route du pouvoir au tyran. La fin de l'occupation japonaise permet à Staline d'occuper la Mandchourie qui passe ainsi d'une dictature à l'autre : militaire avec les Japonais, stalinienne ensuite, maoïste enfin. Mao n'a en effet aucun mal à imposer son pouvoir en Mandchourie avec l'aval du grand frère soviétique. L'armée populaire de " libération " entre à Pékin en janvier 1949 et à Shanghai en mai de la même année. Même, les nantis applaudissent, mais pour combien de temps ? Tchang Kaï-chek trouve refuge avec le reste de ses troupes sur l'île de Taiwan, l'une des dernières parcelles de terre chinoise restées à l'abri du communisme. Le 1er octobre de cette même année sur la place Tienanmen, décidément noire de symboles, Mao à 56 ans proclame la création de la République populaire chinoise. Dans la foulée, il se rend à Moscou dans le but d'obtenir l'aide du voisin soviétique, afin d'industrialiser la Chine au plus vite. La relation sino-soviétique sera souvent houleuse, car Staline n'imagine la Chine communiste que comme un vassal servile. Par la suite, Mao reprochera à Kroutchev d'avoir révélé les crimes de son collègue criminel Staline. On n'ose imaginer le sort qu'il aurait réservé à Mikhaïl Gorbatchev. Il est vrai qu'à l'époque, le criminel contre l'humanité chinois voyait d'un très mauvais œil toute tentative de châtiment des crimes à grande échelle, dont il était susceptible d'être la cible. Et pour cause… L'année suivante semble sonner le glas de la nation tibétaine, libre et indépendante jusque là. Le tyran nouvellement installé à la tête de la Chine prend notamment prétexte de la tutelle mandchoue passée, pour revendiquer le Tibet. Pourtant, la ville de Pékin a été construite sur ordre de l'empereur mongol Kubilay Khan : cette particularité fait-elle de Pékin une ville mongole, que la Mongolie pourrait revendiquer quand bon lui semble ? Ce n'est pas le moindre des paradoxes de ce tyran : Mao qui mit en avant sa lutte contre l'impérialisme se servit d'une courte période de l'histoire tibétaine, où les empereurs mandchous avaient imposé leur protectorat, pour revendiquer le Tibet, une nation indépendante de 2 500 000 km². La faiblesse de l'armée tibétaine et ses moyens dérisoires afin d'assurer la défense de cette grande nation, permet au tyran d'engager ses forces armées sur deux fronts. Car 1950 marque également le début de la Guerre de Corée. Un autre despote prend son envol : Kim il Sung, futur dictateur sanguinaire de Corée du Nord. Ce conflit coûte la vie de 900 000 soldats chinois, ce qui signifie que des centaines de milliers de familles chinoises perdent un fils, un frère, un père. Néanmoins, cette guerre est fêtée comme une victoire, mais certains observateurs analysent le terme de ce conflit comme un demi-échec pour Mao, puisqu'il ne parvient pas à empêcher la constitution d'une partie de la Corée restée libre. Cependant, le déclenchement de la Guerre de Corée arriva fort à propos afin de mobiliser l'attention des Occidentaux, qui lors des premières années d'oppression, détournèrent leur attention de l'infortuné peuple tibétain, lequel vivait sa première décennie d'occupation par l'A.I.O.. Et si elle ne procura au tyran qu'un semblant de victoire, le rideau de fumée dégagé par les ruines fumantes de Corée apporta sur le plateau de l'envahisseur chinois un second succès, après celui remporté sur l'ennemi de classe nationaliste. Car à partir de cet instant, Mao a les coudées franches sur le plateau tibétain. En Chine, la politique de terreur fait ses premiers pas : la réforme agraire lancée en 1953 consiste à déposséder les nantis : un million de propriétaires sont assassinés et seize millions sont déportés vers les camps du laogai. Seul Peng Te Huai ose reprocher cette réforme à Mao. En mars 1957, nouvelle initiative du tyran : celle des " Cents fleurs ", laquelle prétend encourager le peuple à s'exprimer. L'appellation " peuple " n'étant bien évidemment réservée qu'à ceux qui oeuvrent dans l'obéissance et le silence absolus. Contestation, manifestations anti-gouvernementales, ces termes sont du " Tibétain " pour les habitants de l'Empire du milieu. Et les Chinois ont beaucoup trop à reprocher à leurs dirigeants incompétents et commettent l'erreur de demander plus de liberté. A cette époque, ils n'ont pas encore compris que ce mot est un blasphème dans ce système totalitaire. Bilan de l'opération : 500 000 arrestations, lesquelles entraînent pour ceux qui en sortiront vivants de nombreuses années de rééducation. Au cours de cette même période, le cerveau délirant de Mao décrète qu'il faut éliminer les moineaux : ils seraient nocifs, car ils dévastent les récoltes indispensables à l'exportation. Chacun peut alors assister à de multiples concours entre quartiers, entre écoles, afin de réussir à tuer un maximum de ces malheureux volatiles. L'école, qui devrait en principe enseigner aux enfants le respect de la vie, leur apprend dès le plus jeune âge à la supprimer. Ainsi formait-on par le biais du système totalitaire mis en place par Mao, les futurs gardes rouges, jeunes tortionnaires de la " Révolution criminelle ", appelés à torturer leurs enseignants et autres représentants de la culture et des traditions. C'est ainsi qu'ils apprirent avec les animaux la cruauté qu'ils allaient dispenser plus tard à leurs semblables. Cette période sera en effet particulièrement formatrice pour ceux qui, quelques années plus tard, auront si peu d'égard pour la vie de ceux qu'ils auraient respecté en d'autres temps. Par ailleurs, cet épisode est révélateur d'un système qui ne tient compte que de sa propre idéologie et de l'intérêt de ses dirigeants. Les moineaux soupçonnés de se nourrir du grain des récoltes furent massacrés par toutes sortes de pièges et de frondes. La capacité d'abrutissement des masses est infinie. Mao n'attendit pas la télé réalité pour démontrer cette évidence. Des millions de Chinois firent grand bruit pour effrayer les volatiles, afin de les empêcher de se poser. Lorsqu'ils tombaient épuisés, ils étaient achevés à coups de bâton. Dans cet univers concentrationnaire, il n'y avait même pas de place pour le chant des oiseaux. Le remède de " l'ignorant en chef " se révéla pire que le mal. Ce que n'avait pas prévu la bêtise communiste, c'est que les moineaux mangeaient surtout les moustiques et autres insectes qui se mirent à pulluler. Et leurs sifflements furent remplacés par le bourdonnement de milliards d'insectes qui proliférèrent, trop heureux que les maoïstes les aient gracieusement débarrassé de leurs seuls prédateurs. Le second voyage à Moscou en novembre 1957, afin d'obtenir la coopération nucléaire de la part des Soviétiques, est un échec. En cas de conflit nucléaire, Mao prétend que du fait de son grand nombre, seule la Chine y survivra : déclaration qui sans doute encouragera ses sbires, le 15 octobre 1964, lors du lancement de la première bombe atomique chinoise, à suivre aveuglément les consignes de Mao, partisan de la thèse du combat rapproché en pleine zone irradiée, à condition que lui-même reste prudemment en retrait. Les troupes de choc qui simulent un combat sur le terrain, quelques minutes après l'explosion, sont décimées : aucun survivant à brève échéance… Il est à craindre que le fait de donner leur vie pour ce parti de corrompus ne les ait pas tous consolé avant de rendre l'âme. C'est en 1958 qu'est lancé un nouveau projet insensé, dont le peuple chinois, mais également le peuple tibétain, feront les frais : " le grand bond en avant ", bien mal nommé, sachant qu'il va entraîner un gigantesque retour en arrière pour l'économie chinoise. En guise de hors d'œuvre dans ce " grand bond en arrière ", Peng Chen, le maire de Pékin inaugure à son initiative un gigantesque barrage au prix du travail forcé de dizaines de milliers de prisonniers du laogai et travailleurs endoctrinés. Mais le pire reste à venir : afin de satisfaire aux désirs mégalomaniaques du dictateur d'industrialiser la Chine , une compétition acharnée est lancée, afin de faire fondre un acier qui se révélera totalement inutilisable du fait de sa mauvaise qualité. Les paysans y perdent le peu qu'ils possèdent, puisqu'ils ne peuvent remplacer les ustensiles de cuisine et outils fondus. Et parce que le pays tout entier se consacre uniquement à cet acier inutile, la moisson pourtant abondante cette année-là est perdue. Aucun des sbires incompétents qui orchestrent ce gigantesque gâchis n'ose évoquer le fiasco : tous apportent d'excellentes nouvelles à Mao en prétendant que tout ce passe comme " l'irresponsable en chef " l'a décrété. Les cadres de ce parti d'incompétents lui montrent des figurants heureux de servir le socialisme à la sauce chinoise, mais tout est factice. La Chine est en plein délire : comme le parti prend les chiffres fantaisistes annoncés par les bureaucrates au sérieux, il exige que le blé soi-disant produit soit livré aux Soviétiques, afin d'éponger la dette du pays. En 1962, le peuple chinois meurt de faim. Mais pas les corrompus qui monopolisent le pouvoir depuis treize ans, ni les valets du régime, mais seulement une majorité de malheureux innocents. Le peuple chinois commence à payer un très lourd tribut à l'irresponsabilité de ses dirigeants. Et que dire du peuple tibétain qui n'aurait jamais dû se trouver entraîné dans une telle galère ? Comme s'il voulait enfoncer un peu plus le pays, Mao demande à ce que toutes les terres soient mises en commun. La famine qui suit génère trente millions de morts. Notons au passage que celui qui prétend combattre les privilèges vit à présent dans le palais de la Cité interdite et ne se prive de rien : plaisirs divers et variés, jeunes et jolies compagnes. Et lorsque le criminel s'ennuie dans son palais, il peut se divertir dans sa résidence balnéaire en bordure de la Mer de Chine. La famine dont souffrent à ce moment-là les peuples tibétain et chinois ne le touche en rien, puisque le parti et l'armée demeurent bien sûr prioritaires, en ce qui concerne les livraisons alimentaires. Mao et ses sbires mangent à leur faim. Le plus grand mensonge de l'histoire de la Chine, relayé en cela par certains complices occidentaux, consistera à prétendre que l'action de Mao a été grandement bénéfique et notamment qu'il a contribué à mettre un terme aux famines qui sévissaient périodiquement en Chine. Non seulement, il n'y a pas mis fin, mais il a été l'instigateur des plus grandes famines, lesquelles ont occasionné la mort de dizaines de millions de personnes en Chine. D'autre part, des centaines de milliers de Tibétains qui ne demandaient qu'à vivre en paix, loin de cette folie qui s'était emparée de l'Empire du Milieu seront également emportés dans ce tourbillon de folie maoïste. Par ailleurs, gardons à l'esprit que le " boucher de Lhassa " actuellement à la tête de la dictature ne s'est en rien démarqué des criminels de l'époque. Après cette suite ininterrompue de fiascos, à 66 ans, le " grand timonier ", dont le navire est à la dérive, démissionne du Parti, mais prouvera rapidement que son pouvoir de nuisance est demeuré intact. Après que Lin Piao ait fait rédiger un recueil de pensées du despote non éclairé " le petit livre rouge ", Mao déclare en mai 1966 : - " La rébellion est justifiée ". Sur ordre du tyran, de jeunes Chinois endoctrinés accourent de toute la Chine pour participer à la " Révolution culturelle ". Le maire de Pékin, qui sera plus tard accusé d'être un déviationniste bourgeois, est l'un des artisans de la gigantesque organisation, laquelle vise à la manipulation des étudiants du pays. Ils seront l'instrument du tyran pour régler ses comptes avec ses opposants et ceux qui sont soupçonnés de l'être au sein du parti. Les usines tournent jour et nuit, afin d'imprimer les affiches contenant les slogans du tyran. Pris dans la tourmente, ces jeunes Chinois sont inconscients de la manipulation dont ils sont l'objet. Un ancien garde rouge, comprenant l'ampleur de l'instrumentalisation orchestrée par Mao, expliquera plus tard : - " Je comprenais maintenant pourquoi le président Mao avait déclenché la Révolution culturelle. Il voulait mettre en place des mesures qui lui semblaient nécessaires, mais qui allaient à l'encontre de la volonté de la population. Pour les faire appliquer, il lui fallait donc détenir le pouvoir absolu. C'est là que nous intervenions. Il nous avait ainsi utilisés et lancés contre les organisations de base du Parti. Et pour s'attirer notre soutien, il nous avait offert les principes de la Révolution culturelle. C'était une immense supercherie. Ces principes, il n'avait jamais envisagé de les appliquer. Il avait simplement prétendu que, pour que de telles idées soient mises en œuvre, nous devions avoir recours à la violence et détruire les lois et les institutions existantes. Nous avons alors proclamé une règle terrifiante : Tous ceux qui s'opposent au président Mao, nous les écrasons. " Dès 1966, l'objectif déclaré est d'anéantir les survivances de la pensée bourgeoise, les expressions intellectuelles et artistiques du passé et les influences étrangères. Les sbires de Mao intimèrent l'ordre aux étudiants chinois à l'étranger de rentrer en Chine. Sans doute, certains d'entre eux ne seraient-ils pas venus se jeter dans la gueule du loup, s'ils avaient su que la culture intellectuelle, susceptible de leur assurer de hautes responsabilités, allait être remplacée par la culture de la terre pendant de longues années. Quant aux étudiants étrangers, ils furent chassés de Chine, afin de ne pas pervertir les glorieux principes de la Révolution culturelle. Toutes les écoles furent fermées. Les enseignants survivants furent interdits de lecture pendant plusieurs années. Pour eux aussi, le lot fut le travail aux champs et les brimades que leur infligèrent les paysans pauvres devenus pour un temps de revanche sociale, les gardes-chiourme des intellectuels. Seule la pensée du leader incompétent fut décrétée infaillible, à l'instar de son apprenti bourreau de Corée du Nord. L'épuration anti-bourgeoise des années 50, les " Cents fleurs ", le " grand bond en arrière ", la chasse aux moineaux, n'avaient pas suffi au tyran : il lui fallut organiser un retard de dix années dans le développement de son pays. Si l'on avait entendu des éloges dithyrambiques de la part de certains éditorialistes occidentaux, à l'occasion de la campagne des " Cents fleurs " sur la présumée nouvelle Chine en train de naître , alors qu'au même moment, les massacres commençaient au " Pays des neiges ", la " Révolution culturelle " allait remettre les idées des crédules en place quant aux bienfaits de la dictature chinoise. Toute la famille de Liu Shaoqi, président de la république en 1959, torturé et tué au laogai, subira des thamzing en raison des soupçons qui pesaient sur Liu de vouloir supplanter Mao. Quant à son épouse, qui fit un temps de l'ombre à celle de Mao, elle fut torturée ; jusqu'à une petite fille de six ans, condamnée par les gardes rouges à faire son autocritique. De quoi pouvait-elle être coupable à cet âge, en dehors du fait d'avoir un grand-père suspecté de vouloir prendre la place du " plus grand malfaiteur du peuple chinois " ? Les mots d'ordre fusèrent : - " Répandez le désordre, faites la chasse à l'individualisme, au matérialisme, aux dictateurs bourgeois qui ont trahi la révolution ! ". Le tyran sera entendu au-delà de ses espérances, tant il est démontré par l'histoire, que rien n'est plus dénué de capacité de réflexion qu'une foule endoctrinée. Tout ce qui représente une parcelle d'autorité devient la cible de cette " révolution aculturelle " : les parents dénoncés par leurs enfants, les professeurs humiliés en public, torturés, parfois battus à mort. Personne n'est à l'abri : de nombreux anciens compagnons de la " Longue marche " sont arrêtés et torturés. Le tyran règle ses comptes par le biais de fanatiques décervelés. Peng Te Huai qui a grandement contribué à l'ascension du tyran, est devenu " malodorant et nocif ", selon Mao qui a coutume d'attribuer ses propres tares à ses adversaires. Peng Te Huai, pour prix de sa fidélité à l'égard de Mao et de l'énergie utilisée pour lui permettre de développer son pouvoir de nuisance envers la nation tibétaine et envers la Chine, ira croupir en prison jusqu'à sa mort. Le plus gigantesque règlement de comptes personnel du tyran, en manipulant des centaines de milliers de jeunes Chinois, momentanément privés d'intelligence et de personnalité, se poursuit par l'arrestation de nombreux compagnons de Mao. Tout ce qui touche au passé doit disparaître. On assiste alors à des situations kafkaïennes : les enfants d'ennemis de classe sont considérés comme des fils de criminels. Ce qui signifie qu'ils sont susceptibles de devenir eux-mêmes, non pas des criminels contre d'innocentes victimes ou encore contre le peuple, mais des menaces potentielles contre ceux qui monopolisent le pouvoir. Ce dernier, accaparé par les criminels pillant et opprimant notamment le peuple tibétain et le peuple chinois, fait régner une terreur jamais enregistrée dans l'histoire de l'Empire du Milieu dont les victimes sont aussi de jeunes enfants. Imaginons un instant le cas de conscience éprouvé par un enfant, dont les grands-parents ont été assassinés par les gardes rouges fanatiques du tyran en question et dont les parents ont été déportés dans les camps, grâce aux " bons soins " de son système policier. En d'autres termes, l'orphelin considéré comme mauvais élément, fille ou fils de malfaiteurs dont la famille vient d'être décimée par les sbires aux ordres de Mao, doit de surcroît bénir la crapule éternelle. Jusqu'en 1976, chaque élève est contraint de répondre devant sa classe et ses enseignants à ces questions essentielles : - " Aimes-tu Mao ? " - " Suivras-tu Mao toute ta vie ? " - " Es-tu un bon enfant de Mao ? " - " As-tu quelque chose à confesser à Mao ? " A l'école, tout élève dont les parents ont été torturés et assassinés par les sbires de Mao, dans une attitude totalement schizophrénique, doit impérativement proclamer le contraire de ce qu'il pense et donc qu'il chérit la " chère étoile scintillante ", qui éclaire le peuple chinois sur les chemins du socialisme. Ce conditionnement permanent explique peut-être en partie, pourquoi des millions de Chinois pleureront la mort du plus grand criminel de l'histoire de la Chine. D'autre part, de nombreux Chinois resteront terrorisés des années après la mort du tyran, à l'énoncé de son seul nom, d'autant qu'il a légué ses clones au système totalitaire qui lui survivra. Finalement, afin de mettre un terme à une anarchie que plus personne ne contrôle, le tyran fait intervenir l'armée et déporter les gardes rouges, lesquels à leur tour subissent le sort réservé jusque là à leurs victimes. Plus jeunes, ils ont massacré les oiseaux sur ordre de Mao. Le même criminel contre l'humanité leur a ordonné ensuite de torturer, de tuer, de semer le chaos : en bons serviteurs du tyran, ils ont défendu les privilèges de celui qui était sensé les abolir et éclairer son peuple, plongé en fait dans les ténèbres de la Révolution culturelle. Ils devront ensuite reconnaître les erreurs de Mao, comme étant leurs propres erreurs. Ils ont mal compris et donc mal appliqué la pensée du guide. Néanmoins, pendant leur séjour dans les camps de rééducation par le travail, ils auront droit au réconfort de défiler en brandissant le portrait de Mao et en chantant les éloges du tyran. Celui-là même qui les a manipulé et trahi. Cependant, la plupart des victimes de la terreur maoïste ont disparu : elles ne pourront jamais témoigner de l'horreur " made in china " et du paradis socialiste selon Mao. Il est intéressant de noter que selon le principe de la double peine, ces anciens gardes rouges privés des études qu'ils auraient dû suivre dans un contexte normal, se verront reprocher plus tard leur manque d'instruction. De ce fait, ils ne pourront prétendre s'insérer dans la course au profit lancée par Deng Xiaoping. Par la suite, Lin Piao soupçonné de préparer un coup d'Etat et l'assassinat du guide suprême, disparaîtra au cours d'un " accident " d'avion. En plus des horreurs vécues par un grand nombre de Tibétains et de Chinois, il convient de ne pas occulter les témoignages détruits se rapportant à des millénaires d'histoire qui avaient survécu à toutes les guerres et à tous les despotismes passés. Mao et ses sbires ont réussi à effacer à jamais, à l'occasion de ce gigantesque vandalisme contre le patrimoine de l'humanité, des traces de l'histoire du Tibet et de " l'Empire du milieu " que personne ne pourra jamais plus reconstituer. C'est aussi ce gigantesque vandalisme que les sportifs viendront approuver à Pékin en août 2008. Un des slogans de Mao proclamait qu'il fallait balayer les monstres et les vipères tous les sept ans. En cela, cette Révolution culturelle se révéla elle aussi un échec, puisque le monstre y échappa. Cette longue suite d'incompétence, d'échecs et de crimes, aurait valu à tout autre destitution, procès et condamnation. Mais Mao évitera jusqu'au bout le sort qu'il eut mérité. Rongé par l'opium, gagné par la paralysie, il meurt le 9 septembre 1976. Et lorsque nous nous penchons sur l'ampleur des crimes de Mao, nous pouvons légitimement nous réjouir : par bonheur, l'homme n'est pas immortel ! Comme à l'occasion de la disparition de son compère Staline, le pays entier se figea dans les pleurs. Des millions de Chinois défilèrent devant le corps bouffi du bourreau, en raison d'une momification ratée. Néanmoins, dans la dictature affairiste d'aujourd'hui, de nombreux Chinois pensent encore que sa photo porte bonheur. Il est vrai qu'il est directement ou indirectement responsable de la mort de soixante-cinq millions d'êtres humains à qui il n'a pas porté bonheur. Et encore, ce bilan ne tient-il pas compte des millions de petites Chinoises noyées ou décédées dans les " orphelinats de la mort " dans les années 80/90 et des millions de Chinois, hommes, femmes et enfants qui ont commencé à mourir du SIDA, dont les criminels au pouvoir sont directement responsables. Quant à la puissance retrouvée de la Chine que même certains de ses complices occidentaux lui attribuent, n'est-elle pas davantage à attribuer aux millions de victimes qui ont payé au prix fort la mégalomanie du tyran. Sans ses crimes et ceux de ses successeurs, serait peut-être déjà née une Chine démocratique et pleine d'espérance. * * * * * * * * * * * * * En 1996, l'Occident est informé de l'existence des orphelinats de la mort. Une équipe de reporters de la chaîne britannique Channel Four parvient à tourner clandestinement à l'intérieur d'orphelinats d'Etat et réalise un reportage à couper le souffle. Il met en lumière le fait que depuis la mise en place de la politique de l'enfant unique, système d'élimination allié à la préférence donnée au garçon, des millions de petites filles auraient été supprimées. Beaucoup sont noyées à la naissance. Cette pratique très répandue dans les contrées chinoises se nomme " baigner le bébé ". Chaque année, on enregistre un million de filles de moins que de garçons à la naissance. Et sur celles qui survivent, un million sont abandonnées. La plupart d'entre elles attendent la mort dans les mouroirs des héritiers de Mao. Pour les familles chinoises, accepter de garder une fille c'est renoncer à obtenir un fils. L'infanticide et l'abandon sont donc des solutions admises. Tout au long de la politique de l'enfant unique, seul le garçon est le bienvenu : c'est lui qui assurera plus tard la subsistance de ses parents. La fille, quant à elle, " disparaîtra dans la famille de son époux ", afin de prendre soin de ses beaux-parents. Les méthodes employées dans ce programme de contrôle des naissances, aux allures de génocide, sont encore plus implacables au Tibet : femmes stérilisées de force qui reçoivent une injection mortelle pour leur enfant, maris incarcérés jusqu'à ce que leur femme accepte de se faire avorter. Certaines sont avortées puis stérilisées de force, le fœtus recevant directement une injection mortelle dans la fontanelle pendant la grossesse. Des témoignages concordants ont fait état de femmes enceintes de plus de 3 mois et souvent jusqu'au 9e mois, avortées de force au péril de leur vie par injection de " levanor ", substance chimique inconnue en Occident. Les sportifs du monde entier soutiendront ces crimes en participant aux jeux organisés par les bourreaux. Ce reportage donnait les informations suivantes : quarante mille orphelinats en Chine. Dans certains d'entre eux, le taux de mortalité atteignait 90 %. Quel était le quotidien de cet univers concentrationnaire ? - Des enfants en bas âge laissés à l'abandon. - Un petit garçon de cinq ans déambulant dans les couloirs, qui donnait des coups de tête à une petite fille de deux ans. Celles-ci étaient attachées par les chevilles par groupe de quatre sur un banc de bois troué. Certaines ne réagissaient plus. - Les femmes chargées de la toilette des bébés n'éprouvant aucun sentiment pour ces enfants qui pour elles, fonctionnaires d'Etat nommées d'office, n'étaient que des objets qu'elles devaient nettoyer. Chacune s'occupait d'une quarantaine d'enfants privés de la moindre affection, de tout contact physique, par manque de moyens et de temps. - Comment éliminer les enfants handicapés, jugés trop laids, trop remuants, ou trop bruyants, voire des petites filles en surnombre ? Il y avait bien sûr la torture afin de calmer les plus remuants : coups de bâton sur la tête ou encore la douche prise la tête en bas immergée dans un seau rempli d'eau. Les enfants suffoquaient ; certains étaient victimes d'hémorragie. Mais généralement, la solution finale était administrée de façon plus feutrée. Par forte chaleur, une épaisse couverture remontée à la tête du lit s'avérait un moyen très efficace afin d'étouffer l'enfant, ou de le faire mourir de déshydratation. Une petite fille agonisait pendant deux semaines dans une pièce à l'écart, privée de soins et de nourriture, doublement abandonnée, d'abord par ses parents, puis par l'orphelinat qui niait totalement son existence après sa mort. Si l'enfant était trop résistant, un traitement sous sédatifs était de règle. L'absence d'alimentation et la déshydratation faisaient le reste. Les responsables des mauvais traitements recevaient une promotion et étaient récompensés par les dignitaires du Parti. - " Tous les moyens sont bons pour freiner une démographie galopante. Le Comité central du Parti communiste chinois vous offre son soutien, vous n'avez rien à redouter ! ", avait prévenu Deng Xiaoping. De fait, aucun bourreau au cœur de ce système totalitaire n'a jamais rien eu à craindre, si ce n'est de voir toujours plus de consommateurs occidentaux acquérir les produits " made in dictature ", sans se poser de question ; ou que des irresponsables offrent aux tyrans de Pékin les jeux olympiques ; ou encore de voir affluer des millions de touristes abrutis sur la grande muraille et ailleurs, afin de déverser leurs dollars sans état d'âme, pour admirer les trésors archéologiques, à l'ombre des camps de la mort du laogai, trésors que les vandales de la Révolution culturelle ont oublié de détruire. Il est vrai que la plupart des criminels en Chine n'ont rien à redouter, sachant qu'ils évoluent en toute impunité dans les allées du pouvoir. Plus d'innocents que de véritables assassins sont mis à mort au coeur de ce système totalitaire. Lorsqu'elle eut connaissance de ce reportage qui a vivement ému l'opinion publique en Grande-Bretagne, la réponse de la dictature chinoise fut sans surprise : - " La pratique pernicieuse qui consiste à abandonner les bébés de sexe féminin est encore en vigueur dans certaines campagnes reculées de notre pays, mais c'est un phénomène qui reste très rare. - Les aménagements opérés dans les orphelinats permettent un suivi médical correct des enfants, la mise en place d'un système éducatif les autorisant à leur majorité à trouver un emploi et à se marier. - Les conditions de vie des orphelins sont en constante amélioration. - Ce qui est qualifié ici de " mouroir " n'existe pas en Chine et ce document a été totalement fabriqué dans une volonté de dénigrement de notre pays. - Ce tissu de mensonges concernant la santé en Chine a provoqué l'indignation de l'ensemble de la population chinoise. " Les directives du planning familial chinois ont eu des effets pervers : ainsi, les familles dont les maisons étaient détruites ou le bétail confisqué, parce qu'elles étaient incapables de payer l'amende imposée aux couples qui faisaient plus de deux enfants. A Shanghai, les décès ont pris le pas sur les naissances : quatre-vingt dix mille décès pour soixante mille naissances. Qui prendra en charge les personnes âgées ? Les gouvernements occidentaux ont contribué à cette aberration qui rappellerait celle des moineaux si les victimes n'étaient pas des êtres humains. En tout état de cause, elle démontre, s'il en était besoin, que ce système totalitaire n'a pas changé depuis cinquante ans. Plusieurs millions de dollars ont été versés à la Chine par la communauté internationale, afin de l'aider dans sa politique de limitation des naissances. Pendant que ce système totalitaire prospérait ! En 1985, les Etats-Unis ont mis un terme à ce soutien financier. Qu'en est-il des autres Etats ? Par ailleurs, toutes les trois minutes, ce régime élimine un condamné coupable ou jugé comme tel. Car chacun sait depuis longtemps que dans les pays ou la peine de mort subsiste, l'innocente victime d'une erreur judiciaire condamnée à tort subit le même sort que les coupables. Les étudiants en droit américains en adoptant une démarche déterminée, ont réussi à sortir de nombreux condamnés des couloirs de la mort, en démontrant leur innocence. Les étudiants chinois n'ont pas cette liberté. Ceux-là échappèrent de justesse à un sort injuste, que leur réservaient George W. Bush et ses collègues, d'ordinaire si prompts à jouer avec la vie des condamnés coupables et innocents et à lutter contre l'avortement pour " le droit à la vie " . C'est d'autant plus le cas au Tibet et en Chine, où la même justice arbitraire et expéditive s'applique et où le droit à une défense impartiale demeure plus qu'aléatoire. Bien entendu, cette liste d'injustices n'a rien d'exhaustif. Ces dernières années, le laogai a continué à fonctionner à plein. Les camps de rééducation par le travail ont contribué à enrichir les individus corrompus qui s'accaparent le pouvoir, grâce à un travail obligatoire et non rémunéré : voleurs, escrocs, mais également et surtout résistants tibétains, dissidents chinois, adversaires du régime à quelque titre que ce soit. Et après que leur vie se soit avérée très rentable pour les criminels contre l'humanité qui tiennent les rennes de la dictature, leur mort s'avère également source de profits grâce au trafic d'organes, mais pas seulement. Les cadavres des condamnés à mort sont recyclés en produits de beauté. Rappelons qu'il y a aussi parmi ces êtres humains assassinés des détenus politiques innocents. - " Une société cosmétique chinoise utilise la peau prélevée sur les corps des condamnés à mort exécutés pour fabriquer des produits de beauté vendus en Europe. The Guardian livre une enquête stupéfiante en matière d'industrie cosmétique, qui lève le voile sur des pratiques qualifiées de " traditionnelles " par des employés de la compagnie chinoise qu'il a interrogés. Il s'agit de récupérer du collagène, une protéine fibreuse que l'on trouve en abondance dans la peau, les os et les tendons, couramment utilisée en chirurgie esthétique pour gonfler les lèvres et réduire les rides. Toujours de même source, le journal note qu'en Chine, il est d'usage de récolter " la peau des condamnés exécutés et les fœtus avortés, rachetés par des sociétés de biotechnologie situées dans la province septentrionale de Heilongjiang ". Les produits sont exportés vers l'Europe via Hongkong. En Europe, le marché de l'industrie cosmétique et de la chirurgie plastique, toutes deux consommatrices de collagène, n'est pas ou peu réglementé. Les autorités chinoises réfutent pour leur part qu'il soit possible de prélever la peau ou tout autre partie du corps de condamnés à mort sans que ceux-ci donnent leur consentement. Mais il y a de sérieux doutes, d'après The Guardian, qui rappelle les révélations faites en juin 2001 devant le Congrès américain par un ancien médecin militaire chinois, Wang Guoqi. Ce dernier a assuré " avoir participé aux prélèvements d'organes de plus de 100 prisonniers exécutés. Les chirurgiens disséquaient les corps dans des camions garés sur les lieux d'exécution. " Wang a avoué avoir procédé au prélèvement de la peau d'un condamné exécuté, mais dont le cœur battait encore... " Voici qui permettra aux sportifs du monde de la collaboration avec les bourreaux, présents à Pékin en 2008, de compenser l'atrophie de leur conscience en soignant leur apparence. Nul doute que ceux qui viendront participer au triomphe de ces tyrans devraient bénéficier de conditions avantageuses dans le cadre de l'acquisition de tels produits. Lorsque l'âme est défaillante, rien n'interdit de soigner l'apparence. Quoi qu'il en soit, voilà une preuve de plus que la république populaire n'œuvre pas pour le peuple, mais contre le peuple : il n'est que de constater les blindés que le pouvoir envoie contre les étudiants, ou l'aviation qui bombarde les habitants d'une région prétendument partie intégrante de la république. Le pouvoir n'est pas non plus exercé par le peuple, mais par les plus intrigants et les plus corrompus, lesquels prétendent agir au nom de celui-ci. Il n'est pas certain que lorsque le peuple est massacré par sa propre armée, il adhère totalement aux exactions de l'outil du pouvoir. La croissance de l'économie chinoise à 9 % par an, mais à quel prix ? Le peuple chinois vit sous le régime de la dictature depuis 1949, avec un système policier relayé avec une rare efficacité, par des comités de quartier et des mouchards chargés de signaler toute tentative de se démarquer du système et toute critique de celui-ci. Que vous ne soyez pas d'accord avec le régime ou seulement que quelqu'un le prétende : vous risquez les travaux forcés. Ceux qui pensent autrement ne se manifestent pas ; ils n'ont pas d'autre issue que de fuir, ou de garder le secret concernant toute critique du système. Le 5 juin 1989, une colonne de chars déambule dans les rues de Pékin, afin de remettre de l'ordre sur la place Tienanmen. Cinq mois plus tard, le Mur de Berlin s'effondre et la face du monde change. Chacun croit alors à un monde meilleur, où la démocratie remplacera désormais tout Etat totalitaire. Hélas, celui qui sévit en Chine demeure. Depuis le lancement de la campagne " Frapper fort " en avril 2001, cette dictature a exécuté plus de personnes que dans le reste du monde. Le concept d'erreur judiciaire n'a pas cours dans ce système. Dans le doute, la justice tranche toujours dans le sens de l'intérêt du pouvoir. Les procès sont si nombreux qu'aucune justice au monde ne pourrait traiter avec équité, autant d'affaires judiciaires en un temps aussi limité. Pourquoi la Chine est-elle une dictature ? L'opposition n'y est pas admise : toute opposition est réprimée avec force : arrestations, torture, déportation, disparitions, jugements arbitraires, exécutions sommaires et il n'y a pas de petites économies : jusqu'à ces dernières années, la balle était encore facturée à la famille du condamné. Quant aux pensionnaires du laogai, ils contribuent grandement à l'amélioration de la balance commerciale, qui persiste à pencher dans le sens de ceux qui gouvernent pour le " bien du peuple ". * * * * * * * * * * * * * La petite sœur rouge Personne ne s'est réellement préoccupé du fait que deux millions d'êtres humains, autant qu'au Cambodge, étaient massacrés par les deux criminels père et fils qui ont tyrannisé leur peuple pendant un demi-siècle. Périodiquement, ce régime utilise le nucléaire pour menacer le monde. Il se pourrait fort que nous nous inquiétions cette fois-ci, car ce ne sont pas uniquement les détenus des camps de la mort nord-coréens qui soient en danger de mort. Par notre négligence, notre absence de vigilance, notre indifférence à l'égard de la souffrance humaine, nous voilà menacés de payer le prix fort de notre individualisme. Il est vrai que depuis 1945, nous nous sentons fort peu concernés par les exactions des tyrans. Tant que les criminels massacraient leur propre peuple, des millions d'êtres humains pouvaient disparaître, sans que cela dérange notre digestion ; mais à présent qu'ils se montrent agressifs et menacent la paix de la planète. Chantage et provocations maintiennent la tête hors de l'eau au pouvoir nord-coréen. Il s'agit d'une dictature, où la vie de ceux qui n'ont pas prouvé leur fidélité au régime est sans valeur. Nous avons vu que le tyran Mao s'est délibérément servi du conflit coréen, afin de bénéficier du rideau de fumée pendant l'invasion du Tibet par ses soudards. De fait, contrairement à l'agression contre la nation tibétaine libre et indépendante, la dictature chinoise fut condamnée comme agresseur le 21 novembre 1950, lors de la guerre de Corée, par l'Assemblée générale de l'O.N.U.. L'intervention des forces chinoises, le 27 novembre de la même année, accentua gravement la tension internationale. Il n'est pas inutile de rappeler ici que sans cette intervention, la dictature nord-coréenne n'existerait pas. Et ce qui se passa plus tard au cœur de la dictature nord-coréenne, vassale de la Chine montra, et avec quelle acuité, que la coutume de massacrer son propre peuple était bien ancrée dans ces systèmes totalitaires. L'un des grands criminels de l'histoire, nommé Kim il sung, assassin d'une partie de son peuple, apôtre du culte de la personnalité, mégalomane paranoïaque, fut soutenu dès les premiers temps par le grand frère idéologique, tortionnaire du même acabit. Le nombre de Nord Coréens, renvoyés de force dans leur pays par la dictature chinoise, s'est considérablement accru et de nombreux réfugiés sont entrés dans la clandestinité en Chine pour ne pas subir un sort fatal. Près des trois quarts de ces personnes sont des femmes, selon les informations reçues par Amnesty International ; nombre d'entre elles auraient été prises pour cibles par des bandes organisées, violées à plusieurs reprises et forcées à se prostituer. D'autres informations ont fait état d'une campagne de répression visant les Nord Coréens qui ont choisi de fuir pour survivre et donc de passer en Chine. La police chinoise multiplie les contrôles chez les particuliers et offre jusqu'à 2 000 juans aux Chinois susceptibles de lui fournir des renseignements sur les réfugiés nord-coréens, afin de les réexpédier vers l'enfer qu'ils ont fui . C'est ce qui est arrivé en janvier 2003 à 48 réfugiés nord-coréens, en attente de départ pour la Corée du Sud. Accompagnés de trois volontaires humanitaires, ils étaient dissimulés dans plusieurs endroits du port chinois de Yantai, situé face à la péninsule coréenne, en attendant le bateau qui devait les faire passer clandestinement en Corée du Sud. L'opération a tourné au désastre. Informés par un agent infiltré au sein du groupe ou par des fuites, les services de sécurité de la dictature chinoise ont arrêté tous les participants de cette fuite vers la liberté. La plus grande rafle de Nord Coréens en Chine a été annoncée à Séoul par Médecins sans frontières (MSF). L'ONG française, qui soutient ces réfugiés auxquels le monde entier tourne le dos, est intervenue auprès du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), pour qu'il agisse auprès des autorités chinoises et garantisse le droit d'asile de ces 48 hommes, femmes et enfants, demandant que, "conformément aux dispositions du droit international, ils ne soient pas renvoyés en Corée du Nord au péril de leur vie". Cette affaire a rappelé fort à propos l'une des dimensions humaines de ce dossier : le sort de dizaines, voire de centaines de milliers de réfugiés, qui n'ont d'autre choix, lorsqu'ils fuient leur terre de misère et de dictature, que de se retrouver chez le meilleur ami de leur bourreau. Une fois en Chine, ils sont coincés, incapables d'obtenir le droit d'asile ni de se rendre dans un pays tiers, en général la Corée du Sud. - " Le gouvernement chinois nous arrête et nous renvoie en Corée du Nord. Je ne peux pas y retourner : on y meurt de faim et la police y est très brutale. Je préfère mourir plutôt que de retourner en Corée du Nord ", écrit l'un d'eux. MSF a dénoncé cette " nouvelle chasse à l'homme " qui s'est déroulée à partir de décembre 2002 dans le nord de la Chine, dans la région frontalière de la Corée du Nord, " avec la complicité active des forces de sécurité nord-coréennes ". Des milliers de civils nord-coréens ont été refoulés suite à cette campagne, dite des 100 jours. La répression s'est accélérée après la multiplication des occupations d'ambassades étrangères à Pékin par des réfugiés réclamant l'asile politique. Le gouvernement a transformé les ambassades en forteresses imprenables, puis démantelé les filières de soutien. C'est également cette chasse à l'homme et son organisation conjointe par deux systèmes totalitaires que les sportifs viendront soutenir à Pékin en 2008. Ils ne manqueront pas de méditer quant au fait que le système totalitaire qui a fait main basse sur la Corée du Nord ne tient que grâce au soutien sans faille de son puissant voisin. Sans Pékin, le criminel Kim Jong Il serait déjà jugé ou éliminé. Les demandeurs d'asile ayant fui la dictature nord-coréenne sont renvoyés de force dans leur pays en violation des dispositions de la Convention de Genève de 1951, relative au statut des réfugiés, à laquelle la dictature chinoise a pourtant adhéré. Malgré les recommandations du UNHCR, le soutien déclaré de la dictature chinoise pour la petite sœur rouge est incontestable. Selon les réfugiés qui sont parvenus à fuir en Chine, les tyrans de Pyongyang procèdent à des exécutions publiques. Dans les camps de concentration de la dictature nord coréenne, ceux qui sont parvenus à fuir racontent comment mari et femme sont séparés, pour que les ennemis du régime ne puissent se reproduire. Dans ces camps, dès douze ans, les enfants sont séparés de leur mère, les garçons étant bien évidemment séparés de leur sœur. Chacun comprendra aisément que les initiateurs du laogai ne se préoccupent guère des traitements infligés aux captifs des camps de concentration nord-coréens. S'exposent à des arrestations, tous ceux qui ont fui la famine organisée en Corée du Nord, ceux qui les ont aidé, ceux qui les ont cachés. Il est important de souligner et notamment pour ceux qui penseraient que toute la Chine soutient les tyrans de Pékin, qu'il se trouve au cœur de ce système totalitaire, des personnes prêtes à prendre de gros risques pour secourir les réfugiés nord-coréens. Il serait impossible de trouver les termes appropriés à la hauteur des crimes perpétrés de père en fils par Kim il sung et Kim jong il. Tous deux ont transformé leur pays en système mafieux , où seuls les critères de fidélité au régime sont susceptibles d'apporter honneur et privilèges dans cet enfer oublié des dieux. Pendant les nombreuses périodes de famine, seul l'élite est préservée. Les autres sont sacrifiés. Tant il est vrai que les plus faibles, les malades, les individus soumis constamment à la malnutrition, ne sont guère en capacité de se révolter et auquel cas, la révolte est plus facile à mater. Grosses limousines, privilèges de toutes sortes, la nomenklatura n'a jamais souffert des multiples famines, mais il n'en est pas de même du peuple opprimé, qui doit néanmoins participer aux défilés de masse organisés à la gloire des tyrans, lesquels constituent une distraction très prisée par les dictateurs et leurs sbires. Après l'effondrement du bloc communiste, l'agriculture a fait un bond d'un demi-siècle en arrière. Actuellement, le pays ne survit que grâce à l'aide internationale. Connu pour son amour des belles femmes et des belles voitures, Kim jong il a conservé intact l'Etat policier créé par son père. Ce dernier a mis en place un système de répression comportant des centaines de camps d'internement, destinés aux opposants et à ceux qui sont susceptibles de l'être. Ces effroyables camps de rééducation par le travail sont calqués sur ceux du laogai. Il convient ici de reconnaître à cette lignée de dictateurs ce succès d'avoir réussi, ce que n'a pas réussi le grand frère chinois : chez les Coréens du Nord, la tyrannie est une affaire de famille : les deux Kim ont mis en place une " multifamiliale " de la terreur, du crime et de la corruption. Au cœur de cet enfer en miniature, un observateur peut assister à des scènes ubuesques : ainsi, le rejeton grotesque de celui qui se prenait pour un leader éclairé, aime s'entendre dire qu'il est un cinéaste de génie : bien évidemment, son entourage est condamné à lui reconnaître un talent totalement imaginaire, sous peine de connaître une disgrâce qui peut signifier une orientation vers les camps de la mort. Comme elles l'étaient encore récemment chez les tyrans voisins, les exécutions publiques ne sont que la partie visible de l'oppression. Ce qui se passe du côté de Pyongyang est très révélateur de l'absence de changement des dirigeants communistes chinois : Mao Zedong, Deng Xiaoping, Jiang Zemin et maintenant Hu Jintao ont poursuivi au cours des décennies, la collaboration entre les deux dictatures, la chasse aux demandeurs d'asile et l'oppression de leur peuple et du peuple tibétain. Mikhaïl Gorbatchev, quant à lui, avait lâché Ceausescu et ses semblables. Il semble que la dictature chinoise, quant à elle, trouve son intérêt à maintenir la tête du tyran nord-coréen hors de l'eau. Ce régime n'existe encore que grâce au soutien de Pékin. Sans la dictature chinoise, le peuple nord-coréen se serait déjà débarrassé des corrompus qui l'oppriment. Les complices occidentaux qui soutiennent la dictature chinoise apportent par la même occasion leur soutien aux bourreaux du peuple nord-coréen. * * * * * * * * * * * * * La question tibétaine Plus de 400 000 morts dans les combats livrés par la résistance tibétaine à l'envahisseur. Ce terrible bilan n'est qu'une partie du génocide d'un million deux cent mille Tibétains, au cours des trente-trois premières années d'occupation chinoise. Mais ce dernier ne tient compte, ni des disparus, ni des enfants sacrifiés lors d'avortements forcés, ni des décès survenus depuis 1985, concernant les résistants tibétains abattus pendant les manifestations et dans les laogai, victimes de la torture et des mauvais traitements, malades laissés sans soins, morts en détention ou peu de temps après leur sortie de l'enfer carcéral chinois. Beaucoup ont vécu les derniers jours de leur existence, loin du " Pays des neiges ", après une déportation dans les camps implantés en Chine. En réalité, le chiffre avancé d'un Tibétain sur cinq ayant perdu la vie du fait des exactions de l'occupant est de toute évidence sous-évalué. Cette multitude d'exactions qui se poursuivent encore aujourd'hui confirme, s'il en était besoin, que la tyrannie est toujours à la tête de la Chine, après Mao, Deng et Jiang. Et ce n'est pas parce que certains dirigeants occidentaux ou chefs d'entreprise aveuglés par leur cupidité et la perspective des profits à réaliser sur le marché chinois font semblant de croire le contraire, qu'il en est ainsi. C'est bien sur le sol où règne cette dictature qu'ils entendent participer aux " jeux de la honte ". Ils se persuadent que cette dictature a réellement changé, ou qu'une évolution positive est en cours. Ils peuvent ainsi atténuer leur complicité et se mettre au service de la dictature. Il nous suffit de savoir que Deng a reconnu la compétence de Hu Jintao, en matière de répression à son retour du Tibet. Cette lourde responsabilité dans les massacres perpétrés sur le Toit du monde par ses soudards, lui a valu de devenir l'héritier de Mao et de son " œuvre ". Accepter la collaboration avec les bourreaux lors des " jeux de la honte ", ainsi que dans les années qui suivront, c'est prendre parti pour cette ignoble entreprise d'éradication du peuple tibétain, laquelle sera poursuivie et très certainement accentuée par l'ancien " gauleiter " du Tibet, Hu Jintao, devenu maître de la Chine néo-communiste, et dont l'armée et les colons toujours plus nombreux persistent à opprimer le peuple tibétain et à piller les ressources du " Pays des neiges ". La seule minorité tibétaine existante est celle des collaborateurs tibétains qui œuvre pour l'amitié et la soumission avec l'occupant chinois. La grande majorité des Tibétains subit le joug des colonisateurs. Un renégat de l'humanité maoïste jusqu'aux bout des ongles, nommé Israël Epstein, traitant des massacres et du vandalisme liés aux dérives de la Révolution culturelle, déclara : - " … au Tibet, grâce à l'attention directe de Mao Tse-Toung et de Chou En-Lai, à la relative solidité et la continuité des organes de pouvoir dans la région et à l'éloignement qui l'a tenu à l'écart de l'étendue des dégâts, ces effets ont généralement été moindres que dans les autres régions autonomes du pays. " Contrairement aux affirmations de cet admirateur du criminel Mao, il est bien évident que les Tibétains", en tant que tenants de la tradition et soupçonnés en outre de velléités indépendantistes, furent en tête de liste des persécutions des jeunes vandales lobotomisés, appelés " gardes rouges ". Rappelons que ces jeunes fanatiques, uniquement abreuvés au miel du maoïsme, capables de tuer ou de faire arrêter leurs propres parents, tenaient pour acquis que le Tibet faisait partie intégrante de la dictature chinoise. Et donc, ils considéraient qu'ils n'avaient pas en face d'eux des résistants à une occupation étrangère, qui livraient une cause juste pour la liberté, mais des séparatistes réactionnaires qui tentaient contre le cours de l'histoire, de se séparer de la mère patrie afin de l'affaiblir, avec qui plus est un soutien étranger. Il s'agissait en tout cas de la thèse du grand manipulateur de ces cervelles vides : c'était donc parole d'évangile. Pour ces bras armés de Mao, les natifs du " Pays des neiges " réunissaient toutes les tares de la contre-révolution. Ajouté à cela que les Tibétains, au lieu de parler la langue " nationale ", parlaient un dialecte issu de l'obscurantisme religieux. Pour ces jeunes serviteurs fanatiques de Mao, la culture et le peuple tibétains représentaient donc des cibles désignées, des suppôts de la réaction, qu'il fallait éliminer avec la bénédiction du tyran, dont ils se revendiquaient. Pierre-Antoine Donnet raconte l'histoire du moine Ribhur Trulku, soumis à trente-cinq de ces séances de lutte ou thamzing, cassant des cailloux pendant la journée et humilié et frappé chaque soir, car soupçonné d'avoir des contacts avec le Dalaï-lama et des " réactionnaires " étrangers, à tel point qu'un coup de crosse lui fit perdre une partie de son audition. Torture physique, torture mentale, ajoutées à la malnutrition : ces sportifs qui viendront glorifier les bourreaux pendant l'été 2008, si entraînés soient-ils, auraient-ils survécu à un tel traitement de choc ? Les temples tibétains épargnés en 1959, furent les premiers à subir les dévastations. Les trésors extrêmement rares du patrimoine tibétain, qui n'avaient pas encore été pillés et emmenés en Chine furent brisés et brûlés. Et c'est ainsi que pendant que le système colonial s'effondrait partout ailleurs, se créait au cœur de l'Asie la plus vaste colonie soumise aux impérialistes chinois. De fait, la Révolution culturelle se traduisit au Tibet par une guerre contre la population tibétaine, sa culture, ses traditions, sa religion. Ces intrus sur le sol tibétain s'autorisèrent à infliger des violences systématiques ; avec l'assentiment du pouvoir communiste, des professeurs cultivés furent torturés par leurs élèves, contraints avant leur exécution plus ou moins rapide, de s'avilir publiquement et d'avouer de prétendues fautes à l'égard du peuple. Les habitants du " Pays des neiges " connurent alors des années de terreur ininterrompue imposée par ces envahisseurs sans foi ni loi, si ce n'est celle du plus cruel : aucun Tibétain n'était à l'abri des exactions des gardes rouges, y compris les collaborateurs les plus convaincus du régime communiste. Les vandales de Mao détruirent, pillèrent, jugèrent, torturèrent, massacrèrent et tout cela avec la bénédiction du régime. Des millions de personnes au Tibet comme en Chine, jugés ennemis de classe, furent expédiés dans les camps de concentration. Aujourd'hui au Tibet, les arrestations et les récentes condamnations à mort de moines tibétains démontrent, s'il en était besoin, que les nouveaux dirigeants chinois suivent la ligne tracée par leurs sinistres prédécesseurs. La dictature chinoise continue à agir comme si la nation tibétaine avait toujours fait partie de la Chine et comme si tout retour en arrière vers l'indépendance était impossible. - " Que la Chine ait unilatéralement déclaré que le Tibet était une de ses provinces ne suffit pas à en faire un pays dépendant de Pékin. " Or, bien plus que l'Empire mandchou, prédécesseur des communistes chinois, les Mongols furent les premiers protecteurs du Tibet et pendant une période beaucoup plus longue, que celle bien mal assurée et par intermittence par les Mandchous. Cela ne donne pas le droit à la Mongolie de revendiquer le Tibet, lequel redeviendra une nation à part entière après le retrait de l'occupant chinois. D'ailleurs, la Mongolie ne prétend pas à la moindre suzeraineté sur le Tibet, mais plutôt à une fraternité religieuse à l'égard du Tibet. Il est probable que la seule revendication territoriale de la Mongolie concernera un jour ou l'autre l'importante partie de son territoire occupée par la dictature chinoise et appelée Mongolie intérieure. Mao a prétendu faire avancer de force les Tibétains sur la voie socialiste de l'unité, de la civilisation et de la prospérité. En fait, ils ont obtenu la désintégration de leur société, la barbarie et les premières famines de leur histoire, accompagnant la plus grande pauvreté. Quant à la prospérité, elle a toujours été réservée à l'armée d'occupation et aux colons chinois. En décembre 1960, le Panchen-lama manipulé par les Chinois , dans son rapport devant l'Assemblée populaire à Pékin, déclara que le Tibet marchait désormais avec courage et ardeur sur la route radieuse et grandiose tracée par Mao. Il ajoutait avec enthousiasme qu'on assistait partout au Tibet à des scènes de prospérité de travail et de production. Il oublia de préciser qu'il s'agissait de travail forcé pour le seul profit de l'occupant. Il est utile de rappeler ici qu'entre 1959 et 1961, la situation ne prêtait guère à l'enthousiasme : à l'occasion du " Grand bond en arrière ", orchestré par le tyran Mao à l'apogée de son incompétence, les pertes civiles s'élevèrent à trente millions de victimes mortes de faim, d'épuisement et de maladie. Combien y en eut-il au Tibet pendant que le Panchen-lama s'extasiait sur les bienfaits du socialisme à la sauce chinoise : 50 000, 100 000, 300 000 ? L'empereur des tyrans n'a jamais fourni de chiffre quant à son bilan criminel. Des témoignages font état de mères mélangeant leur sang avec de l'eau pour nourrir leurs enfants ; des prisonniers à qui l'on fit manger de la pâte à papier comme aliment de remplacement. La dictature nord-coréenne, quant à elle, se montra encore plus inventive pendant les périodes de famine, en inventant une mixture faite notamment d'écorce d'arbre, de terre et de racines, laquelle était généreusement fournie à la population. Bien sûr, elle rendait malade les enfants, provoquant des diarrhées, mais permettait au tyran de détourner l'aide humanitaire au profit des dirigeants corrompus et de son armée. Mais revenons à nos criminels chinois ! A partir de 1966, le mot d'ordre fut de raser pensée, culture et traditions, en combattant les " éléments engagés sur la voie capitaliste ", derniers survivants de la classe des bourgeois. Des gardes rouges fanatisés par les mots d'ordre du tyran Mao se mirent à pourchasser des vieillards jusque dans leur maison, les traînant dehors afin de les juger en public : ils étaient frappés pendant des heures par des enfants et des adolescents ivres de leur toute puissance, assassinant parfois ceux qui ne pouvaient mettre fin à leurs jours. Dans une violation de la vie privée sans précédent, les photographies et objets personnels furent détruits, les animaux domestiques égorgés sous les regards terrorisés des enfants. Meurtres et persécutions furent légion à l'encontre de ceux qui étaient qualifiés d'éléments noirs, comme les anciens capitalistes, les membres du Guomindang ou les ennemis de classe. Toute personne seulement soupçonnée d'entraver la révolution ou d'être infidèle au président Mao était perdue. Outre les centaines de milliers de morts, cinq millénaires d'héritage culturel furent sacrifiés dans cette hystérie collective orchestrée par un seul homme et pour son seul profit. Plus question pendant cette période de respecter identité nationale et religion tibétaine , si tant est qu'il n'en eut jamais été question dans l'esprit torturé du tyran. Le " nouveau pouvoir ", après la Révolution culturelle, évoqua la catastrophe qui dévasta le pays et qualifia ces errements d'erreurs " gauchistes ". Selon la dialectique maintenant bien huilée des communistes chinois, le coupable n'est jamais le pouvoir : soit il s'agit de l'action néfaste de " réactionnaires bourgeois ", soit il s'agit de folies gauchistes orchestrées par la bande des quatre, dont Lin Piao et Jiang Qing. Une destruction systématique des monastères sensés freiner l'élan du socialisme eut lieu, en dynamitant ou en faisant bombarder les temples par l'aviation et l'artillerie, ou par le biais du travail forcé des Tibétains. Les objets précieux furent emmenés par camion en Chine, sur les routes qui avaient notamment été construites par les nombreux prisonniers tibétains, réduits en esclavage afin de " développer " le Tibet. En plus du pillage, ces routes servirent également à acheminer le matériel pour installer les silos nucléaires chinois sur le sol tibétain. Des siècles de tradition tibétaine furent effacés par la volonté du tyran Mao, ce qui constitua une perte considérable pour le patrimoine culturel de l'humanité. De courageux Tibétains ont déclenché un mouvement de révolte en 1957. Ceux qui étaient considérés par l'occupant comme des rebelles commettant des actes criminels, étaient en fait des résistants équipés d'un armement dérisoire, poussés par un désespoir sans nom. Un autre mouvement fut lancé le 7 juin 1968, où de jeunes Tibétains furent abattus sans sommation par les soudards de l'A.I.O.. En 1969, en plein déchaînement de la Révolution culturelle initiée par le criminel Mao, il y eut une rébellion avec une nonne à la tête d'un millier de résistants tibétains. La plupart furent abattus, arrêtés et exécutés publiquement ou déportés dans les camps de travail. Il y eut encore un nouveau cycle de manifestations, forme pacifique de protestation en réaction à l'afflux d'immigrants chinois . Ces manifestations furent suivies comme toujours de violentes répressions en septembre 1987. Des peines sévères et des traitements inhumains et dégradants furent infligés aux résistantes tibétaines et aux résistants tibétains arrêtés pour avoir osé exprimer leurs griefs. Les tourments infligés à la population tibétaine sont sans fin et dispensent les victimes de rechercher le moindre compromis avec leurs bourreaux. Ainsi, il y eut la création des communes populaires à l'origine de nouvelles famines. L'occupant chinois eut cette idée de génie de remplacer la culture de l'orge, parfaitement adaptée à ces terres austères, par celle du blé : le rendement fut ridicule, mais pas le nombre des cobayes tibétains victimes de ces fonctionnaires apprentis sorciers à la solde du pouvoir, dont l'incompétence n'est plus à démontrer. Ce qui est certain et ne peut être contesté par aucun observateur de bonne foi, c'est que si l'envahisseur communiste était resté à l'intérieur de ses frontières, des centaines de milliers de Tibétains n'auraient pas subi les traitements réservés aux " réactionnaires " et autres " contre-révolutionnaires ". Ceux qui survécurent aux thamzing ne seraient pas venus peupler les camps de concentration et prisons du laogai. Les Tibétaines n'auraient pas connu les stérilisations et avortements forcés, particulièrement utilisés au " Pays des neiges ", pour s'aligner sur la politique chinoise de l'enfant unique, mais employée à forte dose pour les mères tibétaines. Les dizaines de milliers de Tibétains disparus dans les seuls camps de la mort situés dans la province du Gansu auraient pu finir paisiblement leurs jours dans ce merveilleux pays, sans la présence de l'occupant chinois. Il n'y aurait eu aucune victime du trafic d'organes organisé par la mafia gouvernementale. Les montagnes tibétaines n'auraient pas été éventrées par le colonisateur chinois, afin de voler le minerai appartenant de droit au peuple tibétain, ou pour dissimuler les missiles nucléaires. La terre tibétaine n'aurait pas été transformée en décharge de la dictature. La déforestation intensive afin de s'emparer du bois tibétain n'aurait jamais transformé l'ensemble du territoire tibétain en terre aride, car les Tibétains sont bien trop respectueux de leur environnement. Les eaux tibétaines n'auraient pas été polluées par les déchets nucléaires, afin de fournir l'électricité pillée aux colons et à l'armée d'occupation. Les famines organisées, tantôt par perversité, tantôt par incompétence, firent leur œuvre au Tibet occupé, plus que dans les régions et provinces chinoises. Lors de pénuries catastrophiques en Chine, le " Pays des neiges " occupé devint soudain un grenier à blé inespéré et le pillage s'intensifia au détriment de la population tibétaine. Il fallait sauver ce qui pouvait l'être en Chine et notamment le régime et ses piliers, l'armée et la police. Comme en Chine, l'armée d'occupation était devenue prioritaire au Tibet pour la distribution de nourriture. Comme une nuée de crickets, cette armée de bourreaux qui massacrait les Tibétains était convenablement nourrie sur le dos de ses victimes. En résumé, sans intrusion étrangère, les Tibétains n'auraient jamais été impliqués dans des affaires intérieures chinoises qui ne les concernaient pas. Et il devient de plus en plus urgent de les soulager des affaires chinoises. * * * * * * * * * * * * * La Chine aujourd'hui Actuellement, une minorité de Chinois s'enrichit en prenant garde de soutenir les privilégiés au pouvoir à Pékin, avec un respect constant d'un principe simple ayant fait ses preuves au cœur du plus vaste système totalitaire de la planète : aucune critique n'est tolérée à l'égard du Parti. Pour le reste, il s'agit d'éviter de partager les fruits de la croissance avec les salariés exploités et les paysans misérables. Le numéro un chinois n'est élu ni pour le peuple, ni par le peuple. Grand défenseur du parti unique prôné par les tyrans qui l'ont précédé, le " boucher de Lhassa " a gagné la confiance des autres corrompus du parti par la férocité de sa répression, en matant la résistance tibétaine en mars 1989. Et si cette année-là fut particulièrement heureuse dans d'autres Etats opprimés par un autre système totalitaire communiste, Tibétains et Chinois pour des motifs différents payèrent le prix fort. Car même s'il ne s'agit que d'une goutte d'eau dans le sang des 65 millions de victimes de ce système totalitaire, Tienanmen est un des symboles de l'action néfaste et criminelle des tyrans actuels. Suite au décès de Hu Yaobang, dirigeant chinois opposé à la répression qui fut Secrétaire général du Parti communiste chinois de 1980 à 1987, les slogans fleurirent dans les universités : - " Ceux qui doivent mourir ne meurent pas. Ceux qui devraient vivre meurent ! " Devant l'état d'insurrection, le criminel Li Peng s'inquiéta de la remise en cause du pouvoir confisqué au peuple et des menaces pesant sur les privilégiés du régime. Au nom de ces derniers, il convenait de ne pas faire de quartier : quatorze jours après l'instauration de la loi martiale, fut décidée par les criminels en place l'intervention des blindés et des mitrailleuses. Une Chinoise rappelait que même la bande des quatre, au plus fort de la Révolution culturelle, n'avait pas ouvert le feu sur la population. Des témoignages ont fait état de camions remplis de cadavres de jeunes étudiants qui tombaient comme des mouches, car les tirs étaient à balles réelles. Sans doute la fine fleur de la future démocratie chinoise écrasée dans l'œuf. Du sang plein les rues, rouges comme la fête organisée par le meilleur ami des bourreaux en janvier 2004 à Paris, afin de glorifier les tenants de la dictature. Ces courageux étudiants devinrent des ennemis publics. Ils avaient osé menacer le pouvoir en place et leurs privilèges. Après la répression sanglante , un ancien président de la république française, François Mitterrand, évoqua un régime sans avenir qui tue la jeunesse qu'il a formée. Ces courageux étudiants qui avaient osé menacer le pouvoir en place furent arrêtés, torturés, expédiés dans les camps. Combien y furent éliminés ? " Seize ans après les événements de la place Tian'anmen, des dizaines de personnes sont toujours incarcérées et le gouvernement chinois refuse l'ouverture d'une enquête exhaustive, indépendante et impartiale. Yu Dongyue, par exemple, est toujours derrière les barreaux pour avoir, avec deux autres jeunes gens, jeté de la peinture sur le portrait de Mao Zedong sur la place Tian'anmen. " Nous nous félicitons de ce que l'UE ait conditionné la levée de l'embargo sur les armes à une réforme dans le domaine des droits humains, a déclaré Dick Oosting, directeur du Bureau européen d'Amnesty International. " Une chose est certaine : si les bourreaux ont triomphé, après le printemps de Pékin en 1989, viendra le crépuscule en 2008. Pour l'heure, certains gouvernements semblent émerger d'une longue somnolence. Donald Rumsfeld déclarait le 18 octobre 2005 : - " Le développement de la défense chinoise pose question : il est trop rapide, trop secret et il conduit à se demander si les intentions des Chinois sont pacifiques ". La réponse à cette question, le monde l'a pourtant déjà reçue deux ans plus tôt : - " La Chine est en train d'acquérir des missiles de courte portée à un rythme plus rapide que ce que les responsables américains prévoyaient, et elle les pointerait vers Taiwan, et peut-être des cibles américaines, si l'administration Bush décidait d'une intervention à la demande de l'île, selon un rapport du Pentagone. Préparer un possible conflit dans le détroit de Taiwan est le premier moteur de la modernisation militaire chinoise, est-il développé dans un rapport portant sur les projets militaires de Pékin. Ce rapport, présenté annuellement devant le Congrès, a été rendu public mercredi. La Chine possède environ 450 missiles balistiques de courte portée mais espère augmenter son arsenal de 75 nouveaux missiles chaque année. La sophistication et la précision des missiles ont augmenté, Pékin développant des variantes du missile CSS-6, missiles qui auraient la capacité d'atteindre Okinawa au Japon, où stationnent 33.000 soldats américains. Le ministre chinois des Affaires étrangères n'a pas encore commenté ce rapport." Ce qui n'inquiète nullement les amis des bourreaux. A l'ombre des missiles de plus en plus nombreux braqués sur Taiwan, le président Chirac, relayé ici ou là par une courtisane, plaida pour la fin de l'embargo sur les ventes d'armes à destination de la dictature chinoise, tout en condamnant les initiatives démocratiques de Taiwan. Il tenait à conserver le leadership des soutiens aux tyrans pour la suppression de l'embargo. Sans doute pour hâter le règlement de la crise entre la dictature de Pékin et la démocratie chinoise au profit des tyrans. Aveuglés par la perspective de contrats juteux, lorsque certains complices prennent le parti des tyrans, il convient de ne pas le faire à moitié. L'embargo ne se justifierait donc plus, afin d'assurer la vente d'armes françaises de haute technologie, lesquelles seront utilisées notamment contre Taiwan, avec le risque de conflit majeur contre Américains et Japonais. Mais peu importe pour de tels adeptes de la course au profit, que les dépenses militaires de la dictature chinoise aient augmenté de plus de 10% par an au cours des dix années passées pour atteindre 24,5 milliards de dollars en 2004. Quant à l'arsenal d'armement entreposé sur le territoire tibétain occupé, sans doute ne le jugent-ils pas suffisamment menaçant pour la paix du monde ! Et voici comment certains accroissent considérablement les tensions internationales, tout en accélérant le processus de génocide en cours au Tibet, la pérennité de la dictature nord-coréenne et les préparatifs d'invasion de Taiwan par l'armée impérialiste chinoise. En outre, les dissidents chinois ont été outrés par les propos honteux du politicien français, lequel s'est déclaré heureux d'apprendre la reconnaissance des droits de l'homme dans la constitution du système totalitaire chinois. Selon ce dernier, ces acquis n'aboutissent pas dans la confrontation. Inutile de demander aux Tibétains ce qu'ils pensent de la façon dont leurs tortionnaires respectent leurs droits fondamentaux ! Et qui pourrait encore ignorer que ces droits de l'homme jamais respectés, en aucune manière par Pékin, ont autant de valeur qu'une charte de l'environnement bafouée constamment dans la Constitution française ? Encore une fois du vent, du pipo, de la part de cet indéfectible soutien des " jeux de la honte " qui ne vont peut-être pas dans le sens de la confrontation, tant il est vrai que l'invasion de Taiwan aura très probablement lieu ensuite. Non loin de la prochaine victime des impérialistes chinois, depuis la rétrocession de Hongkong à la Chine en 1997, les libertés fondamentales n'ont cessé de régresser : liberté d'opinion, liberté de manifestation, pouvoir politique aux ordres du Parti. Par ailleurs, la dictature chinoise est un des rares pays qui puisse se prévaloir du fait que les chrétiens soient encore persécutés, torturés et exécutés. Dix mille d'entre eux ont été torturés à mort selon Human Rights in China. Nous avons vu que la liberté de croyance n'existait plus pour les bouddhistes tibétains. Quant aux mouvements comme le Falun Gong, ils sont impitoyablement réprimés. Car la Chine d'aujourd'hui, c'est également l'enfer des camps avec ce témoignage d'un survivant : - " Ayant été torturé au point de frôler la mort, je suis maintenant sans domicile et dois constamment changer d'endroit pour éviter d'être arrêté à nouveau et soumis aux travaux forcés et à la torture. Je pourrais vous dire mon nom, mon travail et d'autres détails, mais ceci ne ferait que mettre en danger ceux qui m'ont connu. Laissez-moi seulement vous dire que je viens de Changchun, que je pratique le Falun Gong, et que début 2001, j'ai été illégalement condamné à une peine de 3 ans de travaux forcés au camp de Yinmahe de la ville de Jiutai dans la province de Jilin. Le camp utilisait des moyens de torture, tels que nous fouetter avec des lanières de fer, nous donner des coups de pied, nous frapper le visage avec des chaussures, etc. Mais le plus horrible est ce qu'on a fait au pratiquant Xue Baoping de Henan. D'abord, les dirigeants des escouades Tang Bo et Zhao Fengshan ainsi que le geôlier Lio Xiduo ont totalement déshabillé Xue Baoping. Quelques policiers en stage ont aidé à écarter les jambes de Li et à lui tenir la tête. Les geôliers ont ensuite enfoncé une matraque électrique de 5 cm de diamètre dans le rectum de Li et l'ont ainsi électrocuté pendant au moins une heure. Les cris et les pleurs de Xue qu'on torturait nous donnaient l'impression d'être en enfer. " Ces pratiques se poursuivront pendant les finales " olympiques ". La naïveté de ceux qui imaginaient que la tyrannie n'en était plus une, sous prétexte qu'elle favorisait le profit après avait favorisé l'idéologie marxiste, n'est plus de mise. Quant aux naïfs en question, ils ne pourront pas toujours se dissimuler derrière leur cupidité. Le Centre d'Information sur le Falun Gong en France observe une aggravation inquiétante de la répression du Falun Gong en Chine. Un nouveau décès par torture est confirmé quasiment chaque jour, ce qui ne constitue que la petite partie visible de la réalité que tente de cacher le régime chinois. Mme Dominique Soufaché, porte-parole du Centre d'Information, déclarait en octobre 2002 : - " Le traitement des pratiquants de Falun Gong et des autres personnes dans les camps de travail forcé de Jiang Zemin est une honte pour la Chine et un affront à l'humanité toute entière. Il est insoutenable de voir combien sont dépravés certains officiels et gardiens dans les camps de travail. L'humain y est piétiné et réduit à rien. C'est insoutenable de savoir tout ce qui se passe là-bas. Les gens dans le reste du monde réalisent combien sont exceptionnels ces citoyens chinois qui pratiquent le Falun Gong et défendent leur droit à la liberté de croyance. Ils risquent leur vie chaque jour pour faire savoir à leurs concitoyens et aux autres pays ce qui se passe en Chine. " Il y a peu, les exécutions publiques étaient organisées dans les stades de football. Le condamné était transporté à découvert dans un camion jusqu'au lieu d'exécution et agenouillé, les mains menottées et le corps incliné, avant qu'un exécuteur ne lui tire une balle dans la tête. Les familles qui souhaitaient réclamer le corps devaient payer la balle. Aujourd'hui, la dictature s'est dotée de fourgons mobiles pour l'exécution des condamnés, afin de s'éloigner de la traditionnelle balle dans la tête du système communiste, vers un usage " plus civilisé " de l'injection mortelle. Ces chambres d'exécution mobiles sont utilisées pour éliminer les condamnés, coupables ou innocents, par injection létale . Il n'est pas inutile de se souvenir que chez les nazis, des camions furent utilisés aux prémices de la solution finale pour expérimenter l'asphyxie des déportés, laquelle se fit plus tard à plus grande échelle. De nos jours, 4/5 des exécutions capitales de par le monde ont lieu au cœur de la dictature chinoise. Et comment ne pas évoquer ici ces mystérieuses disparitions, qui sont devenues une inquiétante coutume dans cet univers oublié du droit : " Le 19 Août 2005, l'ONG Human Rights in China (HRIC) a appris que Sun Xiaodi, ancien employé de la mine d'uranium de Gansu, a disparu après son arrestation par la police chinoise, alors qu'il allait déposer une pétition à Pékin dénonçant les graves empoisonnements nucléaires affectant les populations locales. Son arrestation fait suite à son interview par un journaliste de l'AFP le 28 Avril. Très inquiète, la famille de Sun Xiaodi lance un appel pour qu'il soit libéré. Cette mine d'uranium est située à Diebu (nom tibétain : Thebo, Tewo) dans la préfecture autonome tibétaine de Gannan. induisant une incidence élevée de tumeurs cancéreuses, de leucémies et de malformations congénitales chez les populations avoisinantes. Avant que la mine ne soit ouverte en 1980, le secteur était peuplé d'une grande variété de poissons, d'oiseau, de plantes et d'espèces animales, mais est depuis devenu une terre stérile. Le bétail souffre également d'un taux de mortalité exceptionnellement élevé. Les médecins locaux rapportent que près de la moitié des décès dans le secteur sont dus à des cancers, dissimulés en raison " de secrets d'état ". Aucune mesure préventive n'est prise afin de protéger la vie humaine et animale. Déjà en 1993, Gonpo Thondup, un tibétain exilé en Inde nous informait que les eaux radioactives issues de cette mine étaient collectées dans des conteneurs de 40 mètres de haut avant d'être déversées dans la rivière voisine utilisée par la population et le bétail pour boire. Il rapportait que 50 Tibétains de Thewo sont morts en 2 ans de maladies mystérieuses, que 12 femmes tibétaines avaient accouché d'enfant mort né, que de nombreux enfants souffraient de malformations et que les animaux domestiques mourraient de causes inconnues. Il existe plusieurs sites fortement contaminés par la radioactivité au Tibet. Pourtant, les effets des polluants radioactifs déversés dans l'eau du plateau tibétain se feront sentir bien au-delà car 10 des plus grands fleuves d'Asie y prennent source. De plus, les vents de haute altitude qui soufflent au Tibet peuvent transporter la radioactivité à de grandes distances. Solidaire avec HRIC, France-Tibet demande aux autorités chinoises de libérer immédiatement Sun Xiaodi et de remédier de toute urgence à la contamination environnementale dangereuse et aux risques sanitaires graves aux humains et aux animaux près de la mine d'uranium de Gansu. La France et les autres pays qui coopèrent avec la République populaire de Chine dans le domaine nucléaire doivent interpeller les autorités chinoises sur ces questions. " Et pendant ce temps, le business se poursuit : Pékin encourage l'introduction de capitaux étrangers dans l'exploration et l'extraction de minerai en Chine de l'Ouest . Les investisseurs étrangers qui se livrent à ces activités, exception faite de la prospection et l'exploitation du pétrole et du gaz, peuvent bénéficier, durant une période déterminée, d'une franchise partielle du droit d'exploration et du droit d'extraction. Les entreprises impliquées dans le pillage des matières premières du " Pays des neiges " sont également autorisées à pratiquer la cession de ces droits en suivant la procédure légale. Une loi promulguée en octobre 2002, interdit aux cinquante millions d'internautes chinois de créer, télécharger, copier, envoyer, diffuser ou même consulter les contenus pouvant porter atteinte à l'unité nationale, à la souveraineté et à l'intégrité de la Chine. C'est la grande crainte des dirigeants de Pékin : que soit remise en cause la possession de territoires qui ne leur appartiennent pas, ou qu'ils espèrent voir réintégrer dans le giron de la mère patrie. Comme ce fut le cas de Hongkong, où malgré ses promesses de préserver toutes les libertés d'un état démocratique, la dictature passe maintenant l'île sous un rouleau compresseur répressif. Cette suppression progressive de toute liberté n'est pas sans rappeler celle exercée contre les dissidents chinois et celle exercée au Tibet occupé depuis 50 ans, sans oublier les peuples du Turkestan oriental et de Mongolie du sud, opprimés eux aussi par la dictature chinoise. Mais quel miracle pourrait-on en attendre du pire de l'ultralibéralisme allié au pire du communisme ? Dans cette dictature, il y a ceux qui ont su se servir du libéralisme, du népotisme et de la corruption. Pour la grande majorité de Chinois, il s'agira de se révolter ou d'être écrabouillé par le pouvoir policier hérité du communisme et le rouleau compresseur de l'ultralibéralisme. Les laissés-pour-compte représentent l'équivalent de la population de l'Union européenne, des Etats-Unis, du Canada, de la Russie et de l'Australie. Imaginer que ce formidable réservoir humain va continuer à se laisser opprimer et spolier encore longtemps, c'est se mettre le bras dans l'œil. Ces " doubles expulsés " de l'emploi de leur usine et de leur logement, suite à la spéculation immobilière finiront un jour par faire valoir leurs droits. Et malgré tous les signaux alarmants venant de la dictature, ses complices occidentaux soutiennent qu'il convient de faire du business avec Pékin ; de même, les touristes et autres artistes qui se rendent en Chine prétendent qu'ils agissent ainsi dans l'intérêt du peuple chinois et osent évoquer une " émergence pacifique " de la Chine. Sans doute occultent-ils ces mafias au service du pouvoir qui organisent les expropriations aux fins de spéculation immobilière et ont utilisé l'armée, afin de réprimer dans le sang les petits paysans de Dongzhou qui tentaient de préserver leurs misérables demeures . Peut-être, le XXIe siècle verra-t-il l'anéantissement de cette gigantesque entreprise criminelle, en tout cas faut-il l'espérer. Cependant, afin que l'espérance demeure, nous devons cesser de nous ranger aux côtés des tyrans, car cela constitue toujours plus qu'une erreur : c'est une faute majeure doublée d'une injustice. C'est injuste à l'égard des victimes des bourreaux, injuste au regard de l'histoire, injuste pour tous ceux qui pâtiront de notre complicité, et comble de l'aberration nous y compris. Ainsi l'emballement des prix de l'acier en hausse constante, bouleversant l'économie de la planète et son environnement. La consommation de la Chine croît régulièrement de 10 % chaque année. L'appétit des " libéro-marxistes " de Pékin ne se dément ni pour le charbon, ni pour le pétrole, ni pour le gaz, en privant par la même occasion leurs clients de ces matières premières et en accroissant l'inflation du coût de ces dernières. Dans le même temps, les devises apportées par leurs clients occidentaux et le pillage du territoire tibétain assurent la solvabilité de la dictature. Tout au long d'un sinistre et inexorable mouvement de bascule de la sauvagerie communiste à l'implacable rouleau compresseur de l'ultralibéralisme, le pouvoir a précieusement conservé le modèle répressif du système totalitaire du tyran Mao. Mais gardons à l'esprit que derrière ces grands criminels, ont sévi et sévissent encore des millions de numéros deux, trois et suivants du régime, des sous-fifres zélés, des complices corrompus oeuvrant en toute impunité, pour ce qui constitue sans conteste la plus grande toile d'araignée criminelle du XXe siècle et sans doute de toute l'histoire du " manque d'humanité ". En août 2008, il convient de donner une chance aux tenants de ce système totalitaire de se retirer du territoire tibétain qu'ils occupent en totale violation du droit international et de respecter enfin ce droit. Faute de quoi, nous préparons des jours très sombres pour l'humanité. Chapitre 4 Complices et renégats " Pour que le mal triomphe, seule suffit l'inactivité des hommes de bien. " Edmund Burke Selon les définitions courantes, un renégat est un individu qui a trahi ses opinions, sa patrie ou son parti, comme ce fut le cas en 1974, où un politicien français trahit le candidat de son parti afin de rejoindre un autre mouvement conservateur, afin d'obtenir un poste de premier ministre. Mais nous prendrons ici ce terme dans une acception plus étendue : celle ou celui qui a trahi l'humanité dans son ensemble. Et il ne fait aucun doute que ceux qui, dissimulés derrière un pragmatisme bon teint, soutiennent d'une manière ou d'une autre l'action des despotes , ne peuvent en aucun cas revendiquer une place dans le camp de ceux qui défendent l'humanité. Il est impossible d'avoir un pied en enfer et un autre au paradis. En ce sens, nul qui prétendrait se soucier des Droits de l'homme n'a le droit de danser avec un tyran, ou de le soutenir dans ses entreprises visant à obtenir reconnaissance et glorification. Un être humain qui se respecte viendra en aide, non à l'oppresseur , mais à ses victimes. Samaranch, quant à lui, n'a pas ménagé sa peine, non pour venir au secours de l'infortuné peuple tibétain, mais afin d'apporter la consécration à la plus grande dictature du monde. Il revient à chacun d'entre nous, si nous croyons en l'avenir d'une humanité meilleure, de contrarier les plans de renégats de cette sorte et de tout tenter pour faire obstacle aux bourreaux. Combien ont transigé avec leur conscience et se révèlent prêts à toutes les compromissions pour réussir et satisfaire leur intérêt personnel ? Qu'il s'agisse du président d'une démocratie occidentale, de représentants parlementaires ou de certains chefs d'entreprise, pour qui seul compte le profit à tout prix, il en est pour qui le respect des Droits de l'homme est aussi important que leur premier trafic d'influence. La notion de traître à la patrie est bien connue. Un sombre individu, du nom de Ngapo Ngawang Jigme, Tibétain de naissance, puis collaborateur chinois par intérêt personnel, engagea les insurgés tibétains à déposer les armes. En outre, il fit partie des signataires de l'Accord en dix-sept points imposé par Mao au Gouvernement tibétain. Le même prétendit en 1960 que les paysans tibétains chantaient les louanges de leur bourreau, le président Mao. Et pour faire l'éloge de l'avancée socialiste au Tibet, voici ce que le fourbe n'hésita pas à déclarer, après dix années d'occupation, de massacres, de tortures et quelques années avant l'enfer de la Révolution culturelle : - " J'ai plus de soixante ans maintenant et n'ai jamais vu le peuple tibétain aussi heureux , dans de meilleures dispositions et si ferme dans sa détermination… Même nos ennemis doivent le reconnaître. C'est une chose rare dans le monde pour un peuple de passer d'une société féodale de servage extrêmement arriérée à une société socialiste avancée, en seulement un quart de siècle comme cela a été le cas au Tibet. " Evidemment, il oubliait d'ajouter que les prétendus " serfs " étaient devenus esclaves de l'occupant chinois. Si le sinistre individu n'obtient pas une place de choix au panthéon des traîtres après de telles déclarations enthousiastes, c'est à désespérer de tout. En revanche, la notion de renégat de l'humanité est beaucoup moins connue, quoique beaucoup plus préoccupante, puisque cela revient à commettre une trahison à l'égard du genre humain dans son ensemble. Lorsqu'on cherche à définir ce qu'est l'humanité, il est généralement question de genre humain, d'altruisme; de bienveillance à l'égard de ses semblables, de sentiment profond de la grandeur et de la misère de l'homme. Il s'agit de traiter quelqu'un avec humanité ou de rendre service à l'humanité. En d'autres termes, il paraîtrait naturel de se soucier un tant soit peu du sort des êtres humains avec qui nous cohabitons et dont nous sommes de plus en plus interdépendants et notamment avec ceux qui souffrent de l'injustice et de l'oppression. Sous cet angle, il deviendrait donc difficile, voire impossible de s'offrir, ne serait-ce que pour une danse dans les bras d'un tyran qui opprime deux peuples, et encore plus ignoble de soutenir les criminels contre l'humanité, tout en condamnant ceux qui les combattent. Plus concrètement, nous pouvons classer dans la catégorie des renégats de l'humanité, les individus sans conscience qui se rangent aux côtés des bourreaux et choisissent de fraterniser avec ceux-ci, allant même parfois jusqu'à soutenir leurs idées, plutôt que d'apporter leur aide à ceux qu'ils oppriment. Nous avons vu que l'ancien président du CIO tenait la corde dans la liste des engagés comme renégats de l'humanité. Témoigner notre mépris au renégat Samaranch est encore le mieux. Cependant, maintenant que le forfait est accompli, il convient de chercher le meilleur moyen de contrarier l'acte ignoble de l'infâme individu, pour qui la souffrance du peuple tibétain ne représente rien d'autre qu'une anecdote dans un livre d'histoire obsolète. Ce dernier se serait sans doute fort bien entendu avec Ngapo Ngawang Jigme : le Tibétain à la solde des communistes chinois a précipité la chute de son pays, l'autre est l'auteur d'une des plus grandes trahisons à l'égard de l'humanité. Mais nous allons évoquer ici deux exemples riches d'enseignement. Monsieur était président d'un pays de l'Union européenne . Madame se faisait appeler première dame. Il s'agit en fait de la première épouse d'un chef d'Etat occidental à avoir valsé avec le tyran du plus grand système totalitaire de la planète, accessoirement co-auteur d'un génocide du peuple le plus pacifique de la terre. Il s'agit donc de la première dame à pouvoir se prévaloir d'une telle indignité. Nous pourrons constater ainsi que parfois, de la première à la dernière, il n'y a qu'un pas, vite franchi, lorsque la vilenie s'en mêle. Un autre exemple, nous le verrons plus loin, tient dans le rapport fait par deux élus, à l'occasion d'un voyage d'agrément en Corée du Nord, dictature plus modeste que la Chine, mais non moins féroce. Examinons d'abord le cas de celle que nous nommerons ici la " valseuse " : l'année 1999 gardera une trace d'infamie indélébile, bien que beaucoup cherchent à la gommer, comme s'il ne s'était rien passé, ou comme si cette femme avait dansé avec le premier démocrate venu. Elle nous offrit pourtant une image particulièrement abjecte : lors d'une visite officielle en France de Jiang Zemin en octobre 1999 , l'épouse du président d'une démocratie européenne, bras dessus bras dessous le temps d'une valse avec le sinistre personnage, le tenant d'une des trois pires dictatures que la terre ait porté et de la plus grande encore en activité. Cependant, le plus surprenant est que cette tendre valse n'ait semblé choquer personne. Et pourtant, à la même heure, à la même seconde, la torture appliquée par les sbires de son cavalier, était au menu des prisonniers tibétains ployant sous le joug de l'occupant chinois. Cette même année de cette valse honteuse, trois moines tibétains mourraient des suites des tortures subies dans des prisons chinoises. TIN précisa que deux de ces moines étaient originaires du monastère Nalanda dans l'Ouest du Tibet occupé (RAT). Ils s'appelaient Legshe Tsoglam, 21 ans, mort le 12 avril peu après avoir été libéré du centre de détention de Gursa, où il était emprisonné pour avoir refusé de coopérer à une campagne officielle d'éducation, et Norbu, 22 ans, mort quelques semaines plus tôt et qui avait lui aussi été interné à Gutsa, selon une télécopie TIN adressée à l'AFP à Pékin. Selon des Tibétains en exil, les deux hommes avaient été violemment battus lors de leur séjour en prison. Un troisième moine, Ngawang Jinpa, du monastère de Ganden près de Lhassa, est mort le 20 mai après sa libération de la prison de Drapchi. Trente deux autres Tibétains sont morts dans des circonstances similaires entre septembre 1997 et janvier 1999 . Incontestablement, cette scène de liesse franco-chinoise était une offense aux victimes du génocide qui connaîtra son apogée en août 2008. Elle aurait donc dû révolter tout ce que la terre compte de démocrates épris de justice, mais laissa curieusement de marbre les observateurs. La collaboration avec les bourreaux/pillards est-elle passée dans les mœurs, comme aux pires moments de l'Etat français de Vichy ? Valse historique entre le représentant des bourreaux et sa cavalière. Ces images télévisées nous ont fait découvrir cette scène intolérable au journal du soir, comme s'il s'agissait d'un banal reportage de la vie quotidienne et donc qu'il n'y avait pas lieu de s'offusquer davantage, que si nous évoquions le savoir-faire d'une grand-mère championne de tricot. Mais en l'occurrence, il ne s'agissait aucunement d'un acte anodin : elle fut la seule épouse d'un dirigeant d'une démocratie à accepter une telle indignité, la seule à valser avec un tel tyran. Combien peuvent se prévaloir d'un tel déshonneur avec Adolf Hitler ou Joseph Staline ? Nombre d'épouses de chef d'Etat, mais également de citoyennes moins renommées auraient refusé cet outrage à l'humanité. Celle qui se comporta comme la dernière des femmes tondues en 1944, fut la première à danser avec un tel tyran dont nous avons vu qu'il était capable du pire, au Tibet occupé comme en Chine, ainsi qu'il le fit à Tienanmen. Bien qu'elle se cache derrière ses bonnes œuvres électoralistes, en acceptant ce symbole, elle a affirmé à la face du monde qu'il ne suffisait pas de donner le change en paraissant préoccupée par la santé des petits Français . Elle a clairement affiché son mépris et démontré qu'elle ne se sentait nullement concernée par le sort des enfants tibétains. Il est en effet loin d'être certain que cette " brave " dame se soit très sincèrement préoccupée d'autres enfants, que ceux qui étaient issus de la France profonde et dont les parents étaient électeurs potentiels de l'ami du " boucher de Lhassa ", successeur de Jiang Zemin, son cavalier. En tout état de cause, elle ne se souciait aucunement des enfants, dont les pères étaient torturés par les gardes-chiourme dans l'enfer carcéral chinois, ou ceux dont la mère, parce que Tibétaine, était avortée ou stérilisée de force, pas davantage de ces petits Tibétains devenus orphelins, ni du pillage qui se poursuivait au cœur du " Pays des neiges ". Au cours du mois suivant la valse du dictateur chinois, des informations inquiétantes ont fait état du décès du plus jeune prisonnier politique du monde, Gendhun Choekyi Nyima . Cet enfant de 10 ans, réincarnation du 10e Panchen-lama, et sa famille ont été arrêtés par les autorités chinoises en juillet 1995. Un Tibétain ayant fuit le régime chinois disait avoir appris qu'on empoisonnait quotidiennement le petit Panchen-lama par le biais de sa nourriture. Le corps du jeune enfant aurait été incinéré dans une prison du Lanzhou. Les prisonniers chargés d'accompagner le corps de l'enfant auraient reconnu le visage du jeune Panchen-lama. Malgré les dénégations des tyrans de Pékin, prétendant que l'enfant poursuivait une scolarité normale et était en bonne santé, personne n'a jamais revu vivante la seconde personnalité religieuse du " Pays des neiges ". Jack Lang, alors Président de la Commission des Affaires étrangères, avait alerté le Ministre des Affaires étrangères français sur la situation du plus jeune prisonnier politique du monde. Depuis lors, les années se sont écoulées et tout porte à croire que les bourreaux ont assassiné le malheureux enfant. Il faut croire qu'ils craignent toujours le " poison de la religion ", comme le tyran qui les a engendrés. Ce qui confirme s'il en était besoin qu'il n'y a aucune protection à attendre de l'occupant chinois pour les Tibétains, dans le cadre d'une prétendue autonomie. La répression a continué pendant et après la valse de cette prétendue " première dame " avec le tyran, au cours de laquelle elle n'a certainement pas médité sur la gravité de son acte. Certains des soutiens de l'ancien couple présidentiel chercheront à la dédouaner en affirmant qu'elle ne pouvait pas refuser. Mais combien auraient accepté de se salir les mains, en refusant tout contact et toute compromission avec un tel bourreau ? Il serait trop facile d'occulter l'acte de la valseuse, d'agir comme si son geste hautement symbolique, une danse avec le pire des tyrans encore en activité, était sans importance. Car il s'agit pour le moins de mépris à l'égard de l'infortuné peuple tibétain, de traîtrise envers les valeurs les plus nobles de l'humanité. Non décidément, il n'y a aucune noblesse chez cette femme, bien qu'elle prétendait bénéficier du traitement consenti aux altesses royales. Par ailleurs, la promotion faite aux œuvres électoralistes de la " valseuse " est non seulement scandaleuse, mais inconvenante, lorsque nous savons le peu de cas fait par celle-ci, lorsqu'elle valsait avec l'un des bourreaux du peuple tibétain, du sort des enfants tibétains malades ou privés de leurs parents arrêtés, torturés, assassinés, pour la plupart dans les camps. En agissant ainsi, cette créature s'est montrée totalement, massivement indifférente, face à la somme de souffrances vécues par l'infortuné peuple tibétain. Le respect ne se doit pas, il se mérite. Encore faut-il s'en montrer digne. Au lieu de faire référence à une noblesse qu'elle ne peut en aucun cas revendiquer, elle aurait pu, si elle en avait eu la capacité, réfléchir sur l'essence même de la vraie noblesse : celle du cœur qu'elle n'a pas eu pour les victimes tibétaines, lorsqu'elle dansait avec leur bourreau. Suite à cet acte infâme avec le tyran du pays où les criminels assassinent et emprisonnent les innocents, il est légitime de s'interroger : aurait-elle dansé avec le successeur en exercice du chef nazi ? L'acte aurait été tout aussi abject, même si les nazis ont exterminé trois fois moins d'êtres humains que le système totalitaire maoïste. Mais nous en apprendrons davantage sur la réalité de la conscience de la " valseuse " et de ses sentiments supposés à l'égard de la misère humaine, lorsqu'elle aura accompli cette démarche essentielle : après avoir eu connaissance du contenu de cet ouvrage, aura-t-elle la décence de présenter ses excuses aux martyrs tibétains, victimes de son cavalier d'un jour et de ses soudards ? Devant une telle indignité, il est permis d'en douter. Espérons pour ces individus, qui ont sali l'honneur de la démocratie en pactisant avec les tyrans, qu'ils choisiront la voie qui s'impose. Bien évidemment, la " valseuse " n'est en rien responsable du fait que les Tibétains aient eu la malchance de susciter la convoitise des pillards chinois. Mais par son acte ignoble, elle a choisi son camp, lequel n'est manifestement pas celui de l'infortuné peuple tibétain. Et si ce n'est celui des victimes, ce ne peut être que celui des bourreaux. Rappelons que Jiang Zemin, son cavalier au moment de la valse, est à la tête du système impérialiste qui opprime le Tibet occupé. Il est le successeur désigné du tyran Mao, avant la désignation du " boucher de Lhassa ", Hu Jintao. Il est bien évident que pour être nommé à la tête du parti unique dans un système totalitaire, il est indispensable d'avoir fait ses preuves, en tant qu'élément dur, obéissant et sans faille du parti. A l'orée du troisième millénaire, cette femme qui aurait dû être un exemple à suivre et de par sa position, l'image même de la dignité, dansa avec le numéro un du plus vaste système totalitaire de la planète, clone du despote Mao. Toute personne qui se montre consciente des valeurs essentielles de l'humanité ne peut être que choquée par cette scène, sauf à faire abstraction des victimes tibétaines et chinoises massacrées, torturées, déportées dans les camps de la mort chinois, sauf à occulter les millions de morts du grand bond en avant, de la révolution culturelle et de toutes les aberrations du communisme à la sauce chinoise. Il est vrai qu'en amont de cette danse, l'ambiance était à la détente, si ce n'est pour les opprimés tibétains entre les mains de leurs bourreaux : entre une promesse de vente de trois Airbus et deux T.G.V., ou de centrales nucléaires d'un côté et du sort de quelques millions de Tibétains de l'autre, le fléau de la balance penche assez rapidement dans le sens du profit. Certains pourraient objecter que cette scène ignoble est indigne de l'ancien " Pays des droits de l'homme " que fut la France, car où donc sur cette planète les droits de l'homme sont-ils davantage bafoués qu'au cœur du Tibet occupé, par les bourreaux chinois, chez qui les indifférents devant la souffrance humaine se rendront en rangs serrés, afin de célébrer le triomphe ? Au cours de cette scandaleuse visite en France, le dictateur chinois a été gratifié d'une escorte de 180 gardes républicains à cheval et les associations de soutien à l'infortuné peuple tibétain ont dénoncé l'excès de zèle inquiétant des forces de l'ordre constaté lors de la visite. Des membres de Reporters sans Frontières ont été appréhendés, parce qu'ils manifestaient pour la liberté d'expression en Chine. Des Tibétaines et des Tibétains ont été interpellés sans autre motif que celui de porter le costume traditionnel. Des enfants de moins de 10 ans, un bébé de 3 mois et des personnes âgées ont été gardées plusieurs heures dans les commissariats. Comme le régime de Vichy devançait les désirs des nazis en déportant les Juifs, nul doute que ces apôtres de la collaboration ont devancé les désirs des autorités chinoises en abusant de forces disproportionnées, afin de restreindre l'action de manifestants qui ne représentaient en réalité aucune menace pour la sécurité du dictateur. En contradiction flagrante avec les traditions démocratiques de la France, une telle restriction à la libre expression des opinions a été employée, de sorte que le dictateur ne soit en aucune façon ni apostrophé par les militants des droits de l'homme, ni gêné par la vue de drapeaux tibétains ou de banderoles. Ce qui a amené les associations pro tibétaines à s'interroger : - " Qu'en est-il de la liberté d'expression et de circulation en France, quand la France invite le président de la plus grande dictature du monde ? La France tâche-t-elle d'exporter la démocratie ou au contraire d'importer la dictature ? " Le couple présidentiel en question a révélé le fond de sa personnalité : cependant, rien et surtout pas des considérations économiques, ne justifie cette complicité affichée avec de tels bourreaux. Ceux qui s'avilissent à ce point, en démontrant une telle absence de compassion pour les victimes tibétaines, se comportent comme des opportunistes de la pire espèce, lesquels ne devraient représenter qu'eux-mêmes. Ils ne méritent que rejet et mépris. S'il en est qui méritent considération et respect, ce sont les victimes de l'oppression et non les bourreaux et leurs complices. Où sont passées les valeurs morales ? Un an après cette valse ignoble, à l'occasion d'une émission télévisée consacrée à cette femme si peu glorieuse, un animateur de télévision obséquieux à souhait annonça le portrait d'une " femme exceptionnelle ". Il en est certainement qui seraient tentés de demander à cette " femme exceptionnelle ", si elle s'était lavée les mains après cette valse avec un tel cavalier. Si une semblable appellation est attribuée à une telle créature, que dire de Olympe de Gouges, décapitée pour avoir eu le courage de prendre la défense de Louis XVI et lutté pour les droits des femmes pendant la Révolution française, Ingrid Betancourt, victime de son engagement pour l'environnement et contre la corruption en Colombie, Mère Térésa, dont la quête humanitaire eut une résonance mondiale, ou encore Marie Curie, scientifique renommée ? Plusieurs volumes seraient nécessaires afin d'évoquer l'ensemble des femmes extraordinaires au cours de l'histoire. Mais quel individu de mauvaise foi pourrait accorder à la " valseuse " un quart de ligne dans une telle saga ? Après cet acte infâme, après le manque de gestion de l'après Tchernobyl, après celle de la canicule au cours de l'été 2003, nous pourrions penser que ce couple aurait dû être dans ses petits souliers : pas le moins du monde ! - " Les Français comprennent qu'il est arrivé un malheur cet été… ", se désola la " valseuse " le 3 octobre 2003 . Evoquant une catégorie d'individus dont l'intelligence est peu prolifique, un célèbre dialoguiste du cinéma français déclara : - " Ils osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît… " La femme d'un des principaux responsables de l'hécatombe estivale fit mine de s'inquiéter des victimes ; comme ces industriels d'un lobby pollueur animés par la seule course au profit osent prétendre qu'ils sont préoccupés par la sauvegarde de l'environnement ; comme ces chasseurs qui déclarent sans rire qu'ils sont les premiers défenseurs de la nature ; comme ces agriculteurs guidés par le seul souci de productivité, au risque de déverser en quantités gargantuesques, pesticides et engrais chimiques dans l'alimentation de leurs concitoyens, qui ne doutant de rien, proclament très sérieusement qu'ils se battent depuis toujours pour la qualité de leur production, par égard pour la santé des consommateurs. Ils osent tout et avec les naïfs qui ne regardent pas plus loin que leurs orteils, cela fonctionne. Si ces dirigeants d'une démocratie occidentale ne se préoccupent pas du plus vulnérable, tel l'infortuné peuple tibétain, ils savent se précipiter pour venir au secours des bourreaux. Dans la fange politicienne, où la collaboration avec les bourreaux devient du pragmatisme, l'ignominie se transforme en réalisme politique, le nuisible devient l'intérêt du pays, le néfaste se transforme en " bénéfique à long terme ". La valse avec un des pires tyrans de la planète peut donc être qualifiée de " communication indispensable à une saine diplomatie ". Un voyage de soutien à la dictature serait un investissement pour l'avenir permettant de voir apparaître l'arlésienne : l'ouverture démocratique tellement dangereuse pour l'avenir des tyrans en poste qu'elle se produira très certainement lorsque " les poules auront des dents ". Sous couvert de mondialisation, ces politiciens professionnels se permettent donc toutes les vilenies. Et plus tard, éloignés des fastes du pouvoir, qui sait si l'ancien couple présidentiel n'affirmera pas qu'il n'a fait que son devoir et que l'un et l'autre n'avaient d'autre souci que de tendre la main à la Chine et à sa " minorité tibétaine " ? Cependant, le jour n'est pas si éloigné où ils se retrouveront seuls, face à leur conscience, pour peu qu'ils en soient dotés. En réalité, ou ils étaient ignorants du martyre de la nation tibétaine et du sort inacceptable réservé à son peuple et leurs concitoyens n'ont que faire de tels incompétents à la tête de l'Etat. Ou ils étaient parfaitement informés et dans ce cas, cela signifie qu'ils trahissent l'humanité en toute connaissance de cause et en toute absence de conscience. Et dans cette hypothèse, la cupidité ne constituera jamais une excuse suffisante. Ils ne méritent même pas le mépris, mais seulement l'oubli. A une certaine époque heureusement révolue, à entendre les éloges dithyrambiques de certains, ses courtisans donnaient l'impression de vouloir faire de la " valseuse ", une sainte. Invitée très régulièrement dans de nombreuses émissions de divertissement, les animateurs se livraient une compétition acharnée, afin de bénéficier de l'honneur d'obtenir sa participation. C'était un festival de duplicité. Ils se dévouaient avec une telle énergie afin d'assurer sa notoriété, que s'ils avaient chercher à obtenir sa béatification, ils ne s'y seraient pas pris autrement. Voici un principe voulu par l'église mis à mal. Si un tel comportement vaut d'être sanctifié, que faut-il faire pour mériter l'enfer ? Pour couronner le tout, un sondage précisa que 70 % de ses concitoyens à la lucidité embrumée l'appréciaient. Sans commentaire ! Si ce n'est qu'il n'est pas certain que chacun d'entre eux ait accepté de serrer dans ses bras le tenant de la dictature la plus sanguinaire de la planète et se serait prélassé dans la fraîcheur canadienne, pendant que le cocktail canicule/pollution, ajouté au manque de moyens dans les hôpitaux, provoquaient la mort de milliers de personnes âgées en France. Quel contraste avec l'époque de la Libération, où certaines Françaises furent injustement tondues pour le seul fait, ô combien plus anodin, d'être tombées amoureuses d'un soldat allemand ! De fait, l'acte odieux à laquelle s'est livrée la " valseuse " devrait s'avérer rédhibitoire, mais il est vrai qu'il s'agit d'une culpabilité partagée : son époux la soutenait, sachant qu'à aucun moment, il ne désavoua sa conduite, l'encourageant même, puisque cela allait selon lui dans le sens des intérêts de son pays , comprenez ses intérêts électoralistes. En fait, il suffit de remplacer la profondeur des idées par de beaux discours. Ainsi, cette déclaration du président français, rendant hommage le 20 novembre 2002 à Vaclav Havel, lequel quitta la présidence tchèque en février 2003 : - " Ce sont les rêveurs obstinés, les humanistes fous, rebelles à la fatalité, à la force brutale et à l'ordre immuable des choses qui donnent ses lettres de noblesse à l'histoire. " Voici une déclaration parfaitement adaptée à la lutte obstinée de la résistance tibétaine, face à la force brutale de l'occupant chinois, que soutenait néanmoins ce bonimenteur en déroulant le tapis rouge sous ses pieds. Et pour être tout à fait cohérent dans sa démarche politique, que ne la fit-il pas à l'adresse des victimes de ses amis bourreaux, en recevant enfin le Dalaï-lama avec les honneurs dus à un Chef d'Etat ? Celui qui aurait dû se montrer exemplaire devant le peuple qui l'avait élu, se révéla peu à peu comme un multirécidiviste de la compromission politique : s'il reçut avec les honneurs et sans sourciller les dictateurs de la pire espèce, il refusa de recevoir tour à tour, lors de leur visite au Parlement européen, des personnages d'une dimension exceptionnelle comme le Dalaï-lama et le Commandant Massoud. Tantôt, il convenait de ménager la susceptibilité des rois du pétrole saoudiens, accessoirement soutiens des fanatiques talibans, tantôt il s'agissait de s'abstenir de contrarier les tyrans de Pékin, potentiels acquéreurs de technologie française. Cupidité, quand tu nous tiens… Il est bien connu que certains dirigeants utilisent la démocratie, afin de préserver leurs privilèges, comme d'autres se servent de la dictature pour parvenir aux mêmes fins. Ceci aboutit à ce que l'on pourrait nommer une fraternité d'intérêts convergents. Cependant, les citoyens d'une démocratie sont-ils d'accord dans leur majorité pour sacrifier l'humanité et l'environnement à la course au profit ? Concernant l'Etat français, il est juste de rappeler que le politicien en question n'avait aucune responsabilité lors de l'invasion du Tibet en 1950. Mais pourquoi donc laisser échapper l'occasion unique qui lui était offerte de se démarquer de l'indifférence chronique à l'égard de la nation tibétaine et du manque de courage de ses prédécesseurs ? La lâcheté serait-elle une fatalité ? Il ne tenait qu'à lui de montrer ce qui le différenciait de ces derniers : en refusant de dérouler le tapis rouge sous les pieds des bourreaux et en acceptant de recevoir ses illustres contemporains. Non seulement, il se serait comporté en digne chef d'Etat en s'élevant à leur niveau, mais il aurait affirmé avec force, que lui-même se plaçait en défenseur du droit international, en refusant la main mise de l'occupant chinois sur cette nation souveraine. Encore aurait-il fallu qu'il ait été doté du plus élémentaire courage politique, dont devrait pourtant être pourvu tout dirigeant politique responsable. Cependant, non content de ne pas se démarquer de ses prédécesseurs, nous constaterons au cours de cet ouvrage qu'il se rangea résolument dans le camp des bourreaux. Humanité, humanisme, que me chantez-vous là ? Laissons donc disparaître ceux qui sont voués à l'extinction de leur race et de leur culture et rangeons-nous résolument du côté de ceux qui seront amenés à dominer le monde… Evidemment, ces derniers oppriment, torturent, éliminent, arrêtent arbitrairement, en ignorant jugement contradictoire et droits de la défense. Il faut dire que la justice chinoise doit faire face à de dangereux délinquants, lesquels osent faire de la provocation en exhibant un drapeau tibétain, celui d'une nation vaincue et occupée ; ceux-ci vont même jusqu'à commettre le crime gravissime de réclamer le retour de l'indépendance pour la nation tibétaine, ce qui range la délinquante ou le délinquant en question dans la catégorie " séparatiste ". Plusieurs années de rééducation dans les prisons chinoises sont souvent nécessaires pour ramener ces délinquants dans le droit chemin. Et finalement, Chirac se rangea du côté du droit…chinois. Il est vrai également que les dirigeants de Pékin ne font guère pire que ce que firent les prédécesseurs de ce politicien non éclairé, esclavagistes de Nantes, catholiques de la Saint-Barthélemy, milice de Pétain, agents de l'ordre colonial en Algérie. Les plus pragmatiques pourront toujours argumenter que les imitateurs chinois ont seulement retenu les leçons des tortionnaires passés. Mais ce qui est certain, c'est que les Tibétains sont aussi chinois, que les Français étaient allemands en 1942, ou que les Koweïtiens étaient irakiens en 1990 et si les Occidentaux eurent le " courage " de venir en aide à ces derniers, les premiers n'auraient donc pas lieu d'être davantage secourus que les 900.000 Ruandais, victimes d'un autre génocide. Il y aurait eu tant à faire pour aller dans le sens de l'humanité : la défense des Aborigènes en Australie, celle des Indiens en Amérique. Le couple présidentiel français fut l'exact reflet au XXIe siècle des lâchetés passées. Et pour rester cohérent avec ces dernières peu glorieuses taches au fronton de l'humanité, il conviendrait donc de laisser les bourreaux chinois régler sereinement la question tibétaine. L'homme n'aurait donc rien appris entre le XVIIIe et le XXIe siècle. A quoi sert donc toute cette communication moderne, si ce n'est constater les dégâts ? Sans doute, ce politicien soucieux de ce qu'il prétendit être l'intérêt de son pays, se disait-il qu'il fallait que cruauté passe pour garantir la paix du monde. La démarche munichoise qui consiste à attendre que l'appétit de conquête d'un tyran diminue en s'inclinant devant lui et en lui cédant constamment, relève sans conteste de la plus pure hérésie. Espérer une évolution positive chez un délinquant ou un tyran, alors qu'il obtient tout ce qu'il veut et même davantage sans modifier son comportement est une stupidité. Ne pas recevoir le Dalaï-lama n'aboutit à rien d'autre qu'à conforter une dictature de la pire espèce. Pourtant ni la grandeur d'une nation, ni son intérêt ne passe par l'ignominie. Pour l'heure, la politique de l'autruche règne en maître. Et si les complices regardent par mégarde du côté des victimes des bourreaux, il s'agit de regarder sans rien voir, voir sans rien dire, parler sans conviction. Ce dirigeant français pensait certainement que s'il ne faisait pas affaire avec le client chinois, d'autres moins sourcilleux sur le respect du droit international et des droits de l'homme auraient été bien heureux d'enlever les marchés. Lui ne faisait que semblant de se préoccuper des droits de l'homme, mais au moins en parlait-il discrètement. Il ne fallait tout de même pas être naïf en lui demandant de s'en préoccuper concrètement, en condamnant les crimes contre l'humanité commis au Tibet. De fait, qui proposerait sincèrement de tenter de faire respecter les droits de l'homme au sein d'un marché aussi juteux ? Trop d'investissements sont en jeu. Trop de profits pour les actionnaires et autres dirigeants d'entreprise, accessoirement soutiens des campagnes électorales. L'utopie a ses limites que la raison d'Etat ignore. Au diable Amnesty International, Reporters sans frontières et autres empêcheurs de massacrer et commercer en rond. Le libéralisme, c'est avant tout la liberté du marché, pas celle de l'homme. Allez donc faire un tour dans une école de commerce. Pas un mot, pas une ligne sur les clients infréquentables. Le seul avec lequel il est prudent de ne pas conclure une affaire, c'est le client insuffisamment approvisionné, autant que possible en billet vert ou en matières premières. Et puisque le Tibet est considérablement pourvu concernant ces dernières, un bon commercial se doit de traiter avec le boss, en l'occurrence l'occupant tortionnaire et pillard. Et si l'argent avait une odeur, ce ne pourrait être que de pétrole, de gaz et autre vecteur de profit. Une mallette de billets de cent dollars parvient à étouffer tout cri de révolte, de terreur ou de désespoir. Soutenir l'oppresseur pour ce que cela peut rapporter de tranquillité ou de profit, est une excellente motivation pour un honnête libéral, même si le bourreau est ennemi de classe et qui plus est dangereux pour l'avenir de la planète. Régulièrement, chacun peut constater que la lâcheté des dirigeants se dissimule derrière la raison d'Etat. Pour ce qui est de la quasi-totalité des entreprises, seule compte la logique du profit. Mais que pourraient perdre les citoyens du monde, qui ont si peu à gagner de la vente d'un avion, de l'implantation d'une centrale nucléaire, ou d'un quelconque contrat et tant à gagner en soutenant l'infortuné peuple tibétain et en se dressant contre cette tyrannie, qui menace qui plus est leur environnement ? Au cours de la Seconde Guerre mondiale, nombreux furent ceux qui s'enrichirent abondamment en tirant un profit considérable du travail des détenus des camps de concentration. A cette époque, pour ces individus sans le moindre scrupule, peu importait le souci de l'humain et des droits de l'homme. Que ces bénéfices soient entachés de la sueur et du sang de centaines de milliers de victimes importait peu. Le capitalisme, devenu depuis libéralisme, imposait sa loi et sa froide logique du profit, quel qu'en soit le prix en pertes humaines et en droits bafoués. Selon cette loi implicite, il convient d'être libéral envers les démocrates, mais de l'être tout autant envers les systèmes totalitaires. Bien évidemment, il est possible de s'accommoder davantage de la dictature la plus abjecte, si les perspectives de profit sont plus alléchantes qu'avec la démocratie voisine. D'où la logique infernale des délocalisations, ces salaires de misère pour les petits salariés chinois, des enfants exploités par les fabricants de chaussures de sport, les fermetures d'usine arbitraires, etc. Et que personne n'évoque auprès de ces entrepreneurs enthousiastes un problème de conscience. Sous cet angle de réflexion, chacun perçoit aisément comment le pire des systèmes totalitaires est parvenu à obtenir la flamme olympique. Bien sûr la plupart des pays africains en attente de l'investisseur chinois ne furent pas longs à convaincre. Mais gardons à l'esprit les milliards d'euros qui étaient en jeu, les grands chantiers à mettre en œuvre afin de parvenir à livrer les sites olympiques dans les délais, la nécessité de tenter d'assainir l'une des villes les plus polluées du monde notamment en déplaçant les sites industriels les plus toxiques ou en fournissant des installations aux normes. Puis viendront les recettes publicitaires, les droits TV. Le tourisme à Pékin, quant à lui, va considérablement s'accroître. Même si cela devait coûter la vie à des centaines de milliers de prisonniers des laogai, le business se fera néanmoins. Seule une mobilisation générale des opinions publiques serait susceptible de contrarier le bel ordonnancement et les visées des bénéficiaires des " jeux de la honte ", à savoir : - Les corrompus qui monopolisent le pouvoir en Chine. - Les chefs d'entreprise et actionnaires qui se frottent les mains devant la perspective des profits escomptés, concernant l'obtention de tel ou tel marché. - Les Chefs d'Etat complices qui espèrent profiter des gains électoraux ou cadeaux divers et variés, offerts en récompense d'une collaboration efficace. - Les grandes chaînes TV qui escomptent le cortège habituel des retombées publicitaires. Pour elles comme pour d'autres, aucune différence entre les bénéfices des jeux olympiques de Sidney et ceux des " jeux de la honte " de Pékin. Sinon qu'elles en attendent de plus conséquents, rétribuant ainsi leur cupidité et leur allégeance aux bourreaux de Pékin. - A un niveau plus modeste, les compétiteurs dont la notoriété servira la consécration de la plus grande dictature du monde : en 2008, il s'agira bien de courir pour la tyrannie. Pour de nombreux sportifs, seule comptera la médaille obtenue. Pour nombre d'entre eux, le contexte politique et l'environnement sera le cadet de leurs soucis. Mais le perchiste français Jean Galfione pourrait ne pas être le seul à placer son honneur et sa dignité au-dessus des médailles, fussent-elles dorées. Une certitude absolue : les bénéficiaires des jeux olympiques 2008 ne seront ni l'humanité, ni les Tibétains, ni les centaines de millions de Chinois exclus de la fête. Sauf à voir reculer la dictature devant la menace du boycott. * * * * * * * * * * * * * Pour en revenir à l'attitude honteuse de la " valseuse ", soulignons que le comportement inverse était possible. Il est utile d'évoquer ici l'action d'une femme exceptionnelle, laquelle s'est distinguée par des actes de courage politique, affirmant une personnalité d'une rare qualité. Elle se révéla aux antipodes de celle qui s'est déshonorée en déshonorant son pays. Il s'agit de Nicole Fontaine. Avant de s'égarer un temps dans un gouvernement nommé par l'époux de la " valseuse ", elle fut Présidente du Parlement européen. Elle accueillit alors successivement le Dalaï-lama et le Commandant Massoud. Rien ne l'y forçait. Ce sont des gestes de courage devant lesquels il convient de s'incliner, d'autant plus lorsqu'ils ont lieu dans un océan de lâcheté et de compromission avec les bourreaux. Nicole Fontaine, quant à elle, aurait mérité à cette occasion d'être qualifiée de première dame : première dame d'Europe et première dame de France, car elle se montra digne de sa charge en tant qu'Européenne et en tant que Française. Quant à la dernière dame , en dansant avec le dictateur chinois, elle a choisi l'autre camp : celui de la honte et de la lâcheté. Rien ne l'y contraignait. Après tout, beaucoup commercent avec le diable, sans faire la fête en sa compagnie. Elle avait la liberté de refuser de salir son honneur et celui de son pays : de cet acte de courage qui n'a pas eu lieu, aurait peut-être surgi un incident diplomatique, mais quel honneur aurait rejailli sur son nom et sur son pays ! Oui décidément, chacune a choisi son camp. Il y a des degrés dans la vilenie : ceux qui ont préféré traiter avec les bourreaux en refusant d'accueillir le Dalaï-lama et le Commandant Massoud avec les honneurs se sont eux-mêmes déshonorés. Ils se sont disqualifiés aux yeux des défenseurs du droit international et des droits de l'homme et devant l'humanité et ses valeurs fondamentales, mais plus que tout devant l'histoire qui les jugera. Ils ont choisi de ne pas contrarier les tyrans. Ils sont tout autant complices que l'apparatchik qui incite à la délation, lequel est certainement plus à blâmer que celui qui a la faiblesse de servir un régime totalitaire en dénonçant plus malheureux que lui. Lorsque la " valseuse " se regarde dans le miroir le matin, croit-elle sincèrement que ses bonnes œuvres électoralistes sont susceptibles de faire oublier son acte ignoble et a-t-elle seulement conscience de la gravité de son geste ? Ici, rien à voir avec un scooter volé, ni un voyage en avion offert par le contribuable, voire un logement social occupé indûment ou encore de fastueuses dépenses de fonction. Il s'agit là d'une toute autre dimension. Nous parlons ici de trahir un peuple victime de ses bourreaux, d'abandonner l'humanité dans ce qu'elle a de plus sacré. Ce faisant, le couple présidentiel affirme de facto sa volonté de voir l'armée chinoise plus que jamais solidement implantée sur le sol tibétain et la colonisation se poursuivre dans les années à venir. Combien d'années, voire de décennies de prolongation concernant l'occupation, la répression et le pillage, octroie ce couple par sa complicité à l'infortuné peuple tibétain ; sans compter le retard généré pour l'avènement de la démocratie en Chine? Si les petits ruisseaux de courage viennent gonfler les fleuves de liberté, que vont apporter aux victimes ces multiples actes de lâcheté ? Pour un peu, les hypocrites se déclareraient certains que grâce à leurs bonnes relations avec les bourreaux, la dictature saura se montrer plus clémente avec ces derniers Tibétains, lesquels seraient donc définitivement condamnés à végéter dans des réserves, en attendant leur inexorable disparition et la destruction définitive de leur culture. Disparition que les complices auront cautionnée par leur collaboration. Par bonheur, les alliés de 1944 n'ont pas agi ainsi avec les nazis à l'égard de la France. Ce que la " valseuse " a fait n'est pas sans importance, loin s'en faut : cet acte ignoble a donné un nouveau feu vert à d'autres répressions, quelques années après les massacres de Tienanmen, après les dizaines de millions de morts du grand bond en avant et de la Révolution culturelle. Et combien sont morts, exécutés, suppliciés, pendant que le digne représentant de la dictature chinoise serrait sa partenaire dans ses bras ? Les calculs électoraux ne justifient pas tout et n'importe quoi. Et si cette dernière prétend que les tyrans n'en sont plus, qu'elle nous fasse admirer l'évacuation des troupes d'occupation et des colons du territoire tibétain. * * * * * * * * * * * * * Dans les pays démocratiques, la liberté de la presse et d'opinion est de mise. Nous pourrions donc en attendre une attaque en règle contre les systèmes totalitaires. Rien n'est moins sûr ! Certains laissent planer le doute : dans un journal français , où était évoqué le passé du nouveau tyran Hu Jintao, les lecteurs pouvaient lire : - " Vers 1988, il est en poste au Tibet, où il semble qu'il ait organisé une solide répression. " " il semble ? " : il y aurait donc un doute ! Les témoignages de touristes faisant état de soudards de l'A.I.O. tirant sur une foule désarmée sont-ils impartiaux ? Les réprimandes ont-elles remplacé la torture ? Les tortionnaires chinois émus par la détresse des religieuses tibétaines ont-ils subitement renoncé à les violer avec des matraques électriques ? Ce ne serait dont pas lui l'ancien " gauleiter " au Tibet, chef du Parti communiste chinois ? La cause du Tibet est donc l'objet de tentatives révisionnistes. Le génocide du peuple tibétain n'a donc pas suffi. Il s'en trouve encore pour chercher à réduire la culpabilité des bourreaux. Mais pour ceux qui seraient en capacité de dire non à l'inacceptable, ils seront coupables devant leur conscience et au regard de la conscience collective, car tout homme, mentalement et physiquement apte, a le devoir de s'opposer à l'injustice et de porter secours aux opprimés et aux plus vulnérables. Et qu'y a-t-il sur cette terre de plus opprimé et de plus vulnérable que l'infortuné peuple tibétain, injustement écrasé sous la botte chinoise depuis près de six décennies ? Or, nous verrons que les complices éprouvent le besoin de venir au secours des bourreaux. Il ne tient donc qu'à chacun d'entre nous de méditer sur cet exemple à ne pas suivre. Le salut de l'humanité ne peut passer par la consécration des " jeux de la honte " pour les bourreaux. Certains hommes se sont astreints à un haut niveau d'exigence : ceux-là comprendront tout naturellement que leur présence à Pékin et leur participation à quelque niveau que ce soit, ne s'impose pas et qu'elle constituerait une offense à leur honneur, leurs proches, leur patrie et à l'humanité toute entière. Cependant, il faut s'attendre à ce que tous n'en soient pas à ce stade de dignité. A la décharge de la " valseuse ", nombre de personnes non été ni préparées, ni éduquées à réagir face à l'injustice et devant la souffrance humaine. Pour d'autres, c'est instinctif. Nul besoin de méditer pendant des jours, comme ce fut le cas de ces " Justes " : ainsi, Henryk Slawik pensait qu'il était possible de faire autrement que de renoncer devant les bourreaux ou de commercer avec eux. Diplomate polonais en Hongrie en 1944, il fut fusillé par les nazis après avoir été dénoncé. Il avait aidé 5 000 juifs à échapper à l'Holocauste. Le Premier ministre polonais a inauguré fort justement le 17 septembre 2004 à Katowice, une plaque à la mémoire de cet homme exceptionnel, qui s'est vu par ailleurs décerné à titre posthume par Israël la médaille de " Juste parmi les nations ". Pour ce qui concerne la cause tibétaine, ce qui est en cause, ce n'est nullement une réaction de façade, vouée à la réalisation d'objectifs mercantiles ou électoraux, appelés à servir des intérêts personnels ou ceux d'un parti. Même si nous pourrions imaginer qu'un homme puissant et visionnaire trouve son intérêt à prendre fait et cause pour la nation tibétaine, en se disant que les bénéfices viendront avec la reconstruction de la nation tibétaine, une fois libérée du joug chinois. Après tout pour l'heure, 100% des entreprises, des financiers et des hommes d'influence ont pris le parti des bourreaux, tout en abandonnant leurs victimes. Il s'agirait d'une surprise bien agréable de découvrir que tous les acteurs du libéralisme n'aient pas leur couvert chez les tyrans. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, certains s'engagèrent d'emblée dans la Résistance, nombreux furent ceux qui sombrèrent un temps dans la résignation , d'autres enfin choisirent la voie de la collaboration. Nous pourrions remarquer que dans le cas de la réaction instinctive, le premier critère est la capacité de révolte devant l'inacceptable. Devant un évènement donné qui lui parait injuste, un être humain s'avère convaincu qu'il n'a pas le droit de demeurer sans réagir ou d'agir dans le sens de l'auteur de l'injustice : l'acte dépasse largement le cadre de la volonté. Le second critère est souvent la motivation : il n'a rien à gagner et souvent plus à perdre. Le seul et éventuel bénéficiaire du soutien lié à l'acte de révolte sera généralement la victime de l'injustice. Si ce n'est pour l'initiateur de la révolte, un fort sentiment de s'acquitter d'une mission parfois d'une importance vitale pour la communauté, la nation, voire l'humanité. Il faut insister sur ce constat : rien n'oblige à l'action. Chacun peut se contenter, à l'instar de millions d'autres, de demeurer indifférent, ne rien dire et ne rien faire afin que cesse l'injustice. Quant à l'époux de la " valseuse ", pourquoi a-t-il choisi de glorifier les bourreaux et refusé d'accueillir le Dalaï-lama et le héros afghan ? Comment expliquer une telle attitude ? Une inclinaison naturelle envers les tyrans ? Un manque de courage politique ? La tarte à la crème de la raison d'Etat et des intérêts économiques en jeu ? Nul doute qu'il serait assez habile pour fuir la confrontation et présenter à son avantage les réels motifs de cette lâcheté persistante. Mais quel crédit accorder à un tel défenseur de la démocratie ? Jusqu'à preuve du contraire, les idées démocratiques sont à l'opposé du soutien à la tyrannie. Chacun peut méditer sur la crédibilité d'un tel politicien, quant à sa capacité de représenter dignement son pays. Mais combien d'autres ne reculent devant rien pour satisfaire leur intérêt personnel ? Ce dirigeant d'une démocratie occidentale et ses conseillers n'ont pas pu ne pas remarquer que la dictature chinoise opprime, torture, exécute officiellement cinq personnes par jour, dont de nombreux innocents, y compris pendant que la " valseuse " danse avec le tyran. Ce dernier se montre très éloigné de sa prétendue volonté de respecter les droits de l'homme, volonté qui n'est manifestement que de façade. Un an après cette valse mémorable, le 21 janvier 2001, ce même politicien intervenait à Strasbourg, lors du " Congrès mondial contre la peine de mort ". Entre une danse et trois contrats, il soutenait sans rire , l'Association " Contre la peine de mort ". Voici ce que ce politicien " éclairé " déclarait : - " C'est un combat qu'il faut mener avec détermination et conviction. Car nulle justice n'est infaillible et chaque exécution peut tuer un innocent. Car rien ne peut légitimer l'exécution de mineurs, ou de personnes souffrant de déficience mentale, car jamais la mort ne peut constituer un acte de justice. " Nul doute que l'ensemble des condamnés tibétains et chinois appréciera ce " puissant soutien ". C'était un peu avant que, sans consulter son peuple, le tartuffe ne décrète l'année de la dictature chinoise en 2004 et qu'il ne reçoive en grandes pompes le " boucher de Lhassa ". Que retiendra l'histoire de cet individu, cette intervention à Strasbourg ou le soutien affiché envers les bourreaux ? * * * * * * * * * * * * * Après le couple présidentiel, examinons le comportement d'autres complices de la tyrannie. Il se trouve qu'il s'agit encore de ressortissants de ce qui fut le pays des droits de l'homme, des parlementaires en visite chez Kim jong il, digne fils de Kim il sung, criminel contre l'humanité et " grand leader " de Corée du Nord, lequel malheureusement disparut sans être jugé. Il est des évènements qui nous font pleinement apprécier que l'homme soit mortel, les bourreaux tout autant que les victimes. Chacun est en droit d'espérer que le rejeton criminel, quant à lui, n'échappera pas un jour au banc des accusés. Kim " l'immonde " a créé un régime totalitaire, dont la caractéristique principale est un culte de la personnalité sans équivalent et la main mise de son clan sur tout un pays. Son rejeton, Kim jong il, tout autant corrompu et mégalomane, a repris les mêmes recettes et parfaitement endossé le costume de dictateur de son géniteur : pas question de changer une équipe qui perd ! Son père, le Mao nord-coréen, élevé au rang de " président éternel " aurait deux à trois millions de morts sur la conscience, si tant est qu'il en eut été doté. Son modèle chinois en a vingt à trente fois plus à son passif. Dans cette compétition macabre, il convient de tenir compte du fait que la Corée du Nord compte moins de vingt millions d'habitants. En proportion, Kim il sung est directement responsable d'avoir raccourci l'existence de 10 à 15 % de la population du pays dont il était le despote néfaste, sur le même mode totalitaire que la grande sœur rouge. Le monde a tout lieu d'être inquiet, lorsque nous savons que le rejeton paranoïaque qui lui a succédé entend aller aussi loin dans l'ignominie, mais a rajouté la menace nucléaire dans son chantage à l'humanité. Devant de tels individus, il est difficile de trouver le terme qui définit le mieux le potentiel de nuisance. Pour un peu, on se prendrait à rêver qu'il existe réellement une justice céleste, susceptible de leur faire payer leurs forfaits. Il est probable que si la Corée du Nord comptait un milliard d'habitants, il est certain que les criminels en question n'auraient pas renié leur protecteur Mao et auraient pu réaliser, sinon pire, du moins atteindre un niveau aussi élevé d'inhumanité. A ce point de notre réflexion, le lecteur pourrait penser qu'il ne s'agisse d'une digression, quant au sujet qui nous occupe. Pas tout à fait, car les deux Kim, père et fils, ont mené leurs pays à la faillite et aux famines à répétition, lesquelles n'ont bien évidemment comme en Chine, jamais effleuré leurs instigateurs. Selon les organisations humanitaires, la famine de 1996 serait, à elle seule, à l'origine de centaines de milliers de victimes en Corée du nord. Mensonge, déclare un vice-ministre à une délégation parlementaire française, dont nous allons évoquer la visite en 2001. Ce rappel concernant la petite sœur rouge de la dictature chinoise nous permet d'évoquer la visite très encadrée d'une délégation parlementaire française, au cœur de l'univers concentrationnaire nord-coréen. A cette occasion, certains de ces parlementaires firent bon marché de la démocratie, en soutenant le régime totalitaire nord coréen. Ceux-là sont les fers de lance de la nouvelle collaboration avec les tyrans. Certains dansent, d'autres commercent, ceux-là font du tourisme. Suite à sa visite d'un camp de travail, où tous les détenus sont condamnés aux travaux forcés, le député communiste George Hage déclarait : - " Rien ne m'a choqué dans ce que j'ai vu. " Jugement, il est vrai, sans doute faussé par un reste de fraternité communiste. Après plusieurs jours de rencontres et d'entretiens dans la patrie de la canaille éternelle, le député UDF Christian Marin faisait ce constat : - " Je n'ai pas l'impression qu'ils aient préparé notre visite. Je suis même certain qu'il n'y avait pas de mise en scène. J'espère que c'est partout pareil. Ils nous l'ont affirmé. C'est un geste très symbolique, mais très significatif de la volonté du peuple nord-coréen de tout ouvrir à la délégation française. Je m'inscris en faux sur ce régime, prétendue secte totalitaire. Ce que j'ai vu laisse à penser que ce pays est relativement ouvert et qu'il va s'ouvrir de plus en plus . C'est le premier bilan que je retire. C'est pour cela je pense , que nous allons plaider pour la reconnaissance de ce pays. " La naïveté à ce niveau frise l'incompétence. Souhaitons qu'il s'agisse d'un problème de santé chez ce représentant du peuple français. En effet, quelle autre excuse y aurait-il à invoquer, devant une telle complicité déclarée envers une dictature aussi abjecte ? Imaginons ces mêmes parlementaires visitant le Tibet occupé : il est probable qu'ils ne verraient sur les hauts plateaux que modernisation et entraide. De persécutions et de camps de travail, que nenni mon bon monsieur ! - " Il convient d'encourager la Chine lancée sur la bonne voie et les Tibétains doivent être reconnaissants au grand frère chinois de leur avoir apporté de tels progrès dans des domaines aussi variés que l'architecture, le traitement de l'énergie, les infrastructures routières et la protection de l'environnement, pour ne citer que ces réussites considérables. C'est ce qui explique la joie des Tibétains de poursuivre la coexistence pacifique avec leurs amis chinois. Sans leur intervention inespérée, le Tibet serait encore au XIXe siècle. Félicitons-nous de l'amitié entre le président français et les dirigeants chinois et nous sommes prêts à aider nos amis chinois dans leur gestion constructive de la question tibétaine ! " Ils ajouteraient sans doute, la main sur le cœur, qu'ils n'ont vu aucune trace des centaines de milliers de morts, dont font état les ennemis de l'ouverture en Chine. C'est consternant ! Lorsque nous savons que ces serviles sympathisants des régimes totalitaires représentent les Européens à l'étranger, cela fait froid dans le dos. Le rôle de l'auteur n'est évidemment pas de donner la moindre consigne de vote. Mais chacun comprendra néanmoins la nécessité d'offrir une retraite parlementaire bien peu méritée à de tels représentants du peuple, ne serait-ce que par respect pour les millions de victimes de ces régimes sanglants. Pour rester objectif, Jean-Claude Lenoir, parlementaire du groupe " Démocratie libérale ", posa tout de même cette question à l'un des valets du régime : - " Quelles initiatives comptez-vous prendre rapidement en faveur des droits de l'homme ? " L'apparatchik éluda la question en évoquant les bienfaits du système social nord-coréen. * * * * * * * * * * * * * Plusieurs volumes seraient nécessaires pour les citer tous, ces zélés aspirants serviteurs des autocrates de tous poils. Par incompétence parfois, par intérêt morbide pour le mal absolu peut-être, mais le plus souvent dans le but d'accroître profits et privilèges pour ceux de leur camp, certains collaborateurs des tyrans de par le monde sont prêts à tout et se démènent pour faire accepter la collaboration avec les pires systèmes totalitaires, si cela est susceptible de servir leurs intérêts et ceux des lobbies qu'ils représentent. Au cœur du Tibet occupé, certains osent évoquer le développement et la modernisation apportés par les Chinois, alors qu'il n'est question que d'occupation inique et de pillage. Par ailleurs, ceux qui s'extasient sur l'amélioration considérable de la situation économique de cette dictature oublient d'en préciser l'origine et de rappeler que la croissance ne concerne absolument pas les centaines de millions de misérables paysans chinois privés de soins, d'éducation et de progrès. Ces admirateurs du système totalitaire chinois font bon marché du droit international, des droits de l'homme et des aspirations démocratiques, en affichant leur ignoble collaboration avec les bourreaux au mépris de leurs victimes. Ces irresponsables ont oublié les valeurs fondamentales de l'humanité par avidité, par lâcheté ou par indifférence. Lorsqu'une entreprise occidentale implante une partie de sa production sur le sol chinois, il y a bien évidemment des arrière-pensées d'augmentation des bénéfices pour ses dirigeants et les actionnaires, grâce à une main d'œuvre bon marché, fort bon marché même si les détenus s'en mêlent. Combien de consommateurs occidentaux ont sans le savoir, un peu de " Made in Tibet " entre les mains ? Cependant, les dirigeants avisés de ces entreprises ne manquent pas une occasion de rappeler que leur démarche n'a d'autre objectif que préserver l'avenir commercial de leur société. D'ailleurs, s'ils ne le faisaient pas, d'autres le feraient à leur place. Il suffit d'observer tous ces dirigeants d'entreprise se remplissant déjà les poches au cœur de la puissance économique maintenant bien éveillée. Une fois de plus, rappelons que ceux qui collaborèrent avec les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale tinrent les mêmes discours. C'était dans l'intérêt de la France ou de tel autre pays européen occupé. Les déportés et exploités du S.T.O. ont eu tout le loisir de savourer cet intérêt. En réalité, il est bien évident que ces vautours ne s'intéressèrent qu'aux profits escomptés et à leurs bénéfices. Cette collaboration contribua largement à faire durer le Seconde Guerre mondiale plus que nécessaire. Tant pis pour les millions d'êtres humains qui en payèrent le prix. Cette collaboration fut un apport non négligeable à l'effort de guerre nazi. De la même façon, la collaboration avec les bourreaux chinois prolonge l'occupation injuste au Tibet et l'absence de démocratie en Chine. Mais cela, les complices plus avides que jamais n'en ont cure. La souffrance du peuple tibétain ne figure pas dans leurs stocks et encore moins au registre de leur conscience. Même si les plus abjects oseront même compatir à la souffrance du peuple tibétain, lorsque par leur action constante en faveur des bourreaux de Pékin, ils auront contribué à l'élimination de ce peuple martyr. Cependant, la complicité peut prendre des formes très diverses : ainsi, le journaliste Shi Tao a été condamné à dix ans de prison sur la base d'informations fournies par Yahoo Hong Kong ! " Le verdict du procès de Shi Tao - condamné en avril 2005 à dix ans de prison pour " divulgation illégale de secrets d'Etat à l'étranger " - indique que la filiale hongkongaise de Yahoo ! a transmis à la police des informations compromettant le journaliste. " Déjà collaborateur zélé de la censure, Yahoo ! devient auxiliaire de la police chinoise ", a déclaré Reporters sans frontières. " Certes, Yahoo ! n'a fait que se plier aux demandes des autorités chinoises. Jusqu'où cette entreprise acceptera-t-elle d'aller pour plaire à Pékin ? Les informations fournies par Yahoo ! ont conduit à la condamnation d'un journaliste intègre, qui paie aujourd'hui très cher le fait d'avoir voulu nous informer librement. C'est une chose de fermer les yeux sur les exactions du gouvernement chinois, c'en est une autre d'y collaborer ", a ajouté l'organisation. Le journaliste est incarcéré dans un centre de détention de Changsha depuis son arrestation, le 24 novembre 2004, à Taiyuan (Nord-Est). " Aussi, afin de faire contrepoids et contrebalancer l'action nocive des complices de la pire des dictatures, il est indispensable que les défenseurs du droit international et des droits de l'homme s'investissent dans l'autre camp : celui de l'humanité, de la liberté, de la justice pour le peuple tibétain et de ses aspirations à la démocratie. A moins de courber l'échine devant les despotes et d'accepter que la tyrannie ne l'emporte. Le monde libre, quant à lui, fera le choix en août 2008 de continuer ou non à rouler pour les bourreaux. Nous savons maintenant que ceux qui soutiennent les tyrans n'ont que faire de préserver la démocratie et de secourir ceux qui souffrent. Ceux qui rendent si peu service à l'humanité ne seront sans doute jamais punis, mais plutôt récompensés par ceux qu'ils servent, tant il est vrai que seul prime leur intérêt. Il est évident à présent que toute personne qui s'investira pour la réussite de ce boycott se démarquera de ces renégats de l'humanité, tout en apportant sa pierre à la libération de l'infortuné peuple tibétain, lequel ne peut plus compter que sur les défenseurs du droit international et des droits de l'homme. Chapitre 5 TIBET : autopsie d'un renoncement " Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves, Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois, Parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux, L'autorité de rien ni de personne… Alors, c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie… " Platon Paraphrasant Platon, nous pourrions traduire sa pensée, à plus large échelle, dans les termes suivants : " Lorsque les démocraties s'habituent à laisser le champ libre aux dictateurs, Lorsque ces derniers ne tiennent plus compte de leurs protestations, Lorsque les démocrates tremblent devant les despotes, Lorsque finalement les systèmes totalitaires méprisent les lois internationales, Parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux, Ni le droit international, ni les droits de l'homme… Alors survient, en toute ignominie et en toute cruauté, le triomphe de la tyrannie… " Et la consécration viendra enfin pour les tyrans en août 2008 à Pékin : le monde libre rendra hommage aux criminels contre l'humanité. Du milieu du XXe siècle aux " jeux de la honte ", ce voyage dans le temps ne représente qu'une infime fraction de l'histoire humaine. Cependant l'issue de ce court voyage risque de s'avérer tellement capitale pour l'avenir ! L'humanité saura bientôt si elle mérite de demeurer locataire de cette planète qui l'a vu naître. En 2008, cinquante-huit années de renoncement de la part la communauté internationale aboutiront donc à une victoire éclatante et à une consécration sans précédent pour les bourreaux de la nation tibétaine, sans que ceux-ci n'aient jamais rien lâché de leur emprise sur leur proie. Pas une miette, pas l'ombre d'une concession ! Si vous feuilletez une encyclopédie, vous serez bien en peine de découvrir le drapeau d'une grande nation, dont l'immense territoire de 2 500 000 km² s'est volatilisé. Quel monstre a pu absorber une telle étendue ? Parcourez cinquante dictionnaires, le résultat sera le même. Vous y trouverez celui d'une petite principauté : Monaco, 2 km², 30 000 habitants, représenté à l'ONU depuis 1993. Vous y découvrirez encore nombre de pays tel que Nauru, Etat indépendant au sud des Iles Marshall : 21 km², 8 000 habitants. A qui fera-t-on croire qu'il est juste que le Tibet, parce que pays occupé par les soudards envoyés par la puissance impérialiste voisine, ne soit pas représenté à l'O.N.U., que son territoire soit pillé et rayé de la carte avec l'assentiment du monde libre , qu'il est juste que son peuple opprimé de cinq millions d'âmes souffre de la colonisation chinoise depuis plus d'un demi-siècle, avec la complicité de la communauté internationale ? Si nous laissons agir les bourreaux engagés dans une guerre totale contre un peuple et une civilisation, si nous nous rendons en août 2008 à Pékin afin de les honorer, il ne restera plus une trace de cette grande nation. Le renoncement et l'esprit de collaboration avec l'occupant chinois auront fait leur œuvre. Où est passé ce drapeau ? Où se trouve cette mystérieuse carte faisant état du territoire de la nation tibétaine, pourtant en vigueur jusqu'à ce qu'il soit convoité en 1950 par une puissance expansionniste, devenue néanmoins partenaire commercial privilégié des démocraties occidentales ? Le monstre en question achète Airbus et centrales nucléaires clés en mains. Certains dirigeants, représentant pourtant des démocraties, se démènent afin de parvenir à lui vendre les armes les plus modernes, transfèrent leur technologie chez l'agresseur et le pillard de cette nation évoquée plus haut. Le pillard en question se prélasse confortablement installé au sein de l'Assemblée internationale. La dictature chinoise est l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'O.N.U. De ce fait, les bourreaux du peuple tibétain pèsent dans les affaires internationales sur le reste de la planète, de par leur droit de veto. Il n'est donc guère envisageable d'attendre une quelconque évolution positive de la part des Nations Unies, étant donné que le loup s'est installé à demeure dans la bergerie ; et son double statut de future première puissance économique et de poids politique et militaire met Pékin à l'abri de la moindre remontrance : plus personne n'aurait l'audace aujourd'hui de lui tenir rigueur de dévorer les moutons. La démocratie taiwanaise a donc tous les motifs de se montrer inquiète et de renforcer sa défense. D'ailleurs, en tant que futures victimes désignées des impérialistes chinois, ses dirigeants devraient s'affirmer comme les opposants les plus acharnés des tyrans de Pékin, en ce qui concerne la question du retour à l'indépendance pour le peuple tibétain, car le sort de la nation tibétaine préfigure d'ores et déjà le leur. Ils ont grand tort d'ignorer le sort réservé au " Pays des neiges ". Car ils paieront très bientôt le prix élevé de cette indifférence. Il existe cinq bonnes raisons de laisser s'exprimer les bourreaux comme bon leur semble, et d'agir comme complice soumis de ce système totalitaire : 1) Des irresponsables ont offert, sans contrepartie aucune, par exemple l'évacuation par les colons et l'A.I.O. du territoire tibétain occupé, un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, avec droit de veto. Aussi, est-il devenu obsolète d'exprimer la moindre protestation contre les exactions commises. 2) La légèreté des puissances occidentales a permis à la plus grande dictature du monde de se doter de l'arme nucléaire, puis de renforcer son potentiel militaire. D'ailleurs, nous constaterons que les plus zélés des apôtres de la collaboration considèrent que nous ne progressons pas assez vite sur la voie de cette collaboration. 3) La Chine est actuellement le pays le plus peuplé du monde, jusqu'à ce que l'Inde prenne le relais dans les prochaines décennies. 4) Il s'agit surtout d'un marché très prometteur, que tout bon libéral à la recherche de profit rapide et conséquent ne peut décemment négliger, même si cette puissance économique s'est en grande partie construite grâce au pillage du Tibet occupé. Certains experts promettent à la Chine la première place économique mondiale aux environs de 2025. La quatrième a été atteinte en 2005 . La troisième le sera en 2008. 5) Si le C.I.O. offre les jeux olympiques à la Chine, c'est sans doute que le plus vaste système totalitaire de la planète est devenu tout ce qu'il y a de plus fréquentable. En revanche, nous découvrons neuf excellentes raisons de nous opposer avec la plus farouche détermination à cette puissance impérialiste : 1) L'armée de la plus grande dictature du monde occupe un pays vaste comme quinze Etats de l'Union européenne. Elle l'a envahi et le colonise au mépris du droit international. Si nous renonçons à faire reculer l'envahisseur, aucune nation en ce monde ne pourra faire prévaloir son droit à l'indépendance. Il suffira juste que le plus puissant mette en avant la loi du plus fort. 2) La dictature chinoise n'a que faire des droits de l'homme qu'elle enfreint constamment, tant au Tibet qu'en Chine, ou encore sur la partie mongole qu'elle occupe et chez les Ouighours qu'elle opprime : crimes contre l'humanité, torture, arrestations arbitraires, jugements iniques, trafic d'organes. Nous savons tous ce qui se passe en ce moment, dans le pays où se dérouleront les " jeux de la honte " en août 2008, ce qui fera de nous des complices, que nous le voulions ou non, si nous ne réagissons pas ou si notre réaction consiste à soutenir les bourreaux. 3) La destruction de l'environnement, notamment au Tibet et en Chine se révèle pour demain une réelle menace pour l'ensemble de la planète . La course au profit sur les territoires tibétain et chinois va considérablement aggraver l'effet de serre dans une dimension planétaire. L'industrialisation sans entrave de la Chine aura inévitablement une incidence gravissime sur des régions et des pays entiers, lesquels subiront et subissent déjà notamment des inondations sans précédent. Selon le Bureau national français des statistiques, la production industrielle chinoise a augmenté de 19,8 % entre février 2002 et février 2003. La pollution augmente d'autant dans un pays, où le respect de l'environnement est très loin d'être une priorité : outre Pékin, l'une des villes les plus polluées du monde, le saccage du " Pays des neiges " en est une évidente démonstration. 4) Le développement économique forcené a des répercussions de plus en plus évidentes sur l'économie de nombreux pays dans le monde : délocalisations, salaires de misère, prix de vente défiant toute concurrence. A chaque fois que les consommateurs du monde entier se procurent des produits " made in dictature ", ils n'encouragent pas seulement l'esclavage des prisonniers et l'exploitation des petits salariés qui s'épuisent treize heures par jour et six jours sur sept pour des revenus attirant, comme des mouches sur le miel, les chefs d'entreprise et les actionnaires de la planète ; les détenus, quant à eux, sont corvéables à merci. Cependant, en agissant ainsi, les clients du marché chinois scient la branche sur laquelle ils sont assis. En d'autres termes, en soutenant la croissance de l'Empire de la contrefaçon, tous autant que nous sommes, nous sabordons peu à peu l'économie de nos démocraties. Récemment en décembre 2005, la vente d'Airbus avec transfert de technologie imposé par Pékin a démontré qu'il n'y avait plus besoin de contrefaçon : les Occidentaux fournissent eux-mêmes au système totalitaire chinois la corde qui les pendra. 5) Les enseignements de l'histoire : il était indispensable de collaborer avec les nazis dans l'intérêt de l'économie nationale, prétendaient de nombreux patrons d'entreprises de pays occupés par l'armée allemande, comme d'autres nous expliquent maintenant, utilisant une évidente contrevérité, qu'il serait vital, afin de préserver les économies occidentales, de s'asseoir sur les droits de l'homme et le droit international. En l'occurrence, le président français n'est pas le seul adepte de la collaboration avec les bourreaux, même s'il en est le fer de lance, mais nous avons pu apprécier ce qu'il est advenu de cette fumeuse théorie, sur laquelle s'appuyaient des individus sans scrupules, dont la seule préoccupation était d'accumuler les profits, durent-ils commercer avec le diable. Ils ont décidé avec l'arbitraire le plus totalitaire, que la nation tibétaine n'existait plus, soutenus en cela par les complices les plus serviles, lesquels sont une honte pour l'idée démocratique que leurs aînés leur avait léguée. 6) Soutenir la dictature chinoise revient également à encourager la petite sœur rouge de Corée du Nord, autrement plus dangereuse pour la paix du monde que ne l'était l'Irak. Ce soutien indirect permet aux bouchers de Pyongyang de se maintenir au pouvoir, tout en conservant leurs privilèges. N'oublions pas non plus que Pékin soutient également des dictatures aussi distinguées que la junte militaire birmane et le régime criminel du Soudan. 7) Il est toujours judicieux d'affaiblir un géant quand il abuse de sa puissance. Il s'agit bien de lui faire entrevoir les limites que la communauté internationale ne lui laissera pas franchir. Certains ont tenté de mettre un frein aux dérives des tyrans de Pékin. Dans les années 90, la dictature chinoise a échappé à chaque fois, à une condamnation par la Commission des droits de l'homme de l'ONU, qui a refusé les résolutions présentées par les Etats-Unis, notamment lors des anniversaires de la répression de Tienanmen. A chaque occasion, sauf en 1995, depuis les évènements de juin 1989, les représentants des tyrans de Pékin ont réuni une majorité des pays d'Afrique et d'Asie en leur faveur . Le système totalitaire chinois a échappé ainsi à un blâme de la Commission, dont les résolutions ne présentent aucune valeur contraignante, mais portent néanmoins un poids politique et moral susceptible d'embarrasser les gouvernements. A partir de 1999, guidés par l'exemple déplorable du président français, les pays européens qui avaient jusque là mené la lutte contre Pékin, ont décidé de ne plus présenter de résolution, déclarant préférer le dialogue à la confrontation. Attention toutefois à ne pas confondre les peuples et les gouvernements de ces pays. Si quelques irresponsables cupides peuvent ternir l'image de leur pays par des décisions iniques, cela ne fait pas de tous les habitants de ces pays des complices, à condition qu'ils se démarquent en s'engageant dans une opposition déterminée à des individus aussi nuisibles. 8) La pression internationale est seule susceptible d'engager Pékin vers la voie démocratique. Cette Chine-là ne pourra faire autrement qu'évacuer le territoire tibétain. C'est à croire que nous n'avons rien appris de l'histoire : la démarche munichoise qui consiste à céder devant les tyrans est vouée à l'échec. Seules, fermeté et détermination sont efficaces. C'est ainsi que l'Afrique du Sud a dû renoncer à la ségrégation raciale de l'Apartheid. Personne n'a jamais fait reculer les bourreaux en se couchant à leurs pieds. Quant à ceux qui ne se soucient aucunement de l'intérêt humanitaire et privilégient uniquement l'angle économique, s'ils avaient une conscience, ils pourraient s'interroger : avons-nous davantage intérêt à traiter avec deux démocraties, dont la tibétaine à reconstruire après les destructions massives et le pillage de l'armée d'occupation et des colons chinois, ou avec une seule et même dictature qui agit au mépris du droit international et opprime plus d'un milliard d'êtres humains en menaçant les cinq autres ? 9) Sur un plan moral, comment pourrions-nous accepter un voile sur notre conscience de récompenser le pillard, sous prétexte qu'il sévit à l'échelle d'un Etat ? Plusieurs dizaines de millions d'êtres humains ont payé de leur vie l'existence de ce système totalitaire. Irons-nous jusqu'à piétiner le souvenir des victimes et continuerons-nous à encourager les bourreaux du peuple tibétain à aller plus loin ? La disparition programmée d'un peuple et de sa culture demeure une infamie contre laquelle il existe un devoir de résistance. Si nous nous sommes résolus à ne jamais juger ces criminels, devons-nous pour autant les coiffer des lauriers de la gloire, à l'occasion des " jeux de la honte ", remplaçant ainsi une nécessaire sanction par une récompense particulièrement mal venue ? En acceptant de glorifier les tyrans, nous créerons un précédent qu'il nous sera impossible à effacer. Demain, il sera trop tard pour réagir. * * * * * * * * * * * * * Le prétexte est toujours le même : pour le bien du peuple, des administrés, des citoyens, des salariés, de fil en aiguille se crée une convergence d'intérêt entre les descendants du communisme qui assassinent pour conserver leurs privilèges et les apôtres de l'ultra libéralisme, lesquels sont prêts à tout pour accroître les profits, dès l'instant où ils parviennent au pouvoir. Imprégnés de toute la force de leurs convictions libérales, ils sont persuadés que la nation tibétaine est morte et enterrée, ou pire ils l'ignorent délibérément. Les infâmes, dissimulés derrière un pragmatisme de bon aloi, n'hésitent d'ailleurs pas à le proclamer. Ils sont les complices libéraux des derniers héritiers du communisme. Le 30 mars 2003, le parlement européen déclarait que toute frappe préventive en Irak était contraire au droit international. Sans doute, mais la reconnaissance universelle attribuée à l'agresseur de la nation tibétaine est-elle conforme au respect du droit international ? Le lecteur est assez averti pour répondre à cette question. Il peut également se demander si la vie d'un Tibétain a moins de valeur que celle d'un Koweïtien, d'un Bosniaque, ou encore d'un Français en 1944. Lorsque certains intellectuels évoquent les Tchétchènes abandonnés par l'humanité toute entière, que dire alors du sort réservé au peuple tibétain ? Concernant la survie des peuples, il y a beaucoup d'êtres humains qui meurent… pendant que de nombreux individus dorment. Périodiquement, des voix s'élèvent concernant les peuples oubliés, mais elles ne viennent au secours que des victimes dont les médias parlent perpétuellement. Bien évidemment, les Kurdes, les Tchétchènes, les Palestiniens souffrent depuis longtemps. Mais eux au moins peuvent mourir les armes à la main. Leila Shahid, la déléguée générale de la Palestine en France, prétendait il y a peu que le peuple palestinien était le seul peuple au monde qui ne bénéficiait d'aucune protection de la part de la communauté internationale. Ce qui est vrai est que ce conflit, parmi d'autres, contribue considérablement à faire un peu plus oublier le peuple tibétain, qui est sans doute le plus démuni et le plus vulnérable de la planète, nation abandonnée par l'ensemble des autres Etats de la planète et sans aucune capacité de se défendre. Car pour ce qui est du peuple désarmé, personne ou presque ne s'en est inquiété, ni après quelques mois, ni au bout de plusieurs années, ni après le cinquantième anniversaire de la répression chinoise. S'agissant des Tibétains, cela dure depuis près de six décennies. C'est en partie cet oubli savamment organisé qui a conduit des individus sans scrupule à offrir la flamme olympique aux tyrans de Pékin. S'il était d'usage de chercher des circonstances atténuantes au tyran, à l'instar du délinquant influencé par son milieu, nous constaterions bien vite que ni ce régime totalitaire, ni ceux qui pactisent avec ce dernier n'ont la moindre excuse. Nous évoluons dans une société, où depuis longtemps l'individualisme a trop souvent pris le pas sur l'altruisme. Combien sont prêts à se rendre " au pas de l'oie " à Pékin, afin de faire leur marché à la recherche de bonnes affaires ? Nombre d'entre eux, baignant dans un égocentrisme béat, ne feront pas même attention au signal d'alarme contenu dans cet ouvrage et aux cris de révolte qui pourraient s'en échapper. Et s'ils y jettent un œil distrait, les priorités habituelles de leur existence reprendront rapidement le dessus sur l'avenir d'un peuple, dont ils avaient à peine entendu parler. Et la nation tibétaine pourra disparaître dans la plus profonde indifférence, d'autant plus lorsqu'on ne fait pas - encore ? - partie des victimes de la barbarie. Mais ce faisant, ils occulteront délibérément les terribles répercussions sur l'avenir de l'humanité. Même le gouvernement indien, qui avait bien vite oublié que l'Inde elle aussi avait été soumise à l'occupation d'une puissance étrangère, conseilla d'abord au Dalaï-lama de rechercher le compromis avec Pékin , puis se mit récemment en devoir de reconnaître la nation tibétaine comme terre chinoise. En effet, lors d'une visite en Chine en juin 2003 du Premier ministre Atal Behari Vajpayee , les deux gouvernements indien et chinois ont signé une déclaration, où l'Inde reconnaissait que " la Région Autonome du Tibet fait partie de la République Populaire de Chine " . Le " Jiefangjun Bao ", le quotidien de l'armée chinoise, jubilait : - " Pour la première fois, l'Inde reconnaît que la région autonome du Tibet fait partie du territoire de la république populaire de Chine, et s'engage à ne pas autoriser les activités des Tibétains à entreprendre des activités anti-chinoises en Inde. Cette reconnaissance marque que le gouvernement indien adopte une attitude positive et réaliste pour résoudre les différends qui l'opposent à la Chine et approfondir la confiance et la compréhension mutuelle. De manière plus importante, il s'agit d'un coup d'arrêt aux activités des indépendantistes tibétains. " Nous ne pouvions pas en attendre moins de l'organe de communication de l'A.I.O. et des forces de répression sur le territoire tibétain. Mais le revirement indien démontre de façon éclatante à quel point un gouvernement peut céder à la lâcheté ambiante. En face de vils intérêts frontaliers , la collaboration avec les bourreaux devient une voie aisée, même pour des démocrates ! Le comportement de cet indigne premier ministre, si éloigné de la dimension de certains de ses prédécesseurs, ne change rien à l'affaire : aussi longtemps que l'Armée Impérialiste d'Occupation chinoise stationnera sur le sol tibétain, que Pékin n'aura pas indemnisé le peuple tibétain pour six décennies de pillage et de massacres, alors ce système totalitaire n'aura pas varié d'un iota ! Avec le temps et par quel miracle, les pillards chinois seraient-ils devenus des dirigeants très recommandables, avec lesquels il serait par exemple acceptable de concourir sportivement et commercer en bonne intelligence et en toute innocence ? Mais quel effort ont-ils donc fourni, pour que cette dictature devienne fréquentable ? Certains osent même mettre en avant les arguments de Pékin, en prétendant que l'invasion chinoise aurait apporté modernisme et progrès aux autochtones. La pollution, les lieux saints envahis par les faux moines et truffés de caméras et de micros espions, les prostituées à profusion dans les rues de la ville sainte de Lhassa , l'alcoolisme, les laides constructions de l'occupant remplaçant le charme de l'habitat traditionnel : voilà un modernisme dont se seraient bien passés les Tibétains. Par ailleurs, un génocide d'un million deux cent mille morts, des centaines de milliers de victimes torturées, déportées, détenues, spoliées, violées par l'occupant, représentent sans doute pour les complices, les œufs cassés de la célèbre omelette. Quant aux sinistres camps de rééducation , prisons usines et autres complexes ayant vocation à broyer les êtres humains, ils n'ont jamais existé sur le Toit du monde avant l'invasion des barbares chinois. De plus en plus de personnes pensent être à l'abri, pendant que d'autres agonisent. Qui a retenu la leçon de l'effondrement du World Trade Center, où la grande majorité des victimes ne se sentaient pas le moins du monde, concernées par exemple par l'évolution de la situation en Afghanistan. Dans ce monde où l'individualisme fait référence, beaucoup se laissent porter par l'existence, comme s'ils se trouvaient sur terre, avec comme seule mission d'assurer leur propre subsistance, éventuellement celle de leurs proches, sans jamais se préoccuper de ceux qu'ils considèrent comme trop éloignés de leurs intérêts. Comme si ce qui se passe à mille ou dix mille kilomètres ne les concernait pas le moins du monde. D'ailleurs, les mêmes ne s'inquiètent pas davantage de l'état de la planète qu'ils s'apprêtent à léguer à leurs enfants. Il suffit d'analyser les résultats des diverses élections dans les pays démocratiques : dans la plupart des cas, les défenseurs de l'environnement recueillent péniblement 5% des voix . Pendant que ceux qui se chargent de l'aggravation de la situation ont le feu vert pour accélérer la dégradation de l'environnement. Force est de constater que les dirigeants élus sont bien souvent ceux qui ne se préoccupent que de leurs privilèges et des intérêts de leur camp, soutenant au passage tel ou tel lobby pollueur ou groupe d'influence qui menace la biodiversité. Comme celui des éleveurs en France et l'affaire de l'abattage des loups, qui se révèle à ce titre riche d'enseignements. En fait, la cause tibétaine est un des dégâts collatéraux de cet état de choses. Nous trouvons de nombreux alibis pour choisir l'immobilisme. Quelques-uns tentent de dédouaner leur conscience, par le biais d'une intervention indignée épisodique, à l'égard de ceux qui souffrent plus que d'autres. Sauf bien sûr pour ce qui est des Tibétains, afin de ne pas froisser leurs amis, bourreaux à Pékin de leur état. Or pour en revenir aux attentats contre les Twin Towers, ce funeste jour de septembre 2001, lié à l'intolérance de mouvements extrémistes, ceux-ci ont démontré que nul ne pouvait tolérer l'inacceptable, sous peine d'en payer un prix élevé le moment venu. Ce qui se passe au Tibet depuis plus d'un demi-siècle est tout aussi ignoble que ce qui s'est passé à Manhattan. On y retrouve tous les ingrédients réunis pour des actes dont les répercussions sont incalculables : tentative de détruire une culture différente, d'annihiler un peuple sur son propre sol, massacre d'innocents à très grande échelle, propagande afin de provoquer le chaos au cœur d'une grande nation et d'imposer sa volonté par la terreur, détournement d'une doctrine , l'emploi de la violence et de la cruauté afin de parvenir à ses fins. En face d'évènements de cet ordre, deux positions sont envisageables : mettre la tête dans le sable en attendant la frappe suivante, ou lutter avec énergie afin que justice triomphe. Cette dernière voie a semble-t-il été choisie après la destruction des Twin towers. Concernant la nation tibétaine, la communauté internationale s'est déterminée pour la première attitude : ne rien dire, ne rien faire, faire mine de ne pas être concerné. Nous saurons dans un proche avenir si cette solution est positive et constructive. Néanmoins, il n'est jamais trop tard pour modifier une stratégie inefficace. Cependant, plus nous retardons le choix qui s'impose, plus la mise en œuvre de la réponse adaptée devient aléatoire. Un nouveau soutien impalpable, mais bien réel, est récemment venu grossir les rangs des alliés de la dictature chinoise. La culture de la peur pour soi-même, celle notamment liée au terrorisme, incite chacun d'entre nous à se replier sur lui-même, afin de se protéger contre les dangers extérieurs. Ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis est révélateur de ce nouvel état d'esprit. Et lorsque chacun pense tellement à se préserver et à protéger ses propres intérêts, comment pourrait-il se préoccuper des dangers encourus par d'autres êtres humaines et à fortiori d'un peuple aussi lointain que le peuple tibétain ? Ce nouvel allié de Pékin, c'est le choix du " chacun pour soi ". Pour formuler plus familièrement ce nouvel état d'esprit, il s'agit de " sauver sa carcasse d'abord ". Stratégie qui, maintes fois au cours de l'histoire, a fait les preuves de son inefficacité. Rappelons-nous ce qui se passa lors de la réoccupation de la Rhénanie par les nazis. Il est probable qu'en cas d'opposition déterminée de la France, Hitler aurait fait marche arrière. Mais de réaction, il n'y en eut aucune . Nul doute que si elle avait eu lieu, le dictateur aurait réfléchi à deux fois avant d'annexer l'Autriche, d'envahir la Tchécoslovaquie et la Pologne. A l'heure de Dantzig, il était déjà trop tard pour préserver les démocraties. Il est déjà bien tard pour secourir Lhassa. Sans réaction lors des " jeux de la honte ", nous ne pourrons que nous maudire d'avoir laissé s'accomplir la malédiction ; et nous attendrons le châtiment que l'histoire ne manquera pas de nous infliger. Il est vrai que chaque crise internationale ajoute un nouveau rideau de fumée autour des cimes himalayennes. La guerre de Corée, soutenue fort à propos par le criminel Mao Zedong, conscient des retombées opportunes durant sa répression au cœur du Tibet occupé. Puis survinrent la guerre du Vietnam, les conflits du Proche-Orient et en particulier les deux épisodes de la Guerre du Golfe, puis ceux des Balkans et d'Afghanistan qui furent du pain béni pour les tyrans de Pékin. A ces crises internationales, il convient d'ajouter les catastrophes naturelles et les crises économiques que traverse la plupart des nations à intervalle régulier. A ces facteurs s'ajoutent les centres d'intérêt personnel de chaque individu qui, hélas pour certains, les portent davantage vers l'unique satisfaction du plaisir égocentrique. D'autres individus, plus altruistes, concentrent leur attention et leur énergie à la défense d'autres causes que celle de la sauvegarde du peuple tibétain : défense de l'environnement, lutte contre le SIDA, préservation des espèces animales, famines dans le monde . S'inquiéter de la prolifération nucléaire est très certainement une cause majeure et donc indispensable : que de bonnes volontés s'y impliquent est profitable à l'ensemble des habitants de notre planète. Néanmoins, les personnes qui se sentent concernées par cette démarche de longue haleine demeurent une minorité. Mais les autres, tous les autres, ceux qui tuent le temps à force de crever d'ennui, ceux qui s'imaginent que l'univers gravitent autour de leur nombril, ou encore ceux qui sont perpétuellement animés par leur intérêt personnel et le culte de l'apparence, ne pourraient-ils pas une fois seulement, utiliser cette énergie à ne compter pour rien ou pour si peu, au profit de cette cause capitale qu'est le destin de l'humanité ? Car porter secours au peuple tibétain, c'est défendre pour une large part les valeurs de cette humanité, qui devraient nous être si chère , c'est refuser que les bourreaux n'aient une fois de plus gain de cause et piétinent l'humanité toute entière. Jusqu'à présent, nous avons renoncé, persuadés que l'avenir de la nation tibétaine était indépendant du nôtre. Nombre des habitants de cette planète ont hérité de cette chance d'évoluer dans un univers de relative liberté. Chacun se trouve donc libre d'ignorer, sciemment ou inconsciemment, le sort réservé à l'infortuné peuple tibétain, abandonné à sa condition de peuple esclave de la tyrannie par le reste de l'humanité. Mais dans ce cas, faut-il aller jusqu'à octroyer une récompense d'une telle dimension, en l'occurrence les jeux olympiques, à une telle dictature ? Pourtant, si la communauté internationale met fin au renoncement chronique démontré jusqu'à présent, le succès du boycott aura un retentissement plus important encore qu'une hypothétique réussite des " jeux de la honte " : pas seulement parce que le peuple tibétain saura que sa libération est proche, mais aussi parce que l'aspiration à la démocratie du peuple chinois prendra tout son sens. Ce serait également un message puissant vis-à-vis des autres dictatures: - " Il y a des limites que la communauté internationale, où vous aurez votre place dans le cadre du respect du droit, ne vous laissera plus franchir, des forfaits que vous ne commettrez plus sans risque. Si le XXe siècle fut celui de l'éclosion des dictatures, petites et grandes, le XXIe siècle doit être le siècle de l'avènement du droit à la démocratie pour chaque être humain et du respect du droit international. " A l'orée de ce IIIe millénaire, chacun doit demeurer conscient que si nous laissons exterminer sans réagir un peuple et une culture d'une telle dimension, et pire si nous encourageons les bourreaux en août 2008 avec le cynisme qui nous a guidé dans cette affaire, nous n'avons rien à gagner à pousser l'agresseur à poursuivre sur cette voie et vers d'autres méfaits. Les uns refuseront ce choix, les autres auront d'autres chats à fouetter, ne se trouvant rien de commun avec le résistant tibétain détenu et torturé dans un camp de rééducation chinois. Celui-ci, qu'il soit jeune ou âgé, malade ou en bonne santé, est toujours soumis aux travaux forcés, à la loi du plus fort, à l'arbitraire le plus absolu, à une cruauté sans borne et la durée de la détention ne dépend que d'un jugement inique et de la capacité de survie du détenu en question. Face à la souffrance imposée à d'autres êtres humains , chacun d'entre nous a cette tendance naturelle à s'occuper de ses affaires. Après tout, nous ne sommes soumis ni à la torture, ni aux privations, ni à l'injustice ; il ne s'agit pas de notre liberté que les tyrans assassinent, ni de notre peuple qu'ils exterminent. Les éléments qui expliquent le renoncement de la communauté internationale sont légion. Derrière les pics, les aiguilles et les barres rocheuses de l'Himalaya, se poursuivent en toute impunité, l'extermination d'un peuple, l'éradication d'une culture, la négation d'une nation qui devrait être libre et indépendante, sans les crimes atroces commis par un agresseur étranger sans pitié, doté d'une férocité sans limite , lequel l'a envahi et lui impose depuis près de six décennies, une armée d'occupation sur le Toit du monde. Le " Pays des neiges " eut l'infortune d'avoir pour voisin la Chine et son système totalitaire, et non la Suisse, le Canada, la Suède ou toute autre nation non agressive. Sous couvert d'accords plus ou moins officiels d'assistance militaire, les Occidentaux ont pourtant prêté main forte à des ersatz de démocraties africaines, où la corruption tenait lieu de politique générale. Qui se révoltait contre ces interventions ? Après l'invasion chinoise, le renoncement des puissances occidentales constitua une seconde désillusion pour les Tibétains, après avoir ignoré l'appel au secours du Gouvernement tibétain. Pourtant, chacun sait qu'il ne suffit pas de revendiquer un pays, de l'envahir, de l'occuper, puis de le piller, pour justifier la pire transgression du droit international de l'histoire et entériner un forfait. Encore une fois, le Tibet ne sera pas plus chinois en 2008, que l'Autriche n'était allemande soixante-dix ans plus tôt, ou le Koweït irakien en 1990. Mais dans ce dernier cas, afin de protéger leur approvisionnement en pétrole, les Occidentaux durent cette fois s'abstenir de renoncer. Napoléon III tenta en 1864 de faire du Mexique une colonie française et d'imposer un empereur de pacotille du nom de Maximilien à la tête de ce pays, qui était tout aussi indépendant que ne l'était le Tibet jusqu'en 1950. De nos jours, il ne viendrait à l'idée de personne de revendiquer le Mexique au nom de la France. L'occupation du territoire tibétain par une armée étrangère ne fait pas abstraction du droit international et ne le fait pas disparaître, sauf si la communauté internationale décidait dans son ensemble que la loi du plus fort, du plus cruel, celui dont la convoitise est la plus irrépressible, fait office de loi. Mais dans ce cas, le premier despote venu sera habilité à employer les mêmes procédés et à faire fi du droit international et des droits de l'homme. Tout ce qu'il convoitera pourra lui appartenir, dès lors qu'il disposera d'une force armée suffisante pour faire valoir ce qu'il décrète être son droit et accomplir son forfait. Cela signifiera également que l'homme n'a pas évolué depuis les grands siècles ( XVIe - XIXe) de colonisation et de pillage en Amérique, en Afrique et en Australie. Si ce n'est qu'au XXIe siècle, non contente de laisser agir les pillards, la communauté internationale s'est résolue à honorer les bourreaux et à les récompenser. A cet égard, la leçon du World Trade Center devrait se révéler riche d'enseignements. Qui se préoccupait de la tyrannie des talibans en Afghanistan, avant le 11 septembre 2001 ? Quelques timides protestations devant le traitement réservé aux femmes et aux statues des Bouddha de Banyan et ce fut tout ! Pourquoi les crapules devraient-elles s'arrêter d'enfreindre les lois dans un monde sans limite ? Devant ce qui se passe aux pieds de l'Himalaya, l'expression " silence assourdissant " prend tout son sens. Il perdurait depuis un demi-siècle et il semble encore renforcé, depuis ce bakchich royal octroyé aux tyrans les plus sanguinaires que la terre ait porté. Pas plus que le peuple allemand n'a bénéficié des jeux de 1936, le peuple chinois ne tirera aucun parti de ces " jeux de la honte " : quel esprit naïf pourrait y croire ? Ils ne renforceront que les tyrans au pouvoir ! Pour l'heure, concernant l'occupation du Tibet, l'oppression de son peuple avec les méthodes les plus cruelles, l'anéantissement de sa culture, le pillage de ses ressources orchestré depuis Pékin, la communauté internationale s'est orientée sur le chemin du renoncement. Ce qui permet à de nombreux dirigeants, du moins le croient-ils, de préserver leurs intérêts dans ce gigantesque marché représenté par le Tibet occupé et la Chine occupante, cette dernière s'éveillant depuis un quart de siècle au libéralisme, mais hélas demeure plus que jamais réticente à la démocratie. En attribuant les jeux olympiques à Pékin, nous alimentons d'ailleurs considérablement les perspectives de profit de ce juteux marché, mais également la puissance militaire de plus en plus inquiétante de ce système totalitaire. Quand le budget de la défense est augmenté de 15 % chaque année, la dictature pourrait chaleureusement remercier tous ceux qui participent à l'accroissement de sa puissance par l'achat de ses produits et la collaboration commerciale des grandes entreprises complices. Le rapport de force se révèle totalement disproportionné : soumission à l'intérieur des frontières tibétaines et renoncement à l'extérieur. Mais il convient d'admettre que le renoncement n'est pas sans arrière-pensée. Le pire de tout est que ces dirigeants, élus notamment pour défendre la démocratie, ont renoncé à défendre le droit international et les droits de l'homme, jugeant à notre place que la course au profit devait primer sur le droit. Ils parviennent à fermer les yeux sur les atrocités et à dormir du sommeil du lâche, tout cela afin de parvenir à signer un contrat d'implantation d'une centrale nucléaire, ou la vente de quelques avions. Dans le but de ménager les bourreaux, ils affirment que l'élimination d'un peuple et d'une culture ne relèverait pas de la définition " génocide ". Si cela pouvait servir leurs intérêts, ils iraient jusqu'à prétendre qu'il ne fallait pas laisser les nazis installés à demeure sur le sol norvégien, polonais ou belge, les soviétiques en Tchécoslovaquie ou en Hongrie, l'armée irakienne sur le sol koweïtien, mais qu'à titre honorifique, la dictature chinoise pourrait se maintenir indéfiniment sur le territoire tibétain qu'elle a envahi, contrairement aux autres systèmes totalitaires, qui durent abandonner leurs prétentions notamment sur l'Europe. Or, celui qui ne fait rien ou agit dans le sens des bourreaux, celui qui accepte l'intolérable est-il digne de l'humanité dont il fait partie ? Peut-il se revendiquer de la défense de l'humain ? Ne rien faire, c'est apporter sa caution aux tyrans. C'est permettre la continuation de la terreur ; cela consisterait à poursuivre sur la voie du mal absolu. La plupart du temps, devant les multiples atrocités commises ici ou là, chacun se contente de détourner le regard, tout en se prétendant non concerné, qu'il ne peut sauver le monde entier à lui seul et qu'une voix n'a aucun poids. Jusqu'au pape : combien de fois les papes qui prétendent venir au secours des plus démunis, combien de fois ces papes se sont-ils préoccupés du sort des Tibétains oubliés du reste de l'humanité, à qui les pillards ont volé leur patrie ? Ne sont ils pas les plus fragiles parmi les plus vulnérables ? N'était-ce pas plus fondamental que de déverser des théories sur le divorce, le préservatif et le mariage des prêtres ou des homosexuels ? Bien sûr, ils sont intervenus à l'occasion de conflits médiatiques comme ceux du Proche-Orient, où les plus fanatiques s'opposent aux mieux armés, mais se sont-ils seulement une fois penchés sur la cause tibétaine ? Eux qui, comme tous les marchands du libéralisme, ont décrété qu'il s'agissait d'une cause perdue, à oublier donc… Pourquoi diable viendraient-ils au secours du Tibet ? En conséquence, rien à attendre du pape ! S'il est une fois, une seule au cours de notre existence, où nous devons réagir, le moment est venu avant que nous ne soyons plus de ce monde. Ne nous rangeons pas du côté de ceux qui se sont déshonorés pour des considérations mercantiles, pour des intérêts commerciaux : ne dansons pas avec ces dictateurs-là ! Pas seulement parce qu'il s'agit de la plus grande dictature du monde, ou parce que le territoire de la nation tibétaine occupée représente les quinze Etats de l'ouest de l'Union européenne. Mais peut-être en raison du caractère pacifique du peuple tibétain, lequel n'avait rien de belliqueux à l'égard des Chinois, avant que ces derniers ne deviennent agressifs. Et surtout parce que cette ignominie constitue le plus vivant exemple du droit international et des droits de l'homme bafoués. En tentant d'annihiler la nation tibétaine, les tyrans de Pékin défient l'humanité toute entière et ce défi est majeur ! Chaque voix qui s'élèvera contre cette collaboration entre la dictature chinoise et les dirigeants de la plupart des démocraties, constituera une arme contre cette négation de l'homme et aura d'autant plus de poids qu'elle s'additionnera, se multipliera par millions à d'autres voix. La voix d'une femme ou d'un homme, aussi modeste soit-elle, qui se révolte contre la barbarie a plus de valeur, plus d'efficacité que celle d'un grand intellectuel qui se tait ou regarde ailleurs. Ne parlons pas de ceux " grands " et petits qui collaborent de façon éhontée. En occupant le territoire tibétain au mépris des droits fondamentaux des Etats, l'envahisseur chinois s'est comporté en bourreau et en pillard. Malgré cette transgression monumentale du droit international, Pékin a bénéficié, sinon du soutien actif des Occidentaux, à tout le moins de l'indifférence du monde libre, qui n'a pourtant pas admis que le brigand Saddam Hussein fasse main basse sur le pétrole du Koweït. Certains cherchent à s'absoudre de leurs responsabilités, et expliquent leur renoncement en soulignant qu'il y a plus d'un demi-siècle, la nation tibétaine n'était pas une démocratie, mais une théocratie. Elle n'avait cependant rien à voir avec le fanatisme religieux de l'Espagne de l'Inquisition, la France de la Saint-Barthélemy, l'Iran des mollahs ou l'Afghanistan des talibans. Au " Pays des neiges ", respect de la vie et de l'environnement ont toujours prévalu, pas de massacres, ni encore de camps d'internement qui proliféraient à l'époque dans les dictatures communistes voisines, U.R.S.S. et Chine. Et personne ne peut nier que le Tibet était indépendant en 1950, contrairement à d'autres qui ont acquis leur indépendance depuis et qui ont avancé à pas de géant vers la démocratie. Pendant cette période d'occupation, le temps s'est arrêté au " Pays des neiges ". Il est à craindre que l'occupation du Tibet n'ait ouvert la voie à d'autres transgressions du droit international. Cette dictature sait maintenant qu'une agression envers un pays indépendant n'entraîne pas nécessairement une réponse des puissances occidentales, si ce n'est lui offrir sur un plateau d'argent l'idéal olympique pour la récompenser de son forfait. Quand rachèterons-nous la honte de la non assistance à nation en danger ? * * * * * * * * * * * * * Milosevic jugé, c'est parfait ! Mais qui jugera ces dictateurs-là ? Mao et ses rejetons sévissent plus que jamais. Certains soutiennent l'oppresseur pour ce que cela peut leur rapporter de tranquillité ou de profit. Les petits pays qui participeront à ces jeux tenteront d'oublier qu'en omettant de faire preuve de courage, de compassion et de fraternité envers une grande nation occupée par son agresseur, ils prennent le risque considérable d'endosser un jour le costume de la proie, dont certains prédateurs pourraient ne faire qu'une bouchée. Il faudra alors que ces petites nations se souviennent de ce qu'il en fut de leur absence de réaction, lorsque la victime était un autre Etat. Ainsi, les dirigeants taiwanais, dont les heures sont comptées, qui eux aussi ont oublié les enseignements de l'histoire et la honte munichoise, ont préféré soutenir la candidature de Pékin pour les jeux olympiques afin de retarder l'échéance en s'attirant, croyaient-ils, les bonnes grâces et une hypothétique mansuétude de leur futur maître. Pékin n'aura, du moins le pensent-ils, aucune raison d'envahir l'île avant les jeux. Sans doute, le calcul était-il bon mais à court terme. Mais qui l'empêchera de passer à table après 2008 ? A moins que les citoyens taiwanais ne se soumettent, en votant pour un parti qui les livre pieds et poings liés à la dictature. Si ce n'est ce cas extrême, chacun aura remarqué que personne, pas même le gouvernement américain n'ose s'opposer à la dictature chinoise. Puissance nucléaire ? Marché économique ? Près du quart de la population mondiale ? Au contraire, les Occidentaux trouvent autant de mauvaises raisons pour dire oui à Pékin, même lorsqu'il s'agit de procéder à un génocide de petites Chinoises, sous prétexte de soutien à une atroce politique de l'enfant unique. Force est de constater que si l'Afghanistan a été libéré au bout de quatre années d'oppression par les talibans, le Tibet quant à lui croule toujours et plus que jamais, sous le poids de l'occupation chinoise depuis près de six décennies. Le choix de l'attribution des jeux à Pékin est considéré par certains, comme un défi lancé à la communauté internationale, qui aura ainsi l'opportunité de faire pression sur la dictature chinoise, afin qu'elle " assouplisse " son système répressif. En fait de pression, il n'y en a aucune, bien au contraire ! En réalité, l'histoire l'a démontré, seul le boycott montrera la détermination des démocraties à ne pas laisser le régime totalitaire de Pékin aller trop loin. Devant le renoncement des Occidentaux, pour toute une série de mauvais prétextes, matérialisé par le C.I.O. se couchant devant la volonté des tyrans, Pékin a resserré tous les boulons afin de maintenir la stabilité des privilèges des nantis et que l'ordre règne dans l'ensemble du système totalitaire, Chine et Tibet occupé et ceci sans la moindre concession en matière de réforme politique. La campagne " Frapper fort " en témoigne. Comble de l'ignominie, les opposants à la dictature chinoise ont été marginalisés, y compris aux Etats-Unis, en raison du désintérêt affiché par l'administration Bush et de la course au profit des sociétés et des responsables américains. D'ici à ce que dans l'ère de paranoïa aigue qui sévit actuellement et notamment aux Etats-Unis, les opposants ne soient transformés en terroristes potentiels. Il s'agit aussi de ne pas dégrader les relations avec Pékin, relations indispensables afin de s'assurer la neutralité de la dictature chinoise, en ce qui concerne la politique de Washington au Proche-Orient. En effet, l'administration américaine a besoin, sinon de soutien, mais pour le moins d'une neutralité bienveillante des dirigeants chinois dans sa lutte contre le terrorisme. Mauvais calcul, si l'on en juge par les réticences de ces derniers concernant l'aventure irakienne, et le soutien de Pékin apporté dans la course à l'arme nucléaire aux fanatiques iraniens, en échange de son approvisionnement garanti en pétrole. D'autre part, chacun sait que l'apôtre texan de la peine de mort n'a pas craint d'envoyer dans les couloirs de la mort, lorsqu'il était gouverneur, des condamnés par centaines, comme le font de leur côté les tyrans de Pékin. Curieuse et sinistre convergence entre les dirigeants d'une démocratie, qui se voudrait le phare de la planète et ceux du pire des systèmes totalitaires dans cette compétition macabre. Après S'être assis sur une éventuelle abolition de la peine de mort, l'ancien gouverneur du Texas s'est empressé de s'asseoir sur le protocole de Kyoto. Ce faisant il a clairement montré en bon ultralibéral, qu'il se souciait comme de sa première paire d'éperons, des ravages de la pollution que ces décisions irresponsables vont générer , quant à l'incidence sur le réchauffement climatique : lequel aura inévitablement des répercussions considérables sur son pays, mais également sur l'ensemble de la planète. Le nouveau Reagan a annoncé clairement et cela a le mérite de nous prévenir : seuls comptent les profits pour les sociétés américaines et l'économie de son pays . Que la planète devienne une gigantesque décharge, où nos petits-enfants seront contraints de demeurer sous des bulles aseptisées pour survivre, n'effleure à aucun moment son esprit. Evidemment, quand l'air de notre planète sera devenu irrespirable, ceux qui ne pourront se payer les espaces stériles en question seront voués à une mort plus ou moins rapide par suffocation. Il est maintenant établi que celui qui a été élu lors de son premier mandat par une minorité d'Américains, n'interviendra pas plus pour défendre la cause d'un peuple martyr, que pour la préservation de notre environnement. Certains espéraient que l'opposition américaine parviendrait à court-circuiter son action, laquelle menace le fragile équilibre institué sur notre planète en péril. Le peuple américain est un grand peuple et il aurait pu le prouver, en nous privant de l'encombrante présence sur la scène internationale de ce Texan vindicatif. L'espérance était vaine : il a fallu encore attendre quatre années supplémentaires, avec tout ce que cela comporte d'aggravation de la situation. C'est également le cas en France, où la défense de l'environnement a pris cinq années de retard, un luxe que la planète ne pouvait certainement pas se permettre. Il est parfois tentant de se dire que certains soirs, nous ferions mieux de ne pas écrire, certains jours où rien ne sert de parler, de se révolter, car nul, pensons-nous, ne peut changer l'histoire qui s'accomplit. Ainsi, la destinée suivrait son cours, quels que soient les actes et les paroles des uns et des autres. Mais cela voudrait dire que notre réaction face à l'injustice est inutile, que notre action sera inefficace quoiqu'il arrive, auquel cas il serait plus judicieux de se taire et fermer les yeux sur les lâchetés des complices et laisser agir les bourreaux, dont l'action serait inexorable. Ainsi, les exactions des tyrans et les lâchetés de leurs complices auraient plus de force que l'action des défenseurs du droit. L'histoire récente nous a pourtant démontré qu'aucune cause n'est perdue avant d'avoir lutté, que rien n'est irrémédiable. Ainsi, en partie grâce à la détermination d'hommes décidés comme Ahmad Shah Massoud, les ténèbres qui plongeaient l'Afghanistan dans la terreur se sont enfin dissipées. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des milliers de résistants décidèrent de se révolter contre l'occupant nazi, de ne pas céder la victoire à l'ennemi sans combattre, pendant que d'autres s'abandonnaient dans la collaboration au profit de l'ennemi, ou dans la soumission. D'autres conflits ont été le théâtre de renoncements : à chaque fois, ceux qui renoncèrent devant les tyrans et face à l'injustice eurent tort. A la fin de la guerre d'Algérie, une minorité d'officiers français refusèrent de se comporter en complices du massacre des harkis, soldats algériens qui s'étaient battus pour la France. Ces officiers appliquèrent, à leurs risques et périls, le devoir de désobéissance aux ordres indignes des politiciens et d'officiers supérieurs fourvoyés. Ils décidèrent de sauver ceux qui avaient servi la France à leurs côtés. Grâce à ces hommes courageux, des miraculés ne firent pas partie des dizaines de milliers de harkis abandonnés à la torture et au massacre. Certains d'entre eux, avant d'être égorgés ou éventrés, eurent droit au sel sous la peau, attachés au soleil. D'autres officiers pensèrent que l'on ne pouvait pas influer sur le cours de l'histoire qui s'accomplit et se contentèrent d'obéir aux ordres. Des témoignages ont fait état de scènes indignes où, afin de désarmer les serviteurs algériens de la France qui risquaient de se rebeller, leurs supérieurs les firent se rassembler dans la cour de la caserne. Pendant le rassemblement, des soldats français récupérèrent les armes des harkis laissées dans les chambrées, leur retirant même le droit et l'honneur de mourir en combattant les armes à la main, comme un soldat, au lieu de finir comme un mouton qu'on égorge. Pour parachever cette stratégie de traîtres, il fut ordonné aux harkis d'aller chercher leur solde. Pendant ce temps, les camions contenant les soldats français démarrèrent en trombe. Certains harkis comprenant l'horreur du sort qui leur était réservé, tentèrent de s'accrocher aux véhicules. Les soldats français frappèrent alors les mains des désespérés avec la crosse de leurs armes pour les obliger à lâcher prise. L'armée algérienne était à cinq cents mètres. L'horreur pouvait s'accomplir, grâce à ceux qui avaient décidé de ne rien faire, de ne pas combattre l'ignominie et de se coucher devant les tortionnaires du FLN. L'histoire ne dit pas si ceux qui furent à l'origine de ces ordres ignobles continuèrent à porter leurs décorations, légion d'honneur et autres. Et que dire des femmes de ces harkis violées puis égorgées, abandonnées elles aussi, à la vindicte des barbares ? A l'instar de ces officiers indignes et des politiciens crapuleux qui leur donnèrent ces ordres, ceux qui choisiront le renoncement, athlètes participants, téléspectateurs et spectateurs, entreprises apportant leur contribution à la glorification des tyrans, à l'occasion des " jeux de la honte " à Pékin, se rangeront dans la catégorie peu glorieuse des complices des bourreaux. Chacun peut faire le choix de se ranger délibérément dans ce camp de l'infamie, mais personne ne doit ignorer le sens de son implication. * * * * * * * * * * * * * Le 13 juillet 2001 à Moscou, une quinzaine de militants des droits de l'homme protestèrent contre la décision du C.I.O. et dès lors s'engagèrent à ne pas renoncer à la lutte contre la dictature. Tout homme qui combat pour la libération du Tibet, s'engage contre la tyrannie et l'oppression et se bat pour la liberté. Et s'il s'agissait de son seul fait d'arme au cours de son existence, ce serait déjà beaucoup mieux que la plupart des individus préoccupés par la seule défense de leur intérêt personnel. Si au crépuscule de notre vie, nos petits-enfants nous interrogent sur notre réaction pour empêcher l'extermination d'un peuple pacifique, souhaitons que nous n'ayons pas à leur répondre : - " Indifférent, j'ai détourné le regard… Ce n'était pas à moi que les bourreaux crevaient les yeux ; ce n'était pas ma mère qu'ils éventraient, ma femme qu'ils violaient, mon fils qu'ils déportaient, mon frère qu'ils torturaient. Et puis, il ne m'incombait pas de régler tous les malheurs du monde. D'autres en avaient les moyens et n'ont pas réagi ! Evidemment, si j'avais eu le malheur de naître au sein de ce peuple opprimé, sans doute aurais-je apprécié que mes semblables se préoccupent de mon sort et que l'indifférence et la lâcheté soient moins répandues. " Mais pire que l'indifférence, certains participeront aux épreuves organisées à la gloire des tyrans, tout en n'oubliant pas de préciser que la politique ne les intéresse pas et qu'ils ne seront venus que pour le sport. Sauf qu'il ne sera question en 2008, que de torture et de pillage très actuel, de transgression majeure et encore une fois très actuelle des droits de l'homme et du droit international, de crimes contre l'humanité que ces amoureux du sport viendront cautionner. D'autres " non concernés " se contenteront de suivre la finale du 100 mètres de ces jeux du cirque sur le petit écran. Cependant, pour ceux qui choisiront la résistance à l'infamie organisée, cette réaction ne sera pas sans risque : en effet, il se pourrait fort que celui qui refuse la complicité avec les bourreaux soit fiché, voire harcelé par certains services d'Etat, dès l'instant où une opposition affichée est susceptible de nuire aux bonnes relations commerciales entre la dictature et certains dirigeants , ceux qui par exemple ont une fâcheuse tendance à mettre en avant raison d'Etat et prétendu intérêt économique du pays , dès qu'un évènement risque de faire obstacle à leurs petites affaires. Sachant que les dirigeants des Etats en question tiennent beaucoup à poursuivre leur politique de collaboration. Et pour cause, ils demeurent persuadés qu'un virage à 180° compromettrait les profits pour eux-mêmes, électoraux ou autres, et pour les lobbies qu'ils soutiennent. Aujourd'hui, alors que l'humanité est probablement à l'aube d'un tournant décisif de son histoire , nous ne devons pas oublier que neuf ans seulement après le boycott des jeux olympiques de Moscou , le Mur de Berlin s'est effondré. Comment les athlètes allemands, par exemple, pourraient-ils oublier les bouleversements qu'a générés ce fait historique, s'ils venaient à s'élancer sur les pistes rouges des stades de la dictature chinoise ? Nous serions donc prêts à faire l'impasse sur un demi-siècle d'atrocités. Là encore, nous prétendrions ne pas être informés, n'avoir rien vu, rien entendu, car trop éloignés de l'horreur absolue ! Trop éloignés dans le temps, certainement pas car c'était hier ; et cela se passe encore aujourd'hui ! Trop éloignés en ce qui concerne la distance, pas davantage, car cela se passe à côté de chez nous sur le Toit de notre monde, et non sur une autre planète. Bien sûr, il est commode pour certains individus de prétendre que ceux qui ont témoigné sur la réalité de la situation au cœur du Tibet occupé ont peut-être sinon menti, du moins exagéré l'ampleur de l'horreur. Et pourquoi ne pas avancer que ceux qui témoignent en faveur du peuple martyr, n'ont pas d'autre but que de nuire à une grande nation en pleine expansion avec des affirmations sans fondement ? Se placer du côté du plus fort, la Chine ou les Etats-Unis, est la solution de facilité. Mais se ranger du côté du plus faible, la nation tibétaine et son peuple, serait d'autant plus glorieux que nous n'en voyons pas de prime abord un éventuel profit immédiat. Et pourtant, l'humanité a tout à gagner à contrecarrer les desseins des tyrans, en prenant le parti du droit. Les Koweïtiens savent pertinemment que les pays occidentaux sont intervenus, non pour leur venir en aide, mais pour protéger leur approvisionnement en pétrole. L'Emirat créé de toutes pièces par les Britanniques, devenu indépendant en 1961, ne peut en aucun cas revendiquer la longue histoire d'une nation ancestrale comme celle du Tibet et n'a pas souffert du renoncement de la communauté internationale. Seuls les naïfs les plus endurcis pourraient déceler dans cette intervention dans le Golfe, l'ombre d'un souci de garantir la paix du monde et la liberté d'un peuple. Si c'était le cas, le peuple tibétain serait libre depuis des lustres. Les exemples ne manquent pas de pays privés de leur liberté pendant une partie de leur histoire. La plupart d'entre eux ont oublié que lors d'un passé pas si éloigné, ils ont appelé au secours. Hitler revendiqua l'Autriche, petit pays européen de 84 000 km², annexée pendant sept années par les nazis. Un autre criminel, ne revendiqua pas tant les 7 818 km² de sable, que le sous-sol du Koweït, qui fut considéré par l'envahisseur comme province irakienne pendant sept mois. D'autres nations ont connu l'immense joie de voir l'envahisseur tourner casaque et de recouvrer ainsi leur indépendance après plus d'un demi-siècle d'occupation soviétique : ce fut par exemple le cas des Pays baltes. A eux trois, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, représentent à peine le tiers du territoire français. Pour mémoire, rappelons que la superficie du territoire tibétain occupé représente 2 500 000 km², soit près de cinq fois celle de la France. Pourquoi abandonnons-nous cette grande nation ? Pire encore, pourquoi aidons-nous l'occupant chinois dans son entreprise, laquelle va à l'encontre de l'avenir de l'humanité, car il s'agit là de notre sauvegarde, de notre salut et de l'intérêt des générations futures ? Auquel cas, quel monde lèguerons nous à nos successeurs ? Leur dirons-nous que l'essentiel pour nous était d'écouler nos centrales nucléaires, nos avions et notre armement ? Car il ne s'agit pas seulement de la plus haute nation du monde, son peuple est également le plus opprimé, le plus spolié et le plus abandonné de la planète, celle-là même qui nous héberge temporairement ; nous les lâches qui nous soumettons à la loi du plus fort et nous les braves qui refusons l'anéantissement issu du fait accompli. Le monde de demain sera le reflet de nos actes d'aujourd'hui et en cas d'échec du boycott des " jeux de la honte ", il sera devenu celui où les nations auront renoncé au respect du droit international et des droits de l'homme. Les complices, quant à eux, ont ce respect sélectif : intervention en Irak et en Serbie certes, mais concernant la Chine, la Turquie ou la Libye, où prévaut la perspectives d'affaires juteuses, il est judicieux d'occulter certaines notions issues du droit et de la justice. Cependant, en tenant compte de cette amnésie sélective, lorsqu'un envahisseur fera valoir la loi du plus puissant, n'importe quelle nation pourrait se voir privée de son indépendance. Nous pourrions laisser l'occupant chinois accomplir ses basses besognes sur le territoire tibétain, selon le droit de chaque Etat à la non ingérence. Pour cela, il nous suffirait d'oublier le concept de non assistance à peuple en danger. La question est de savoir si notre responsabilité se limite à nos proches et à nous-mêmes, ou bien si cette responsabilité s'étend à la société qui nous entoure et à l'humanité dont nous faisons partie. Evidemment, nous avons eu cette chance de ne pas naître dans ce Tibet occupé, dont nous prétendons que le salut ne nous concerne pas, et si tout se passe bien, nous éviterons les travaux forcés au cours de notre existence, car nous sommes préservés du fait d'évoluer au cœur d'un système totalitaire, comme celui dont est gratifié le peuple tibétain opprimé. Cet acte de boycotter le triomphe olympique pour les tyrans , signifie pour chacun d'entre nous, notre refus de devenir complice et spectateur des massacres, de la torture, des arrestations arbitraires, de l'éradication culturelle, du non respect des croyances. Par ailleurs, rien ne nous oblige, si nous nous résignons à laisser faire les tyrans, à devenir leurs clients assidus et à nous porter acquéreurs des produits du pillage. Dans le cas contraire, nous reconnaîtrons que nous savons parfaitement ce dont ils se sont rendus coupables, que nous connaissons l'ampleur de leurs crimes et que nous leur donnons la réponse suivante : - " Bourreaux, poursuivez votre sale besogne ! " A partir de 2008, la dictature chinoise va bénéficier d'une caution morale inégalée pour un tel système totalitaire. Accorder une reconnaissance internationale au pays agresseur, agir ou plutôt ne pas réagir, comme si la nation agressée était rayée de la carte , reviendra à entériner le fait accompli, ainsi que nous aurions pu le faire par exemple, concernant l'annexion du Koweït ou du nettoyage ethnique en Bosnie. Accorderait-on les jeux olympiques au Chili de Pinochet, au cartel de la drogue colombien, aux ayatollahs fanatiques iraniens ? Nous nous comportons avec les tyrans de Pékin, comme s'il s'agissait de personnalités tout à fait recommandables , d'autant que le libéralisme enseigne chaque jour aux despotes que l'économique prime sur l'humain. Il faut d'ailleurs s'attendre à des délocalisations de plus en plus nombreuses en Chine. Quel intérêt auraient donc tous ceux qui ne sont guidés que par leur cupidité, de verser un salaire dix fois supérieur pour une même tâche ? Autant tirer le coût du travail et donc les salaires vers le bas. Mais la vie a un sens profond. Certains individus agissent lors de leur bref passage sur terre, comme si leur seule mission était de se remplir la panse, ou encore à l'instar des pharaons, l'accumulation de richesses, afin d'en faire un matelas doré à destination de l'autre monde. Mais à l'heure du décompte final de nos bonnes et mauvaises actions en ce bas monde, au moment de rejoindre celui que l'on dit meilleur, en abandonnant contraint et forcé les richesses accumulées ici bas, partirons-nous la conscience légère à l'énoncé de notre bilan ? Serons-nous capables de regarder au fond de notre cœur, afin de faire la part de ce qui est futile et ce qui est fondamental ? Combien seront ceux qui, au terme de leur existence, n'auront pas le moindre fait d'arme positif à leur actif ? Négatif, sans doute, au rayon duquel l'indifférence devant la souffrance d'un peuple. Et dans cet autre monde vers lequel l'horloge nous rapproche à grandes enjambées, les produits chinois seront-ils également meilleur marché ? Serons-nous récompensés d'avoir délibérément abandonné en 2008 le peuple tibétain à son triste sort ? Il y eut une unique réaction, mais efficace, de la communauté internationale au regard des exactions des tyrans de Pékin : ce fut après les évènements de Tienanmen, lorsqu'une mesure d'embargo sur les ventes d'armes fut décidée par la communauté internationale, que certains complices occidentaux tentent aujourd'hui de remettre en cause, répondant ainsi aux lobbies de l'armement qui financent en sous-main leurs campagnes électorales. Ici ou là, certains pays ont adopté des résolutions parlementaires en faveur du Tibet : le Royaume Uni, la Norvège, l'Italie, l'Allemagne. Quant au gouvernement canadien, il soulève toujours la question tibétaine, lors de rencontres avec les représentants de la dictature chinoise. Mais aucune nation ne reconnaît officiellement le Gouvernement tibétain en exil, car les relations diplomatiques avec la Chine sont subordonnées à une déclaration préalable, laquelle stipule que le Tibet fait partie intégrante de la Chine. Et donc, il n'y aurait pas d'occupation étrangère sur le toit du monde. C'est la plus colossale infamie de l'histoire humaine : les tyrans de Pékin occupent le territoire d'une nation indépendante jusqu'à l'invasion, torturent et massacrent ses habitants, pillent sol et sous-sol, empoisonnent et polluent l'air, l'eau et la terre, exterminent un peuple pacifique, éradiquent une culture, mais pas un mot ! Il ne se passe rien. Et s'il ne se passe rien, pourquoi finalement refuser les jeux olympiques à ces bons samaritains ; ce qui explique sans doute l'absence de scrupules des complices, qui accourent en toute innocence, afin de soutenir de tels bienfaiteurs de l'humanité. Aussi, puisque d'autres sévissent comme s'il ne se passait rien, agissons comme si l'horreur et l'injustice régnaient au " Pays des neiges " : celui qui s'investira pour la cause du peuple tibétain, en faisant fi des obstacles qui pourraient sembler insurmontables, contribuera à faire de sa vie une tentative d'améliorer l'humanité et notre environnement, au cours de son passage sur terre. Un tel homme refusera de laisser en héritage à ses successeurs, un monde aussi cruel que celui dont nous avons hérité. Certains sont nés avant la Shoah, y échappant par chance ou grâce à leur pugnacité, mais il est sûr que ceux-là avaient choisi une fois pour toutes de ne jamais renoncer à lutter. Cependant, la tentation du renoncement peut frapper, même là où nous l'attendons le moins. Le Gouvernement tibétain en exil, depuis la ville indienne de Dharamsala, a appelé récemment ses partisans à suspendre leurs mouvements de protestation, quoique non violents, contre la dictature chinoise, dans l'espoir de voir se renouer le dialogue après la visite d'une délégation tibétaine à Pékin. Nul n'ose imaginer que cet appel à la soumission ne préfigure un appel à une collaboration avec les tyrans, sachant qu'une minorité de Tibétains ont depuis longtemps emboîté le pas du premier traître tibétain, Ngapo Gawang Jigme. Mais que pourrait donc attendre la victime de son bourreau ? Depuis cet appel, les dirigeants chinois ont-ils suspendu la torture et le pillage ? Une curieuse évolution de la complicité internationale et du renoncement généralisé a lieu depuis près de six décennies. Années 50 : l'appel au secours du Gouvernement tibétain n'est pas entendu, car les Occidentaux ont d'autres chats à fouetter. Le 11 novembre 1950, le gouvernement tibétain proteste en vain devant les Nations Unies contre l'agression Chinoise. Bien que le Salvador ait soulevé la question, la discussion sur celle-ci en Assemblée Générale est remise à " plus tard ", sur l'insistance de la Grande-Bretagne et de l'Inde. Grâce à ces complices avant l'heure, la question sera finalement examinée avec cinquante-huit années de retard par l'ensemble des peuples de la planète. Avec une tâche mille fois plus ardue qu'elle ne l'aurait été en 1951 pour faire reculer l'envahisseur. Et lorsque ces messieurs commencèrent à se pencher sur la question tibétaine, il était déjà trop tard pour intervenir militairement. Années 60 : l'indifférence prévaut : en toute occasion, la question tibétaine est délibérément occultée. Le communisme soviétique sollicite toutes les attentions. Les Occidentaux occultent la dangerosité du maoïsme, qui en est déjà pourtant à l'époque, à un bilan de plusieurs dizaines de millions de morts et qui peut laisser exprimer toute la terreur de la Révolution culturelle. Années 70 : c'est la politique de la main tendue, afin d'aider, prétendent les apôtres de la collaboration avec les bourreaux, la dictature chinoise à évoluer vers la démocratie. Résultat : cette politique constitue le plus grand ratage de l'histoire. Les colons chinois au Tibet sont multipliés par dix, les camps de la mort tournent à plein régime, les dissidents sont traqués, la liberté de la presse est plus bafouée que jamais. Années 80 : sur l'initiative de Deng Xiaoping, Pékin impose à l'ultralibéralisme des Occidentaux des règles encore plus impitoyables, alliées à la discipline communiste, pour la plus grande joie des chefs d'entreprise et des actionnaires du monde entier. Un mot d'ordre d'un nouveau genre est édicté : " Actionnaires de tous les pays, unissez-vous sur la terre des bourreaux ! " En guise de remerciements, les tyrans emmenés par le criminel contre l'humanité, Li Peng, massacrent leur jeunesse à Tienanmen et le " boucher de Lhassa " organise de nouvelles vagues de répression sanglante au Tibet. Ce sont également des années noires pour les petites chinoises, ou une curieuse coutume joliment nommée " baigner le bébé " prend son essor .Ces dérives se poursuivent au cours de la décennie suivante. Années 90 : chacun peut assister à l'engagement des entreprises et de nombreux politiciens occidentaux dans la politique de collaboration. Les plus en verve se trouvent à Paris. C'est le début des premières vagues de délocalisation et des premiers effets de la concurrence déloyale chinoise, notamment sur l'économie de pays émergents comme l'Egypte et le Mexique. Années 2000 : pendant que les missiles se multiplient en face de Taiwan, la complicité est affichée au grand jour et l'organisation des " jeux de la honte " est décidée. En continuant à respecter les étapes du calendrier, il restera aux complices occidentaux dans les années 2010, à aider les bourreaux à traquer et exterminer les derniers Tibétains qui auront échappé au génocide, et à livrer aux tyrans les Tibétains qui n'auront pas pris soin de choisir une terre d'asile sure. Certains l'ont déjà fait, en prenant de l'avance quant à la forfaiture annoncée. 2004, c'est aussi l'année de la dictature en France afin d'honorer les bourreaux. Néanmoins, ce qui demeure à la fois capital et extraordinaire, c'est qu'au cœur de la plus terrifiante adversité, des Tibétains persistent à résister dans les camps chinois, malgré l'isolement imposé par la communauté internationale et les mauvais traitements imposés par leurs tortionnaires chinois, ceux qui meurent en alimentant contre leur gré le trafic d'organes, au profit du pouvoir à Pékin et de ses sbires ; celles et ceux qui souffrent depuis près de six décennies sous le joug de la colonisation chinoise ; tous ceux-là appellent au secours et prient leurs représentants de ne pas renoncer, car c'est le vœu des tyrans que l'âme du Tibet disparaisse. Mais elle ne disparaîtra qu'avec le dernier souffle du dernier résistant tibétain. L'ignorance de ce qui se passe dans le monde, le mépris des enseignements de l'histoire, la compassion pour les peuples opprimés, toute une éducation reste à faire dans nos pays d'abondance, de régimes alimentaires et de chirurgie esthétique afin de satisfaire au culte de l'apparence. Concernant ceux qui sont informés, mais se cantonnent dans l'indifférence, souhaitons-leur de ne pas subir un jour seulement le dixième de l'oppression subie par le peuple tibétain pendant près de six décennies. - " Nous ne pouvons pas laisser les criminels et les pillards décider du sort de l'Irak ! ", déclarait Colin Powell, le 8 décembre 2004. C'est pourtant ce que font les Occidentaux au cœur du Tibet occupé depuis cinquante-huit ans ; et ils s'apprêtent à faire pire : encourager et récompenser bourreaux et pillards, lors de la consécration des " jeux de la honte ". N'abandonnons pas la victoire aux clones de Mao. Chacun à son niveau peut agir : dans cette affaire, renoncer signifie accepter, encourager et participer au triomphe des tyrans. Quant à ceux qui ne réagiront pas, ils serviront tout de même une cause, puisque ce faisant, ils iront dans le sens de la dictature. En effet, l'indifférence du plus grand nombre est l'un des plus constants et des plus surs alliés de Pékin, tant dans le cadre de l'oubli de la cause tibétaine, que dans le domaine de la reconnaissance internationale espérée par les bourreaux en 2008. Chapitre 6 Les motivations de l'agresseur du Pays des neiges " Ne pas revenir sur le passé, c'est la meilleure façon que ce passé revienne sur vous. " Georges Bernanos Le territoire de la nation tibétaine s'étend sur 2 500 000 km², à une altitude moyenne de 4 000 mètres, certains sommets culminant à plus de 8 000 mètres. Il peut paraître surprenant qu'un pays au relief aussi inhospitalier, au vu notamment de la hauteur des cols ait fait l'objet d'invasions. Au XVIIIe siècle, la position stratégique du Tibet attire la convoitise de l'empereur mandchou, lequel tente d'établir son contrôle sur le " Pays des neiges ", sous prétexte d'empêcher que le Dalaï-lama, également Chef spirituel des Mongols, ne tombe sous des influences hostiles . De même, au début du XXe siècle, l'Empire britannique intervient militairement, afin d'éviter que l'influence russe ne s'y établisse. Lorsque le " Pays des neiges " se trouva cerné par des nations en phase d'expansion, le but de ces dernières ne fut pas d'imposer leur pouvoir, mais plutôt d'empêcher d'autres Etats de tenter de le soumettre. Cette limitation d'intérêts contradictoires semblait préserver l'autonomie du Tibet, mais hélas, pas son indépendance. Le tyran Mao savait pertinemment qu'il n'avait aucun droit sur la nation tibétaine. Mais de tous ses voisins, c'était la conquête la plus facile pour asseoir son autorité à la tête de la Chine. Le Tibet ne disposait que d'une force armée symbolique, sans aucun soutien international . D'autant que Mao profitait pleinement du fait que nombre de démocraties venaient de sortir affaiblies de la Seconde Guerre mondiale. A cet égard, Hitler avait à son insu, commencé à creuser la tombe de la nation tibétaine et préparé le terrain des envahisseurs chinois, en affaiblissant considérablement les nations qui auraient pu s'opposer à la volonté expansionniste des communistes chinois. Tous les moyens, tel le plan Marshall en Europe, devaient être mis au service de la reconstruction et de la relance économique. Qui se serait à l'époque déclaré prêt à se battre pour la ville sainte de Lhassa ? Les pillards chinois pouvaient donc passer à table sans grand risque d'être contrariés. Dès sa prise de pouvoir, Mao sait qu'il a le feu vert et le champ libre. Toutes les exactions lui sont permises. Au nord, est solidement installé son collègue dictateur Staline . Une conquête au sud serait prématurée et l'obligerait à affronter les puissances coloniales et notamment les restes de l'Empire français, dont l'Indochine demeure encore pour quelques années, l'une des dernières terres d'influence. A l'Ouest, la Mer de Chine, où le Japon vaincu est sous protectorat américain . Une tentative d'invasion serait vouée à l'échec, d'autant qu'à l'époque, la marine chinoise est inexistante. Par ailleurs, nous savons ce qu'il adviendra de la Corée scindée en deux Etats, suite à la guerre du même nom, entre une démocratie devenue l'un des dragons économiques de l'Asie et un autre qui constitue une dictature communiste de la pire espèce, où corruption, incompétence et culte de la personnalité inégalé génèrent oppression et famines à répétition. La motivation est en premier lieu stratégique : qui s'approprie le Toit du monde espère bien dominer le monde ! La toute nouvelle armée impérialiste chinoise met donc cap au sud-ouest, sous prétexte de vagues traités signés avec l'Empire britannique au temps de sa splendeur, afin d'annexer les terres que les prédécesseurs de Mao, empereurs de leur état, convoitaient depuis plusieurs siècles. A vol d'oiseau, Lhassa se trouve à près de trois mille kilomètres de Pékin. Cependant, l'oiseau en question est un rapace et il n'a aucune concurrence dans son aire d'évolution. L'aigle américain est trop éloigné et le faucon soviétique guette d'autres proies. Il convient de souligner ici que la Mongolie aurait pu prétendre à la même revendication territoriale, car ayant exercé un protectorat sur les hauts plateaux, pendant une période beaucoup plus longue que les Mandchous. Ce qui est historiquement indiscutable, c'est que les Chinois sont chez eux au Tibet, comme les Russes étaient chez eux en Tchécoslovaquie ou en Afghanistan, comme les Britanniques étaient chez eux en Inde et au Canada, comme les Français étaient chez eux dans les pays d'Afrique qu'ils colonisaient, comme les Américains étaient chez eux, lorsqu'ils " protégeaient " les Vietnamiens du communisme. Tous ont vidé les lieux. En conséquence, il ne reste plus maintenant à la communauté internationale qu'à pousser l'A.I.O. et les colons vers la sortie. Concernant toute agression, il convient d'analyser les motivations de l'envahisseur, en observant en premier lieu les éléments qu'il convoite. En 1950, le Tibet représente tout d'abord pour les communistes chinois une zone stratégique face à l'Inde, mais également un gain considérable de superficie. En l'occurrence, un certain dictateur germanique aurait évoqué la nécessité d'étendre son espace vital. Il ne s'agit pas là de faire main basse sur la Slovénie, petite nation de l'Union européenne de 20 226 km² pour 2 millions d'habitants, dont l'indépendance a été proclamée en 1991 et reconnue par la communauté internationale en 1992. La Chine affiche une superficie de 7 098 000 km² . Or, le Tibet ne sera pas plus annexé en 2008, qu'il ne l'était en 1951, sauf à admettre que cette transgression du droit international serait ratifiée par l'ensemble de la communauté internationale. L'annexion du territoire tibétain a autant de valeur que celle du territoire autrichien par les nazis. Bien sûr, il ne se passe pas un jour sans qu'un ouvrage, un reportage ou un journal télévisé ne nous montre cette dictature sous l'angle malveillant de la collaboration la plus éhontée, à savoir un territoire dont la superficie attribuée par la lâcheté internationale correspondrait à 9 598 000 km². Mais pour les tyrans de Pékin, à partir du moment où ce territoire conquis représente un formidable réservoir de richesses à s'approprier, il s'agit ensuite de le coloniser afin d'en assurer le pillage et l'exploitation. Pour les communistes, l'installation des colons chinois se révèle indispensable, d'une part pour se débarrasser de la culture locale et d'autre part, afin d'utiliser au mieux la main d'œuvre tibétaine réduite en esclavage. Et c'est ainsi que dans le cadre d'une colonisation de peuplement, l'envahisseur décrète, dès les années 50, qu'il lui faut faire place nette et exterminer. A partir des années 80, Deng Xiaoping accélère un processus qui n'a cessé de croître depuis : toujours plus de Chinois, afin de coloniser le Tibet de façon définitive et irrévocable. Le risque réside dans le fait que des voix puissent s'élever à travers le monde et dénoncent cette injustice majeure. Il n'en est rien, ou si peu. Pire même, dans cette affaire des " jeux de la honte ", des individus ont souhaité encourager et amplifier l'infamie. Pourtant, il y a plus de vingt ans, le bureau de l'information du Gouvernement tibétain en exil déplorait déjà : - " Le transfert de Chinois au Tibet atteint des proportions alarmantes. On peut très réellement craindre que si l'actuelle politique chinoise est couronnée de succès - et tout indique qu'elle le sera -, les Tibétains ne soient réduits à n'être qu'une petite minorité insignifiante dans leur propre pays, comme cela s'est déjà passé pour les Mandchous (Trente-cinq Chinois pour un Mandchou), les peuples turcs (Trois Chinois pour un Turc) et les Mongols (Cinq Chinois pour un Mongol). Le but de cette politique est de résoudre par la force, les revendications territoriales de la Chine sur le Tibet par un transfert massif et irréversible de la population. " Et irréversible, il le sera avec l'appui des gouvernements occidentaux, des grandes entreprises aveuglées par leur soif de profit. Et de fait, on assiste à un afflux considérable de colons chinois au Tibet, notamment depuis 1983 où un nombre toujours croissant de Chinois est encouragé à immigrer vers les trois grandes provinces tibétaines. Il est utile de rappeler ici que la plupart des organisations qui soutiennent le peuple tibétain, dont la C.E.L.T., ne reconnaissent ni annexion, ni partition, ni dépeçage de la nation tibétaine. Cette transgression du droit n'a rien de définitif. Et le droit international a vocation à être rétabli en tout lieu sur notre planète et en premier lieu sur le Toit du monde ; n'en déplaise aux tyrans et à leurs complices ! Depuis juin 2001, la dictature chinoise est passée à la vitesse supérieure : la construction de la plus longue et la plus haute ligne de chemin de fer du monde a été entreprise à plus de 4.000 mètres d'altitude. L'objectif est limpide : attirer plus de 20 millions de colons chinois au Tibet qui, faute d'infrastructures suffisantes, s'y rendent pour l'instant comme chez eux, comme nous allons passer le week-end en montagne ou au bord de la mer. L'occupant a très vite cherché à imposer sa culture. Pour la dictature chinoise qui convoitait les richesses du " Pays des neiges ", le fait de la part des Tibétains de privilégier une autre culture et un autre mode de vie justifia l'invasion, l'oppression et le pillage pendant près de six décennies. Et là où s'élevaient de charmantes et vénérables demeures sous le Potala, le visiteur découvre aujourd'hui des centres commerciaux, des salles de billard et de karaoke et des bordels à profusion. Des dizaines de milliers de Tibétains ont été expulsés de leurs maisons et relogés à l'extrémité de la ville, dans des immeubles en béton mal équipés, où eau et électricité sont acheminés au compte-gouttes. Contrairement à d'autres pays, chacun peut assister à cette surprenante situation, où l'occupant chasse les nationaux dans des cités hideuses, à la périphérie des villes. Les immigrés chinois, quant à eux, s'appropriant les beaux quartiers et la totalité des richesses du territoire tibétain. Personne ne peut nier cette injustice, car elle est aisément vérifiable : si ailleurs dans le monde, les gens du voyage et les immigrés sont tolérés en périphérie des villes, au " Pays des neiges ", ce sont les Tibétains eux-mêmes qui se trouvent relégués sur leur propre sol par les pillards. Ces derniers ont rebâti l'ancienne cité, à l'image de leur nouvelle civilisation. Et comment les Tibétains ne se sentiraient-ils pas étrangers sur leur propre terre, où le nombre de Chinois sans cesse croissant les écrase toujours davantage ? Cependant, l'occupant ne s'est pas seulement contenté d'ériger des bâtiments hideux, en lieu et place de l'habitat traditionnel. Près des berges du plus grand lac tibétain, se trouve un dépôt de déchets nucléaires de plus de cinquante kilomètres carrés. Sans souci d'affecter le fragile écosystème du Yang drog so, troisième lac du territoire tibétain, les Chinois entreprirent en 1985 la construction d'une immense centrale hydroélectrique destinée à pourvoir au développement industriel de Lhassa. L'électricité ainsi produite étant destinée aux forces d'occupation, à l'industrie et au commerce, afin d'attirer toujours plus de colons chinois au " Pays des neiges ", tout en accélérant le pillage. Et c'est ainsi que ces bandits internationaux que sont les impérialistes chinois ont fait main basse sur l'une des plus importantes réserves d'or bleu de notre planète : et il ne s'agit pas d'une broutille ! Car l'eau douce sera la matière première capitale, stratégique, le pétrole du XXIe siècle, voire du IIIe millénaire, pour autant que l'humanité parvienne à surmonter ses démons autodestructeurs. La richesse que représentent les réserves d'eau potable sur le Toit du monde, est gigantesque : de grands fleuves comme le Brahmapoutre, le Yang-Tseu-Kiang, le Fleuve jaune et le Mékong prennent naissance sur le territoire tibétain. Qui tiendra les réserves d'eau douce, disposera non seulement d'une source de devises non négligeable, mais encore d'un moyen de pression considérable dans ces relations géostratégiques qui se profilent à l'horizon. Il est impossible d'occulter le fait que l'eau de fonte des glaciers alimente largement les réserves d'eau douce en surface et sous terre de nombreuses régions, où elle est, comme partout, un élément central de la vie de la faune et de la flore, de l'activité industrielle, de la production d'énergie hydraulique, des systèmes d'irrigation et des réserves d'eau potable vitales pour les populations qui ont pu vivre des millénaires sans pétrole, mais ne survivront pas des siècles sans cette ressource primordiale. L'abondance de l'eau volée au peuple tibétain a permis notamment la construction de l'usine hydro-électrique de Pomi qui alimente la dictature, mais également de desservir de nombreuses serres, où fruits et légumes sont cultivés à destination des colons et des forces d'occupation chinoises au Tibet. Il existe mille cinq cent lacs au Tibet, dont l'eau était la plus pure et la plus transparente du globe, avant que l'occupant chinois ne commence à polluer l'environnement tibétain. Cependant, outre l'énergie fournie par les centrales hydro-électriques chinoises, où l'eau des hauts plateaux est détournée au profit des pillards, le sous-sol est également fabuleusement riche : gisements gigantesques de lithium, or, argent, cobalt, tungstène, cuivre, chrome, plomb, borax. Et pour couronner le tout, le territoire de ce pays envahi contient les plus grandes réserves d'uranium du monde. Le sous-sol est surexploité par les pillards dans des conditions dramatiques. Sous les yeux des nations du monde libre, dont l'absence de lucidité les persuade qu'ils ne sont toujours pas concernés. Certains stocks de déchets nucléaires se sont volatilisés dans la nature, avec les terribles conséquences sur la population locale… et mondiale, car une grande partie des fleuves asiatiques prennent leur source au Tibet. Et comme tout fleuve, ils se déversent dans les océans, avec les conséquences que chacun peut imaginer. En poursuivant notre raisonnement, les courants maritimes déversant les poisons radioactifs sur les côtes, ne connaissent pas plus de frontière que le nuage de Tchernobyl. Révélateurs de ce que la nation tibétaine représente pour l'occupant chinois, des prospectus tentent d'attirer les touristes, en mettant l'accent sur les " trésors du toit du monde " . Cependant, si ce pillage se poursuit avec l'assentiment des moutons occidentaux, il va considérablement contribuer à faire de la Chine la première puissance mondiale et la plus menaçante pour la planète , pendant que l'Union européenne, en tant qu'entité politique et militaire, progresse à la vitesse d'une tortue pendant la sieste. Tandis que les entreprises européennes contribuent largement à assurer toujours plus de croissance économique à la dictature chinoise. Par ailleurs, certains observateurs pronostiquent un affaiblissement de la puissance américaine. Ce qui ne sera pas pour déplaire à Al kaïda et autres fanatiques, alliés ô combien précieux pour les tyrans de Pékin, puisqu'ils contribuent à détourner avec une constance exemplaire l'attention du monde sur les exactions de l'occupant chinois au Tibet. La présence militaire chinoise à Lhassa ne cesse de s'accroître. Il existe désormais une douzaine de bases avec leurs prisons respectives. Des témoignages font état de trafic d'organes organisé à partir de cet univers carcéral, pas si éloigné du goulag et des camps de la mort nazis. Certaines exécutions semblent programmées en fonction de la demande. Bien entendu, les cadres des camps et des prisons en question arrondissent leurs revenus grâce à ce trafic. Les forces de répression sont utilisées par l'occupant afin de maintenir sa main mise sur le territoire tibétain. A chaque fois qu'un groupe de moines ou de nonnes désarmés a l'impudence de lancer des slogans hostiles à l'occupant, en exigeant le départ des pillards/tortionnaires et le retour de l'indépendance, la réaction des troupes d'occupation est immédiate : arrestations, torture, années de détention, lorsque les résistants tibétains ne sont pas abattus sur le lieu même de la manifestation. Car d'un côté, des êtres humains luttent sans arme dans un combat désespéré, de l'autre, les soudards chinois sont puissamment armés d'AK 47 utilisés parfois à bout portant. Ces résistants tibétains, que l'occupant persiste à nommer " séparatistes ", connaissent parfaitement la cruauté de leurs bourreaux. Ces derniers n'éprouvent ni compassion, ni pitié. Les opposants tibétains savent qu'ils n'ont pas la moindre chance de s'en sortir sans dommage. Autant attendre de la mansuétude de la part de la mygale, pour le cricket pris entre ses pattes. Cependant, ils perçoivent que sans leur action désespérée et néanmoins courageuse, leur nation va disparaître un peu plus dans l'oubli et l'indifférence de la communauté internationale. De fait, les tyrans de Pékin n'ont rien à craindre. Les ingérences étrangères dans la politique intérieure de la Chine sont extrêmement rares, pour ne pas dire inexistantes. Quant aux motifs de ces manifestations, qui tournent parfois à l'émeute de la part des Tibétains excédés, ils sont généralement attribués aux activités subversives du Dalaï-lama, lequel chercherait à diviser la " mère patrie ". Comme nous l'avons vu, ceux qui luttent pour la liberté et le retour de l'indépendance pour leur patrie ne sont plus systématiquement traités de contre-révolutionnaires, comme aux heures les plus sombres de la Révolution culturelle, mais de séparatistes . En 1987, deux Tibétains furent exécutés d'une balle dans la nuque, dont l'un devant un stade de quinze mille personnes. Manière de faire savoir au peuple tibétain qu'il est dangereux de lutter pour l'indépendance et de répondre aux protestations occidentales, si infimes soient-elles. Autre dossier préoccupant : actuellement, la forêt tibétaine disparaît un peu plus chaque jour. Le bois prélevé sur le territoire tibétain était acheminé vers la Chine dans des convois de camions jusqu'en juin 2006. Le train du pillage a pris le relais. En 1949, les forêts couvraient près de 250 000 km² dans le Tibet du sud-est. Moins de quatre décennies plus tard, cette déforestation forcenée avait déjà réduit de moitié la surface des terres boisées. A ce rythme, nous pouvons penser qu'à l'heure actuelle, il ne reste plus que 20 % de la forêt tibétaine existant avant l'arrivée de l'envahisseur. La déforestation menée par les pillards entraîne de nombreuses inondations en Chine, ainsi que l'aggravation du réchauffement de la planète, selon le principe du double préjudice à l'humanité. En effet, les bourreaux polluent de plus en plus et détruisent tout ce qui pourrait atténuer cette pollution, celle-là même qui aggrave le réchauffement de la planète. Il est bien évident que cette forêt absorbait une grande quantité de CO2. Elle disparaît au même moment que la jungle africaine et la forêt amazonienne. Et quel retardé mental pourrait sérieusement affirmer que cette forêt tibétaine dévastée par les pillards chinois n'entraînera aucune conséquence sur les catastrophes climatiques à venir sur l'ensemble de la planète ? Mais il y a pire, si c'était encore possible : cette rapide déforestation a provoqué une érosion catastrophique et sans précédant des sols, entraînant peu à peu la désertification de terres et la disparition de nombreuses espèces animales. Plus de cinq milliards de tonnes de terre sont ainsi perdues pour l'agriculture chaque année. Il s'agit également d'une catastrophe écologique d'une ampleur inégalée pour les pays situés en aval du Tibet occupé : Inde, Bengladesh, Birmanie, Cambodge. Après le départ des pillards, combien de siècles faudra-t-il pour effacer trace de leur funeste passage ? Si les motivations économiques ne font aucun doute, elles entraînent dans le sillage de ce pillage à grande échelle, une catastrophe écologique sans précédent dans une nation occupée : déforestation massive, exploitation à grande échelle des ressources appartenant de droit à la nation tibétaine, et notamment de l'uranium. A ce sujet, relevons que le Tibet est en passe de devenir la poubelle à déchets nucléaires de la Chine , polluant en même temps quelques-uns des plus grands fleuves de la planète, qui prennent leur source en Himalaya, menaçant ainsi tout ou partie de l'Asie. En outre, il est à souligner qu'au Brésil, 20 000 km² de forêt partent en fumée chaque année, dont une grande partie est destinée à la culture du soja à exporter en Chine. Dans un dramatique hoquet de l'histoire, la dictature chinoise provoque indirectement la destruction de la forêt brésilienne, après avoir directement détruit la forêt tibétaine. Pour les prédateurs de l'Amazonie, huit arbres sont abattus pour en récupérer un seul de bois précieux destiné à l'exportation. Evidemment, ce massacre de forêts vitales à l'ensemble de la planète ne profite qu'à une petite minorité prête à tout pour faire du profit. Au nom de quelle légitimité se saisissent-ils d'une ressource qui appartient à l'humanité toute entière ? Par ailleurs, afin d'acheminer le produit de ce pillage vers la Chine, il a fallu développer le réseau routier. Des dizaines de milliers de prisonniers ont été réquisitionnés au cours de ces dernières décennies et participent encore à de vastes chantiers de déboisement et de construction de routes. Et voici comment des moines et autres opposants ont été contraints de participer au pillage et à la désertification de leur propre territoire au profit de l'envahisseur. * * * * * * * * * * * * * Depuis le début de l'occupation, plus de six mille monastères ont été bombardés au cours d'attaques terrestres et aériennes. Tous sans aucune exception, même le plus sacré , furent pillés et dépouillés de leur or ; et que dire des bibliothèques précieuses d'une valeur inestimable car certains manuscrits ne pourront être restaurés, des œuvres d'art sacrées. Des cargaisons entières de trésors religieux irremplaçables furent expédiées en Chine. Des archives, des manuscrits traitant de l'histoire ancienne de la nation tibétaine ont été réduits en cendres. Aucun sacrilège dans l'histoire de l'humanité ne s'est révélé plus incommensurable que celui-là. Il est inimaginable que l'histoire laisse ces ignobles vandales s'en sortir aussi aisément ! Ils se sont acharnés à détruire une culture ancestrale avec tant de violence, que les successeurs des bourreaux pourraient passer leur vie à indemniser leurs victimes et à chercher à se faire pardonner, le préjudice ne sera jamais totalement effacé. Mais tel n'est pas leur objectif ! Pour regretter leurs crimes, il faudrait encore qu'ils aient conscience de ceux-ci : c'est le point commun qui les lie à leurs complices, inconscients de leurs forfaits. La réhabilitation du Palais du Potala est assumée bénévolement par les Tibétains eux-mêmes. L'occupant laisse faire, persuadé que cela se révélera profitable au tourisme. Ce que le communisme chinois a détruit, le libéralisme chinois le laisse reconstruire, sachant qu'il s'agit en définitive de profiter aux mêmes corrompus au pouvoir. Puisqu'ils en encaissent les bénéfices ! Mais les artisans tibétains sont bien éloignés de ces considérations mercantiles : ils reproduisent à l'identique les sculptures détruites, les métaux précieux en moins. En effet, si depuis quelques années, les moines sont autorisés à restaurer certains de ces temples saccagés par les vandales chinois, c'est dans le seul but d'attirer les touristes. Car il y a fort à parier qu'en dehors de ceux qui s'adonnent à la visite des bordels, la majorité d'entre eux ne vienne pas pour admirer les hideuses constructions bétonnées de l'architecture chinoise. L'édification des hôtels à Lhassa, la restauration de quelques monastères représente non seulement une manière de poursuivre le pillage , mais le meilleur moyen pour les tyrans d'amplifier les profits issus du produit de ce pillage. Par ailleurs, le flot de touristes venant dépenser leurs devises au cœur du " Pays des neiges " devrait bien finir par avoir raison de ce qui reste des traditions tibétaines. L'esprit calculateur des dirigeants chinois en a déduit que l'attrait du matérialisme occidental constituerait une arme efficace pour corroder les derniers vestiges de la société traditionnelle tibétaine. Processus largement entamé par les vandales de Mao pendant la Révolution culturelle. Cependant, il convient de garder à l'esprit que ce pillage se déroule au vu et au su de la planète entière. Ce n'est pas parce que le pape s'en désintéresse, que les médias occultent la cause tibétaine, que nombre de dirigeants occidentaux collaborent avec les bourreaux de Pékin, que le droit international n'est pas bafoué au mépris de l'humanité dans son ensemble. Nous ne pourrons même pas argumenter, comme lors de la Seconde Guerre mondiale pour la solution finale, que nous ne sûmes qu'après coup ce qui se passait dans les camps de la mort. En l'occurrence, non seulement nous sommes parfaitement informés quant au calvaire enduré par le peuple tibétain, mais nous laissons faire les tyrans en toute connaissance de cause et distinguons les pillards avec les honneurs. Au moins en 1944, jamais nous ne nous serrions rendus aux festivités organisées par les bourreaux. L'humanité est en passe de plonger dans des abîmes, où jamais elle ne s'était fourvoyée. Emboîtant le pas aux tartuffes internationaux, nous prétendons agir ainsi, afin d'encourager ce système totalitaire à évoluer, alors que nous ne sommes aveuglés que par notre cupidité pour un bénéfice à court terme. Mais pourquoi donc les tyrans adouciraient-ils le régime concentrationnaire des laogai, lequel contribue si fortement à accroître le PNB et donc la croissance, si profitable à ceux qui se sont accaparés le pouvoir à Pékin ? Pourquoi seraient-ils subitement atteints d'un attrait soudain pour la démocratie, alors que tout ce qu'ils demandent et même avant qu'ils le demandent leur est offert sur un plateau, alors même qu'ils poursuivent sur la voie de la répression avec une cruauté sans borne ? Pourquoi mettraient-ils fin au pillage du territoire tibétain ? Il s'agissait d'une des principales motivations de Mao, lorsqu'il envahit le Tibet en 1950. Il est incontestable que le pillage du " Pays des neiges " a grandement contribué à la fantastique progression de la dictature chinoise sur le plan économique. Hélas, depuis que Pékin se voit récompensé par les démocraties, lesquelles vont aider les bourreaux à organiser leurs jeux, le système totalitaire chinois n'évolue aucunement. Combien y a-t-il de soudards et de colons ayant quitté le territoire tibétain au cours de ces dix dernières années ? En cas de succès de ces jeux sordides, ces derniers constitueront sans nul doute une magistrale consécration pour l'action des impérialistes chinois, aussi est-il exclu dans ces conditions que le loup ne se fasse agneau. Le père des tyrans chinois actuels a décidé de s'approprier ce qu'il convoitait : une nation entière et toutes ses richesses, tout en éliminant au passage le peuple légitime du " Pays des neiges ". Néanmoins, il est probable que le plus grand criminel de tous les temps n'ait jamais caressé l'idée que la communauté internationale allait, après plus d'un demi-siècle de négation du droit, offrir en prime à la dictature chinoise un somptueux cadeau afin de redorer son blason : l'organisation des jeux olympiques, après avoir chassé de leur terre les Tibétains au profit des colons chinois et une responsabilité avérée dans la mort de soixante-cinq millions d'êtres humains en Chine et ailleurs, dont la plupart ne demandaient qu'à vivre en paix. Depuis le mausolée où elle se trouve en bordure de la place Tienanmen, la vieille momie marxiste doit se tenir les côtes afin de ne pas éclater de rire. Le système concentrationnaire chinois s'est implanté au Tibet dans les bagages de l'A.I.O., ainsi que les nazis le firent, lorsque Gestapo et SS venaient effectuer leur " travail de nettoyage " après la conquête des territoires par la Wehrmacht. Centres de détention, prisons usines, camps de " réforme par le travail " ont fleuri dans ce qu'il reste des forêts du sud du territoire tibétain occupé, au cœur du Tibet central, mais également en Chine. Des dizaines de milliers de détenus y sont incarcérés et aucun journaliste occidental n'a été autorisé à pénétrer dans ces camps, où pendant un demi-siècle, des centaines de milliers de Tibétains ont été réduits en esclavage. Seul les journalistes chinois arrêtés y sont admis. La balance commerciale chinoise est directement ou indirectement issue de ce système concentrationnaire. Comble de l'ignominie, les Tibétains qui manifestent leur opposition à l'occupation chinoise se retrouvent, en vertu de leur nouveau statut d'esclave, corvéables à merci, transformés en rouages de l'exploitation de leur pays par les tyrans de Pékin. Mais l'horreur ne s'arrête pas là. Un ancien détenu chinois des laogai, Harry Wu, fut condamné sans procès en 1960. Après des années de travaux forcés, il témoigne de l'enfer vécu dans ces camps et estime qu'il a un devoir de mémoire à l'égard des victimes chinoises et tibétaines. Le laogai représente selon lui six à huit millions de détenus, sans tenir compte des Tibétains et de certaines minorités. Ils sont répartis dans mille cent cinquante-cinq camps. Pour Harry Wu et d'autres rescapés de ces camps de la mort, les laogai représentent l'Holocauste et le Goulag réunis, tout en soulignant que les camps de la dictature chinoise ont tué plus que ces deux systèmes d'extermination pourtant tristement célèbres. Il en vient à évoquer le trafic d'organes. - " Dans les laogai, comme dans les hôpitaux, les membres du Parti tirent un bénéfice de ce commerce. Reins, cœurs, cornées sont vendus très chers. Vous savez, les chefs de camp épuisent d'abord les prisonniers, hommes et femmes. Des coups, des tortures, des insultes, de longues heures de travaux forcés dans les champs ou dans les mines… et puis des rations alimentaires insuffisantes pour survivre plus d'un certain temps. Le soir, c'est la rééducation, le lavage de cerveau pour expier toutes les fautes commises à l'encontre du Parti et de la mère patrie. Au bout du compte, quel intérêt les geôliers ont-ils à garder en vie un individu qui n'a plus la moindre rentabilité ? Alors ils tuent, et ils prélèvent des organes sur ces pauvres gens. Il existe aussi des milliers de cas de prélèvements, alors que les hommes et les femmes sont encore en vie. " Certains tenteront de soutenir que ce témoignage est peut-être erroné, que la version des bourreaux et de leurs complices est exacte. Mais lorsque nous sommes informés quant au bilan des tyrans de Pékin, il est difficile de douter des témoignages de leurs victimes. A ce stade de l'horreur, après les stérilisations et avortements forcés, après les multiples tortures physiques et mentales initiées par les sbires aux ordres de ces criminels, nous nous approchons au plus près des expériences et de l'extermination orchestrées dans les camps de la mort nazis. Selon Harry Wu, ces prélèvements profitent aux responsables du système carcéral et à la nomenklatura, qui en tirent les plus grands profits. Il précise : - " Je ne suis pas le seul à dénoncer ce commerce très particulier. En 1992, un médecin canadien, le Dr Ronald D. Guttmann, évoquait aussi ce problème grave : ainsi en 1989, quatre mille cinq cent quatre-vingt seize reins furent greffés en Chine. La grande transplantation se fait dans un grand hôpital. Coût de l'intervention. 30 000 dollars (…) Les organes prélevés sont directement exportés vers Hongkong, où des patients très riches se rendent pour subir une transplantation. En Chine, on entend ce genre d'explication pour raconter l'horreur : nous utilisons les déchets de la société pour guérir les malades (…) Retenez ceci : chaque transplantation équivaut à une exécution (…) Juges, policiers, geôliers touchent au pactole. Ils reçoivent des cadeaux du Parti, des invitations à dîner. La population n'est bien entendu pas informée de ce qui se passe dans les laogai (…) Les médecins des hôpitaux sont en contact direct avec les directeurs des camps. Le tout consiste pour les prisonniers à ne pas être au mauvais endroit, le jour où des médecins ont besoin d'un rein, d'un cœur, d'une cornée. " Rappelons, car nous ne le répèterons jamais assez tant l'aveuglement et l'indifférence occupent le terrain, que ce sont ces criminels qui vont obtenir la flamme olympique et que les complices occidentaux soutiennent, guidés uniquement par leur avidité et leur absence de conscience. Il est vrai qu'ils " ne sont pas informés … " et que dans le cas où ils le seraient, il est bien clair et ils l'ont maintes fois démontré que la cupidité et la course aux profits prime chez eux sur toute autre considération. Pour en terminer avec ce macabre trafic, Harry Wu explique encore comment sont pratiqués les prélèvements. Des méthodes que n'auraient pas reniées Mengele et autres bourreaux des camps de concentration nazis. Quant à ceux du goulag, ils doivent se maudire du fond de leur enfer, de n'avoir pas pris des initiatives aussi lucratives : il est vrai qu'à l'époque, les transplantations étaient encore à l'état de projet. - " Ce sont de véritables détrousseurs de cadavres qui appliquent toujours la même méthode. Au moment de l'exécution, les geôliers tracent un cercle dans le dos, pour marquer l'emplacement du cœur. Pour que le prisonnier se tienne tranquille, le bourreau lui pique le dos avec une baïonnette, puis il fait feu. Parfois, on alterne les modes d'exécution en fonction des organes que l'on veut prélever. (…) Ce commerce juteux est une nouvelle preuve de la violation permanente des droits de l'homme en Chine et au Tibet. C'est pour cela que je me dois de témoigner, car je suis moi aussi victime de ces gens-là… Ma chance est d'être encore en vie et j'utilise cette chance pour parler. " Même si ces horreurs ont lieu derrière les rideaux, bien dissimulés derrière la vitrine de la croissance chinoise, elles ne peuvent être rayées d'un trait de plume péremptoire, du style " Nous n'en savons rien, car nous ne voyons rien ". Il est vrai que les bourreaux ne se sont pas encore décidés à rentabiliser au mieux la boucherie, en projetant des représentations de ces scènes, où l'humanité à sombré au plus profond des abîmes. Ce qui est devenu maintenant une importante source de profit ne constituait pas une motivation originelle de l'envahisseur chinois. Cependant, l'imagination des bourreaux est sans limite, tout comme les raffinements en matière de torture. Et pour ce totalitarisme sanguinaire, il faut bien admettre qu'il y a inadéquation entre cet opportunisme et tout sentiment humain. * * * * * * * * * * * * * Les motivations actuelles des tyrans de Pékin sont claires : ainsi lorsque le parlement chinois ratifie par exemple le " traité de Shanghai " relatif à la lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme. Celui-ci permettra à la dictature chinoise de réprimer les actions " séparatistes " des " Ouighours " de Chine, en collaboration avec la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. Le régime en place à Pékin n'hésite pas à s'allier avec ceux dont il critique l'évolution politique, afin de parvenir à ses fins à l'intérieur de ses frontières, comme sur les territoires des nations qu'il occupe et qu'il spolie. A la lumière de ces manipulations, nous pouvons observer que ces tyrans n'ont pas leur pareil pour instrumentaliser tous ceux, gouvernements occidentaux ou autres, qui peuvent apporter leur contribution à une puissance toujours croissante et toujours plus menaçante, tant dans le domaine militaire que sur le plan de l'économie ultralibérale. C'est un principe très ancien, mais qui a fait ses preuves : servez-vous de votre ennemi pour en abattre un autre. Après cette alliance contre nature, il ne reste qu'un ennemi au lieu de deux. L'histoire fourmille d'exemples allant dans ce sens : ainsi, l'un des plus célèbres étant le Pacte de non agression entre les dictateurs Staline et Hitler, les deux compères n'hésitant pas à s'allier, afin d'éliminer la Pologne de concert avant d'en découdre. En l'occurrence, Pékin se sert de la chasse anti-terroriste pour régler ses comptes avec ses minorités, ou considérées comme telles, qui auraient l'audace de faire état de velléités séparatistes. Pékin répugnant à employer le terme " indépendantiste ", de peur sans doute de créer des vocations. C'est une des facettes inquiétantes de ce qui se trame avant les " jeux de la honte " : à l'occasion de ces jeux, le pouvoir succombe, ainsi que certains observateurs l'avaient prédit, à la tentation de débarrasser le territoire tibétain, comme celui de la Chine, de tous les opposants susceptibles d'assombrir l'image d'une manifestation de puissance qui se veut grandiose. Pékin n'acceptera aucun désordre au cœur du plus grand état totalitaire de la planète : le pouvoir chinois considère que sa crédibilité est en jeu. L'ordre doit régner, fusse au prix de quelques balles perdues et quelques nouvelles transgressions des droits de l'homme. Autrement dit, le soutien des Occidentaux alimente la soif de répression des tyrans, qui peuvent ainsi continuer à piller et à opprimer en toute quiétude. Mais de cela les sportifs, pilotes de formule 1 et autre tennismen, n'en ont cure. Et pendant ce temps-là, à défaut de respect du droit international et des droits de l'homme, le PNB chinois continue à atteindre les sommets. Tout ce qu'ils peuvent piller, pas seulement sur le territoire tibétain, mais également par le biais de la technologie gracieusement fournie par les Occidentaux, faisons-leur confiance au moins sur ce point, ils le feront. Pour Pékin, le respect des brevets scientifiques est une pure hérésie : ils copient tout ce qu'ils ne maîtrisent pas encore, en matière nucléaire bien évidemment, mais également en ce qui concerne toutes les technologies avancées, afin de rattraper le retard pris notamment pendant les dix années de " régression culturelle ", orchestrées par Mao. A cette époque, les savants étaient envoyés aux champs pour cultiver la terre et gagner leur diplôme de " rééduqué ". Etre qualifié d'intellectuel en Chine pouvait conduire au mieux à l'humiliation, au pire à la torture et à la mort, pour soi-même, mais aussi pour sa famille. Ce temps est révolu : les dirigeants chinois sont prêts à tout, afin de faire de la Chine la première puissance militaire et économique de la planète. En échange de ce nouveau statut, les Chinois ne donnent rien, ni aux Américains, ni à qui que ce soit, ils ne rendent rien non plus, par exemple l'indépendance et la liberté qu'ils ont volées au peuple tibétain. Pourquoi le feraient-ils, puisqu'ils obtiennent tout ce qu'ils veulent par le biais du chantage économique ? C'est le revers de la médaille : à tout vouloir céder à l'intérêt économique, nous en sommes réduits à devenir la victime du maître chanteur et à ne plus pouvoir rien refuser au " client roi ". La pouvoir chinois n'éprouve même plus le besoin de se justifier ; mais s'il venait à le faire, il ne serait jamais crédible, étant donné qu'il s'appuie, pour défendre pouvoir et privilèges, sur une idée impossible à soutenir, celle de l'exploitation du plus faible par le plus fort ! Chacun aura compris que le Tibet fait autant partie de la Chine que l'Afghanistan avait vocation à demeurer sous le joug soviétique. La réalité, c'est que le Tibet constitue pour la dictature chinoise une zone d'expansion particulièrement importante sur les plans stratégique et militaire. Sa politique d'intégration du territoire tibétain occupé va dans ce sens, mais contrairement à ce que certains feignent encore de croire, il s'agit d'absorber l'espace tibétain et non son peuple, qui n'existera plus en tant que tel dans deux ou trois décennies. Il ne fait pas le moindre doute que l'occupant chinois est prêt à tout pour conserver son butin et ne lâchera prise que lorsque la communauté internationale se sera éveillée ; et lorsqu'elle lui fera comprendre tout le bénéfice qu'il pourrait tirer du respect du droit international et tout ce qu'il pourrait perdre à poursuivre obstinément oppression et pillage. La solution finale à la chinoise n'entrevoit que deux options : extinction complète du peuple tibétain, ou assimilation de ce que ces dirigeants prolifiques de la méthode Coué ne manquent jamais une occasion de nommer une minorité chinoise, afin d'être sûr que leurs complices internationaux retiennent la leçon. Lorsqu'une jeune Tibétaine est contrainte pour survivre d'épouser un colon chinois, puis le suit en Chine, tout en sachant qu'elle sera victime de l'ostracisme de la part de la famille de son époux, elle est néanmoins absorbée par la masse des Chinois. Résultat : le Tibet compte une Tibétaine de moins, sans tenir compte des enfants qu'elle aurait pu obtenir, si elle avait épousé un Tibétain, pour peu qu'elle soit parvenue à échapper à l'extermination des enfants tibétains avant et pendant la grossesse. C'est une des raisons, avec les stérilisations et avortements forcés, qui explique que le compteur de la natalité tibétaine reste bloqué depuis près de six décennies. Deux à trois millions de Tibétains sont asphyxiés dans la masse des Han des régions chinoises limitrophes du Tibet ou des provinces annexées. Dans la prétendue " région autonome ", moins de deux millions de Tibétains sont déjà noyés par la colonisation chinoise qui s'accroît tous les jours. La langue tibétaine est tellement en voie de disparition sur le territoire de la nation tibétaine occupée, que certains jeunes Tibétains ne la parlent plus couramment, sachant qu'ils n'ont aucune chance d'obtenir un emploi ou d'être scolarisés sans parler chinois. Les hommes tibétains sont soumis à l'instruction militaire chinoise et doivent subir pendant celle-ci les humiliations de l'occupant. Il ne reste plus que les cent cinquante mille exilés de la diaspora tibétaine, qui connaissent la démocratie et la liberté de s'exprimer en tibétain, mais jouissent de ce privilège, loin de leur terre volée et pillée par les barbares chinois. Il ne vous reste plus ô " honorables " démocrates occidentaux, qu'à venir admirer les effets du nettoyage ethnique à la chinoise, à continuer à acquérir par milliards les produits " made in dictature ", afin de continuer à aider ce système totalitaire à devenir de plus en plus puissant et à venir applaudir les festivités pékinoises en 2008. Mais pour tous ceux qui s'apprêtent à s'impliquer dans ce combat contre ces ignobles réjouissances, la résistance commence. Elle ne s'achèvera qu'avec la libération de la totalité du territoire tibétain occupé. De la constance de cette lutte et d'une indispensable détermination, dépendra l'issue de cet engagement planétaire pour l'avenir du genre humain, tant il est vrai qu'accorder la victoire aux bourreaux serait si lourd de conséquences pour l'avenir des relations internationales. Car nul ne parviendra à le nier de façon crédible : la cause tibétaine constituera le plus vivant exemple de la survie ou de la disparition des valeurs de l'humanité. Chapitre 7 Le boycott des jeux de la honte " Un holocauste a lieu sur le toit du monde et le monde libre continue à ne pas y prêter attention. La situation est absolument inacceptable au Tibet, où sont stationnés environ 500 000 soldats et le quart de l'arsenal militaire chinois." Cette situation, décrite par Petra Kelly, chef de file des Verts ouest-allemands en 1988, n'a fait qu'empirer depuis cette année-là. Essayons d'imaginer : plus d'un demi-siècle d'évolution perdu par les Tibétains, pendant que la plupart des autres nations du monde ont progressé dans de nombreux domaines. La nation tibétaine a subi un préjudice démographique en premier lieu : il est permis d'estimer, au regard de l'évolution moyenne dans les différents pays du globe, que sans le génocide, la malnutrition et les mauvais traitements, les massacres, les stérilisations et avortements forcés, la population tibétaine serait probablement passée de six à dix millions d'habitants. Les chiffres du génocide ne tiennent aucun compte des Tibétains empêchés de naître, du fait notamment du décès prématuré de leurs parents, dont les bourreaux chinois sont responsables, ni de l'interruption forcée de la grossesse ou des stérilisations imposées par l'occupant, dans le cadre du nettoyage ethnique. Actuellement, cette population s'élève sur l'ensemble du territoire tibétain occupé à environ cinq millions d'habitants pour quinze millions de colons chinois, auxquels il convient d'ajouter les cent cinquante mille Tibétains de la diaspora et probablement quelques dizaines de milliers disséminés dans les régions et provinces chinoises. Préjudice dans le domaine économique bien sûr, au vu des gigantesques richesses naturelles du sol et du sous-sol du territoire tibétain, surexploité comme jamais par ces squatters indésirables qui se sont installés sur la propriété d'autrui et qui tardent à déguerpir. Préjudice culturel lié notamment au pillage et au vandalisme exercés par les bandits chinois. Et que dire du préjudice démocratique ensuite : où en seraient les institutions avec les avancées, que n'auraient pas manqué de connaître les Tibétains, sans le recul totalitaire imposé par l'occupant. Préjudice encore, quant à la préservation de l'environnement , l'occupant chinois s'étant employé à détruire de nombreuses espèces animales et végétales, polluant et empoisonnant ce que le peuple tibétain avait préservé au cours des millénaires. Préjudice toujours dans le cadre de ses relations diplomatiques : ce n'est pas un hasard si la nation tibétaine bénéficie du rare privilège, sous prétexte que son territoire est occupé, de n'être reconnu par aucun autre Etat de la planète , ses relations diplomatiques se trouvent au point mort depuis près de six décennies, si ce n'est les contacts discrets entretenus par le Dalaï-lama et le Chef du Gouvernement tibétain en exil. Pourtant, la nation tibétaine n'est coupable d'aucun crime. Mais il ne convient pas de froisser le " cher " partenaire économique chinois. Seul le régime du bourreau qui danse avec la " valseuse " bénéficie de la reconnaissance internationale, pendant que sa victime est rejetée au ban des nations. Quelle infamie ! Or, vingt ans après la déclaration de la militante écologiste européenne, la communauté internationale va décider si elle est prête à faire un pas de plus dans son soutien aux bourreaux du peuple tibétain. Si la décision du jury d'Oslo d'attribuer le Prix Nobel de la Paix au Dalaï-lama aurait pu contribuer à l'isolement de Pékin, le triomphe des " jeux de la honte " aurait l'effet inverse. Et pourtant, le seul génocide au monde qui perdure encore à ce jour, depuis plus d'un demi-siècle, est celui du peuple tibétain. Qu'y a-t-il de commun entre l'affiche de la finale de la Coupe du monde de football au Stade de France à Paris en 1998 et les jeux de la honte dix ans plus tard ? Concernant ces derniers, ils n'auront lieu, avec le triomphe que les bourreaux du peuple tibétain en attendent, que si nous l'acceptons, alors que le territoire de la nation tibétaine sera occupé depuis cinquante-huit longues années et son peuple opprimé et réduit en esclavage, ses ressources pillées tout au long de cette période. Cette injustice majeure constitue une verrue plantée à la face du monde. Et pourtant, cette situation perdure sans aucune réaction notable du monde libre, en dehors de cette reconnaissance internationale apportée sur un plateau et quelques légères protestations ponctuelles, hors de propos avec la férocité de la répression imposée par l'A.I.O. aux femmes, aux enfants, aux vieillards et aux hommes tibétains. Prenons l'exemple d'un pays européen, comme la France dont la superficie représente moins du quart du territoire tibétain occupé, elle aussi fut en partie occupée, puis en totalité par l'armée nazie à partir de 1940. Cinquante-huit interminables années d'occupation plus tard , sans l'intervention déterminée des forces alliées, les spectateurs de la finale auraient pu assister à une rencontre IIIe Reich/Brésil ou Démocratie populaire de France/Brésil, si la France avait été " libérée " par l'Armée rouge. En effet, contrairement aux Américains, et à l'instar des impérialistes chinois, les Soviétiques avaient une fâcheuse tendance à ne plus repartir, une fois installés. Soit la France attendrait encore sa libération et son premier titre de championne du monde de football, soit elle l'aurait obtenu derrière un rideau de fer. Elle n'a dû son salut qu'au sursaut de la communauté internationale, qui a refusé en 1944 que le droit international ne soit bafoué plus longtemps, en mettant un terme à l'occupation de l'Europe et à la solution finale orchestrée par les nazis. Pendant ce temps, l'occupant chinois est toujours installé sur le toit du monde au mépris du droit international et son appareil répressif tourne à plein régime, afin d'accroître sa puissance économique et militaire et freiner toute velléité démocratique. Si nous ne parvenons pas à mettre un terme à la tyrannie chinoise qui pèse sur le Tibet avant les " jeux de la honte ", devons-nous pour autant aider les bourreaux à fêter le terrible anniversaire de cinquante-huit années d'oppression et de pillage ? Beaucoup ont déclaré qu'ils n'ont appris qu'après la Seconde Guerre mondiale, que le conflit avait servi de cadre à l'extermination des juifs, des minorités et des opposants, que les biens de ces malheureux avaient été pillés par l'armée d'occupation et la police allemande. Nous avons participé aux jeux olympiques de Berlin, avant que l'existence des camps d'extermination ne soit connue et que ceux-ci ne tournent à plein régime. Ces jeux apportèrent gloire et reconnaissance au dictateur nazi, alimentant sa soif de conquêtes et de victoires. Certains athlètes, y compris les sportifs français, se crurent tenus de faire le salut nazi, en défilant devant le psychopathe et sa garde de criminels qui eux, tout autant que l'envahisseur chinois, s'asseyaient sur le droit international. Maintenant que nous savons : - Que le système totalitaire chinois a tué beaucoup plus d'êtres humains que les nazis et les soviétiques réunis. - Que les droits de l'homme les plus élémentaires dans ce pays sont bafoués tous les jours. - Que les massacres de centaines de jeunes étudiants sur la place Tienanmen ont bien eu lieu en juin 1989, avec la férocité qui sied à une dictature aussi inhumaine. - Qu'un pays voisin de la Chine, aussi vaste que quinze Etats de l'Union européenne, est occupé au mépris constant du droit international. - Que le peuple le plus pacifique de la terre, asservi, humilié, victime d'un génocide, est contraint d'assister et de participer au pillage de ses richesses, au profit de l'occupant depuis le milieu du XXe siècle. - Que l'ouverture de ces " jeux de la honte " consacrera cinquante-huit années de lâcheté internationale. Allons-nous remettre le couvert de 1936 en 2008, en assistant au défilé des nations venues fêter cette longue période de couardise et de collaboration avec les bourreaux du peuple tibétain ? Allons-nous nous livrer à cette mascarade sans équivalent dans l'histoire de l'humanité ? Et croyons-nous sincèrement qu'en piétinant les victimes de Tienanmen, en foulant aux pieds la nation tibétaine humiliée, ce forfait commis par la communauté internationale dans son ensemble n'aura aucune répercussion sur le destin de l'humanité ? A Pékin en 2008, nous nous apprêtons à reconnaître que la transgression du droit international ne pose pas de problème majeur à l'humanité, puisqu'elle se précipite pour honorer les tyrans, ce qui aura pour effet d'achever leurs victimes et d'ouvrir la voie à d'autres injustices. Après l'infamie des jeux de la honte en août 2008 à Pékin, quelle espoir restera-t-il à l'infortuné peuple tibétain, lequel attend jusqu'à ce jour que la communauté internationale se décide enfin à lui venir en aide et s'oppose à ses bourreaux ? Avant qu'il ne soit commis, il est grand temps de réfléchir un instant seulement, quant à l'acte irréparable que nous nous préparons à commettre : quel salut les sportifs feront-ils lors de la cérémonie d'ouverture des " jeux de la honte ", au moment d'apporter consécration et gloire aux despotes pour leurs crimes ? Le salut nazi n'étant pas en vigueur dans le système totalitaire chinois, suggérons-leur à l'occasion de cette cérémonie, de se prosterner jusqu'au sol devant " le boucher de Lhassa ", bourreau du peuple tibétain. Autre proposition, baiser le drapeau de la dictature chinoise en piétinant celui de la nation tibétaine martyre. Sur quelles dépouilles allons-nous verser des larmes, lorsque nous aurons laissé les tyrans aller trop loin sans réagir ? Dans cette mascarade de Pékin 2008, il n'y aura que deux camps : 1) Celui des complices des bourreaux et des indifférents devant les exactions commises par la barbarie des dirigeants de Pékin. Les sportifs, les sponsors, les spectateurs présents à Pékin prendront fait en cause pour les " jeux de la honte " organisés par la dictature chinoise. Tous ceux-là viendront se placer sous la bannière des tyrans. D'autres complices, apôtres de cette nouvelle collaboration, ont déjà réservé leur place. La C.E.L.T. se réserve le droit d'établir un inventaire précis des participants à ces jeux : personnalités, entreprises, médias qui choisiront de soutenir les tyrans, ainsi que les athlètes et gouvernements qui apporteront leur caution à la dictature chinoise en participant à cette mascarade. Ils le feront par cupidité, mais s'ils parviennent à contribuer au triomphe des bourreaux, ils anéantiront tout ce qui reste aux survivants tibétains, à savoir l'espérance. Rappelons qu'au cours de ces dernières années avant ces " jeux de la honte ", des élections ont eu lieu dans les différentes démocraties : les électeurs avaient tout loisir d'empêcher certains politiciens de déshonorer plus longtemps leur drapeau et leurs concitoyens, en collaborant, ou en dansant avec les bourreaux. 2) L'autre camp réunira tous ceux qui s'opposeront à la poursuite des exactions de l'Armée Impérialiste d'Occupation chinoise et des colons sur le territoire de la nation tibétaine, à la négation du droit international et des droits de l'homme. Ils refuseront que le plus grand système totalitaire de la planète qui revendique cette négation du droit, obtienne la consécration et la reconnaissance internationale attendue par le " boucher de Lhassa " et ses sbires. Ceux-là seront déterminés à mettre un terme au calvaire du peuple tibétain en se rangeant sous son drapeau. Ils refuseront d'apporter leur caution en participant de près ou de loin à la honte de Pékin. Un inventaire des résistants opposés à l'occupation du territoire tibétain fera connaître les organes de presse, athlètes et équipes sportives, O.N.G. et associations, entreprises, gouvernements et collectivités locales qui viendront se ranger aux côtés du peuple tibétain opprimé. Ces documents tenus à jour par des membres de la C.E.L.T. auront le mérite de clarifier la situation : qui luttera afin d'améliorer le sort de l'humanité et refusera que le XXIe siècle soit un nouveau siècle de génocides, ou de poursuite de génocide en cours, de pillage, de négation du droit international et des droits de l'homme ? Qui sera prêt à jouer le sort de l'humanité en se fourvoyant pour une médaille, pour des profits ? Après les " jeux de la honte ", chacun connaîtra ainsi en se regardant dans le miroir, l'exact reflet de sa personnalité et de ses valeurs. Car nul ne peut se prétendre préoccupé ici par la souffrance de tel ou tel, et là accepter sans broncher et encourager l'extermination d'un peuple, ceci en laissant bafouer au grand jour le droit international et les droits de l'homme. Les années qui ont précédé les " jeux de la honte " auraient pu se révéler décisives. Elles auraient pu permettre le retrait des troupes d'occupation et des colons chinois du territoire tibétain occupé, si Pékin voulait cette reconnaissance apportée par les jeux olympiques et devenir un partenaire commercial fréquentable. Mais les tortionnaires et pillards se sont obstinés à transgresser ouvertement droit international et droits de l'homme sur le Toit du monde. En 2002, se déroulèrent les premiers masters de tennis de Shanghai, au cœur du plus terrifiant système totalitaire de la planète, sans doute organisés par les frères de sang du renégat Samaranch. Les huit joueurs avaient pour nom, André Agassi, Lieyton Hewitt, Marat Safin, Carlos Moya, Alberto Costa, Jiri Novak, Roger Federer, Juan Carlos Ferrero. Le vainqueur, dont le nom n'intéressera personne, s'est adjugé 1 520 000 dollars. Chiffre très proche du nombre officiel de victimes tibétaines du génocide de ceux qui organisent maintenant les manifestations sportives d'ampleur internationale. Un dollar par victime tibétaine, mais combien d'entre eux pensaient-ils en jouant une balle de match, qu'ils venaient exhiber leur talent au sein de la dictature la plus sanglante du monde, et sans doute la plus ancienne ? Lesquels d'entre eux étaient informés que le Tibet, pays voisin du lieu de leurs " exploits ", était occupé et pillé par les organisateurs du tournoi ? Savaient-ils encore qu'une jeune nonne tibétaine pacifique du nom de Ngawang Sandrol était à ce moment-là détenue et torturée depuis plusieurs années dans l'enfer carcéral chinois , pour avoir seulement osé crier " Rangzen ! " (Indépendance) pour le Tibet. Que de scènes de torture, d'exécutions sommaires, de mauvais traitements eurent lieu pendant que le vainqueur de cette compétition encaissait son chèque ! Bien sûr, d'autres ont suivi les traces de ceux qui se sont engagés sur la voie de la reconnaissance des bourreaux. Cependant, il convient également de s'interroger sur les motivations de ces footballeuses qui étaient prêtes à se rendre en septembre 2003, si les risques liés à la pneumonie atypique ne les avaient pas retenu, pour parader au cœur de la dictature chinoise, en salissant le drapeau des démocraties, afin d'aider celle-ci à faire ses réglages d'organisation avant les " jeux de la honte ". Pour être footballeuses, elles n'en sont pas moins femmes. Auraient-elles eu une pensée à l'égard de ces Tibétaines stérilisées et avortées de force par les bourreaux chinois ? Et ces parents dont les enfants avaient été enlevés par les soudards chinois et expédiés vers le sol de l'envahisseur, jamais revus depuis par leurs parents, certains étant morts de chagrin pour ceux qui n'avaient pas choisi le suicide. Y avait-il une conscience et un cœur au-dessus des crampons ? Ces footballeuses auraient-elles joué au cœur de ce système totalitaire, comme dans la première démocratie venue, ou comme si aucune atrocité n'avait jamais eu lieu, comme si le Tibet n'était pas occupé depuis plus d'un demi-siècle ? Au cours de cette coupe du monde de football féminin, il est certain qu'une équipe nationale qui aurait refusé de se rendre sur les stades de la dictature chinoise, afin de protester contre la présence des troupes d'occupation et des colons au Tibet, aurait bien davantage marqué l'histoire que par ses performances. Il leur revenait, lors de cette occasion unique, d'imposer leur spécificité : lesquelles auraient eu ce courage que n'ont pas eu les tennismen ou les pilotes de formule 1 d'interpeller les autorités de Pékin ? - " Contrairement à d'autres, nous ne nous rendrons pas complices de ce système totalitaire : nous refusons d'apporter par notre participation, notre soutien aux bourreaux du peuple tibétain ! " Accordons-leur le bénéfice du doute, mais sans illusion… Que dire de ces cyclistes qui se préparaient cette même année 2003, à participer à un autre test grandeur nature de préparation aux " jeux de la honte " , à cinq ans de la consécration mondiale pour cinquante-huit années de pillage et d'occupation du territoire tibétain ? Mais la préparation s'avère tout aussi nécessaire pour les sportifs, afin de les entraîner à museler leur conscience, pour ceux qui seraient pris de remords : il n'est peut-être pas si simple de venir apporter son soutien aux bourreaux d'un peuple martyr abandonné de tous. Rappel qui a son importance : seuls ceux qui sont dotés d'une conscience et préoccupés du devenir de l'humanité sont susceptibles d'être gênés par quelques scrupules persistants. Pour un titre de champion du monde, ces cyclistes étaient prêts à se lancer, en oubliant d'avoir la moindre pensée altruiste pour les dizaines de millions de victimes de la barbarie, en pédalant sur les routes chinoises. Comme souvent en pareil cas, pour se dédouaner, ces sportifs auraient sans doute objecté qu'ils ne se sentaient pas concernés par la politique, qu'ils ne vivent que pour leur discipline sportive . Pour ce qui est de l'argument politique, il est utile de préciser ici que concernant la question tibétaine, il ne s'agit pas seulement de politique. La réaction concernant la nation tibétaine piétinée par l'envahisseur chinois est d'ordre humanitaire, et entre dans le cadre d'une révolte contre une injustice majeure, de transgression sans précédent du droit international et des droits de l'homme, et d'une récidive dans le cadre d'une lâcheté persistante de la communauté internationale. Et il se pourrait fort que le destin de l'humanité soit en jeu sur le toit du monde. Car en soutenant les tyrans dans cette affaire, qui peut affirmer que quelqu'un parviendra à les arrêter à l'avenir ? Quand nous admettons le principe de la loi du plus fort comme nous l'avons fait à Munich avec Hitler, il est bien tard ensuite pour évoquer le respect du droit international. Dans cette affaire, les tyrans sont décidés à poursuivre l'extermination du peuple tibétain, à occuper son territoire en le pillant au passage, en attendant d'affirmer leurs prétentions concernant la démocratie chinoise de Taiwan. Ce qui est totalement illégal et illégitime et ce que préfèrent ne pas voir les complices. Mais nous saurons bientôt, en août 2008, si le monde a retenu les leçons de l'histoire. Or, par la biais de Samaranch et ses compères du C.I.O., le destin a paradoxalement décidé de venir au secours de la communauté internationale, afin qu'elle sorte de sa torpeur et qu'elle ne cède pas une fois de plus à sa lâcheté coutumière dans cette partie du monde, en infligeant un nouvel affront au peuple tibétain. En 2003, il n'y avait toujours pas de réveil du monde libre. C'est ainsi que le destin se manifesta à nouveau, puisque l'occupation illégale du territoire tibétain, les exactions des tortionnaires au Tibet, le refus de démocratiser la Chine ne suffisaient pas, la crainte du SRAS permit d'empêcher le déroulement des championnats du monde de cyclisme, puis de la coupe du monde de football féminin. Sans doute pour s'excuser de leur absence de dernière minute auprès des bourreaux, certains des sportifs appelés à disputer ces compétitions crurent bon toutefois de préciser, que seule le perspective de risquer leur vie les avait incité à reculer devant l'éventualité de se rendre au cœur du système totalitaire chinois. Que ces derniers se rassurent ! Les soutiens du malheureux peuple tibétain dans le monde auront parfaitement compris qu'il faudra beaucoup plus que la survie des Tibétains pour freiner l'avidité des complices. Ces infâmes excuses à l'égard des tyrans confirmeront, si cela était encore nécessaire, aux défenseurs de l'infortuné peuple tibétain qu'une détermination sans faille sera indispensable afin d'empêcher le triomphe des bourreaux lors des " jeux de la honte ". Les complices à quelque niveau que ce soit, ont bien l'intention de se bousculer pour les miettes de gloire honteuse distribuées à Pékin en 2008. Ce n'est donc que partie remise avant que le plus grand nombre vienne au secours des tyrans, exprimer en toute indécence sa sympathie à l'égard des bourreaux. Complices et renégats sont dans les starting-blocks. L'heure est venue pour les spectateurs, mais surtout pour les téléspectateurs de ces compétitions d'approuver ou de sanctionner le comportement de ces stars du sport, au mépris de la défense du droit international et des droits de l'homme au Tibet occupé et en Chine. Le choix se pose maintenant avec acuité, avec l'organisation des grands prix de Shanghai depuis 2004. Il s'agit de sanctionner la Formule 1 et les profits fabuleux générés par les milliards de droits de retransmission TV liés à la publicité. Concernant ce boycott, rien n'est plus facile. Un groupe de défenseurs du peuple tibétain a commencé à organiser le boycott de ces retransmissions. Tout est parti du jour où d'éminents libéraux, démocrates de surcroît, ont pensé qu'il y avait gros à gagner, en organisant une course de formule 1 sur le sol de la dictature chinoise. L'évènement était susceptible d'attirer les téléspectateurs du monde entier devant les spots publicitaires, diffusés également sur les petits écrans chinois. L'objectif, prétendirent les pontes de la F1, étant de rendre les courses moins ternes. Il est vrai que jamais un même pilote n'avait autant dominé la formule 1. Mais il était peu vraisemblable que lors de ses victoires, Mickaël Schumacher refuse le champagne et bouleverse le protocole, en brandissant le drapeau tibétain sur le podium. Le spectacle est-il plus enthousiasmant, mais dans le style " Jusqu'où pouvons-nous aller pour le spectacle : piétiner le souvenir des victimes et mépriser le sort d'un peuple opprimé ? ", nul doute qu'il faudra attendre 2008, pour atteindre de nouveaux sommets dans la vilenie. Une chose est certaine : aucun bolide n'écrasera les prisonniers morts dans les laogai, ni les manifestants broyés sous les chars à Tienanmen. Ce grand prix diffusé en Chine a-t-il été également retransmis sur les écrans du Tibet occupé ? Toutes ces manifestations sportives visent à apporter une reconnaissance internationale aux tyrans, sans pour autant qu'ils se donnent la peine de faire un pas vers la libération du Tibet et la démocratie en Chine. Elles sont bien évidemment à boycotter à tous les niveaux. Cette démarche constituant un excellent entraînement avant le boycott des " jeux de la honte ". Si le symptôme est l'absence de conscience, à savoir " la souffrance que je n'endure pas ne me concerne en rien ", alors dans ce cas, il ne faudra pas se contenter d'informer le monde, mais il sera indispensable que le camp des défenseurs des droits de l'homme et du droit international se mobilisent avec une détermination sans faille, afin de lutter pied à pied contre les complices et les renégats, mais également contre l'indifférence qui les fait prospérer, et surtout contre cette barbarie alliée au cynisme le plus ignoble. Les tyrans pourraient bien nous tenir ces propos : " Nous avons transgressé comme jamais le droit international et les droits de l'homme et malgré cela, nous allons faire en sorte que l'ensemble de la communauté internationale vienne nous soutenir et enterrer définitivement le peuple tibétain en 2008, nous qui sommes ses bourreaux, car nous connaissons votre cupidité et c'est elle qui vous guidera et vous contraindra à accepter toutes nos exigences. Par ailleurs, les jeux constitueront pour vous un excellent entraînement : vous abandonnerez définitivement le peuple tibétain cette année-là, en nous accordant très officiellement ses matières premières que nous continuerons à piller, mais cette fois avec votre assentiment. Nous ne serons plus considérés comme des pillards, car votre soutien en août 2008 ferait de vous les complices du pillage en question. Quant à l'extermination du reste du peuple tibétain, nous avons fait le plus gros du travail. Et nous nous occuperons de Taiwan en 2009, ou quelque temps après, sans que vous puissiez vous y opposer. Quels arguments pourriez-vous avancer pour sauver 36 000 km², alors que vous n'avez pas bougé le petit doigt pour 2 500 000 km² truffés de matières premières sur le Toit du monde qui ne nous appartenait pas avant 1950 ? Après 2008, vous ne pourrez plus jamais contester notre droit de propriété sur le territoire tibétain que nous sommes en train de coloniser… " Les participants à la coupe du monde de football féminin et au championnat du monde de cyclisme en 2003, auraient toujours pu prétendre qu'ils ignoraient tout du sort réservé au peuple tibétain, ou de la nature du régime au pouvoir à Pékin et s'ils le savaient, que cela ne les concernait nullement. Ce ne sera plus le cas, à l'occasion de l'ignoble mascarade de 2008, ou lors de la coupe du monde de football que la dictature chinoise convoite pour 2018, si un second affront était fait à la mémoire du peuple tibétain et à ses victimes. N'attendons pas 2018 pour réveiller les consciences ! Les jeux olympiques d'Athènes auraient pu constitué le point de départ de la campagne du boycott des " jeux de la honte ". Il ne s'est rien passé à Athènes ou si peu. Mais il est vrai que les autorités grecques, en complices avertis, ont pris soin de museler les quelques opposants à la dictature chinoise. Dans quelles flaques du sang des victimes, martyrs tibétains et chinois de cet hideux système totalitaire, les semelles des sportifs vont-elles patauger ? Espérons que lors de la remise des médailles , il se trouvera suffisamment de démocrates défenseurs des droits de l'homme pour siffler l'hymne des nations complices des bourreaux. Concernant celles-ci, non seulement le président français ne fera pas pression, mais il encouragera ses " glorieux " athlètes à fouler le sol chinois. Pire, il a annoncé son intention de se rendre à la cérémonie d'ouverture en tant que président français, mais aussi président de l'Union européenne à ce moment-là. Il apportera donc l'hommage des démocraties européennes à la plus grande dictature du monde. Si le boycott est un échec, la puissance de la dictature chinoise sera incontrôlable et il sera trop tard pour se lamenter : " Si nous avions su, nous aurions tenu compte des avertissements lancés ! ". Comme les signaux d'alarme, il y a quarante-cinq ans à propos du nucléaire, de ses risques et de ses déchets que nous allons léguer aux générations futures : avertissements en pure perte ! Comme pour l'épuisement des ressources en pétrole . Et que dire des avertissements formulés par les scientifiques, il y a quinze ans, concernant le réchauffement climatique: non content de rejeter toujours plus de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, le " club des joyeux pollueurs " a accueilli la dictature chinoise en son sein, laquelle est devenue très vite le second pollueur de la planète et passera en tête en 2008. Aujourd'hui, il est question de ce qui est vital pour la survie de l'humanité et de ses valeurs aussi essentielles pour sa survie, que le respect du droit international et des droits de l'homme, l'aspiration des peuples à disposer d'eux-mêmes, à la liberté et à la démocratie. Toujours plus de pétrole consommé, de menaces nucléaires, de rejet de gaz à effet de serre. L'humanité n'a tenu aucun compte des avertissements lancés afin d'assurer sa survie. Qu'en sera-t-il de cette nouvelle mise en garde ? Il conviendrait d'attirer l'attention des organisations et entreprises qui soutiendraient le boycott, qu'elles pourraient avoir beaucoup plus à gagner qu'à perdre, y compris en matière de recettes purement financières. Il est vraisemblable que les autorités démocratiques des deux nations, qui naîtraient de cet acte de résistance d'ampleur planétaire, tiendront compte à l'avenir des soutiens apportés, ici à la dictature ou là aux démocraties tibétaine et chinoise. Il est important de souligner ici qu'une entreprise française par exemple, n'est absolument pas tenue de suivre les traces de ses dirigeants politiques. S'en démarquer va pourtant dans le sens de l'intérêt de l'entreprise. Les actes odieux des adeptes de la collaboration dans l'intérêt des lobbies sont aux antipodes de l'action résistante pour la libération du peuple tibétain. Il est vraisemblable que de nombreux ressortissants européens d'origine française ne se reconnaissent pas dans le comportement de ceux qui les représentent si mal. Concernant les athlètes, l'acte de résistance minimum à Athènes en 2004, aurait été de brandir des drapeaux tibétains et d'utiliser leur notoriété pour donner rendez-vous à la communauté sportive aux jeux olympiques de Londres en 2012. Des déclarations faisant état de leur refus de se rendre aux " jeux de la honte ", si le territoire tibétain demeurait occupé, auraient été particulièrement pertinentes. Hélas, il n'en a rien été ; ils ne se sont pas comportés en êtres humains dotés d'un courage hors du commun, mais en individus très ordinaires. Bien au contraire, nombre d'athlètes ayant subi l'ablation de la conscience se sont empressés de se donner rendez-vous à Pékin pour leurs prochains exploits. L'absence de conscience et de scrupules devient décidément préoccupante. Quelle mascarade ! Le régime au pouvoir n'a absolument rien concédé en matière de respect des droits de l'homme et de droit international pour obtenir les jeux. Pékin, grande favorite, devant Toronto et Paris, était sûre de sa victoire : une heure après le vote des renégats du C.I.O., tout était prêt pour les festivités " spontanées ". Ce fut l'explosion de joie dans la capitale chinoise pour les privilégiés et les valets du régime. Quelle surprise ! Bejjing (Pékin) obtient les jeux olympiques 2008. La question de la transgression du droit international qui se poursuit au Tibet et des droits de l'homme n'a pesé aucunement dans la décision de l'instance sportive. Pourtant, cette même question avait coûté l'organisation des J.O.2000 à la dictature chinoise. Mais cette fois, ni la répression au Tibet et en Chine, ni l'ombre des évènements de la place Tienanmen, ni les dizaines de milliers d'exécutions arbitraires, rien n'a ému les membres du C.I.O. et fait obstacle à la désignation de Pékin. D'ailleurs, ces derniers n'ont pas même posé une seule question, concernant le non respect des droits de l'homme au Tibet occupé et en Chine, lors de cette désignation. Après coup, certains se sont contentés d'espérer une amélioration de la situation grâce à cette désignation. Au vu de l'accroissement considérable de militaires et de colons chinois sur le territoire tibétain occupé, voilà probablement le plus éclatant fiasco en matière de calcul politique. * * * * * * * * * * * * * Le Gouvernement tibétain en exil considéra à juste titre que le choix de Pékin encouragerait la Chine à poursuivre sa politique de répression. Quant à l'ONG Amnesty International, elle a engagé la Chine à respecter les principes olympiques. Autant demander à l'ayatollah Khomeiny de donner des cours d'oecuménisme et à Staline de transformer le goulag en camp de vacances. Et d'ailleurs, pourquoi ce système céderait-il quoi que ce soit, puisqu'il obtient tout ce qu'il veut sans faire la moindre concession ? Malgré le soutien apporté aux tyrans par de nombreux dirigeants, offrir les jeux à ce régime constitue une négation de l'humanité. En 1950, l'envahisseur chinois a pu expérimenter toute l'étendue des réactions pacifistes, derrière la lâcheté ambiante. En 2008, il pourrait expérimenter le maximum d'indifférence derrière cette même lâcheté ambiante qui prévalut un demi-siècle plus tôt, avec l'infamie en plus qui consistera à le récompenser en tant que bourreau et pillard. Bien évidemment, il n'est pas question de déclencher une guerre pour faire plier Pékin. Il ne s'agit pas de mourir pour Lhassa, pas même de recommander des manifestations, seulement de ne pas aller jusqu'à la honte de la collaboration avec les tyrans, ne pas descendre dans l'infamie jusqu'à récompenser les bourreaux du peuple tibétain. Le combat doit se situer au niveau du boycott le plus massif jamais organisé : pas de jeux olympiques sans libération de toutes les provinces tibétaines occupées. Par ailleurs, le boycott des jeux organisés par les tortionnaires du peuple tibétain est le moyen le plus sûr et le plus radical d'éviter une éventuelle guerre de libération au Tibet. Car il n'est pas exclu qu'avant longtemps, la résistance ne renaisse de ses cendres et s'attaque aux intérêts chinois partout où ils se trouvent. Aidons les Tibétains à ne pas en arriver là, en boycottant la mascarade de 2008 et en soutenant l'économie des démocraties. Il est vraisemblable que les sportifs du monde entier ne viendront pas à Pékin : seuls ceux du monde de la collaboration seront présents, mais pas ceux de la résistance à la négation du droit international et des droits de l'homme. Pour eux, le soutien aux bourreaux du peuple tibétain serait inconcevable. C'est le succès du boycott qui permettra de rectifier le tir, ou de confirmer la collaboration avec les tyrans, mise en œuvre par l'action des renégats et des complices des bourreaux. Par respect pour le peuple tibétain, pas de marathon des " jeux de la honte " à Pékin en août 2008 ! Les prochains jeux olympiques auront lieu à Londres. En attendant, l'esprit sportif aurait parfaitement pu trouver sa place, lors de " jeux de la paix et de la liberté ", organisés sur une terre démocratique. La flamme olympique y aurait eu sa place en attendant Londres 2012. Quant aux médailles, il n'y aurait eu là que les médailles du courage. Les médailles de la honte seront remportées à Pékin. Par ailleurs, comme nous le verrons, des organisations de soutien du peuple tibétain ont déclenché une campagne d'information concernant l'achat de produits manufacturés " made in dictature ", à partir du 1er juillet 2006, en raison du maintien des troupes d'occupation chinoises sur le sol tibétain. Celle-ci serait susceptible de se poursuivre après les " jeux de la honte ", si les bourreaux de Pékin s'obstinaient à transgresser le droit international et les droits de l'homme au Tibet. D'autre part, s'il existe une chance de favoriser la démocratisation en Chine, elle passe par la réussite de cette résistance à la tyrannie. C'est grâce à ce type d'action que l'apartheid a été éradiqué en Afrique du Sud. L'histoire l'a maintes fois démontré : plus le monde cède à l'injustice, plus elle gagne du terrain. Lorsque les Occidentaux ont cédé au chantage nucléaire du dictateur nord coréen en reprenant les livraisons de nourriture à destination de la Corée du Nord, celles-ci ont permis d'alimenter notamment l'armée et la police, piliers du régime des dirigeants criminels, lesquels ont ainsi pu poursuivre l'oppression du peuple nord-coréen et leur course à l'armement, sous l'œil bienveillant de leurs amis chinois. Et voici comment, au lieu de chercher à les empêcher de nuire, les dirigeants des démocraties en arrivent à prolonger la vie des systèmes totalitaires : en leur cédant ! Si les défenseurs du droit international, des droits de l'homme et de la cause tibétaine n'abandonnent pas leur proie aux bourreaux, tôt ou tard, la cause du peuple tibétain l'emportera : la dictature, les renégats et les complices ne feront que retarder l'échéance, certes au détriment de l'infortuné peuple tibétain opprimé et spolié. La démarche munichoise, nous l'avons vu, qui consiste à sacrifier le " Pays des neiges ", comme en d'autres temps d'autres irresponsables sacrifièrent la Tchécoslovaquie à un autre dictateur, ne sera pas éternelle. Mais après cinquante-huit années d'enfer pour les Tibétains, des années interminables qui comptent double , le calvaire du peuple tibétain a assez duré. Les " jeux de la honte " arrivent fort à propos pour rappeler à l'Armée Impérialiste d'Occupation et aux colons chinois que le Tibet ne leur appartient pas, contrairement à la contrevérité historique proclamée par Mao et ses clones. Par bonheur, l'histoire a démontré que les périodes de lâcheté alternent avec les périodes de courage. Le monde libre a bénéficié de l'action déterminée de Winston Churchill. Nous vivons le temps des lâches, abandonnant Massoud et la résistance tibétaine, mais des hommes courageux viendront. Le Tibet n'est pas la terre des bourreaux et ils devront la quitter ! A eux de réfléchir si le développement économique de la Chine est primordial. Vaut-il mieux continuer à mépriser le droit international ? Mais dans ce cas, comment continuer à conserver le statut de grande puissance, tout en espérant vendre sans entrave les produits qui assurent leur croissance ? Si la reconnaissance internationale, par le biais des plus grandes manifestations sportives en vaut la chandelle, alors Pékin fera maintenant ce qui devra être fait plus tard. Que les dirigeants chinois se comportent dès maintenant en grande puissance , en sachant se retirer honorablement. Qu'ils se montrent reconnaissants à l'égard de la nation tibétaine de les avoir aidé, certes par la contrainte, à acquérir ce rang de grande puissance économique. Dans le cas contraire, l'avenir leur montrera tout ce que leur obstination à transgresser le droit international est susceptible de leur faire perdre, car Pékin aurait tort de croire que le monde ne comporte que des apôtres de la collaboration avec les dictateurs, des renégats et des indifférents. Ils devront admettre que cette terre n'est pas la leur et devront cesser d'abuser de méthodes d'un autre temps. Car tous ceux qui refuseront la négation du droit dans le monde avec une détermination sans faille, vont s'employer à réduire leur pouvoir de nuisance. C'est la communauté internationale dans son ensemble qui a construit la puissance économique chinoise et notamment le principal pouvoir économique que constituent les consommateurs. Si ces derniers ont une conscience, ils peuvent sinon détruire ce qu'ils ont édifié, du moins ralentir considérablement la progression de la dictature chinoise. Et cela passera par son affaiblissement. Il en va d'ailleurs de l'intérêt de ces mêmes consommateurs, par ailleurs salariés d'entreprises, victimes des délocalisations, des contrefaçons chinoises et du réchauffement de la planète…victimes en conséquence du comportement irresponsable des grands pollueurs devant la postérité, que sont les Etats Unis et la dictature chinoise. Que Pékin ouvre les yeux et s'inspire de l'exemple russe après l'effondrement du Mur de Berlin. La Russie y a-t-elle tellement perdu en se retirant de territoires, où l'on parlait d'autres langues que le Russe et dont l'histoire rappelait clairement que ces nations n'avaient rien à voir et n'appartenaient pas à la Russie, pas plus que le Tibet n'appartient à la Chine. Combien de Chinois parlent-ils le Tibétain ? Combien de Chinois vivaient-il sur le territoire de la nation tibétaine en l'an 300 de notre ère, en l'an 1000, en 1600, en 1945 ? Toute l'histoire du Tibet est distincte de celle des deux empires chinois (Ming et Qing), à l'exception de l'ingérence des prédécesseurs mandchous de la dictature communiste dans les affaires intérieures tibétaines, au cours des XVIIIe et XIXe siècles. Pékin le sait fort bien et le nie, afin de poursuivre la colonisation et le pillage des richesses tibétaines. A moins que les dirigeants chinois ne préfèrent le VIIIe siècle comme référence historique, époque où une grande partie de la Chine était occupée par les Tibétains, ce qui conférerait à la Chine, en évoquant une quelconque légitimité, le statut de vassal de l'Etat tibétain. Mais il se trouve que le Tibet n'a pas de velléité expansionniste, à l'instar de la dictature chinoise et il y a fort à parier que le Gouvernement tibétain qui se trouve pour l'heure en exil préfère accorder au peuple chinois son indépendance. Les Tibétains iront même jusqu'à se priver des visites touristiques de l'Armée Impérialiste d'Occupation et des colons chinois et ces derniers peuvent regagner sans tarder leur terre ancestrale, qu'ils n'auraient jamais quitté sans l'agression du tyran Mao. La démocratie tibétaine n'entend pas revendiquer le territoire chinois. Il ne reste donc plus à Pékin qu'à l'imiter. Pourvu que les dirigeants chinois ne se comportent pas en touristes indélicats et n'oublient pas d'emmener leurs poubelles nucléaires chez eux en repartant. S'ils pouvaient également indemniser les propriétaires tibétains, suite aux dégâts commis. Au passage, il est regrettable de devoir rappeler aux complices que lorsqu'ils se rendront à Pékin en août 2008, ils viendront non seulement soutenir des bourreaux et des pillards, mais hélas, ils prendront également parti pour des vandales. Pour notre part, irons-nous assister, la conscience embrumée, au spectacle contre nature organisé par les bourreaux et parader devant les cadavres encore chauds du " Pays des neiges " et de Tienanmen ? Après tout, nous pourrions nous contenter de rester dans la continuité de ce qui se passe depuis plus d'un demi-siècle. Sans broncher, sans remuer un cil, nous acceptons l'intolérable et nous nous limitons à observer l'efficacité de la loi du plus fort et du plus avide. Ce que la dictature chinoise fait de la nation tibétaine n'est finalement que la réédition, en pire certes, de ce que fit Hitler de l'Autriche, la Tchécoslovaquie, la Pologne et tant d'autres victimes de son expansionnisme. Autant de petits Etats qui eurent l'infortune de se trouver sur la route de plus puissant qu'eux, de provoquer la convoitise d'un voisin surarmé, dont l'appétit s'aiguisa en dévorant ceux dont il convoitait les biens. Il est incontestable que nous rendons un immense service à cette dictature : 1) Quand nous lui offrons les jeux olympiques ou toute autre manifestation sportive de grande ampleur. C'est une manière de venir baiser le sol devant le drapeau des bourreaux du peuple tibétain. 2) A chaque fois que nous achetons " made in dictature " . Grâce à notre indifférence et à ce que nous croyons être notre intérêt , nous renforçons peu à peu le pouvoir de nuisance d'un pays, qui sera sauf accident, la première puissance économique mondiale dans vingt ans. A ceux qui se plaignent de l'hégémonie américaine, il convient de leur rappeler qu'ils sont en train de remplacer le prétendu impérialisme yankee, par un autre impérialisme autrement plus tyrannique. C'est une démarche totalement incohérente et irresponsable, sauf si elle est égocentrique et que nous sommes indifférents, quant à l'humanité que nous allons léguer à nos enfants. 3) A chaque fois que nous détournons le regard lorsque l'horreur s'accomplit. Nous savons pertinemment qu'aucun complice de la dictature ne pourrait sérieusement avancer que le pillage du territoire tibétain par l'occupant soit légitime. En conséquence, tout défenseur des droits fondamentaux a le devoir de s'opposer par tout moyen de rétorsion, contre la poursuite des exactions et de la négation du droit : le boycott des " jeux de la honte " et une campagne constante d'information sur l'achat des produits " made in dictature ", lesquels accroissent la puissance des tyrans font partie de ces moyens. 4) Quand nous acceptons que nos dirigeants nous couvrent de honte , en collaborant avec de tels tyrans sans réagir. 5) Lorsque nous ne sanctionnons pas ces mêmes dirigeants qui déshonorent la démocratie en privilégiant leur intérêt, plutôt que la défense du droit international et des droits de l'homme. Aucun démocrate ne pourrait sincèrement prétendre que la Chine a envahi le Tibet dans le cadre du droit international. Quant à ceux qui affirment que la nation tibétaine est terre chinoise, ils se comportent en fieffés menteurs qui sont une honte pour leur pays. En ce sens, quel dommage que Monsieur Vajpayee n'ait pas hérité du courage de ses prédécesseurs ! Jusqu'à présent, certains dirigeants des démocraties occidentales ne laissent jamais passer une occasion d'apporter leur soutien aux tyrans de Pékin dans leur politique d'oppression et de pillage. Le pire étant que, ce faisant, ils les encouragent à poursuivre dans cette voie, au détriment des millions d'opprimés dont ces dirigeants ô combien pragmatiques n'ont cure. L'impérialisme chinois, après avoir envahi le " Pays des neiges " récupéré Hongkong et Macao, obtenu la gloire grâce à ces jeux acquis à bon compte, pourra s'atteler à d'autres tâches expansionnistes et sera bientôt en mesure d'absorber la démocratie taiwanaise. Et pourquoi pas le Népal et la partie du territoire mongol qu'elle ne contrôle pas encore, et qui d'autre ensuite ? En vertu de quelle étrange équation les tyrans se gêneraient-ils, quand les démocraties ne voient en eux qu'un gigantesque marché à conquérir… et à ménager ? La question n'est plus de savoir si ceux qui prônent la collaboration avec le plus grand système totalitaire de la planète, tout en creusant la tombe du Tibet et de la démocratie chinoise de Taiwan, se moquent de l'oppression injuste du peuple martyr et vont aller jusqu'à se rendre en procession à Pékin en 2008. C'est une réponse d'où le suspense est exclu. Aujourd'hui, la question la plus importante est de savoir si chacun d'entre nous, être humain au même titre que chaque Tibétain opprimé, est disposé à se positionner en tant que complice des tyrans. Sommes-nous prêts, à la place que nous occupons, à participer de près ou de loin à la consécration pour les bourreaux ? Voici le discours qu'aurait pu tenir le C.I.O. aux représentants de la dictature chinoise et qui leur aurait valu la gratitude du peuple tibétain et de l'ensemble de la communauté internationale : - " Nous ne pouvons fermer les yeux sur les crimes dont vous vous êtes rendus coupables au Tibet et que vous continuez encore à commettre. L'esprit olympique est incompatible avec de telles exactions. En conséquence, nous ne vous encouragerons pas sur cette voie. Nous savons que les défenseurs du droit international et des droits de l'homme disposent de peu de moyens et de peu de pouvoir. Au mépris du droit international, vous êtes toujours présents sur le sol d'une nation qui n'est pas la vôtre et ce, depuis plus d'un demi siècle. Aussi, si vous souhaitez obtenir l'organisation des jeux olympiques, faites-vous reconnaître comme un Etat respectueux du droit. Vous bénéficierez de notre soutien, si vous cessez le pillage du territoire tibétain, si vous vous retirez en rendant au peuple tibétain liberté et indépendance, que vous lui avez confisquées en 1950, au mépris de toutes les règles, dans les relations d'Etat à Etat. Nous aurions pu avancer d'hypocrites arguments, selon lesquels nous vous aurions offert ces jeux pour la bonne cause, pour espérer plus d'ouverture et de démocratie. Mais hélas, vous nous avez démontré au cours de ces cinq dernières décennies que plus la communauté internationale vous cède, moins vous abandonnez de terrain à la liberté et à la démocratie. Il suffit d'observer chez vous la stagnation de la liberté de presse, plus cadenassée que jamais. Vous êtes plus que jamais implanté sur le territoire tibétain, sans que personne n'y trouve à redire. Nous ne nous ferons pas les complices de cette injustice. A la rigueur, en fermant les yeux, nous aurions peut-être pu accepter la répression envers votre propre peuple, en prétendant que nous n'avons pas à nous ingérer dans les affaires intérieures chinoises. Dans ce domaine, nous aurions pu accepter vos explications largement fantaisistes, lorsque vous prétendez qu'en refusant la démocratie à vos concitoyens, vous préservez la paix sociale en Chine . Cependant, nous vous parlons ici du Tibet occupé par vos soins , pillé par des millions de colons chinois, soutenus par des centaines de milliers de soldats d'une armée étrangère au Tibet, laquelle nation attend avec angoisse la disparition de son peuple. Les Tibétaines et les Tibétains ont attendu en vain que vous vous montriez plus humains à leur égard. Les déportés dans les provinces chinoises, comme les 150 000 Tibétains disséminés de par le monde, attendent avec impatience votre départ, afin de pouvoir regagner leur terre ancestrale, devenue démocratie libérée d'une occupation étrangère. Soyez d'ores et déjà convaincus que tant que vous vous maintiendrez sur le sol tibétain, vous n'obtiendrez jamais la reconnaissance internationale à laquelle vous aspirez et vous vous cantonnerez dans un isolement, qui constituera un obstacle à votre développement. " Voici un discours que tous les démocrates auraient aimé entendre prononcer par le renégat Samaranch. Mais hélas pour l'humanité, il n'a pas été tenu lors de l'attribution des jeux olympiques de 2008, lesquels deviendront les " jeux de la honte ", s'ils obtiennent le succès escompté par les tyrans et leurs complices. Ces derniers sont prêts une fois de plus, à faire du profit au prix de la pire des barbaries. Il nous faudra donc tenir ce type de discours pour empêcher cela. Car la décision inique du C.I.O. pourrait avoir un effet bénéfique inespéré : servir contre toute attente les intérêts de l'infortuné peuple tibétain, en provoquant un déclic humanitaire et le réveil de la communauté internationale, quant à la situation injuste et inacceptable subie par les Tibétains depuis cinquante-huit interminables années. D'abord en débarrassant le monde des complices des bourreaux encore aux commandes lors des prochaines échéances électorales : que les bourreaux de Pékin perdent leurs meilleurs alliés occidentaux constituerait déjà les prémices de l'espérance pour les résistants tibétains et les dissidents chinois. Ensuite en assurant un plein succès du boycott des " jeux de la honte " et de la campagne d'information concernant les produits manufacturés " made in dictature ". * * * * * * * * * * * * * Après la mascarade de la désignation à Moscou, afin de confier la flamme olympique à la dictature chinoise, une courageuse dissidente a été condamnée à deux ans de camp de rééducation, pour avoir seulement osé s'adresser au C.I.O., en s'opposant à ces jeux. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la Chine a l'occasion unique d'accueillir les olympiades sur son sol. Et il se trouve une Chinoise pour s'opposer à cette idée et qui plus est, se révolte au risque de perdre sa liberté. Nous qui avons cette chance de vivre au sein d'une démocratie, ferons-nous preuve du dixième du courage de cette prisonnière de la tyrannie, en osant nous opposer nous aussi à ces " jeux de la honte ", lesquels risquent de nous être proposés sur une terre rouge du sang de plus de cinquante millions d'êtres humains ? Tous ceux qui sont susceptibles de se révolter contre cette injustice majeure et ne réagissent pas porteront une très lourde responsabilité, quant aux conséquences d'une telle lâcheté. Bien sûr, il y eut d'autres lâchetés liées au domaine sportif, ainsi ce sandale de la D.B.U. refusant en juin 2001, la tenue d'un match amical à Copenhague entre une sélection tibétaine composée de joueurs exilés et le Groenland, territoire autonome du Danemark et ceci en raison de l'opposition des tyrans de Pékin. Un responsable de la D.B.U. déclara être tenu de suivre les règles imposées par la F.I.F.A. et qu'il ne pouvait donc autoriser l'équipe du Tibet, laquelle n'avait pas de fédération reconnue , à jouer contre une équipe de son pays. Il serait bon d'interroger ce " responsable " : - " Comment se fait-il que la dictature chinoise se soit affranchie des règles du droit international, lorsqu'elle envahit une nation indépendante, puis en l'opprimant pendant plus d'un demi-siècle ? Les règles sportives auraient-elles préséance sur celles du droit international et des droits de l'homme ? " Mais il est vrai que sur la scène internationale, l'hypocrisie est de rigueur : le Dalaï-lama est invité au Parlement européen de Strasbourg, ou encore à Oslo afin de lui remettre le Prix Nobel de la Paix en 1989. Mais par le biais du sport, certains font obstacle sous de faux prétextes, à la reconnaissance d'un pays opprimé, et opprimé car envahi par un agresseur dans la plus totale illégalité : crimes contre l'humanité, crimes de guerre, atrocités diverses, pillage, mise en péril de l'environnement. Voilà ce qui s'appelle " marcher sur la tête " : des renégats accordent les plus grandes manifestations sportives aux tyrans ayant envahi une nation indépendante avec une férocité sans borne, et dont l'objectif est avant tout le pillage. Dans le même temps, une minorité de " défenseurs du droit " refuse au peuple opprimé, sous de vagues prétextes de règles sportives , un modeste match de football. * * * * * * * * * * * * * Nous ferons le constat au chapitre suivant que nous n'avons pas les mains liées, à l'instar de ceux qui connaissent l'infortune de vivre sous le joug des tyrans. Il nous serait considérablement plus difficile d'intervenir, si nous vivions dans un système totalitaire, tel celui qui a fait main basse sur le " Pays des neiges ". Nos ancêtres se sont battus pour mettre en place la démocratie. Rendons-leur cet hommage et afin qu'ils ne soient pas battus en vain, comportons-nous avec honneur et courage. Nous ont-ils offert la démocratie, afin que nous soutenions les systèmes totalitaires ? Beaucoup ont donné leur vie, afin que celle de leurs successeurs puisse se dérouler, non seulement dans le confort et la sécurité, mais également et peut-être surtout, afin d'acquérir cette capacité de nous révolter contre ce qui nous paraît injuste, odieux et inacceptable. Afin qu'ils ne soient pas morts et qu'ils n'aient pas lutté en vain, montrons-nous digne de ce droit à la révolte. Pour le moins, ce souhait concerne ceux qui auront cette énergie. Ici, il ne s'agit pas de faire couler le sang, il suffit seulement de tout faire pour l'empêcher de continuer à couler. Les défenseurs du droit international et des droits de l'homme au Tibet et en Chine n'auront d'autres armes qu'une inébranlable détermination. Quoique les tyrans fassent, ils peuvent toujours aller plus loin et s'en permettre sans cesse davantage, puisqu'il s'en trouve même pour offrir leur indignité, mais surtout la nôtre, en échange d'une danse, ou sont prêts à vendre leur âme en offrant sans contrepartie aucune, concernant les droits de l'homme, l'organisation des plus grandes manifestations sportives. Montrons-nous aussi déterminés que les bourreaux du peuple tibétain : ces jeux 2008 à Pékin seront le reflet du mal absolu, de notre lâcheté, la négation de toutes nos valeurs et de tout ce qui est noble. Le monde libre peu préoccupé du sort des nations privées de leur liberté va pourtant bénéficier d'une fenêtre d'opportunité sans précédent, afin de réagir à l'occasion de ces jeux. A New York, des milliers d'êtres humains sont morts pour rien, faisons en sorte que cette occasion historique de faire reculer l'envahisseur chinois ne soit pas gaspillée par la communauté internationale. Mettre fin à la tyrannie sur la planète était le thème du discours d'investiture de George W. Bush le 20 janvier 2005. Le monde saura bientôt si les Américains ont réellement vocation à défendre la liberté sur cette planète. Que feront les athlètes américains en août 2008 ? Soutiendront-ils les bourreaux lors des " jeux de la honte ", ou leurs victimes tibétaines ? Après les massacres à grande échelle des Indiens, dont ils ne pourront sans doute jamais s'acquitter, ils disposent de cette opportunité, après êtres accourus au secours des princes du pétrole, de parvenir à une certaine rédemption en secourant au XXIe siècle, le peuple tibétain spolié sur le Toit du monde, eux qui ont amené l'enfer pour les Indiens du nouveau monde, comme les Chinois ont introduit les ténèbres au " Pays des neiges ". Concernant les Français, ne pas se rendre à Pékin en 2008, consisterait à ne pas cautionner cette relation originale entre la démocratie française et la dictature chinoise. Ce serait aussi une manière de soutenir le peuple chinois. Les faits démontrent que l'afflux de touristes, de businessmen et de complices, assurent la poursuite de l'oppression, des années de retard pour la démocratie en Chine et toujours plus de colons chinois et de soudards au cœur du Tibet occupé. Ces bons apôtres de la main tendue aux bourreaux peuvent toujours se voiler la face : ce sont les tyrans qu'ils viennent soutenir et non pas la grande majorité du misérable peuple chinois, ni l'infortuné peuple tibétain. Vaincre ce système totalitaire, ou à tout le moins le faire reculer, passe par une réaction de grande ampleur : rappelons-nous que les petits ruisseaux alimenteront de grands fleuves. Chaque énergie comptera. Il n'a manqué qu'une voie à Louis XVI pour sauver sa tête. L'opposition aux " jeux de la honte " devra être internationale. Souvenons-nous que la question de la paix ou de la guerre en Irak en 2003 a mobilisé des foules considérables de par le monde. Dès à présent, nous pouvons affirmer que 2008 sera l'année de la honte, si ces jeux olympiques ont lieu à Pékin sans réaction de notre part, pour le cas évidemment où à ce moment-là, la totalité du territoire tibétain n'aurait pas été libérée de la présence encombrante de l'A.I.O. et du dernier colon. En accordant les jeux aux bourreaux du peuple tibétain, des individus sans conscience leur ont donné le feu vert pour achever leur sinistre besogne… en toute impunité. Allons-nous afficher notre complicité avec ces renégats et les tyrans qu'ils soutiennent ? Sommes-nous prêts à nier les valeurs de l'humanité et entériner la loi du plus fort comme loi prévalant sur toute autre ? Si tel était le cas, nous mettrions en place une sorte de jurisprudence internationale qui autoriserait in fine la dictature chinoise à achever l'anéantissement du Tibet, en tant que nation, en tant que culture, mais aussi à aller plus loin ailleurs. La route de Taiwan, voire du Népal, ou de la partie mongole redevenue indépendante serait ouverte. En encourageant la dictature chinoise à aller plus loin, à aller trop loin, nous courons le risque considérable que les tyrans ne convoitent un jour des intérêts européens, voire américains. Et ne comptons pas ce jour-là sur la nation tibétaine, que nous aurons laissé anéantir, pour venir à notre secours. Pourtant, la survie de ce peuple pacifique serait bien utile pour l'avenir de l'humanité, afin d'apporter des messages de paix lors des conflits. Par la volonté de tous ceux qui l'auront laissé disparaître sans réagir, le sort de ce peuple courageux, résistant avec si peu de moyens aux dures réalités du relief et d'un climat extrême, aura été déterminé en deux phases : la première, lorsque nos grands-parents, trop occupés à se réjouir de leur liberté retrouvée, acceptèrent le fait accompli et que d'autres soient privés de leur liberté. Et la seconde, lorsque nous apportons une glorification à bon marché et sans aucune contrepartie, à la tyrannie la plus sanglante que cette terre ait abritée en son sein. Nous devons admettre, que si nous acceptons sans broncher la négation d'une cause aussi sacrée, que celle de voir la nation tibétaine rétablie dans son droit, il conviendra de nous montrer très inquiet pour l'avenir de cette humanité qui devrait nous être si chère. Il est possible que notre manque de réaction et de courage constitue un sombre avènement : la première pierre de la dégénérescence de l'humanité, telle que nous la concevions jusqu'alors. Si nous n'avons pas les mains liées, agir n'est pas seulement une possibilité, c'est un devoir. En 2009, il sera trop tard ! Trop tard pour l'action, trop tard pour les regrets, trop tard pour s'opposer aux bourreaux du peuple tibétain qui n'auront remporté la victoire, que grâce à notre complicité et notre lâcheté. Ou bien nous aurons choisi d'abandonner le peuple tibétain à son triste sort, avec toutes les conséquences qui en découleront. Ou bien nous choisirons de réagir en refusant le fait accompli. Ne comptons sur personne pour réagir à notre place. Souvenons-nous du boycott des jeux de Moscou, lequel précéda de quelques années seulement l'écroulement du système totalitaire soviétique : le Tibet vaut bien l'Afghanistan. Ou les tyrans de Pékin plieront ou ils tomberont. Rappelons-nous également que la Seconde Guerre mondiale suivit de très près les jeux de Berlin, auxquels participèrent les nations complices qui offrirent ce cadeau au dictateur nazi. Trois ans après les jeux olympiques de Berlin à la gloire de la dictature nazie, survint la Seconde Guerre mondiale. Neuf ans après le boycott des jeux de Moscou, le Mur de Berlin s'effondra. Combien d'années faudra-t-il après le boycott des " jeux de la honte " à Pékin, avant que l'humanité ne touche les dividendes du courage et n'assiste enfin au retrait des troupes d'occupation chinoises du territoire tibétain ? Faut-il choisir de glorifier la dictature chinoise ou soutenir la démocratie tibétaine, laquelle verra le jour après le départ de l'occupant ? En 2008, le monde se divisera en deux parties : 1) Des individus défileront à la gloire de la dictature, avec qui se rangeront les indifférents préoccupés seulement par leur propre sort et leur bon plaisir d'assister à ce spectacle, digne des jeux du cirque de l'Empire romain. Parmi ceux-là, la société américaine NBC qui a signé avec le CIO un accord sur la retransmission des jeux. Mais qu'en sera-t-il si ces retransmissions honteuses sont boycottées avec succès ? Quatre sociétés, dont Coca-cola et Kodak ont de leur côté signé des accords de parrainage dans le cadre du plan PPO de 2005 à 2008, ce qui rapportera à Pékin un milliard de dollars. Parmi les complices, Michael Payne, responsable commercial du CIO, s'est réjoui du fait que jamais dans l'histoire des jeux, quatre sponsors ne s'étaient engagés huit ans avant leur déroulement. Il s'est dit très optimiste sur les perspectives commerciales des jeux de Pékin. L'individu n'a pas évoqué la poursuite de l'oppression, ni les menaces planant sur Taiwan, ni l'extermination programmée du peuple tibétain qui se poursuivra allègrement, pendant que ces vautours viendront se remplir les poches. Quant aux sportifs chinois de haut niveau, tous fonctionnaires et membres du Parti, ils sont entraînés, payés et envoyés aux jeux, afin d'apporter la gloire au Parti et à la dictature. Chaque médaillé d'or recevra à son retour une prime de 200 000 yuans (19 300 euros). Combien pour les athlètes allemands, australiens, français, et autres sportifs intéressés par ce nauséabond pactole ? L'argent n'a pas d'odeur, dit-on. Pour cette fois, il aura l'odeur du pillage sur le Toit du monde et de la mort de millions de victimes. 2) Tous les autres se rangeront sous la bannière tibétaine pour le respect du droit international et des droits de l'homme. A Athènes, les athlètes dignes de ce nom, qui savaient qu'ils avaient une responsabilité, pas seulement celle de décrocher une médaille, ont perdu une opportunité de se donner rendez-vous aux prochains jeux olympiques d'été à Londres en 2012, tout en refusant catégoriquement de participer aux jeux des bourreaux. Il reste aux bourreaux une mission à remplir : obtenir de la communauté internationale la consécration pour cette transgression sans précédent du droit international. Pas seulement des politiciens félons qui dans ce monde ou dans l'autre trouveront, au moins pouvons-nous l'espérer, leur juste châtiment. Mais de l'humanité toute entière et cette reconnaissance de la loi du plus fort, du droit au pillage d'une nation envahie et occupée aura lieu à Pékin en 2008. En ce sens, après les " jeux de la honte ", le visage de l'humanité ne sera plus jamais le même et l'espérance aura changé de camp. Sans doute Mao n'attendait pas un tel triomphe et a-t-il craint un temps une réaction américaine. Une réaction britannique était exclue après l'aventure indienne, de même que celle venant de Russie de la part de l'autre boucher Staline. Le plan machiavélique a fonctionné au-delà des espérances du criminel. Ni la France, ni les Britanniques, ni les Russes, ni les Américains ne sont parvenus à s'opposer au crime et au plus éclatant exemple de transgression du droit international. Si les jeux apportent la consécration à la dictature chinoise, elle pourra terminer à son rythme le nettoyage ethnique à l'échelle d'un peuple entrepris au Tibet, il y a plus de cinq décennies. La stratégie de Pékin consiste à remplacer peu à peu la population nationale tibétaine par une population coloniale chinoise. Les Tibétains survivants seront noyés dans la masse des Chinois et absorbés peu à peu. En accordant les jeux aux bourreaux du peuple tibétain, des irresponsables ont choisi de donner le feu vert à la barbarie, afin de terminer sa sinistre besogne… en toute impunité. Ainsi que pour poursuivre les exactions en Chine. Comme ce scandale sans précédent dans le monde, où dix millions de Chinois ont été contraints de vendre leur sang, exigé par les corrompus au pouvoir. Hommes et femmes vont mourir du SIDA. Ce sang a contribué à faire la fortune de ces nouveaux riches, dont le pouvoir est si fier, qu'il les a admis au sein du parti communiste. Des millions d'orphelins potentiels, des mourants avec du glucose comme seul traitement. Pour les moins misérables, des antibiotiques ; pas question ici de tri thérapie. Ces malheureux avaient le choix entre voir leur récolte saisie, leurs maisons rasées, ou vendre leur sang plus de cent fois pour certains d'entre eux. Les seringues non stérilisées et utilisées pour plusieurs " vendeurs " dans ce commerce infâme, ont servi à augmenter le macabre compteur des clones de Mao. De soixante-cinq millions de morts, nous pourrions passer rapidement à quatre-vingt millions de morts. Ceci s'est déroulé pendant que Jiang Zemin, le cavalier de la " valseuse " dirigeait le pays. Mais son successeur, comme son prédécesseur, n'en sont pas moins coupables. Chaque nouvelle horreur découverte sur ces bourreaux prouve qu'ils n'ont en rien changé. Les compétiteurs vont-ils participer aux " jeux de la honte " sous la bannière de ces vampires ? Si oui, auront-ils une pensée en montant sur le podium pour ces dix millions de nouvelles victimes annoncées de ce système corrompu ? Et n'oublions pas le bilan du million de fillettes victimes chaque année, suite à la " politique de l'enfant unique " pendant de longues années ? Dix ans ? Vingt ans ? Ce système totalitaire où tous les moyens sont bons pour faire du profit, où l'exploitation de la mort, du faible par le puissant, est érigée en modèle économique, participant au PNB de la plus grande dictature du monde, aurait fort bien pu se cantonner à l'intérieur de ses frontières. Par la volonté de son instigateur, ce système s'est exporté au Tibet et l'horreur est imposée aux Tibétains depuis plus d'un demi-siècle. Les Tibétains n'avaient pas vocation à être " libérés " par des barbares venus de Chine, ni à devenir les " bénéficiaires " du progrès à la chinoise. N'ayant rien de commun avec la Chine et se croyant à l'abri de leurs montagnes, les Tibétains n'avaient sans doute jamais songé tomber pendant aussi longtemps sous la coupe de tels tyrans. Comment pourraient-ils négocier maintenant avec de tels envahisseurs, qui ont fait abstraction de toutes les valeurs de l'humanité ? Un vieil adorateur du dictateur Franco a tenté d'offrir sans contrepartie, la consécration à la dictature chinoise. Cependant, nous pouvons imposer aux bourreaux un prix à payer : la libération du Tibet en échange des jeux olympiques. Et ce que des irresponsables ont osé, allons-nous aussi les imiter : participer à cette négation de l'humanité ? * * * * * * * * * * * * * Plus l'été 2008 approchera, plus il sera indispensable d'exercer une forte pression sur la dictature, à tel point que les dirigeants de Pékin finissent par se rendre compte qu'ils ont plus à perdre qu'à gagner en poursuivant leur politique expansionniste. Avec les nazis, une guerre mondiale a été nécessaire pour arrêter les agresseurs. La communauté internationale peut agir différemment envers l'occupant chinois. Mais voici qu'un nouveau cadeau de taille est offert, sans aucune contrepartie, à la dictature chinoise : les jeux olympiques. Nous pouvons constater sans peine que tous ces renoncements n'ont pas amené Pékin à desserrer son étreinte, ni au Tibet, ni en Chine. Nous constatons également que le développement du tourisme sur le territoire du Tibet occupé n'est perçu par les tyrans, que comme un moyen de faire du profit à bon compte. Sur le plan démocratique, mettons-nous au défi de trouver la moindre trace d'ouverture au Tibet ou en Chine ! Un seul soudard de l'A.I.O. s'est-il retiré du territoire tibétain occupé ? Au contraire, le régime en rajoute, puisque plus il va loin dans l'oppression et le pillage, plus il est encouragé par les démocraties occidentales . Autrement dit, notre stratégie est la bonne, se disent les tyrans. Poursuivons dans cette voie ! C'est le rapport perdant/gagnant perpétuel. Le lecteur trouvera aisément le nom du partenaire qui sort inévitablement gagnant. Afin de retrouver un équilibre dans ce marché de dupes, la communauté internationale devrait exiger la libération du Tibet pour l'attribution des jeux : si le pouvoir en place à Pékin refuse de se retirer d'un pays qui n'est pas le sien, qu'il occupe et pille en totale illégalité, dont il opprime le peuple au mépris du droit international et des droits de l'homme, il ne devrait avoir droit qu'à des jeux tronqués. Il lui faudra renoncer aux jeux olympiques et se contenter de " jeux de la honte ", où seuls participeront ses complices. Il n'y aura bien sûr pas d'attaque terroriste contre les jeux ; pas de Pékin 2008, laissant une trace de sang à l'instar de Munich 1972, car les Tibétains sont issus d'un peuple pacifique. Mais ces jeux, s'ils sont un succès pour une dictature qui ne se sera pas inclinée devant le droit international, laisseront une trace indélébile dans l'histoire de l'humanité. Le terrorisme fanatique a triomphé en 1972. Le terrorisme d'Etat triomphera-t-il en 2008, avec la complicité de la communauté internationale ? L'un des objectifs de cet ouvrage est de faire en sorte que les sportifs qui vont s'engager dans le soutien aux tyrans soient parfaitement informés sur les enjeux de leur participation. Ce qu'ils feront, ils doivent le faire en toute connaissance de cause. Les résistants tibétains continuent à subir la torture, les mauvais traitements et à mourir. Pourtant, l'immense majorité des détenus tibétains sont innocents. Par ailleurs, toute personne manifestant pour le Tibet ou contre les atteintes aux droits de l'homme en Chine sera accusée de subversion. Cela se passera pendant que tel ou tel record sera battu sur la piste. Cela se passera, parce que cela se passe maintenant et que la communauté internationale n'a exigé aucune contrepartie humanitaire ou politique, en échange de l'attribution des jeux olympiques. Elle n'aura aucun moyen de contrôle pour s'opposer à la répression qui se déroule chaque minute qui passe au cœur du plus vaste Etat policier de la planète. Les Tibétains qui s'opposent à l'envahisseur chinois sont décrits par Pékin comme des " séparatistes ". Or, tout homme digne de foi sait pertinemment que les Tibétains ne peuvent en aucun cas être considérés comme des séparatistes, comme pourraient l'être les Tchétchènes ou les Corses, dont certains tentent de se défaire de la tutelle de l'Etat qui les a administrés parfois pendant plusieurs siècles. Au Tibet, il ne peut y avoir séparatisme, puisqu'il s'agit d'une nation occupée depuis près de six décennies et que cela ne concerne pas un territoire grand comme deux départements français, mais comme plus de quatre fois la France. Le simple fait de demander le départ de l'occupant chinois, d'écouter les cassettes contenant les messages de paix du Dalaï-lama, ou encore de hisser le drapeau tibétain est sanctionné par plusieurs années d'emprisonnement, mauvais traitements et torture en prime. Cette férocité affichée constitue la preuve que les tyrans ne sont pas certains de l'issue du conflit et craignent encore le réveil de la cause tibétaine. La question que sont maintenant en droit de se poser les survivants tibétains est la suivante : - Les pillards vont-ils nous autoriser à demeurer sur notre terre ancestrale, ou se débarrasseront-ils de nous avec le soutien et la complicité de la communauté internationale ? En Chine, le président de la Cour suprême a annoncé la condamnation à mort ou à perpétuité de 819 000 Chinois entre 1998 et 2002, soit 25 % de plus qu'au cours des cinq années précédentes. Les actes de séparatisme , de subversion du pouvoir, les éditeurs clandestins, les cultes déviants sont passibles de ces condamnations. Il s'agit bien sûr des chiffres officiels, lesquels ne tiennent aucun compte des morts sous la torture, de ceux qui sont liés au trafic d'organes, ni des condamnés à mort du SIDA faute de soin, liés à l'attitude criminelle des cadres chinois. Des personnes sont toujours incarcérées pour le seul fait d'avoir tenté de créer un syndicat libre, d'avoir fait grève. Comme aux plus sombres années de la Révolution culturelle, certains ont été envoyés dans les camps de " rééducation par le travail ". Les rapports d'Amnesty International font régulièrement état de militants et opposants condamnés à des peines de prison, ou internés de force dans les hôpitaux psychiatriques : camisole chimique et traitements par électrochoc au programme, suite à une action de grève ou un contact avec des étrangers. Les spectateurs chinois des " jeux de la honte " risqueront-ils le même sort, s'ils ne prennent pas soin d'éviter les athlètes et spectateurs étrangers pendant ces jeux ? Demander un autographe à un pilote lors du grand prix de Shanghai, est-il susceptible de valoir aux spectateurs chinois un internement en hôpital psychiatrique ? C'est dans les bras du maître de ces bourreaux que la " valseuse " s'ébrouait le temps d'une danse. Ce même univers de tortionnaires sera le cadre, où des individus sont disposés à concourir. De ce fait, les acteurs et les spectateurs de la finale du 100 M des " jeux de la honte " se comporteront inévitablement en complices des bourreaux. Mais comme à l'époque de la solution finale, certains feront mine de ne rien voir, de ne rien savoir. En ce sens, il sera intéressant d'observer l'attitude des dirigeants et des sportifs israéliens. Comment pourront-ils accepter ce que leurs grands-parents auraient refusé avec la dernière énergie ? Pour l'heure, la plupart de ceux qui espèrent tirer profit de ces jeux se préparent comme s'ils allaient se rendre dans la première démocratie venue. Mais hélas après Athènes, personne n'ira à Toronto. Ceux qui participeront aux jeux olympiques de 2008, entrepreneurs, touristes, athlètes, spectateurs viendront se fourvoyer dans la ville, où a été scellé le sort de soixante-cinq millions d'êtres humains et de millions de déportés. Dans cette ville de l'enfer, une mafia bien organisée accapare le pouvoir depuis plus d'un demi-siècle. Les défenseurs des droits de l'homme doivent tout tenter pour convaincre les sportifs de ne pas participer à ces jeux et empêcher l'irréversible machination. Une tache indélébile serait inscrite au fronton de l'humanité, si les jeux apportaient la consécration à la plus grande dictature du monde, tandis que les derniers Tibétains agoniseront sous le joug de leurs bourreaux. Si 2008 apporte un triomphe pour les tyrans, cette tache ne s'effacera pas en quelques années. Il nous faut agir avant que l'irréparable ne soit commis. Demain sera fait de ce que nous semons aujourd'hui : il est indispensable de tout mettre en œuvre afin que le boycott se concrétise. Et pour que le projet devienne réalité, il conviendra de réaliser l'union de tous les démocrates, défenseurs des droits de l'homme, afin que détermination et action coordonnée fassent r