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http://www.toutimages.com/cadregifs.htm]
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http://www.toutimages.com/cadregifs.htm]
Tout homme informé peut agir !
Cette page met notamment en lumière les infos passées sous silence par la presse qui soutient le pouvoir ultralibéral, ou peu mises en avant, afin de ne pas gêner le très lucratif commerce avec les pillards du territoire de la nation tibétaine.
Vous voulez agir en vous impliquant
pour la survie du peuple tibétain ?
La C.E.L.T. recherche des correspondants dans les différents pays d'Europe et les régions françaises. Des traducteurs sont également les bienvenus afin de permettre au plus grand nombre d'accéder à des informations vitales pour le peuple tibétain avant une totale extermination, mais également pour le salut de l'humanité. En effet, le triomphe des bourreaux en 2008 annoncerait des jours très sombres pour les générations futures.
Nous recherchons également des correspondants nous permettant de centraliser les informations sur les entreprises ayant délocalisé sur la terre des bourreaux, les politiciens complices dans les différents pays d'Europe. Toute information nouvelle sur les entreprises quittant la terre des bourreaux du peuple tibétain, ou préférant d'autres terres d'accueil, sera également la bienvenue.
Merci de nous faire parvenir tout témoignage lié aux exactions de la dictature chinoise, comme le trafic d'organes (Prisonniers exécutés sur commande, afin de satisfaire à la forte demande de greffes d'organes) par exemple.
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http://www.tibet.fr/site/index.php?itemid=706]
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http://www.lefigaro.fr/international/20070922.FIG000000900_le_dalai_lama_en_occident_un_defi_pour_pekin.html]
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http://cine.bluewin.ch/news/archive/7721.html]
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http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20070921.OBS5914/visite_officielle_de_nicolas_sarkozyen_chine_fin_novemb.html]
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http://www.matin.qc.ca/articles/20070918073121/stephen_harper_rencontrera_dala_lama_octobre.html]
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http://www.cyberpresse.ca/apps/pbcs.dll/article?AID=/20070912/CPMONDE/70912107/5024/CPDMINUTE&template=printart&print=1]
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http://www.latribune.fr/info/Des-soldats-demobilises-a-l-origine-d-emeutes-en-Chine-036-~-AP-CHINE-EMEUTES-SOLDATS-$Db=News/News.nsf$Channel=Mondeenda]
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http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=49789&1004]
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http://www.coface.fr/_docs/gc2_04.pdf]
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http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=11784]
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http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3244,50-933803,0.html]
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http://siteresources.worldbank.org/INTEAPREGTOPENVIRONMENT/Resources/China_Cost_of_Pollution.pdf]
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http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3210,50-930783,0.html]
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http://www.rfi.fr/actufr/articles/091/article_54420.asp]
Le JJH
Journal des Jeux de la Honte
Il présentera la particularité d'être mensuel en 2007 et hebdomadaire en 2008, à l'occasion de l'année internationale du Tibet et des jeux organisés par les tortionnaires de son peuple.
Qui participe au triomphe des bourreaux à Pékin en 2008 et qui refuse; qui obtiendra les lauriers de la honte, qui spécule, qui sponsorise les jeux de la honte, quels sont les profits réalisés; quel gouvernement, quel politicien est en pointe dans la collaboration avec les tyrans ?
Que se passe-t-il dans les trois grandes provinces tibétaines soumises à l'occupation, mais également chez l'occupant ?
Au Tibet
Soutien économique apporté aux bourreaux
Pendant que les consommateurs consomment dans l'Empire de la contrefaçon, pendant qu'actionnaires et dirigeants d'entreprise tirent des plans sur la comète, afin de faire davantage de profits sur la terre des bourreaux, l'infortuné peuple tibétain continue d'agoniser (A noter : cette info n'est pas une news. Cependant la permanence du sujet mérite d'être rappelée jusqu'à la libération du territoire de la nation tibétaine. Et au regard de la lâcheté internationale et des complicités, ce n'est pas du luxe !).
Rencontre au sommet
Le chef spirituel du bouddhisme tibétain rencontre Angela Merkel dimanche à Berlin, avant d'être honoré par le Congrès américain.
LA RÉPUBLIQUE populaire entend faire des JO 2008 la vitrine de sa réussite, mais elle n'est pas la seule à saisir le projecteur. Après le Darfour qui contraint Pékin à nuancer son soutien au Soudan, c'est au tour du dalaï-lama de se hisser sur la scène : de Vienne à Washington, une tournée quasi officielle du Prix Nobel de la paix va propulser la question tibétaine au premier plan et donner du fil à retordre à la propagande chinoise.
L'itinéraire du chef spirituel du bouddhisme tibétain, entamé jeudi par une rencontre avec le chancelier autrichien, Alfred Gusenbauer, connaîtra demain son premier temps fort : un rendez-vous avec Angela Merkel à Berlin. L'entretien, inédit en Allemagne, est un défi aux objurgations chinoises. Mais c'est tout sauf une surprise. La chancelière a recentré sa diplomatie sur les droits de l'homme et sur l'environnement. En visite officielle le mois dernier, elle avait discuté avec plusieurs militants, intellectuels et journalistes chinois qui tentent vainement de desserrer l'étau de la dictature.
Droit de regard peu dissuasif
Le Tibet, annexé il y a cinquante-six ans par Mao, reste pour Pékin une question aussi névralgique que Taïwan, l'île démocratique qui persiste à narguer le continent. Le paisible exilé de Dharamsala, au nord de l'Inde, est considéré comme un séparatiste aussi dangereux que le turbulent président taïwanais Chen Shui-bian. Les capitales qui s'apprêtent à l'accueillir reçoivent l'avertissement rituel : " Sous une apparence religieuse, le dalaï-lama est un exilé politique engagé de longue date dans des activités sécessionnistes. La Chine s'oppose à tout contact officiel de quelque pays que ce soit avec lui. "
Le droit de regard que Pékin s'attribue sur le carnet de rendez-vous des dirigeants occidentaux n'est, semble-t-il, pas très dissuasif. Le premier ministre canadien Stephen Harper est le suivant sur la liste et George W. Bush sera le point d'orgue. Le président américain devrait assister personnellement à la remise au dalaï-lama de la médaille d'or du Congrès, le 27 octobre prochain, dans la rotonde du Capitole.
Le fait que cette distinction a été conférée dans le passé à des " libérateurs " comme Churchill, Mandela ou Jean-Paul II ajoute sûrement à l'inconfort des maîtres du PC chinois. Le Times rapporte incidemment que le président américain n'aurait accepté d'assister à l'ouverture des Jeux de Pékin, le 8 août prochain, qu'avec l'intention de " faire passer cette pilule " tibétaine à son homologue chinois. La Maison-Blanche aurait également pressé Hu Jintao d'autoriser le dalaï-lama à se rendre en Chine, avant les JO.
Un dialogue dans l'impasse
Rien, ni à Pékin ni surtout au Tibet, ne permet d'espérer un geste de la direction chinoise. Le " dialogue " avec les exilés de Dharamsala, relancé en 2002, est dans l'impasse. Le dalaï-lama juge qu'un retour en Chine serait " futile " aussi longtemps que Pékin refuse d'admettre la réalité du problème tibétain. Au Tibet même, la répression contre les fidèles s'intensifie sous la conduite de Zhang Qingli, nouveau secrétaire du parti, proche de Hu Jintao et ex-patron d'une organisation de colons au Xinjiang musulman.
L'intérêt que suscitent les JO et la montée en pression qu'ils offrent à la critique internationale de tout bord pourrait pourtant pousser à l'accommodement, comme dans le cas du Darfour. " La Chine sait traiter d'État à État, mais elle a le plus grand mal à contrer les campagnes d'opinion, les médias étrangers ou les mouvements humanitaires ", dit Shi Yinhong, expert des relations internationales à l'Université du peuple. Pour Pékin, rien ne serait pire que de voir gâchée la fête de l'été 2008.
Jean Jaques Mével Le Figaro 22 septembre 2007
http://www.lefigaro.fr/international/20070922.FIG000000900_le_dalai_lama_en_occident_un_defi_pour_pekin.html
Tibet Chine Actualités
23/09/2007
Appel de Richard Gere
au boycott des Jeux de la honte
Venu présenter son dernier film à Venise, "The Hunting Party", Richard Gere en a profité pour appeler au boycott des Jeux Olympiques, qui auront lieu à Pékin en août 2008.
Président de la Campagne Internationale pour le Tibet, l'acteur américain a déclaré à l'agence de presse Reuters que les Jeux Olympiques représentaient une excellente opportunité d'encourager la Chine à mettre un terme aux manquements du respect des droits de l'homme au Tibet et de permettre à ce pays de gérer lui-même son propre avenir.
La Chine a envahi le Tibet en 1950, ce qui a poussé, depuis, près de 120'000 habitants de cette nation - dont son chef spirituel, le Dalaï Lama - à l'exil. Selon Amnesty International, l'envahisseur chinois limiterait grandement la liberté des Tibétains et anéantirait leur culture. Le gouvernement mandarin rétorque qu'il ne fait qu'aider au développement d'une région historiquement pauvre.
Profitant de la tribune que représente un prestigieux festival comme celui de Venise, Richard Gere a conclu ainsi: "Un boycott général a une valeur selon moi: il ne pourra sans doute pas être mis en pratique, mais une telle action aurait un sens, émitionnellement parlant. Pourquoi le monde devrait récompenser un pays cruel envers son propre peuple ainsi qu'envers une nation voisine".
Constantin Xénakis Bluewind (Suisse) 3 septembre 2007
http://cine.bluewin.ch/news/archive/7721.html
Tibet Chine Actualités
07/09/2007
Chez l'occupant chinois :
Les bonnes relations franco-chinoises
Si de nombreux sportifs français font tout leur possible pour être absents sur la terre des bourreaux (lire sportifs absents aux jeux de la honte), il n'en est pas de même du pouvoir en place qui suit la voie tracée par Chirac.
" La ministre de l'Economie, Christine Lagarde a déclaré vendredi 21 septembre que Nicolas Sarkozy devrait effectuer une visite officielle en Chine dans les derniers jours du mois de novembre.
Actuellement à Pékin afin de préparer la venue du président de la République, la ministre a indiqué aux journalistes la tenue d'un "forum des entreprises françaises", qui se déroulerait "les 26 et 27 novembre 2007 à Pékin à l'occasion probablement de la visite du président de la République". Le projet remonte à fin août. L'Elysée avait alors évoqué ""un projet de visite d'Etat en Chine", à la "fin de l'automne-début de l'hiver". "
NOUVELOBS.COM | 21.09.2007 | 12:11
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20070921.OBS5914/visite_officielle_de_nicolas_sarkozyen_chine_fin_novemb.html
Tibet Chine Actualités
23/09/2007
Le Canada plus proche des victimes
Le premier ministre canadien Stephen Harper rencontrera le Dalaï Lama en octobre, dans un édifice du gouvernement fédéral, ce qui a tout pour irriter la Chine qui considère le chef spirituel comme son principal ennemi.
Les liens entre le Canada et la Chine sont déjà fragiles en raison de la question des droits de l'homme, terme qui n'a pas la même définition ici et là-bas.
Le Dalaï Lama, réfugié en Inde depuis 1959, tente depuis longtemps de sensibiliser le monde à la situation du Tibet, raison pour laquelle les Chinois tentent par tous les moyens d'empêcher ses entretiens formels avec d'autres chefs d'états.
Paul Martin avait été le premier leader canadien à remcontrer le Dalaï Lama, mais la rencontre s'était faite en terrain neutre. Stephen Harper tente donc d'aller plus loin que son prédécesseur en invitant le chef spirituel tibétain sur une propriété du gouvernement fédéral.
Le Dalaï Lama était le chef temporel et spirituel du Tibet, occupé par la Chine depuis 1951.
Presse Canadienne 18 septembre 2007
www.matin.qc.ca/articles/20070918073121/stephen_harper_rencontrera_dala_lama_octobre.html
Tibet Chine Actualités
21/09/2007
La semaine à 90 h
ne suffit plus à ces exploiteurs
Les salariés d'une usine de Disney fabriquant des jouets dans le sud de la Chine sont surmenés, sous-payés et contraints de vivre dans des conditions insalubres, a affirmé mercredi une organisation de défense du droit du travail.
Lors de la présentation d'un rapport, l'organisation des étudiants et écoliers contre les mauvaises conduites professionnelles (SACOM), basée à Hong Kong, a déploré que les salariés de Haowei Toys se plaignaient d'être obligés de travailler 28 jours par mois à raison de jusqu'à 15 heures par jour.
De plus, le personnel de l'entreprise n'est pas autorisé à prendre des jours de congés durant la haute saison, selon cette étude publiée le jour du deuxième anniversaire de l'ouverture de Disneyland Hong Kong.
"Les conditions à Haowei reflètent l'échec du système Disney de répondre efficacement aux violations du code de conduite de Disney et des droits de défense des salariés édictés par ce code", selon le rapport.
Une dizaine de défenseurs des droits des salariés ont manifesté à l'extérieur du parc à thèmes, exhibant une banderole sur laquelle était écrit "Pas d'atelier de misère pour les jouets de Disney". Les manifestants ont demandé au géant américain d'améliorer les conditions de travail de ses salariés.
Le personnel de cette entreprise est payé 2,5 yuans (32 cents $ US) l'heure, soit 62,5% du salaire minimum légal de 4,02 yuans en Chine, et les primes pour les heures supplémentaires sont également inférieures au minimum légal, selon la même source.
En outre, la direction inflige des amendes de cinq yuans aux salariés qui s'absentent plus de cinq minutes pour aller aux toilettes et de 10 yuans à ceux qui refusent de faire des heures supplémentaires.
Interrogé à ce sujet, Walt Disney a affirmé "prendre très au sérieux les plaintes concernant des conditions de travail abusives" et promis d'"examiner sérieusement toutes ces allégations".
Cyberpresse (Canada) 12 septembre 2007
http://www.cyberpresse.ca/apps/pbcs.dll/article?AID=/20070912/CPMONDE/70912107/5024/CPDMINUTE&template=printart&print=1
Tibet Chine Actualités
15/09/2007
Et si l'Empire se lézardait ?
Près de 2.000 soldats démobilisés ont été à l'origine d'émeutes la semaine dernière dans au moins trois villes chinoises, a fait savoir mardi le Centre d'information des droits de l'Homme et de la démocratie (ICHRD), organisation basée à Hong Kong.
Les ex-militaires auraient saccagé des salles de classe, renversé des voitures et allumé des feux pour protester contre leurs conditions de vie précaires à Baotou, Wuhan et Baoji, dans l'est de la Chine.
Ces émeutes, que les autorités chinoises se sont refusées à confirmer, se sont produites dans l'après-midi du 3 septembre, précise le ICHRD, selon lequel au moins 20 personnes ont été blessés et cinq autres arrêtées.
Selon l'ONG, c'est la première fois que d'anciens soldats, réputés respectueux et fidèles au régime communiste, se révoltent ainsi. La plupart des insurgés sont aujourd'hui étudiants dans le domaine ferroviaire et protestaient contre leurs conditions de vie (dortoirs délabrés, nourriture chère et de mauvaise qualité, manque de moyens pour étudier, etc).
Des protestations de cette ampleur n'avaient pas eu lieu en Chine depuis les manifestations étudiantes du printemps 1989 à Pékin et dans d'autres grandes villes du pays.
La tribune 11 septembre 2007
http://www.latribune.fr/info/Des-soldats-demobilises-a-l-origine-d-emeutes-en-Chine-036-~-AP-CHINE-EMEUTES-SOLDATS-$Db=News/News.nsf$Channel=Mondeenda
Tibet Chine Actualités
12/09/2007
Religions sous contrôle
Trois prêtres catholiques refusant de servir l'église officielle chinoise ont été arrêtés en Mongolie intérieure après avoir fui la province de Hebei, rapporte la fondation américaine Cardinal Kung dans un communiqué diffusé samedi.
Une moitié des douze millions de catholiques chinois pratique au sein d'une église "souterraine" fidèle au pape. L'église officielle, dénommée "Association patriotique des catholiques chinois", respecte son autorité spirituelle, mais lui dénie tout rôle politique ou administratif.
Le 30 juin, Benoît XVI avait déploré les entraves à la liberté de culte en Chine, tout en souhaitant que des liens se nouent entre Pékin et le Vatican.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a répondu dans un bref communiqué que la Chine souhaitait poursuivre "un dialogue franc et constructif" avec le Saint-Siège, tout en l'invitant à ne pas s'ingérer dans ses affaires intérieures.
Le Nouvel Observateur,Reuters: dimanche 29 juillet 2007
http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=49789&1004
Tibet Chine Actualités
. 04/08/2007
Réacteurs nucléaires français
.L'Etat français et les entreprises Areva et EDF feraient bien de ne pas pavoiser concernant la probable vente de deux réacteurs EPR à la Chine, et ce pour plusieurs raisons :
vendre des réacteurs nucléaires à des dictatures (Libye, Chine) n'a rien de glorieux, même si c'est l'assurance de ne pas être confronté à des manifestations citoyennes contre le nucléaire.
le seul réacteur EPR exporté à ce jour, en Finlande, rencontre de graves déconvenues ; le chantier a plus de deux ans de retard et Areva accuse un milliard d'euros de pertes. Qui plus est, c'est le contribuable français qui risque d'être mis à contribution, l'EPR étant garanti par la Coface (*) à hauteur de 610 millions d'euros. Quelles seront les déconvenues d'Areva en Chine ? Qui paiera ? Encore les citoyens français ?
les chinois ont acheté de 2 à 4 réacteurs nucléaires à chcun des pays constructeurs de réacteurs : le Canada, la Russie, la Grande-Bretagne, les USA et le Japon. Ils terminent leur "marché" avec deux EPR, quand Whestinghouse (USA) en a vendu quatre. Grâce aux transferts de technologie qu'ils ont imposés à leurs fournisseurs, les Chinois vont par la suite se débrouiller seuls. Finalement, ce n'est que d'extrême justesse qu'Areva a réussi à "placer" deux EPR... qui risquent fort d'être les derniers.
Pour autant, il ne faudrait pas croire que la construction de réacteurs en Chine illustre un quelconque "grand retour" du nucléaire sur la planète : si les chinois construisent réellement les 30 réacteurs annoncés, le nucléaire couvrira royalement 4% de leur électricité, soit 0,7% de leur consommation d'énergie.
Plus généralement, le nucléaire couvre 2,5% de la consommation mondiale d'énergie. Une part infime... et en déclin : la majorité des 431 réacteurs nucléaires en service sur la planète vont fermer dans les 20 ans à venir. Les nouveaux réacteurs, s'ils sont hélas construits, ne feront que freiner le déclin de l'atome.
D'ailleurs, le 10 novembre dernier, le Directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, Claude Mandil, a déclaré : "La tâche principale de l'industrie nucléaire mondiale pour les années à venir va être d'essayer de remplacer les centrales nucléaires qui vont fermer. Cela signifie qu'on aura besoin de nombreuses nouvelles centrales sans pour autant que le part du nucléaire augmente ".
Le nucléaire va donc rester une énergie marginale tant en Chine que sur la planète. Il est donc parfaitement faux de prétendre que le nucléaire peut permettre de lutter contre le réchauffement climatique. Par contre, l'énergie nucléaire reste excessivement dangereuse : un seul réacteur accidenté peut contaminer tout un continent.
(*) La Coface est une institution française qui garantit, en particulier avec l'argent public, les contrats industriels à l'exportation dans les pays instables. Il est d'ailleurs incompréhensible qu'Areva ait bénéficié d'une garantie Coface pour une exportation en Finlande !
( http://www.coface.fr/_docs/gc2_04.pdf )
H.N.S Info 27/07/2007
http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=11784
Tibet Chine Actualités
02/08/2007
Le combat du Chinois Wu Lihong
contre les pollueurs du lac Taihu
On parvient au village du militant écologique Wu Lihong par une étroite route en ciment qui traverse les rizières. Nous sommes à Zhoutie, province du Jiangsu, à quelques kilomètres du lac Taihu, déclaré zone sinistrée depuis que, fin mai, une mousse verte issue d'une réaction bactérienne à la pollution l'a littéralement asphyxié.
Il y a bientôt trois mois que Wu Lihong, 39 ans, est en prison à Yixing, l'agglomération voisine. Avec ses dizaines d'usines chimiques, ses mauvaises routes et ses camionnettes à trois roues surchargées de matériel, Yixing est l'arrière-cour de Wuxi, la métropole industrielle du Jiangsu, au coeur du delta du Yangze. Depuis dix ans, Wu Lihong se bat contre les pollueurs d'Yixing, pour beaucoup d'anciennes sociétés municipales aujourd'hui privatisées et protégées par de puissants groupes d'intérêts locaux. Leurs rejets sauvages sont en grande partie responsables de la pollution du troisième plus grand lac chinois.
Xu Jiehua, la femme de Wu Lihong, est elle-même surveillée par quatre hommes en civil qui la suivent dans tous ses déplacements. Elle n'a pas pu voir son mari, ni lui parler depuis son arrestation, le 13 avril : "Ils étaient cinquante, en civil, et sont arrivés à 21 h 30. Ils n'ont pas osé venir en plein jour de peur que les gens protestent." Fin mai, quand l'écosystème du lac Taihu a rendu l'âme et que les algues malodorantes ont fini d'envahir les robinets des habitations, privant d'eau quelque 2 millions de personnes à Wuxi, les paysans de Zhoutie lui ont dit : "Voilà ce qui arrive quand Wu Lihong n'est plus là pour surveiller la pollution."
Comble des paradoxes, le militant est accusé, d'après la presse officielle, d'avoir rançonné des entreprises qu'il menaçait de dénoncer aux autorités de régulation de la pollution. En réalité, selon Xu Jiehua, le juge s'intéresse à une commission que Wu Lihong a reçue en 2003 comme agent d'une société vendant du matériel de mesure de la pollution, non pour remettre en cause cette commission, mais pour arguer qu'elle ne correspond pas aux termes du contrat. Surtout, le militant est l'objet depuis des années d'un harcèlement policier continu, à l'instigation des potentats locaux. Né à Zhoutie, dans la maison où il vit avec sa femme et sa fille, Wu Lihong s'est vite mobilisé pour la défense de l'environnement. "A force de voir les cours d'eau pollués, on s'est demandé quel recours on pouvait avoir. Ça a commencé comme ça", dit Xu Jiehua.
En 1998, les autorités annoncent une campagne "zéro pollution" au lac Taihu et les médias vont sur place. Wu Lihong les aide. Son action mène à la fermeture d'une usine chimique, celle où travaille sa femme, qui l'informe de l'intérieur. Il abandonne son métier de VRP en matériel d'isolation sonore pour se consacrer à plein temps à la cause environnementale. Lui qui n'a pas fait d'études dévore les dossiers et les livres dont son bureau est encore jonché. Il parcourt les routes pour recueillir des échantillons et interroger les habitants. Xu Jiehua montre les photos des rizières empoisonnées, et, derrière, les empreintes des paysans qui ont trempé leur doigt dans l'encre rouge pour signer.
En 2002, les paysans, exaspérés de n'être pas entendus, se révoltent. Wu Lihong est placé 15 jours en garde à vue. Dès lors, il fera des séjours réguliers au commissariat. Il sera aussi battu par des ouvriers. La population, elle, le soutient. Il écrit des articles et participe à des séminaires. Il est récompensé par la fondation Ford et, en 2005, est désigné par le gouvernement, à Pékin, comme l'un des dix militants écologistes de l'année. "Il n'a jamais eu la permission de créer une organisation non gouvernementale. Il dit qu'il préférait à la comédie des ONG de Pékin être un soldat sur le front", dit sa femme.
En 2006, Wu Lihong est outragé lorsque Yixing est désignée "ville modèle" pour la protection de l'environnement par l'Agence nationale chinoise de protection de l'environnement (SEPA). Il entreprend de poursuivre celle-ci en justice mais il est débouté : "Avec un autre activiste, Wu Lihong avait créé un site dans le but de prévenir la SEPA des cas de pollution qu'il constatait. Et voilà quelle réponse on avait !" Au printemps, quand 80 000 habitants de la région sont privés d'eau pendant un mois, il dénonce le désastre qui s'approche. On parle peu de l'affaire, qui ne touche pas de centre urbain d'importance, mais le zèle de l'écologiste dérange. Il est arrêté.
Depuis que la pollution du lac Taihu lui a donné raison, plusieurs journaux chinois, des ONG et même des hauts responsables de la SEPA lui ont plus ou moins ouvertement déclaré leur soutien. Des responsables de Zhoutie, ainsi que le directeur adjoint de la SEPA de Yixing, ont été sanctionnés - de manière symbolique - pour avoir failli à leurs devoirs dans le contrôle de la pollution.
Si Wu Lihong est toujours en prison, son cas illustre les contradictions qui agitent un système mis à l'épreuve par l'implication active des citoyens dans les affaires qui les concernent. "Nous espérons que l'incident de Wu Lihong servira d'exemple et que la lutte de la société civique continuera au lac Taihu... Personne ne peut plus se permettre aujourd'hui de négliger l'opinion publique issue de ces actions", lit-on dans un essai publié par le journal progressiste Nanfang Dushi Bao sur l'urgence de prendre en compte les combats de terrain, comme ceux de Wu Lihong, pour mieux venir à bout des groupes d'intérêts.
LE MONDE | 10.07.07 | 16h20 CHINE YIXING (PROVINCE DU JIANGSU) BRICE PEDROLETTI ENVOYÉ SPÉCIAL
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3244,50-933803,0.html
Tibet Chine Actualité . 24.07.07
Pékin oblige la Banque mondiale
à censurer un rapport sur la pollution
La Chine a obligé la Banque mondiale à censurer une partie d'un rapport sur le prix payé par la population en raison de la pollution, a indiqué le Financial Times mardi 3 juillet. Selon ce rapport, intitulé "Le coût de la pollution en Chine : estimations économiques des préjudices physiques", 750 000 personnes décéderaient prématurément dans le pays.
L'Agence nationale chinoise de protection de l'environnement (SEPA) et le ministère de la santé ont réclamé en particulier que des chiffres sur les coûts humains de la pollution ne figurent pas dans le rapport. Pékin a ainsi réussi à obtenir qu'un tiers du document (fruit de travaux de chercheurs chinois, étrangers et de membres de la Banque mondiale) soit retiré, son contenu risquant de provoquer une agitation sociale, selon le quotidien britannique
.
ÉVITER DES ÉMEUTES
D'après une personne ayant participé à l'étude, les informations seraient "trop sensibles" et pourraient "provoquer des émeutes". Selon le Financial Times, les autorités chinoises ont également réussi à ce qu'il ne soit pas fait état d'une carte détaillée montrant quelles étaient les régions les plus touchées par la mortalité due à la pollution.
Dans un communiqué publié mardi, la Banque mondiale a confirmé, sans entrer dans les détails, que "certaines estimations sur l'impact physique aussi bien que des calculs sur le coût économique ont été retirés de l'avant-projet en raison de certaines incertitudes sur les méthodes de calcul et leur application". "Conformément à l'approche adoptée par la Banque mondiale à l'égard de ce genre de projet de recherches conjointes, les conclusions de ce rapport sont actuellement en discussions avec le gouvernement", a ajouté le communiqué.
POUR LIRE LE RAPPORT (en Anglais)
http://siteresources.worldbank.org/INTEAPREGTOPENVIRONMENT/Resources/China_Cost_of_Pollution.pdf
LEMONDE.FR avec AFP | 03.07.07 | 12h33
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3210,50-930783,0.html
Tibet Chine Actualité
Autre victime de la dictature chinoise…
avec le concours du monde libre
Les Nations unies ont justifié leur décision en invoquant une résolution qui date de 1971 et qui reconnaît la République populaire de Chine comme le seul représentant légal du pays en son sein. L'information est reprise par les journaux chinois et taiwanais. Du côté de Pékin, le China Daily rapporte que l'ambassadeur de Chine auprès des Nations unies " s'est réjoui de cette décision ", arguant que cette demande constituait " un acte absurde de la part des trois représentants de Taiwan ". Selon le journal, les Etats-Unis se sont également opposés à cette candidature taiwanaise. Pour les autorités américaines, " elle pourrait remettre en question le fragile statu quo qui prévaut entre Washington, Taipei et Pékin depuis qu'en 1979, les Etats-Unis ont choisi de reconnaître la République populaire de Chine, aux dépens de Taiwan ". De l'autre côté du détroit de Formose, le China Post rapporte que les autorités de Pékin ont qualifié le président Chen Shui-bian de " magouilleur " et que l'agence Chine Nouvelle assure que " les tentatives d'indépendance de Taiwan sont vouées à l'échec ". Pour le quotidien en ligne Taiwan News, ce revers est une mauvaise nouvelle. " Cela fait quatorze ans ", écrit son éditorialiste, " que Taiwan échoue dans sa modeste tentative d'ouvrir des discussions avec les Nations unies sur le manque de représentativité des vingt-trois millions de Taiwanais au sein des Nations unies et des organisations qui y sont liées ".
RFI 24 juillet 2007
http://www.rfi.fr/actufr/articles/091/article_54420.asp
Tibet Chine Actualités
Précision :
La CELT reconnaît la démocratie chinoise de Taiwan en tant que nation libre et indépendante. Nous nous désolidarisons donc de la lâcheté internationale prévalant depuis 1950 au sein des instances internationales des Nations Unies, lesquelles s'inclinent le plus souvent devant la loi du plus fort, du mieux armé et du plus menaçant.
24/07/2007
La Chine devient championne du monde
des émissions de gaz à effet de serre
Il est un trophée de champion du monde que la Chine pourrait être réticente à porter : celui de premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète. Alors qu'elle était censée, il y a trois ans, ne pas rattraper les Etats-Unis avant 2025, puis 2010, la Chine pourrait doubler le tenant du titre dès cette année, a prévenu, il y a quelques semaines, l'Agence internationale de l'energie (AIE), estimant que les émissions de CO2 chinoises passeront de 5,6 milliards de tonnes en 2006 à 6,02 cette année, contre 5,91 pour les Etats-Unis, soit près de 22 % du total mondial.
"Les Chinois se sont fixé des objectifs très ambitieux. Ils m'ont assuré, du plus haut de leur leadership, qu'ils étaient déterminés à les atteindre", déclarait, le 21 mai, au terme d'une visite officielle en Chine, la ministre des affaires étrangères britanniques, Margaret Beckett.
Habitué, désormais, à voir figurer le dossier de l'environnement en bonne place lors de visites de responsables étrangers, Pékin sait donner le change lorsque passent les donneurs de leçon occidentaux. Ainsi, les dégâts provoqués par le réchauffement climatique en Chine, l'état critique des réserves en eau ou l'impact de la pollution sur la santé ont désormais une place de choix dans la presse chinoise.
GESTICULATIONS
Le gouvernement a amélioré les prérogatives de la SEPA, l'agence de protection de l'environnement, en matière de supervision des normes de pollution, et, pour éviter les blocages inhérents à l'administration chinoise, le premier ministre a pris la tête, depuis avril, d'un groupe de travail spécial sur les questions de l'environnement. Le marché de l'équipement propre et de l'énergie renouvelable connaît une forte croissance, autre signe que la bonne parole environnementale n'est pas sans effets concrets.
Signataire du protocole de Kyoto, la Chine n'est pas, en tant que pays en voie développement, astreinte aux conditions imposées aux pays riches en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Désireuse de s'en tenir à un calcul d'intensité énergétique de sa croissance, elle a donc inscrit ses propres objectifs antipollution au XIe plan quinquennal, en promettant de réduire de 20 % sa consommation d'énergie par unité de PIB d'ici à 2010, et de 10 % les émissions de substances polluantes.
Dès la première année, la Chine a failli à ses engagements puisque la consommation d'énergie par unité de PIB n'a diminué que de 1,2 %, en 2006, contre les 4 % prévus et que les émissions polluantes se sont accrues de 2 %. Un plan national contre le réchauffement climatique, toujours à l'étude, devrait spécifier de nouveaux objectifs à atteindre à plus long terme pour les émissions de CO2, essentielles en Chine où 70 % de la production d'électricité provient de centrales thermiques au charbon.
A bien des égards, les difficultés de la Chine à influer sur des paramètres-clés du réchauffement climatique reflètent les gesticulations du gouvernement pour juguler la surchauffe économique (11,1 % de croissance au premier trimestre 2007).
L'incapacité du gouvernement central à contraindre le développement des provinces, la boulimie énergétique imposée par l'expansion continue de la machine à exporter chinoise (quelque 800 gigawatts de capacités production énergétique seront installées d'ici à 2008, soit la capacité actuelle des 27 pays de l'Union Européenne, selon l'AIE) semblent incompatibles avec toute maîtrise "macroéconomique" de la pollution - une fuite en avant nourrie par la crainte de déstabilisation sociale en cas de ralentissement.
Pour le reste de la planète, les conséquences sont loin d'être insignifiantes. "Si la Chine ne joue pas un rôle significatif, les efforts des autres pays ne vont pas compter pour grand-chose", dénonçait, il y a peu, Fatih Birol, l'économiste en chef de l'Agence internationale pour l'énergie.
Brice Pedroletti LE MONDE | 24.05.07 | 14h51
Tibet Chine Actualités
. 01/06/2007
Les bourreaux
tuent encore !
Cet article prouve s’il en était encore besoin que tous ceux qui se rendront à Pékin lors des jeux de la honte, s’afficheront comme les complices de ces criminels. La CELT fera en sorte qu’ils ne puissent pas prétendre qu’ils ne savaient pas.
Après le drame de Nangpa, diffusé sur de nombreuses chaînes de TV européenne et notamment sur le 20h de France, 2 le 17 octobre 2006.
Témoignage recueilli par le Norwegian Tibet Committee durant un entretien de la représentante tibétaine Madame Chungdak Koren avec les six grimpeurs de l’équipe norvégienne.
Quand les gardes frontières chinois ont tiré et tué la nonne en chemin pour l’exil vers le pays du Dalaï Lama, Geir Lysfjord, âgé de 59 ans et un autre grimpeur, Jan Arve Andresen, ont pu observer tout le drame sanglant de très près, ce 30 septembre.
"Quelques heures après les tirs, qui ont couché plusieurs corps sur le glacier, plusieurs soldats chinois, équipés d’armes automatiques ont envahi le camp de base des montagnards, désirant brûler les corps", déclare Lysfjord. "Le jour suivant , ils sont revenus avec dix officiers de la Police chinoise et se sont approchés des corps sur le glacier, et de ce que j’ai pu voir, ils ont tenté de les brûler mais n’ont pas réussi", expliquait Lysfjord dans le journal norvégien télévisé TV 2 News, en prime time.
"Le lendemain les corps avaient été déplacés. Dans le même temps, le camp de base était l’objet d’une fouille à la poursuite d’autres Tibétains. Ils ont trouvé 11 enfants qu’ils ont emmenés à la vue de tous."
Les alpinistes norvégiens confirment que les soldats chinois n’ont à aucun moment été attaqués et ne se sont donc pas trouvés en état de légitime défense comme veulent le faire croire les autorités chinoises.
"Ces déclarations (des autorités chinoises) sont en complète contradiction avec les prises vidéo et les observations des deux grimpeurs norvégiens."
La Communauté Tibétaine de Norvège et Le Comité Norvégien pour le Tibet en ont appelé au Parlement de Norvège et à Amnesty International de Norvège et organisé le 23 octobre une veillée de bougies :
"Allumez une bougie pour Kelsang et les autres Tibétains tués par les soldats chinois"
Sources : Norwegian Tibet Committee, traduction : CSPT Eure-et-Loir. Précisions recueillies par Monique Dorizon.
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Nous relayons ici
la newsletter de Claude B. Levenson
mailto: claude.levenson@gmail.com
TIBET,
QUAND LA CHINE VOIT ROUGE
Ainsi donc, il suffit qu'une 'célébrité', en l'occurrence la chanteuse islandaise Björk, fasse des siennes à la fin d'un concert à Shanghaï pour déclencher les foudres de Pékin et l'ire souvent salace d'internautes - à la botte de qui, au fait ? Quand on a ne serait-ce qu'une vague idée de ce qui se passe lorsque certains tentent de s'exprimer sur la toile, ces volées de bois vert immédiates ont de quoi laisser songeur. Autant pour la liberté d'expression et la liberté tout court. L'interdiction faite à Woeser d'honorer une invation étrangère pour recevoir un prix de littérature à elle attribué l'illustre à sa manière: le seul tort de l'écrivain, tibétaine d'origine mais écrivant en chinois, est de demeurer fidèle à ses racines, à ses traditions et même au dalaï-lama: impardonnable pour les autorités, qui l'ont interdite de travail, de publication, de blogs et de moyens d'existence. Le Tibet fait-il donc tellement mal à la Chine? Ou serait-ce la Chine qui fait du mal au Tibet? Questions à des ribambelles d'euros, de dollars (il a toujours la cote par là) ou en yuans: le très officiel Bureau de la propagande récemment rebaptisé pour se mettre au goût du jour en 'Bureau de la publicité' pourrait peut-être répondre... Quoi qu'il en soit, à mesure que se rapproche la date si bien choisie du 8.08.08 pour l'ouverture des jeux, la nervosité semble croître du côté de la Cité interdite, dont les porte-parole et autres aboyeurs ne ménagent aucun effort pour faire admettre sous toutes les latitudes que le Tibet, c'est kif-kif la Chine.
Les échos du monde renvoient un autre son de cloche. Au Tibet d'abord, même occupé depuis de trop longues années, les Tibétains refusent de plier l'échine et de changer d’allégeance. Et quand on veut les faire taire - ce fut dernièrement le cas du côté de Rebkong - ils persistent à se faire entendre quel qu'en soit le prix: arrestations, prison, mauvais traitements, tortures, peines sévères de privation de liberté ou menaces de mort. Et même si la presse internationale ne souffle mot des incidents - manque d'info. ou de volonté, ou choix délibéré afin de ne pas prendre à rebrousse-poil des susceptibilités mal placées? Quelques lignes filtrent à peine parfois, de loin en loin, mais sinon, le silence est assourdissant. Les diplomates appellent ça la politique du fait accompli...
Dans le même temps, dans certains pays et malgré de vives remontrances chinoises (tiens donc, qui se mêle des affaires d'autrui?) - en Allemagfne, en France, en Italie, en Suisse, aux Etats-Unis, en Espagne, en Grande-Bretagne et sans doute ailleurs - des drapeaux tibétains fleurissent par centaines au fronton des mairies ou bâtiments publics, geste de solidarité explicite avec un peuple nié dans son droit légitime à l'autodétermination. Tel est aussi le sens précis des manifestations solidaires à l'occasion du 10 mars, marquant le soulèvement de Lhassa en 1959 contre l'occupant. C'est aussi cette fois le signal du départ de la "marche du retour" lancée par plusieurs associations tibétaines ésireuses de faire entendre pacifiquement la voix d'un peuple en exil déterminé à récupérer son droit inaliénable à vivre sur sa terre.
A mesure que les années passent, les nuages s'épaississent sur la frontière entre le Tibet et ses voisins. Le grave incident du Centre d'accueil de Katmandou (au cours duquel un réfugié nouvellement arrivé a été emmené manu militari en pleine nuit par des policiers népalais et remis directement à des représentants chinois) rappelle la précarité trop souvent ignorée de leur situation hors de chez eux, alors que le régime chinois met le paquet pour s’assurer les bonnes grâces d'un gouvernement népalais qui se proclame attaché aux principes démocratiques. Quant à la politique systématique d'apaisement feutré de New Delhi, quoi de mieux pour l'illustrer que ce bref voyage d'inspection de l'actuel premier ministre en Arunachal Pradesh - que désormais Pékin revendique ouvertement - qui évite soigneusement de passer par Tawang, en sachant très bien qu'il s'agit d'un point névralgique pour le régime chinois et qui préfère ainsi éviter de faire des vagues? Or, l'histoire - si elle a quelque chose à enseigner - c'est bien que c'est en voulant éviter de faire des vagues qu'on fait chavirer un navire. Celui, par exemple, de 'l'indéféctible fraternité indo-chinoise' qui avait tant fait rêver en son temps J. Nehru, un autre premier ministre...
Au moment où les Tibétains chez eux ou en exil se remémorent le passé, ils se tournent naturellement vers leur chef spirituel et temporel, le Dalaï-Lama, à qui une imposante cérémonie de longue vie a été offerte début mars à Dharamsala. Dans une brève allocution de remerciement, le Dalaï-Lama a réaffirmé sa certitude que "le temps viendra pour une solution pacifique de la question tibétaine", en réitérant dans la foulée sa promesse de rester lontemps encore parmi les siens. Voilà qui fera sans doute plaisir à la Cité interdite, mais qui met du baume au coeur, et donne du coeur à l'ouvrage afin que la question tibétaine cesse d'être perçue comme dérangeante par trop de dirigeants des affaires du monde plus soucieux d'intérêts économiques immédiats que de principes moraux. D'où la nécessité impérieuse de rappeler à chaque fois que le Tibet doit "demeurer présent à l'attention du monde" - comme le disait en répondant à une question lors d'une conférence de presse le 10 décembre 2007 Louise Arbour, haut commissaire désormais démissionnaire des droits de l'homme aux Nations unies. "Il y a des violations aiguës - précisait-elle - et des violations chroniques des droits de l'homme. Il y a des violations aiguës, mais qui existent depuis tant de temps qu'elles donnent l'impression d'être chroniques... ce qui fait partie d'une attitude de négligence envers des dossiers qui datent depuis longtemps. Mais je pense que ce dossier, dans le contexte des JO surtout, va
continuer à attirer encore beaucoup d'attention."
Ah bon? Mme Arbour n'avait peut-être pas tort. La torche de la liberté pour le Tibet a été allumée, elle suit son propre parcours doublant l'officielle, toutes les initiatives vont dans le même sens - ne pas permettre à l'oubli de s'installer, ne pas perdre de vue le dossier d'instruction ouvert devant l'Audiencia Nacional de Madrid à l'encontre de plusieurs hauts dirigeants chinois pour crime de génocide contre le peuple tibétain. Ne pas laisser faire impunément que le Tibet soit passé par pertes et profits au grand jeu planétaire où se bousculent les dictatures en quête de respectabilité.
Le 10 mars, à quelques encablures des JO, c'est encore et toujours l'occasion de réfléchir, d'agir en solidarité, de désobéir quand il le faut aux tendances imbéciles, c'est en un mot, résister. Et entretenir la flamme, celle de l'espoir.
C.B.L. 10/03/2008
ENTRE LA CHINE ET LE MONDE,
ENJEU LE TIBET
Des nouvelles comme s'il en pleuvait! A moins que ce ne soit le père Noël qui secoue sa hotte...même si certains "cadeaux" ne font pas forcément plaisir...
Faut-il revenir sur le voyage chinois du président français et de sa cour? Plus profonde est la 'rupture' clamée à tous vents, plus ça ressemble à de la 'continuité' frileusement bon teint: les patrons se frottent les mains, des contrats plein les yeux sinon les poches et des sourires béats pour les caméras - tant pis pour ceux qui vont payer: délocalisations à l'horizon, et quand on sait l'habileté de nos amis chinois à copier, plagier, voire espionner pour revendre le savoir-faire d'autrui frauduleusement acquis, il y aura forcément des lendemains qui déchantent. Qui donc parlait naguère de corde tendue pour se faire pendre?
Pour ce qui est des droits de l'homme, passez muscade! La secrétaire d'Etat chargée de ce dossier sensible laissée en rade et renvoyée dans son coin par un fringant ministre des affaires étrangères - qui sait toujours de quoi il parle! - qui la rabroue d'un sec "aujourd'hui la Birmanie est plus importante que la Chine", que voilà des engagements bien tenus et prometteurs pour l'avenir! A croire que BK garde quelque chose en travers de la gorge au sujet de ce pays tenu sous la botte par une junte infréquentable - à moins que pour une fois, la tâche lui apparaisse tellement herculéenne qu'il en baisse les bras: dame, à chatouiller ne serait-ce que le bout de l'oreille du dragon chinois avec un propos aussi trivial que celui du respect des libertés élémentaires au Tibet comme en Chine, voire en Birmanie voisine, sait-on quel feu (nucléaire?) risque-t-on de déclencher ... involontairement? Peut-être conviendrait-il de demander son avis à la patronne d'Areva?
C'est aussi que le régime chinois a d'ores et déjà claironné tous azimuts qu'il entendait ne rien tolérer du genre protestation sociale ou manifestation politique (parce que "c'est contraire à l'esprit olympique", ne riez pas...) lors des JO, assurant que quiconque contreviendrait à la loi chinoise (un vrai maquis juridique dont l'opacité est de notoriété publique) en subirait illico les rigueurs: dans ces conditions, il est évidemment plus prudent de ne pas faire de vagues. Ecrans et caméras en circuits fermés aidant (merci, les grandes sociétés internationales de sécurité et contrôle), que voilà une jolie promesse de liberté bien surveillée!
Nul n'en doute, ce sont ces avertissements sans frais qui ont fait mettre une sourdine aux bonnes intentions des visiteurs français en goguette chinoise. Pendant ce temps, d'autres prennent des initiatives innovatrices dont on peut apprécier la candeur: ainsi, un quotidien helvétique réputé sérieux publiait le 16 novembre un article fort instructif dont le contenu a dû intéresser nombre de lecteurs, les informant que "27 cadres de l'administration de la municipalité de Pékin suivent à Genève un programme de formation en matière de sécurité." Dans ce cadre, ces invités de marque ont "participé à deux journées d'études avec la police cantonale et devaient être accueillis par le procureur général."
Selon un professeur honoraire (et bien sûr honorable) de l'Université de Genève à l'origine de cette (heureuse?) initiative, "on ne va pas enseigner des techniques de répression (ce qui va sans dire va encore mieux en le disant, n'est-ce pas, ces visiteurs-là n'ayant de leçon à recevoir de personne en la matière), nous voulons montrer que la sécurité peut être gérée dans un cadre démocratique."
Voilà qui ravirait sans doute, s'ils en avaient vent, les dissidents, protestataires, pétitionnaires, récalcitrants et autres manifestants pacifiques non pas de France et de Navarre, mais du Tibet et de Chine, sans parler de la Birmanie voisine, en butte aux réponses musclées des forces de police ou de l'armée chargées de maintenir coûte que coûte l'ordre dans ces pays où le principal, voire le seul droit reconnu à leurs peuples est celui de se taire. Au fait, les honorables hôtes chinois de la police genevoise ont-ils eu le temps d'aller faire un petit tour au Palais des nations où siège un certain Conseil des droits de l'homme qui donne si fort la nausée à Pékin que les autocrates de la Cité interdite n'épargnent aucun effort pour le rendre totalement inopérant?
Parallèlement, comme en a témoigné le premier 'Forum sur le développement du Tibet de Chine' réalisé fin novembre à Vienne (en Autriche), Pékin se sert maintenant de cette nouvelle carte pour appâter les investisseurs étrangers afin de "promouvoir la protection écologique et environnementale" du Toit du monde, selon les déclarations du vice-président (tibétain) de la Région autonome chinoise du Tibet - rapporte complaisamment Xinhua.net. Cherchez la contradiction dans les termes...
Du côté de New Delhi, c'est un autre casse-tête, mais toujours chinois: quelle mouche a donc piqué des soldats de l'APL (Armée populaire de libération!) qui s'en sont allés tranquillement détruire trois bunkers en territoire indien sur la frontière sikkimo-bhoutanaise, quelques jours avant les premières manoeuvres militaires conjointes des deux éléphants asiatiques, visant à "établir la confiance"? Tout aussi inquiétant, même si c'est passé quasiment inaperçu (qui donc avait intérêt à l'ébruiter?), en octobre dernier, un petit commando a détruit une statue de Bouddha à Tawang, en Arunachal Pradesh, un territoire indien revendiqué désormais haut et fort par Pékin, sous prétexte qu'autrefois,... il était sous influence tibétaine! Et que voulait faire savoir fin novembre la très officielle agence Xinhua (Chine nouvelle) en annonçant que le 'train céleste' venait pour la première fois de transporter avec diligence et succès les premières troupes chinoises au Tibet?
Et le Tibet, les Tibétains dans tout cela? Ils encaissent et résistent en silence, parce qu'il faut résister malgré les désastres annoncés à cause du réchauffement climatique dû aux activités anarchiques des hommes, malgré la répression et les vexations qui continuent, malgré l'indifférence - ou la complicité? - de la communauté internationale. Parce que rien n'est jamais immuablement écrit d'avance, parce qu'il y a toujours la possibilité du grain de sable et parce que la roue tourne, parce que là-haut, le ciel nocturne est un champ d'étoiles à nul autre pareil, et parce que pour cheminer sur terre, il faut avoir parfois la tête dans les étoiles...
C.B.L. 03/12/2007
L'OMBRE D'ORWELL
SUR LA BIRMANIE
George Orwell lui-même n'en reviendrait pas: les Birmans qui connaissent son fameux "1984" - et ils sont nombreux - n'hésitent pas à dire que c'est un texte visionnaire. A leurs yeux, ce qui se passe dans leur pays depuis près d'un demi-siècle, c'est simplement la mise en pratique, grandeur réelle, de ce que l'auteur imaginait être une fiction. Toujours selon ces connaisseurs avertis, depuis le coup de force militaire de 1962 et la succession des généraux à la tête d'une junte sans visage, pas de doute, ils vivent dans un univers orwellien sous la férule d'un Big Brother aux traits insaisissables.
Est-ce parce qu'Eric Blair a personnellement connu, dans les rangs de la police britannique, l'atmosphère étouffante et les turpitudes de la société coloniale des lieux perdus dans la moiteur tropicale des confins de l'empire que le jeune homme d'à peine 24 ans dégoûté de tout a claqué la porte de l'establishment pour aller voir ce qui se passait ailleurs? Ou bien, en prenant le pseudonyme de George Orwell pour entrer en littérature, le futur écrivain agissait-il sans en avoir pleinement conscience comme il n'est pas rare de le faire en Birmanie, en changeant de nom pour changer de vie?
La vieille coutume est toujours d'actualité: il suffit de rappeler la décision des militaires, dans le sillage de la répression de 1988, d'imposer le nom de Myanmar au lieu de Birmanie, et plus récemment, de déménager au débotté la capitale de Rangoun pour la calfeutrer dans une vallée boisée au milieu de nulle part, la baptisant Naypyidaw pour mieux s'y terrer. Par crainte d'une réaction populaire autant possible qu'imprévisible? En tout cas, nombre de Birmans assurent que ce n'est pas un hasard si "1984" a germé dans l'imagination d'un homme épris de liberté qui a passé cinq ans de sa vie parmi eux. Pourtant, en créant son univers de cauchemar totalitaire, Orwell à l'époque visait bien plus le nazisme ou peut-être le système soviétique qu'une société coloniale en déclin au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Toujours est-il que l'ordinaire de la population dans la Birmanie des généraux renvoie sans relâche à l'univers paranoïaque de "1984". La novlangue chère à Orwell? "Tatmadaw [l'armée] et le peuple en éternelle unité. Quiconque tente de les diviser est notre ennemi", serine un slogan omniprésent sur les murs. "Seule la discipline apporte la prospérité", clame un autre, tandis que la junte entend chapeauter une "démocratie disciplinée". C'est ce qu'avait tenté de réaliser feu le général-dictateur Ne Win, en s'engageant en 1962 dans "la voie birmane au socialisme", qui a débouché sur un appauvrissement généralisé de la population dans un pays qui regorge de richesses (riz, gaz, pétrole, bois, pierres précieuses, jade). Pour le plus grand bénéfice d'une camarilla militaire davantage soucieuse de ses intérêts personnels que du bien-être de ceux qu'elle gouverne sans partage d'une main de fer.
Aux yeux de la junte, l'autarcie est le meilleur bouclier pour se protéger des influences extérieures traditionnellement considérées comme néfastes d'où qu'elles viennent. D'où aussi une surveillance constante et toujours plus sophistiquée, même à l'heure d'Internet: à peine 25.000 adresses électroniques personnelles pour plus de 50 millions d'habitants. La possession d'un fax ou d'un modem sans autorisation officielle préalable est passible d'années de prison: autant pour la liberté d'expression. Quant à la liberté de circulation, elle est chichement accordée, sauf passe-droits et privilèges officiels, aux marins, heureux possesseurs d'un passeport pour leur travail - et encore doivent-ils rendre des comptes dès qu'ils rentrent au pays. Les autres, civils ou étudiants en exil, se débrouillent comme ils peuvent, souvent sans papiers...
Selon Orwell, par écran interposé dans les logements, on avait à l'oeil chaque geste des locataires. Dans les villes birmanes, c'est le chef de quartier avec ses supplétifs qui surveille et veille à ce que nul ne découche, ou qu'aucun intrus ne vienne subrepticement se glisser sur son territoire: écho singulier de pratiques ordinairement cubaines. Le désir de se garder de l'extérieur est si poussé qu'il frise la manie: alors que la Birmanie avait été l'une des fondatrices du Mouvement des non-alignés, elle a choisi de s'en retirer en 1979, lorsque Fidel Castro a été porté à sa présidence. Cette méfiance atavique des centurions birmans est contrebalancée par une foi bien ancrée - largement répandue dans le pays - en la numérologie, et les prédictions astrologiques pèsent d'un poids non négligeable dans les décisions officielles. Alors que le 9 est le chiffre fétiche des généraux, un Birman ne manquera jamais de vous faire remarquer, par exemple, que la brutale démonétisation qui avait été le déclic des manifestations de 1988 avait entraîné la suppression des billets de 100 et 50 kyats (la monnaie locale), remplacés par des notes de 90 et 45 kyats (multiples de 9) très pratiques pour calculer... D'autres vous rappelleront que lors de l'un des rares et très secrets voyages à l'étranger en 1984 (!), le général Ne Win avait stupéfié le Quai d'Orsay en décommandant au dernier moment une visite de courtoisie au président Mitterrand. Les raisons de "convenance personnelle" avancées n'avaient guère convaincu, mais à Rangoun, ce manquement aux bonnes manières s'expliquait simplement par l'avis des astrologues et autres devins qui auraient déconseillé à l'autocrate une rencontre avec un président de gauche. Quand on sait que la décision de faire passer du jour au lendemain la circulation automobile de gauche à droite relève d'un conseil analogue, on prend la mesure de l'originalité du système en place.
Dans ces conditions, monastères et couvents demeurent le seul refuge d'une population coupée du monde, durement assujettie et réprimée à la moindre tentative de révolte. Au lendemain de l'étouffement meurtrier du mouvement étudiant de 1988, un ancien officier de marine exilé, Kin Oung, remarquait: "L'armée birmane ne cèdera pas d'un pouce, le peuple doit être puni pour avoir osé remettre en cause la mainmise absolue des militaires sur le pouvoir." Et comme l'obstination est l'un des traits saillants du caractère local, force est de s'interroger sur l'issue possible de cette confrontation de volontés antagonistes: moines contre soldats, la loi de Bouddha contre les balles. Au coeur de cet affrontement, une femme otage, devenue pour les uns signe de ralliement ou flamme d'espoir, pour les autres "sorcière démocratie", Suu Kyi, fille d'Aung San, son propre père révéré comme le père de l'indépendance birmane. Force symbolique contre force brute.
Le dernier mot reviendrait-il à cet étudiant birman qui nous disait: "C'est Big Brother au quotidien. Orwell avait décrit son expérience de policier à l'époque coloniale dans Une histoire birmane. Devenu mondialement célèbre avec "1984", il pouvait difficilement imaginer que cette fiction prémonitoire dépasserait quasiment la réalité dans la Birmanie d'aujourd'hui..." ? Ou bien à Kipling qui constatait:
"Telle est la Birmanie, où rien n'est pareil à ce qui se passe ailleurs"? Même l'émissaire des Nations unies n'a pas de baguette magique dans sa manche pour réconcilier ce qui paraît difficilement réconciliable, et pour l'heure, ce sont les moines et la population civile qui en paient le prix. Jusqu'à quand?
C.B.L.06/10/2007
QUAND LA CHINE
DERAILLE AU TIBET
L'approche des JO de 2008 - à peine une année encore pour que le monde entier se pâme d'aise devant l'exploit! - semble donner des sueurs froides aux locataires de la Cité interdite. Le prochain congrès du parti communiste - conclave quasiment secret dans une mise en scène rituellement pompeuse - devrait prendre acte des 'grandes réalisations du peuple et de ses dirigeants', compte tenu des chiffres mirobolants d'une économie qui s'emballe tous azimuts, et fixer les objectifs pour les années à venir. Mais justement, après les jeux, quoi?
Pour l'heure, les grains de sable se mutliplient dans les rouages de cette machine pourtant si bien contrôlée. Passons sur les récriminations de clients coréens qui ont trouvé des vers grouillant dans leurs bouchées au chocolat chinois, ou sur les protestations de quidams américains mécontents de voir leurs animaux de compagnie malades d'aliments chinois pour chiens, chats et autres cobayes, ou même sur les mésaventures d'innocents souffrant dans leur chair après usage de pâtes dentifrices chinoises parfumées au poison. Passons également sur les mauvaises surprises dénichées par des spécialistes curieux dans les poêles à frire et autres ustensiles de cuisine de provenance chinoise, ou sur des habits pour enfants imprégnés de substances toxiques - la réponse fataliste 'on ne trouve rien d'autre' ne fait qu'ajouter à la grogne et à l'amoncellement des interrogations.
Ce n'est pas tout - car la tendance est à la méconnaissance, volontaire ou non, des conditions de vie et de travail de ceux et celles qui fabriquent ces produits lancés à la conquête des marchés du monde, qui bâtissent stades et lieux de compétition pour la prestigieuse rencontre sportive: des horaires de labeur dignes de la révolution industrielle occidentale des siècles passés, des salaires impayés sur des chantiers pharaoniques, des millions de travailleurs migrants taillables et corvéables à merci au prix d'un exode rural sans précédent, bref - un esclavage très moderne et sauvagement capitaliste,qui se cache mal derrière la vitrine rutilante que cherche à imposer un régime d'abord préoccupé de ses privilèges et prébendes, et de ne pas perdre la face. Pour les champions autoproclamés d'une vocation libératrice prétendant faire le bonheur du peuple, et plus si affinités, ce n'est pas gagné d'avance.
Alerte sur le toit du monde
Les Tibétains en savent quelque chose. Depuis plus d'un demi-siècle qu'ils se sont retrouvés sous la férule pékinoise au mépris des normes internationales, l'arbitraire du régime ne les surprend plus guère. Et pourtant, la récente annonce de la nouvelle réglementation, entrée en vigueur le 1er septembre, régissant désormais la réincarnation des tulkous - 'les bouddhas vivants' dans le jargon chinois - en a laissé plus d'un sans voix. C'est que les dirigeants chinois, athées convaincus et militants selon leur propre credo, ont décidé que les érudits et maîtres des enseignements bouddhistes aspirant à revenir parmi les hommes pour alléger leur peine et les aider à parcourir une existence semée d'embûches, sont tenus dorénavant d'en obtenir l'autorisation auprès des organes bureaucratiques compétents...
Tout un poème, si ce n'était aussi dérisoire que révélateur. Dérisoire, parce que bien malin qui saurait accorder un tel permis. Dérisoire aussi parce que révélateur de la méconnaissance profonde de ceux qui ont concocté pareille aberration, voire de leur arrogance envers ceux qu'ils prennent pour des barbares. Révélateur également de leurs desseins, car contrôler les réincarnations, c'est s'assurer - croient-ils vraiment? - le contrôle des fidèles, donc des Tibétains. Ce qui témoigne par l'absurde de l'insécurité des maîtres actuels de la Cité interdite dès lors qu'il s'agit d'imposer leur volonté à un peuple résolument attaché à son quant-à-soi: plus de cinq décennies d'occupation n'ont pas réussi à faire passer aux Tibétains le goût de la liberté.
A l'occasion de la grande fête annuelle de Lithang, les cavaliers du Kham l'ont prouvé en se ralliant spontanément à l'appel de l'un des leurs réclamant publiquement le droit d'être eux-mêmes et de suivre leurs traditions, comme le prévoit la constitution chinoise - ont-ils fait valoir. Passé le premier moment de stupeur, le trublion a été arrêté et vient d'être accusé de propos séditieux - grave offense au regard des lois en vigueur: malgré les protestations et les demandes répétées de la communauté, il n'a pas été relâché, la foule a été dispersée à coups de fusil et de grenades lacrymogènes, et l'homme risque une lourde peine de prison. A peu près en même temps, les deux "meneuses" qui avaient réuni une manifestation non-violente de soutien à Tenzin Delek Rimpoché, injustement condamné dans la même région, ont été maintenues plusieurs jours derrière les barreaux, avant d'être élargies avec la caution obligatoire du responsable de leur village, contraint de s'engager à ce que les deux quinquagénaires se tiennent désormais coites. Autant pour ce que les autorités chinoises appellent le respect de la liberté d'expression et de pratique de la religion.
Dernier exemple en date de cette tolérance, les moines du grand monastère de Drépung dans les faubourgs de Lhassa, ont refusé de participer aux cérémonies de déploiement du thangka géant de Bouddha lors de la fête annuelle dite du yoghourt, en raison du refus des autorités de tutelle de laisser reprendre la tradition de l'opéra qui l'accompagnait autrefois. Mais qu'importe le malaise des Tibétains qui voient au jour le jour saccager leur mode de vie, ou ce qu'il en reste? Le tourisme chinois ne désemplit pas dans la capitale tibétaine et remplit les caisses des agences de voyage de Chine continentale, et la presse chinoise n'en finit pas de chanter les louanges de la modernisation depuis que le Tibet n'est plus cette région naguère reculée et barbare, c'est Shangri-la redécouverte, à la moulinette de la conquête de l'Ouest version chinoise.
Quant au voyageur étranger désireux d'aller voir ces merveilles sur place, quoi qu'en dise la propagande officielle, il a toujours besoin d'un permis spécial pour s'y rendre, et mieux en groupe qu'en individuel curieux.
Et pendant ce temps, les démocraties, ou ceux qui les dirigent au nom des citoyennes et citoyens électrices et électeurs, se laissent aimablement piéger par les chants des sirènes chinoises, y compris les responsables du CIO qui s'occupent "uniquement de sport, pas de politique". A délibérément oblitérer les souvenirs du passé - Berlin, c'était en 1936 - le réveil peut se révéler brutal.
. C.B.L. 25/09/2007
LE TIBET, LA CHINE ET LES MOTS
"Dans les faits, la Chine a toutes raisons de se tenir sur ses gardes. Qu'un homme intelligent et énergique monte sur le trône du Dalaï-Lama, sur un signe d'un tel homme, tous les nomades se lèveront de l'Himalaya à la Sibérie", écrivait Nicolaï Prjevalsky en 1877.
Les actuels locataires de la Cité interdite auraient-ils eu vent de cette opinion - visionnaire, ou prémonitoire? - de l'explorateur russe? Quoi qu'il en soit, leur attitude de plus en plus rigide tendrait davantage à exprimer une peur profonde qu'à donner l'image de force tranquille qu'ils cherchent à imposer. Depuis des années, le chef temporel et spirituel du Tibet leur tend une main secourable pour sortir d'une impasse où, visiblement, ils s'embourbent, à se persuader que seule la force compte dans le face-à-face historique avec le Tibet.
Sous prétexte de "libération de l'impérialisme étranger", les troupes de Mao ont envahi militairement en 1950/1951 leur voisin trop mal équipé pour se défendre, sans éveiller beaucoup d'écho sur la scène internationale. Après la sanglante répression du soulèvement populaire anti-chinois de 1959, changement de vocabulaire, il s'agissait de "libérer les serfs" des griffes de la théocratie féodale. A partir de 1965, avec la création de la prétendue Région autonome, un nouveau chapitre débute sous couvert "d'aide fraternelle au développement". En fait, après les années-catastrophe de la mal nommée 'révolution culturelle' et ses dévastations, sans oublier les victimes humaines, c'est une volonté affichée de "modernisation pour le bien de tous" qui surgit des ruines, avant que ne s'affirme au tournant du millénaire un but "civilisateur" permettant de mieux amarrer "la maison des trésors de l'Ouest" à une Chine assoiffée d'énergie et de matières premières pour subvenir à ses propres besoins dans le cadre d'une économie capitaliste débridée - cette conquête de l'Ouest version chinoise étayée par l'ouverture de routes et de voies ferrées. Démarche classique du colonialisme, aux réminiscences pas toujours agréables.
Devant cet enchaînement de causes et d'effets pervers, un homme - un moine, le Dalaï-Lama, n'a cessé de son exil indien de proposer d'entamer un dialogue afin de préserver la survie de son peuple et de sa culture, allant aussi loin que possible dans les concessions, sans se faire entendre. Dans le même temps, il n'a cessé de prôner la persévérance aux siens, la non-violence étant sa seule arme dans un monde où la Realpolitik ne connaît que la force, la corruption et l'oppression pour faire taire les récalcitrants. Et sa seule présence quelque part dans le monde énerve à ce point les responsables chinois qu'ils éprouvent le besoin de donner de la voix à chaque occasion: preuve de faiblesse, à n'en pas douter. Car à force de tant s'égosiller, leurs récriminations répétitives lassent tout en confortant les Tibétains dans leur détermination de loyauté envers celui qu'ils persistent envers et contre tout à considérer comme leur authentique représentant et dirigeant.
Silence, on rééduque!
Divers signes trop négligés devraient cependant inciter Pékin à la réflexion. Un demi-siècle d'oppression nationale et une répression systématique de la moindre velléité de dissidence n'ont pas réussi à faire oublier aux Tibétains leur identité ni leur fidélité premières. Le consumérisme à tout va en aura-t-il raison? Pas certain. Il aura suffi d'une remarque du Dalaï-Lama au sud de l'Inde pour allumer au-delà de l'Himalaya de grands feux publics pour brûler fourrures et vêtements précieux. Une rumeur lancée dans la steppe avait fait accourir des milliers de personnes au monastère de Kumbum, en Amdo : le bruit avait couru que le hiérarque exilé devait s'y rendre... Dernièrement, au Kham, un homme a été emprisonné pour avoir osé dire tout haut, soutenu par la foule au cours de la grande fête annuelle de Lithang, qu'il était temps que le Dalaï-Lama revienne. Pas de nouvelles de son sort depuis son arrestation, mais des milliers de soldats quadrillent depuis lors toute la zone, les cadres tibétains de l'administration locale sont méthodiquement remplacés par des fonctionnaires chinois sans doute mieux dressés réquisitionnés d'urgence, et une campagne de "rééducation patriotique" intensive est en cours pour tout le monde dans la région. Après tout, dans un monde où tout semble se vendre ou s'acheter, pareille constance peut effectivement effrayer un régime qui dispose de toutes les armes dont il peut rêver pour bâillonner les gens: trop heureux des aubaines de jouer profil bas en échange de juteux contrats, entrepreneurs et hommes d'affaires sont ravis de voir leurs gouvernements qui se disent démocratiques tout accepter sans rien dire. Il suffit pourtant d'un homme seul, qui a la confiance, voire la foi des siens, pour tenir
tête. Et faire peur aux autocrates de Pékin. De quoi se dire que, peut-être, Prjevalsky n'avait pas tout à fait tort...
PS: Chapeau bas à Angela Merkel, qui a fait savoir qu'elle recevrait le Dalaï-Lama le 23 septembre dans son bureau à la Chancellerie de Berlin. L'ambassadeur d'Allemagne a aussitôt été convoqué au ministère chinois des affaires étrangères à Pékin pour essuyer les plâtres du mécontentement officiel. Et alors? A qui le tour? Bernard Kouchner, actuellement ministre des affaires étrangères, est bien silencieux à ce propos. Aurait-il oublié que le 25 mai 1991, devant une conférence de journalistes internationaux réunis à l'Assemblée nationale, il déclarait: "(...) Le président George Bush [père] a rencontré le Dalaï-Lama. Qu'est-ce que nous attendons? Nous serons encore une fois juste un petit peu en retard. C'est dommage pour notre pays. On s'imagine remporter des marchés économiques parce
que nous aurons été plus souples, sinon plus flexibles. C'est faux." A l'époque, il était secrétaire d'Etat chargé de l'action humanitaire. Il est monté en grade. Comme le temps passe!
C.B.L. 16/09/2007
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